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Histoire de Noël 9 à 10 ans Lecture 16 min. (2)

Bulle, la boule de Noël et les étoiles de la gentillesse

Bulle, une boule de Noël, découvre sa mission de gentillesse grâce à une étoile magique et tente d'inspirer des moments de douceur et de partage dans une maison en pleine préparation de Noël.

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Une boule de Noël rouge et brillante, appelée Bulle, est suspendue à une branche de sapin et scintille joyeusement. À côté, une petite étoile dorée vibre doucement. Léon, un jeune garçon aux cheveux ébouriffés, se tient près du sapin en pyjama rayé, souriant émerveillé, avec un ruban doré en main. Inès, une fillette aux cheveux bouclés et concentrée, est à côté de Léon avec un paquet cadeau coloré. La scène se passe dans un salon chaleureux décoré pour Noël, avec un grand sapin illuminé et des bougies sur une table basse. L'instant montre un moment de partage et de découverte, où la magie de Noël brille dans les yeux des enfants et la douce lumière des décorations. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 : Une boule de Noël qui a des idées

Dans le grand carton du grenier, ça sentait le sapin rêvé et la cannelle oubliée. Parmi les guirlandes en nœuds et les rubans qui avaient pris la poussière, une boule de Noël rouge et brillante s'étira… enfin, façon de parler. Elle s'appelait Bulle, et elle avait un reflet si net qu'on pouvait presque s'y peigner les sourcils.

En bas, la maison bourdonnait : on traînait des boîtes, on riait, on se disputait gentiment pour savoir qui avait mangé le dernier chocolat du calendrier. Bulle adorait ce moment-là. Noël, pour elle, c'était comme une chanson qui revient chaque année, avec un refrain de lumière.

Quand on la sortit enfin du carton, Bulle fut suspendue au sapin, juste à côté d'un sucre d'orge qui se prenait pour une star.

— Ne me touche pas, je suis fragile, déclara le sucre d'orge d'un ton dramatique.

— Moi aussi, je suis fragile… surtout quand on me raconte des histoires tristes, répondit Bulle.

Elle se balança doucement. Les guirlandes clignotaient comme des lucioles bien élevées. Et c'est là, entre deux éclats de lumière, que quelque chose de très étrange apparut dans son reflet : une petite étoile dorée, pas plus grande qu'un bouton, collée… sur la vitre de la fenêtre.

Bulle cligna. Enfin, elle fit ce qu'elle pouvait avec sa surface bien lisse.

L'étoile vibrait, comme si elle respirait. Et une minuscule voix, fine comme un grelot, chuchota :

— Mission de gentillesse… mission de gentillesse…

Bulle en eut presque des paillettes dans le ventre.

— Pardon ? demanda-t-elle à voix basse, pour ne pas attirer l'attention du chat.

La petite étoile glissa sur la vitre, puis sauta dans l'air comme un flocon qui aurait décidé de désobéir à la gravité. Elle tourna autour du sapin et se posa juste devant Bulle.

— Tu es choisie, annonça l'étoile avec importance. Il faut me coller. Pas n'importe où. Au bon endroit.

— Me coller ? répéta Bulle. Mais… je n'ai pas de doigts.

— Tu as un cœur brillant, c'est encore mieux. Et puis, tu peux rouler, te balancer, faire des reflets. On va se débrouiller.

Bulle regarda la pièce. Il y avait des rires, des décorations, une odeur de chocolat chaud… et, derrière tout ça, une petite tension : ce soir, la famille recevait des invités, et tout le monde voulait que tout soit parfait.

— Où est “le bon endroit” ? demanda Bulle.

L'étoile se mit à scintiller.

— Là où la gentillesse hésite. Là où elle a besoin d'un petit coup de pouce.

Bulle se sentit soudain très importante… et légèrement paniquée. Un peu comme une boulette de pâte qu'on a promis de transformer en gâteau extraordinaire.

— D'accord, souffla-t-elle. Je veux bien essayer.

Chapitre 2 : La descente la plus courageuse du sapin

Descendre d'un sapin quand on est une boule suspendue, c'est une activité qui n'est recommandée ni par les décorateurs, ni par les chats, ni par le bon sens.

Bulle se balança à gauche, à droite, tandis que l'étoile dorée se posait sur sa surface comme un autocollant impatient.

— Tu vois la commode, là-bas ? chuchota l'étoile. Il y a un tiroir avec des rubans. Et sur ce tiroir… une miette de tristesse.

— Une miette de tristesse ? répéta Bulle. Beurk. Ça fait des miettes, ça ?

— Oui, et ça colle plus que la confiture. Allez, courage.

Bulle prit une grande inspiration imaginaire et se laissa glisser le long de sa ficelle. Elle frotta contre une branche, puis une autre, et… plouf ! Elle tomba sur le tapis avec un “pof” étouffé.

Le chat, qui passait par là, la repéra aussitôt.

— Oh, un jouet qui roule ! pensa-t-il très fort, avec ses yeux ronds.

Bulle roula le plus dignement possible… c'est-à-dire en zigzaguant comme une bille un peu pompette. L'étoile riait tout bas.

— Tout va bien, dit-elle. La dignité, c'est surestimé.

Le chat bondit. Bulle accéléra. Elle passa sous la table, esquiva un pied de chaise, et se retrouva face à la commode. Le chat, surpris, glissa sur une chaussette abandonnée et s'arrêta net, vexé.

— Ha ! fit Bulle. Pas aujourd'hui, moustaches !

Sur la commode, un petit garçon, Léon, farfouillait dans le tiroir des rubans. Ses sourcils étaient froncés comme deux chenilles qui se disputent.

— Où est le ruban argenté ? grommela-t-il. Maman va dire que je ne fais jamais attention…

La voix de sa mère, depuis la cuisine, répondit un peu trop vite :

— Dépêche-toi, Léon, on n'a plus le temps !

Bulle comprit : la miette de tristesse était là, coincée entre la peur de mal faire et les mots qui sortaient trop vite.

— C'est ici, souffla l'étoile. Colle-moi sur un geste, pas sur un objet.

— Mais comment je fais ? demanda Bulle. Je roule, moi. Je ne fais pas des gestes.

— Tu peux inspirer un geste. Un petit. Un simple.

Bulle se rappela les lumières du sapin, la chaleur du chocolat, et elle fit ce qu'elle savait faire de mieux : briller.

Elle roula doucement jusqu'au pied de Léon. Dans son reflet, Léon vit son propre visage, les sourcils froncés… et, juste à côté, l'étoile qui clignotait comme un clin d'œil.

Léon s'arrêta.

— Oh… une boule est tombée, murmura-t-il. Elle est jolie.

Il la prit avec précaution, et son visage se détendit un peu. Comme si tenir quelque chose de fragile lui rappelait qu'on pouvait aussi être doux avec soi-même.

— Maman, appela-t-il, je ne trouve pas le ruban argenté… mais je peux prendre le doré, ça ira, non ? Et… je suis désolé, je m'énerve.

Dans la cuisine, un silence, puis un soupir.

— Moi aussi, je m'énerve, répondit sa mère plus doucement. Merci de me le dire. Prends le ruban doré. Il sera parfait.

À cet instant, l'étoile bondit hors du reflet de Bulle, légère comme un flocon, et vint se coller sur les mots “merci de me le dire”, qui flottèrent un instant dans l'air avant de se poser, invisibles mais solides, au milieu de la pièce.

Bulle sentit une chaleur pétillante.

— Une étoile gentillesse collée, chuchota l'étoile. Bien joué, Bulle.

— Je n'ai rien collé, protesta Bulle.

— Si. Tu as collé de la confiance. C'est le meilleur adhésif.

Chapitre 3 : Un cadeau qui n'était pas dans la boîte

La maison se remplit d'invités et de manteaux. Les éclats de voix rebondissaient contre les murs comme des boules de neige joyeuses. Bulle, remise sur le sapin par Léon, surveillait la soirée depuis sa branche, avec l'étoile qui tournoyait autour d'elle comme une petite comète.

— Il en faut une deuxième, annonça l'étoile. Parfois, la gentillesse a besoin d'un rappel. Regarde près du canapé.

Bulle regarda. Près du canapé, une fillette, Inès, tenait un paquet cadeau. Elle le serrait si fort qu'on aurait dit qu'elle voulait l'empêcher de s'enfuir.

— Je ne veux pas le donner, marmonna-t-elle. Si je le donne, je n'aurai plus rien…

Une tante s'approcha.

— Alors, Inès, tu offres ton cadeau à ton cousin ? C'est gentil !

Inès rougit et recula d'un pas.

Bulle sentit une petite boule de peur rouler dans l'air. Pas une boule de Noël : une boule dans la gorge.

— Ici, dit l'étoile. La gentillesse hésite. Elle a peur de manquer.

— Mais je suis coincée sur le sapin ! chuchota Bulle.

— Les reflets voyagent plus vite que les pieds, répondit l'étoile. Fais ton travail.

Bulle se concentra. Elle laissa les lumières du sapin danser sur sa surface, et son reflet attrapa la scène : Inès, le paquet, la tante, le canapé. Dans ce reflet, l'étoile apparut de nouveau, minuscule et brillante, comme une pensée qui s'allume.

Inès leva les yeux… et elle vit la petite étoile dans la boule de Noël, comme si elle lui faisait signe rien qu'à elle.

— Et si… pensa Inès tout haut, je pouvais partager et quand même être heureuse ?

La tante se pencha.

— Tu sais, dit-elle, offrir, ce n'est pas perdre. C'est envoyer un bout de joie en voyage.

Inès regarda son paquet. Puis elle regarda son cousin, qui n'osait pas demander.

— Tiens, dit-elle d'une voix timide. Je te le donne… et après, tu me montres ton jeu ?

Le cousin s'illumina.

— Oui ! Et je te prête le mien aussi !

À cet instant, l'étoile fit un petit plongeon et se colla sur la phrase “tu me montres ton jeu ?”. Comme une signature dorée.

Inès sourit. Pas un sourire énorme. Un sourire vrai, qui tient chaud.

Bulle se sentit gonflée d'une fierté scintillante.

— Deux étoiles, murmura-t-elle.

— Deux étoiles et deux courageux, corrigea l'étoile. La gentillesse, c'est souvent un petit pas. Mais il faut oser le faire.

Chapitre 4 : La panne de lumière et le rire qui répare

Juste au moment où quelqu'un apportait une assiette de sablés, tout s'éteignit.

Plus de guirlandes. Plus de plafonnier. Même la petite veilleuse du couloir sembla bâiller et s'endormir.

— Oh non ! s'écria quelqu'un. Une panne !

Dans l'obscurité, les adultes soupirèrent, les enfants chuchotèrent, et le chat, lui, profita pour voler un bout de jambon qu'il n'avait pas demandé.

Bulle, sur sa branche, ne voyait plus que des silhouettes. Elle se sentit inutile, comme une étoile sans ciel.

— C'est le moment, souffla l'étoile, qui brillait encore faiblement. Une dernière étoile gentillesse. La plus importante.

— Où ? demanda Bulle.

— Dans le noir, répondit l'étoile. Là où tout le monde se demande “et maintenant ?”.

On entendit la voix du père de Léon :

— Je vais voir le disjoncteur.

Et une autre voix, un peu sèche :

— Ça arrive toujours quand on a des invités…

Bulle sentit la miette de tristesse revenir, plus grosse, comme une boule de neige qu'on a roulée trop longtemps.

Alors, Léon eut une idée.

— On peut faire un Noël à la bougie ! lança-t-il. Comme dans les histoires !

— Et raconter des devinettes, ajouta Inès.

— Et faire des ombres sur le mur ! s'écria un autre enfant.

Dans le noir, ces mots firent un petit feu.

Bulle, qui ne pouvait plus briller avec des lumières, fit autre chose : elle écouta. Et dans cette écoute, elle trouva du courage.

Elle laissa son reflet capter la lueur minuscule de l'étoile, qui se mit à tourner plus vite, comme un moulin à vent de lumière.

L'étoile sauta et se colla sur la phrase “On peut faire un Noël à la bougie !”.

Aussitôt, un rire éclata. Puis un autre. Les adultes se détendirent, comme si quelqu'un avait desserré un nœud invisible.

— D'accord, dit la mère de Léon. Quelqu'un a des bougies ?

— Moi ! cria une voisine. J'en ai toujours, on ne sait jamais. Je suis prête pour les pannes et pour les fantômes.

— Les fantômes ? répéta Léon, ravi.

— Des fantômes de bonne humeur, répondit la voisine.

On alluma des bougies. Les flammes dansèrent. Les ombres se mirent à jouer sur les murs : un lapin géant, un crocodile qui avait l'air de bâiller, et même un sapin qui semblait faire coucou.

Bulle regarda tout ça et se sentit… utile autrement. La confiance, pensa-t-elle, c'est quand on croit qu'on peut trouver une solution, même si la lumière s'en va faire une promenade.

Le père revint en riant.

— C'était juste un fusible. Tout va revenir.

— On garde quand même les bougies cinq minutes, demanda Inès. C'est trop joli.

Et tout le monde fut d'accord, comme si la panne avait offert un cadeau secret.

Chapitre 5 : Le matin d'après, tout scintille autrement

La soirée finit dans une chaleur douce. Les lumières revinrent, mais les bougies restèrent un peu, parce que leurs flammes racontaient des choses que les ampoules ne savent pas dire.

Quand les invités partirent, la maison retomba dans un calme moelleux. Le sapin clignotait doucement, comme s'il faisait des rêves en couleur.

Bulle, suspendue à sa branche, avait l'impression d'avoir voyagé très loin sans quitter le salon.

L'étoile revint se poser sur elle, légère, rassurée.

— Mission accomplie ? demanda Bulle.

— Pour ce soir, oui, répondit l'étoile. Tu as aidé à coller trois étoiles gentillesse : sur des excuses, sur un partage, et sur un rire.

— Et après ? demanda Bulle. Je dois continuer ?

L'étoile brilla, comme si elle souriait.

— La gentillesse n'a pas besoin d'ordre de mission. Elle peut devenir une habitude. Et la confiance aussi.

Bulle regarda Léon, qui passait en pyjama, les cheveux en bataille, pour boire un verre d'eau. Il s'arrêta devant le sapin.

— Tu sais, dit-il tout bas, comme à un ami, hier j'ai cru que j'allais tout rater… et en fait, c'était bien. Même la panne.

Il toucha doucement une branche, sans la casser.

— Je crois que je peux y arriver, ajouta-t-il.

Puis il remonta se coucher.

La nuit passa comme une couverture chaude. Et le matin, la maison fut remplie d'une lumière pâle et neuve. Dehors, la neige avait fait un tapis silencieux. Dedans, ça sentait le chocolat et les sablés de la veille.

Bulle vit Inès revenir, emmitouflée, et déposer près du sapin un petit dessin : une étoile dorée au-dessus d'une maison, avec des bonshommes qui se tiennent la main.

En bas du dessin, elle avait écrit : “Quand on partage, ça fait plus.”

Bulle eut envie d'applaudir, mais elle n'avait pas de mains. Alors elle brilla de toutes ses forces, et ça fit un petit éclat dans le salon, comme un clin d'œil du matin.

L'étoile chuchota :

— Tu vois ? Demain a l'air prometteur.

Bulle regarda le sapin, la maison, la neige dehors. Elle se sentit prête pour d'autres petites missions, même sans ordre officiel, même sans ficelle.

Car, quelque part entre un “je suis désolé”, un “je te prête”, et un “on peut faire un Noël à la bougie”, quelque chose s'était collé pour de bon : une confiance douce, qui scintillait encore, même en plein jour.

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Boule de Noël
Décoration ronde pour le sapin.
Sapin
Arbre de Noël, souvent décoré pour les fêtes.
Guirlandes
Décorations longues et brillantes pour le sapin.
Reflet
Image renvoyée par une surface comme un miroir.
éclats de lumière
Petites parties de lumière qui brillent.
Tirer la poussière
Accumuler de la poussière avec le temps.
Se balança
Bouger doucement d'un côté à l'autre.
Fragile
Facile à casser ou à abîmer.
Frottant
Toucher quelque chose en glissant dessus.
Flocon
Petit morceau de neige.
Minuscule
Très petit, de taille réduite.
Pétillante
Qui brille ou scintille avec énergie.

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