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Histoire du Lutin Farceur de Noël 7 à 8 ans Lecture 18 min.

Farfadet, le lutin farceur et le rire qui chatouille

Lila découvre qu’un lutin farceur transforme sa maison en petites surprises et, en jouant avec sa famille, apprend à choisir un rire bienveillant plutôt que moqueur.

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Lila, 8 ans, cheveux châtain clair en deux tresses, en pyjama bleu pâle à flocons, est assise sur son lit, souriante et émerveillée, faisant bouger une petite lampe de chevet coiffée d’un minuscule chapeau de lutin; un petit lutin de tissu aux joues roses et bonnet vert l’observe sur une étagère, le chat Moka brun tigré dort en boule sur le coussin au pied du lit. La chambre, décorée pour Noël (guirlandes lumineuses chaudes, petit sapin avec une boule ornée d’une moustache en papier, posters d’étoiles, calendrier de l’Avent, bois clair et rideau rouge), projette sur le mur des ombres dansantes en forme de renne, chat et étoile; la scène, aux couleurs douces et contrastes chauds (or, rouge, bleu pâle) et traits manga expressifs, dégage chaleur, douceur et malice grâce à l’éclairage de la lampe et des guirlandes. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 : Le chapeau sur la lampe

Le soir de décembre sentait la cannelle et l'orange. Dans la chambre de Lila, sept ans, les guirlandes clignotaient comme de petites étoiles qui jouaient à cache-cache. Sur la commode, le calendrier de l'Avent avançait à pas de chocolat. Lila, en pyjama à flocons, rangeait ses crayons en fredonnant.

Elle s'approcha de sa lampe de chevet, celle qui avait un abat-jour crème tout sage. Et là, elle resta bouche bée.

Un minuscule chapeau de lutin, rouge et pointu, était posé sur l'abat-jour. Pas coincé, pas dangereux, juste posé comme une couronne rigolote. La lampe avait l'air d'un champignon de Noël.

Lila éclata de rire, un rire qui chatouilla les murs.

Sur son étagère, près des livres, un petit lutin de tissu était assis. Il avait des joues roses, un bonnet vert, et des yeux qui semblaient briller un peu plus que d'habitude. On disait qu'un lutin farceur venait parfois en décembre pour faire des bêtises gentilles. Lila l'avait vu apparaître il y a quelques jours, sans qu'elle sache comment.

Elle s'approcha, les mains derrière le dos, comme si elle allait surprendre un secret.

Le lutin avait changé de place, c'était sûr. Et, juste à côté de lui, il y avait un minuscule papier plié en deux, comme un message d'oiseau. Lila l'ouvrit délicatement.

« Ce soir, ta lampe se prend pour un lutin. À toi de jouer sans te moquer. Signé : Farfadet, le Lutin Farceur. »

Lila relut deux fois. « Sans te moquer », ça voulait dire quoi, exactement ? Elle savait rire, ça oui. Mais parfois, quand son cousin trébuchait, elle riait un peu trop fort et il faisait la tête. Elle ne voulait pas que quelqu'un fasse la tête, surtout pas à Noël.

Elle posa le papier sur son bureau, puis observa la lampe coiffée. La farce était drôle, mais douce, comme un coussin lancé sans faire mal.

Lila souffla très doucement vers le lutin sur l'étagère.

« D'accord, Farfadet. Je vais jouer. Mais je vais rire gentiment. »

La guirlande clignota comme si elle approuvait. Et le chapeau sur la lampe sembla pointer encore plus haut, très fier.

Cette nuit-là, Lila s'endormit avec un sourire. Et juste avant de fermer les yeux, elle crut entendre, dans le silence, un tout petit “hihihi” qui avait l'odeur des biscuits.

Chapitre 2 : Des chaussettes qui font la danse

Le matin, Lila se réveilla vite, comme un chocolat chaud qui déborde d'impatience. Elle sauta du lit et courut voir la lampe. Le chapeau était toujours là, sagement posé. Aucun fil n'était tiré, rien n'avait bougé du mauvais côté. C'était une farce sécurisée, une farce qui souriait.

Puis elle regarda son tapis.

Ses chaussettes étaient alignées en rond, comme si elles faisaient une ronde. Au milieu, une petite cuillère en bois se tenait debout, coincée dans un gobelet, comme un micro. Et sur le gobelet, un autocollant disait : “Concert de chaussettes”.

Lila gloussa. Ses chaussettes n'avaient jamais été aussi organisées. D'habitude, elles se cachaient chacune dans un coin, comme des souris.

Elle entendit sa maman dans le couloir :

« Lila, tu viens déjeuner ? »

Lila répondit, en regardant le lutin sur l'étagère :

« J'arrive ! »

Elle hésita. Elle avait envie d'appeler sa maman pour montrer la ronde de chaussettes. Mais si maman ne trouvait pas ça drôle ? Ou si elle disait : “Ce n'est pas le moment”, avec sa voix pressée ?

Lila inspira. Elle se rappela le message : rire sans se moquer. Alors elle choisit de rire toute seule, doucement, comme un secret agréable.

Au déjeuner, elle croisa son grand frère Hugo qui avait les cheveux en bataille. Il cherchait sa cuillère.

« Elle est où, ma cuillère ? »

Lila savait, elle, où était la cuillère : sur scène, au milieu des chaussettes. Son rire lui monta au nez, prêt à sortir trop vite. Hugo avait l'air un peu agacé, et Lila n'avait pas envie de rire de lui.

Elle avala une gorgée de lait, puis dit calmement :

« Je crois que… ta cuillère fait un concert dans ma chambre. »

Hugo cligna des yeux.

« Un concert ? »

Lila hocha la tête, sérieuse comme une présentatrice de spectacle.

« Oui. Mais elle te la rendra sûrement après l'entracte. »

Hugo la suivit. Quand il vit la scène, il resta immobile une seconde, puis il éclata de rire, un rire franc, pas un rire qui pique. Lila rit aussi, et cette fois, leur rire se mélangea comme deux grelots.

Hugo prit la cuillère et la salua comme une star.

« Merci, madame la cuillère. Tu as bien chanté. »

Lila se sentit légère. Elle avait réussi : rire avec, pas rire contre.

Sur l'étagère, le lutin semblait avoir une nouvelle expression. Peut-être que c'était juste une impression… mais on aurait dit qu'il souriait un peu plus.

Plus tard, en s'habillant, Lila décida de répondre au jeu. Elle prit un petit morceau de papier et dessina une lampe avec un chapeau, puis une chaussette qui dansait. En dessous, elle écrivit : “Je ris doucement, et je partage.”

Elle glissa le papier près du lutin, comme on glisse un biscuit à un ami.

Chapitre 3 : Le sapin qui porte des moustaches

Le soir suivant, la maison avait cette lumière spéciale de décembre, un mélange de fenêtre froide et de salon chaud. Le sapin brillait dans le coin, décoré de boules, de petites figurines et de guirlandes dorées.

Lila entra dans le salon… et s'arrêta.

Le sapin portait une moustache.

Pas une vraie moustache, bien sûr. Une moustache en papier découpé, noire et un peu tordue, collée sur une grosse boule argentée. On aurait dit que la boule faisait la tête du sapin, et que le sapin devenait un monsieur très sérieux… sauf que la moustache frétillait un peu à cause de la chaleur.

Lila éclata de rire, puis posa sa main sur sa bouche. Elle se demanda : est-ce que je me moque du sapin ? Non, un sapin ne peut pas être vexé. Mais si quelqu'un avait fabriqué la moustache et qu'on se moquait de lui ?

À ce moment-là, sa mamie entra avec un panier de biscuits.

« Oh là là… qu'est-ce qui se passe ici ? »

Mamie plissa les yeux, puis vit la moustache. Son visage se transforma en sourire.

« Eh bien ! Notre sapin a décidé de se déguiser. Il a beaucoup de style. »

Lila souffla, rassurée. Mamie riait d'un rire doux, comme une couverture.

Lila s'approcha du sapin et chuchota, comme si elle parlait à Farfadet :

« C'est drôle, mais c'est gentil. Merci. »

Dans la soirée, Hugo voulut accrocher une nouvelle boule et accrocha, sans faire exprès, une guirlande un peu de travers. Le sapin sembla pencher la tête. Hugo grogna :

« Mince… je suis nul. »

Lila sentit quelque chose se serrer dans son ventre. Elle avait déjà entendu Hugo dire ça quand il ratait un dessin ou un devoir. Et parfois, ça faisait comme un petit nuage dans la pièce.

Elle aurait pu rire de la guirlande de travers, mais ça aurait fait tomber la joie. Alors elle eut une idée.

Elle prit deux petits bouts de papier et dessina deux sourcils rigolos. Elle les posa sur une autre boule, au-dessus de la moustache. Le sapin avait maintenant un air étonné, comme s'il disait : “Oh !”

Hugo la regarda.

« Pourquoi tu fais ça ? »

Lila répondit simplement :

« Pour que le sapin ait l'air de nous encourager. Regarde, il dit : “On peut recommencer !” »

Hugo observa, puis son visage se détendit. Ensemble, ils remirent la guirlande plus droite. Pas parfaite, mais joyeuse. Mamie applaudit doucement, comme au théâtre.

Plus tard, quand tout le monde fut occupé, Lila retourna dans sa chambre. Sur son bureau, une petite trace de farine formait un chemin discret jusqu'à l'étagère. Comme si le lutin avait marché en faisant des pas de gâteau.

Et, près de lui, un nouveau message attendait.

« Rire qui répare : niveau 2 réussi. Prochaine surprise : au pays des ombres… mais pas les ombres qui font peur. »

Lila fronça les sourcils. Le pays des ombres ? Elle n'aimait pas trop le noir, mais elle adorait les veilleuses. Et si c'était des ombres rigolotes ?

Elle décida de faire confiance. En décembre, la nuit pouvait être une amie, surtout quand on allumait une petite lumière.

Chapitre 4 : Les ombres qui dessinent des histoires

Le lendemain, à l'heure du coucher, Lila se glissa sous sa couette. La lampe de chevet portait toujours son chapeau de lutin. Lila alluma la lumière, puis observa les murs.

Quelque chose avait changé.

Sur l'abat-jour, une petite forme découpée était attachée avec un morceau de ruban : un renne minuscule en carton, tout léger. La lumière projetait son ombre sur le mur. Mais l'ombre n'était pas seule. À côté, d'autres petites silhouettes apparaissaient : un bonhomme de neige, une étoile, un chat avec une queue en point d'interrogation. Comme si la chambre était devenue un écran de cinéma de Noël.

Lila se redressa, émerveillée. Les ombres dansaient quand elle bougeait la lampe. Rien d'effrayant : c'était comme un livre d'images, mais sur le mur.

Elle rit, puis murmura :

« Farfadet, tu es fort. »

Elle eut envie d'appeler Hugo ou mamie, mais il était tard. Alors elle choisit un autre jeu : elle allait raconter une histoire aux ombres, comme si elles l'écoutaient.

Lila fit bouger la lampe, et le renne sembla sauter.

« Le renne cherche une carotte perdue », chuchota-t-elle. « Et il demande au chat détective… »

Elle se mit à inventer, et ses phrases se déroulèrent toutes seules. Les ombres devenaient des personnages. Le chat détective trouvait la carotte dans une chaussette. Le bonhomme de neige applaudissait sans faire tomber son nez. L'étoile chantait sans réveiller les voisins.

À un moment, Lila fit une ombre de main sur le mur, un lapin avec deux doigts. Le lapin salua le renne. Lila gloussa, fière de sa magie à elle.

Puis elle pensa à quelque chose : Farfadet faisait des farces, mais ce n'était pas seulement pour rigoler. C'était pour inviter Lila à jouer, à inventer, à aider les autres à sourire.

Et surtout, il lui apprenait la différence entre deux rires : celui qui pique et celui qui chatouille.

Elle se souvenait d'une fois, à l'école, où une camarade avait lu un mot de travers. Lila avait ri, un rire trop fort, et la camarade avait rougi. Depuis, Lila y repensait parfois, comme à une tache de chocolat sur un pull clair.

Alors, ce soir-là, elle promit dans sa tête :

Je rirai pour faire du bien.

Avant d'éteindre, elle posa une petite feuille près du lutin. Elle y avait dessiné un lutin… mais pas comme lui. Un lutin avec des tresses et un pyjama à flocons. Un lutin qui tenait une lampe coiffée d'un chapeau.

En dessous, elle écrivit : “Moi aussi, je peux être un lutin.”

La lumière éteinte, la chambre resta douce. Et Lila s'endormit en imaginant des ombres qui rangent leurs costumes dans une boîte à rêves.

Chapitre 5 : Chacun son petit lutin

Le dernier samedi avant Noël arriva avec un ciel clair et un air qui piquait un peu le bout du nez. Dans la cuisine, ça sentait la pâte à biscuits. Mamie avait mis un tablier avec un sapin dessus. Hugo roulait la pâte trop fort et faisait des biscuits géants. Lila, elle, découpait des étoiles en essayant de ne pas en manger une avant la cuisson.

Sur le frigo, on voyait déjà des petites surprises du lutin de la semaine : un dessin apparu dans un tiroir, une cuillère qui avait “dansé”, une moustache sur le sapin. Tout le monde en parlait avec amusement, comme d'un invité invisible.

Lila regarda le lutin Farfadet, posé près de la boîte à sucre. Elle se demanda : est-ce que c'est toujours lui, ou est-ce que la maison entière est devenue un peu lutin ?

Elle se rappela la phrase du message : “Chacun peut être lutin à sa manière.”

Alors Lila eut une idée. Une idée qui ne renversait pas de verre, ne cachait pas de clés, et ne faisait pleurer personne. Une farce gentille, qui donne envie de rire ensemble.

Elle prit des petits morceaux de papier et dessina des mini-chapeaux de lutin. Elle en fit pour mamie, pour Hugo, pour maman, et même pour le chat de la maison, qui s'appelait Moka et qui avait l'air de tout juger. Elle découpa soigneusement, puis fixa chaque chapeau avec une petite pince à linge, sans coller et sans abîmer. Elle les posa sur des objets sûrs : sur la poignée d'un panier, sur une cuillère en bois, sur la couverture du canapé, et sur le coussin de Moka (pas sur Moka, parce que Moka n'aimait pas les surprises sur ses oreilles).

Puis elle ajouta un mot sur la table :

« Mission du jour : trouver ton chapeau et offrir un sourire. Rire autorisé, moquerie interdite. Signé : Lila, apprentie lutin. »

Quand maman entra, elle repéra d'abord le chapeau sur la cuillère en bois.

« Oh ! On dirait que la cuisine a attrapé la lutinite ! »

Hugo trouva le chapeau sur son verre et fit semblant de parler avec une voix de roi :

« Je décrète que ces biscuits sont délicieux ! »

Mamie découvrit un chapeau sur son tablier et fit une révérence.

« Je suis la Cheffe Lutine. Attention, je saupoudre de la joie ! »

Même Moka s'allongea sur son coussin-chapeau et ronronna, comme s'il approuvait le règlement.

Lila riait, mais elle surveillait son rire, comme on surveille une étoile filante pour faire un vœu au bon moment. Chaque fois qu'elle sentait son rire devenir trop fort, elle le changeait en sourire et en regard gentil.

Dans l'après-midi, Hugo fit tomber un peu de farine par terre. Il s'attendit à se faire gronder. Mais Lila prit une petite pincée de farine et dessina vite un cœur sur la table, puis elle effaça aussitôt avec son chiffon.

« Oups… la farine fait aussi des farces. On nettoie et c'est fini. »

Hugo souffla, soulagé. Ils nettoyèrent ensemble, en chantonnant.

Quand le soir tomba, la maison était propre, les biscuits refroidissaient, et le sapin brillait avec sa moustache toujours en place, parce que tout le monde avait décidé qu'elle resterait jusqu'à Noël.

Lila retourna dans sa chambre. Sur l'étagère, Farfadet était assis exactement comme avant… sauf que, cette fois, un tout petit papier dépassait de sa main, comme s'il le tendait.

Lila le prit.

« Apprentie lutin, mission réussie. Tu as compris : la meilleure farce, c'est celle qui laisse un cœur léger. Continue à rire comme une clochette qui n'écrase personne. Joyeux Noël. »

Lila serra le message contre elle. Elle regarda sa lampe coiffée, puis la pièce, puis ses propres mains.

Elle pensa : Je n'ai pas besoin d'un bonnet vert pour être un lutin. Je peux l'être quand j'aide, quand j'invente, quand je fais rire sans blesser.

Elle remit le chapeau de la lampe bien droit, juste pour le plaisir. Puis elle souffla vers Farfadet, comme on souffle sur une bougie sans l'éteindre.

Dans le couloir, elle entendit sa famille rire doucement, et ce rire-là ressemblait à une guirlande lumineuse : il reliait tout le monde, sans tirer trop fort.

Lila se glissa sous sa couette. La nuit de décembre était froide dehors, mais dans sa chambre, il y avait une chaleur de fête, de tendresse, et de malice.

Et, tandis qu'elle fermait les yeux, elle se dit que, demain, elle ferait une autre farce gentille. Peut-être une carte cachée dans une chaussure. Ou une ombre de lapin qui raconte une histoire.

Après tout, Noël était un grand jeu… et chacun pouvait y être lutin, à sa manière.

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Abat-jour
Couverture autour d'une lampe qui diffuse la lumière doucement.
Guirlandes
Longues décorations suspendues, souvent brillantes et lumineuses.
Calendrier de l’Avent
Petit calendrier comptant les jours avant Noël, avec des surprises.
Pyjama
Vêtement que l'on porte pour dormir, souvent confortable.
Bouche bée
Expression pour dire qu'on est très surpris ou sans voix.
Autocollant
Image ou étiquette avec un dos collant qu'on peut coller.
Entracte
Pause entre deux parties d'un spectacle ou d'un concert.
Révérence
Petit salut respectueux fait en s'inclinant doucement.
Ronronna
Son doux et régulier que fait un chat quand il est content.
Tablier
Vêtement porté sur les habits pour les protéger en cuisinant.

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