Chapitre 1 : Un dimanche pas comme les autres
Ce matin-là, Zoé se réveilla plus tôt qu'un moineau pressé de chanter. Elle ouvrit un œil, puis l'autre, et sourit en pensant à la date. C'était la fête des mères ! Dans son lit douillet, elle compta tout bas, ses doigts repliés l'un après l'autre : « Un… deux… trois… jusqu'à dix ! » C'était sa manie, compter les choses, pour s'aider à réfléchir et, surtout, pour ne rien oublier.
Zoé sortit de sa chambre sur la pointe des pieds, essayant de ne pas faire grincer le vieux plancher. Elle voulait offrir à sa maman un réveil magique, doux comme une caresse. Mais d'abord, elle devait organiser la journée.
Dans la cuisine, elle repéra la confiture de fraises, les tartines toutes prêtes et même le café déjà moulu. « Un petit-déjeuner, c'est un, un câlin, c'est deux, un bouquet, trois… » Elle continua de compter jusqu'à dix, en murmurant : « Il me faut dix attentions pour la plus gentille des mamans. »
Soudain, son petit frère, Hugo, débarqua en pyjama à rayures, les cheveux dressés comme dix queues de hérisson. Il la fixa avec ses grands yeux noisette.
« Tu fais quoi si tôt, Zoé ? »
Zoé hésita, puis répondit, honnête : « Je prépare la meilleure fête des mères du monde. Tu veux m'aider à compter ? »
Hugo sauta de joie. « Oui ! Mais moi, je peux compter jusqu'à cent ! »
Zoé éclata de rire, et ensemble, ils filèrent préparer la première surprise.
Chapitre 2 : Dix idées, pas une de plus !
Zoé installa une feuille blanche au milieu de la table. Armée d'un énorme feutre rouge, elle traça dix cases bien alignées. « Voilà, chaque case sera pour une attention ! »
Hugo, très concentré, proposa : « On pourrait faire une chanson ! »
Zoé répondit, malicieuse : « Ça, c'est quatre sur dix. Mais avant, il faut le petit-déjeuner au lit. »
Cherchant partout, la fillette trouva un plateau, un joli bol avec des fleurs bleues et une serviette toute propre. Elle tartina les tranches de pain avec soin, comptant à voix basse : « Une, deux, trois, quatre… » Jusqu'à la dixième, même si le plateau semblait prêt avant.
En silence, Hugo dessinait une carte, appliquant ses crayons comme s'il peignait un chef-d'œuvre à exposer dans un musée.
Au fur et à mesure que la matinée avançait, la maison commença à sentir la confiture, la peinture fraîche et le bonheur. Ils avaient déjà quatre cases remplies : un petit-déjeuner, un dessin, un poème et un bouquet de pâquerettes cueillies dans le jardin.
Zoé rayonnait. Elle adorait inventer, improviser, et surtout voir le sourire de Hugo. Elle pensa soudain : « Être honnête, c'est dire à maman toute la vérité, même si on a raté un gâteau ou effacé un mot sur la carte. »
Elle se promit de rester elle-même, fière mais humble, et de donner à maman une journée sincère, sans mensonge ni fausse surprise.
Chapitre 3 : L'aventure au bord de l'eau
Alors qu'ils cherchaient leur cinquième attention, Hugo s'écria : « Et si on allait ramasser des galets pour décorer la maison ? »
Zoé attrapa un panier et, main dans la main, ils filèrent jusqu'à la berge aménagée derrière les maisons. Là, l'eau brillait sous le soleil, des canards glissaient doucement et les galets étaient tous plus beaux les uns que les autres.
Hugo ramassa dix galets, évidemment. Zoé aussi. Elle se mit à les aligner, les compter, les classer par taille. Elle chuchota : « Un, deux, trois… dix. C'est parfait. »
Mais soudain, son pied glissa sur une pierre trop lisse et elle tomba… juste au bord de l'eau, éclaboussée. Hugo éclata de rire. Zoé rougit, un peu vexée, mais éclata de rire à son tour.
Elle se redressa, trempée jusqu'aux genoux, et déclara : « On racontera tout à maman, promis ! Même la chute. C'est plus drôle quand on dit la vérité. »
De retour à la maison, ils installèrent les galets sur la table du salon, les décorèrent avec des feutres et des autocollants.
Il était déjà l'heure pour eux de préparer la sixième attention : un jeu de piste dans le salon.
Chapitre 4 : Un bouquet d'émotions
Le soleil passait maintenant à travers les rideaux et éclairait la maison d'une jolie lumière dorée. Zoé chercha partout le vœu parfait à glisser dans la septième case. Elle se souvint alors de tous les câlins du matin, des histoires du soir et des blagues qui font rire même les jours de pluie.
Elle ouvrit la porte de la chambre, où maman commençait à s'éveiller, et chuchota : « Bon matin, maman ! »
Sa maman la regarda, un peu surprise de la voir déjà debout, entourée de galets peints, de bouquets et de dessins. « Vous complotez, vous deux ? »
Zoé sourit, caressa la main de sa maman et annonça : « Aujourd'hui, on t'offre dix surprises, mais surtout, tout notre amour—en vrai, pas en cachette ! »
Maman ferma les yeux, touchée par tant de tendresse. Elle embrassa Zoé et Hugo, puis découvrit le plateau du petit-déjeuner, la carte de Hugo, le bouquet, les galets… L'émotion monta, douce, légère.
« J'ai la meilleure équipe du monde », murmura-t-elle.
Zoé, fière mais humble, répondit en riant : « On n'aurait rien fait sans toi, maman. Aujourd'hui, tu es la reine du royaume ! »
Chapitre 5 : Le placard enchanté
Le temps fila à toute allure. Après le déjeuner, ils improvisèrent une danse dans le salon, puis jouèrent à un jeu drôle : « Dix devinettes pour maman » (Zoé aimait décidément compter).
Bientôt, la maison fut décorée de guirlandes en papier, de petits mots et de rires. Mais le clou de la journée, c'était la surprise numéro dix.
Zoé prit la main de sa maman et l'emmena dans la chambre. Elle ouvrit lentement la porte du placard. Là, tout était bien rangé, chaque vêtement plié, chaque chaussure à sa place. Les galets décorés formaient un cœur sur la première étagère.
« On a tout rangé, trié, plié. Maintenant, ton placard est aussi doux que ta journée ! »
Maman resta bouche bée, puis serra ses enfants dans ses bras. Zoé sentit son cœur battre fort, battement après battement, jusqu'à dix… et même plus.
« Merci pour cette journée merveilleuse, mes trésors. Vous m'avez offert tout ce dont je rêvais : de l'amour, de la vérité, et un placard ordonné ! »
Zoé éclata de rire. Elle avait réussi à compter jusqu'à dix, mais le nombre de son amour pour sa maman, lui, était infini.