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Histoire sur l'hiver 9 à 10 ans Lecture 14 min. (2)

L’hiver où la glace a réchauffé les cœurs

Léna, une petite fille qui n'aime pas l'hiver, découvre la patinoire avec deux nouveaux amis, Nour et Hugo, et apprend à surmonter ses peurs tout en partageant des moments de joie et d'amitié sur la glace. Ensemble, ils réalisent que leurs différences les rapprochent et transforment leur vision de cette saison froide.

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Léna, une fille de 10 ans aux longs cheveux bruns et joues roses, se tient sur une patinoire avec un grand sourire. Elle porte un manteau bleu vif, un bonnet en laine et des gants rayés. À ses côtés, Nour, également âgée de 10 ans avec des cheveux frisés en couettes, rit en lui tenant la main, vêtue d'une écharpe colorée et de patins à glace. Un peu plus loin, Hugo, un garçon de 10 ans en grosse veste noire et casque, les observe avec un sourire. La patinoire, entourée de murs blancs et de guirlandes colorées, est animée par des enfants qui patinent joyeusement. L'ambiance est festive et chaleureuse, alors que Léna et ses amis s'apprêtent à montrer une chorégraphie sur la glace. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 – Le premier matin de givre

Léna avait 9 ans et n'aimait pas beaucoup l'hiver.

Chaque matin, quand elle ouvrait les volets, elle soupirait.

Ce jour-là, la lumière était blanche. Les toits étaient recouverts d'une fine poudre brillante.

Sur la fenêtre de sa chambre, il y avait des dessins de glace, comme des plumes gelées.

Léna posa le bout de son doigt dessus.

C'était froid, humide, mais aussi joli.

Elle resta un instant à regarder la cour de l'immeuble.

Les arbres étaient nus, les bancs vides.

Personne ne jouait dehors tôt le matin.

L'hiver donnait l'impression d'avoir tout arrêté.

Léna se sentit seule.

Depuis que sa meilleure amie était partie vivre dans une autre ville, elle n'osait plus beaucoup aller vers les autres.

À l'école, elle restait souvent au bord de la cour, les mains dans les poches.

Au petit-déjeuner, sa mère lui tendit un bol fumant.

— Tu as vu comme c'est beau, le givre, ce matin ?

— Mouais…, répondit Léna. Il fait surtout très froid.

Sa mère sourit.

— Tu sais, l'hiver, ce n'est pas seulement du froid. C'est aussi une saison pour se rapprocher des gens. On se serre, on se réchauffe, on partage des choses.

— Peut-être pour les grandes personnes, marmonna Léna.

Son père arriva avec une brochure colorée.

— Regarde, dit-il. La nouvelle patinoire couverte a ouvert pas loin d'ici. Ils proposent des cours pour débutants ce samedi. Ça te dirait d'essayer ?

Léna ouvrit de grands yeux.

Patiner ? Sur la glace ? Devant des inconnus ?

— Je ne sais pas patiner…

— Justement, répondit son père. Tu apprendras. Tout le monde sera débutant ou presque.

Léna hésita.

L'idée de tomber, de glisser, de se ridiculiser la gênait.

Mais au fond d'elle, une petite curiosité se réveilla.

Elle finit par dire doucement :

— D'accord… On peut essayer.

Elle ne le savait pas encore, mais ce simple “d'accord” allait changer son hiver.

---

Chapitre 2 – La patinoire couverte

Le samedi suivant, le ciel était gris et bas.

Léna enfila son manteau épais, son bonnet bleu et ses gants rayés.

Dans la voiture, elle sentait son ventre se serrer un peu.

La patinoire couverte ressemblait à un grand dôme blanc.

Quand ils entrèrent, Léna fut surprise par l'odeur fraîche, un peu humide, et par le bruit des lames sur la glace.

Ça faisait “chhhk, chhhk” comme des petits serpents rapides.

Des enfants riaient, d'autres tenaient la main de leurs parents.

Certains glissaient déjà très vite.

— C'est le cours des débutants là-bas, indiqua son père.

Léna chaussa les patins de location.

Ils étaient un peu lourds, un peu durs, mais bien serrés autour de ses chevilles.

En se levant, elle vacilla.

— Ouh là…

Elle marcha jusqu'au bord de la glace en se tenant au mur.

Un groupe d'enfants attendait.

Parmi eux, une fille aux cheveux très frisés, attachés en deux couettes, la regarda avec un grand sourire.

— Salut ! Moi c'est Nour, dit-elle. Tu as déjà patiné ?

— Non… Jamais, répondit Léna, un peu intimidée.

— Moi, juste une fois. J'ai tellement eu peur de tomber que j'ai rigolé tout le temps, ajouta Nour en éclatant de rire.

Léna sourit malgré elle.

Ce rire lui faisait du bien.

Le moniteur, un grand jeune homme avec une écharpe rouge, arriva.

— Bonjour tout le monde ! Je m'appelle Malik. Ici, on a le droit de tomber, de se relever, de rien savoir faire. Le plus important, c'est d'essayer et de s'aider les uns les autres. D'accord ?

Les enfants hochèrent la tête.

Léna sentit son cœur battre un peu moins vite.

Quand elle mit enfin un pied sur la glace, celle-ci lui sembla plus dure et plus lisse que tout ce qu'elle connaissait.

Elle glissa aussitôt.

— Oups !

Elle se retrouva assise. La glace était glaciale sous son pantalon, mais elle n'avait pas mal.

Autour d'elle, d'autres enfants étaient tombés aussi.

Certains riaient, d'autres grognaient, mais personne ne se moquait.

Nour lui tendit une main.

— Allez, viens. On tombe ensemble, on se relève ensemble.

Léna prit la main de Nour.

C'était une petite main chaude, malgré le gant.

Et pour la première fois de l'hiver, Léna se sentit un peu moins seule.

---

Chapitre 3 – Tomber, rire et recommencer

Les semaines passèrent.

Tous les samedis matin, Léna allait à la patinoire.

Au début, elle ne lâchait pas le bord.

Elle avançait centimètre par centimètre.

Ses jambes tremblaient un peu.

— Tu peux y arriver, l'encourageait Malik. Regarde droit devant toi, pas tes pieds.

Nour n'avait pas peur de faire des blagues.

— Si on tombe, on dira que c'est de la danse moderne sur glace, chuchotait-elle.

Un garçon au fond restait souvent à l'écart.

Il s'appelait Hugo.

Il portait toujours une grosse veste noire, même sur la glace, et un casque spécial.

Un jour, pendant une pause, Malik expliqua :

— Hugo a un peu de mal à garder l'équilibre, à cause de son corps qui fonctionne différemment. Alors il a ce casque pour le protéger. On fait attention à lui, d'accord ?

Certains enfants le regardèrent avec curiosité.

Léna aussi.

Elle n'avait jamais vraiment parlé à un enfant comme lui.

Plus tard, alors qu'elle essayait un virage, Léna trébucha et glissa droit vers Hugo.

Ils tombèrent tous les deux dans un grand “plouf” sur la glace.

Léna rougit.

— Pardon ! Je… je ne voulais pas…

Hugo la regarda, un peu surpris, puis se mit à rire.

— T'inquiète, dit-il. Je tombe tout le temps. Toi, au moins, tu sais freiner… sur moi.

Léna éclata de rire à son tour.

La glace était froide, mais ce moment était chaud, comme un chocolat chaud à l'intérieur du cœur.

À partir de ce jour-là, ils patinèrent parfois côte à côte.

Nour, Hugo et Léna formaient un trio un peu bancal, mais uni.

Un samedi, Malik annonça :

— À la fin de l'hiver, nous organiserons une petite fête à la patinoire. Vous pourrez montrer ce que vous avez appris à vos familles. Pas de compétition, juste du partage.

Léna sentit une boule se former dans son ventre.

Patiner devant tout le monde ? Même ses camarades de classe pourraient venir…

Mais Nour lui donna un coup d'épaule amical.

— Hé, on fera une figure de champions. Version débutants, mais champions quand même.

Hugo ajouta :

— Et si je tombe, je ferai semblant que c'était prévu.

Léna regarda ses deux nouveaux amis.

Ils étaient si différents l'un de l'autre.

Nour parlait tout le temps, Hugo parlait moins mais faisait des blagues étranges.

Pourtant, tous les trois se comprenaient.

Peut-être que l'hiver ne servait pas seulement à avoir froid.

Peut-être qu'il servait aussi à se rapprocher des personnes différentes.

---

Chapitre 4 – Les derniers jours de neige

Peu à peu, les jours s'allongèrent.

Le matin, quand Léna ouvrait les volets, le ciel n'était plus complètement noir.

Certains toits commençaient à dégeler plus vite.

Un soir, en rentrant de la patinoire, elle remarqua quelque chose.

— Regarde, papa ! Les branches ont des petits bourgeons !

Les arbres, qui semblaient morts quelques semaines plus tôt, préparaient déjà le printemps.

Léna se sentit rassurée.

L'hiver n'était pas éternel.

Il avait un début, un milieu et une fin.

Un mardi, à l'école, la maîtresse annonça une sortie à la patinoire pour la classe de Léna.

— Comme vous le savez, dit-elle, la patinoire couverte a ouvert récemment. Nous irons tous ensemble vendredi. Ceux qui savent déjà un peu patiner pourront aider ceux qui n'en ont jamais fait.

Des murmures parcoururent la classe.

— Moi, je suis trop nul, se plaignit un garçon.

— Je vais me casser une jambe ! gémit une autre.

Léna sentit quelque chose bouger en elle.

Avant, elle aurait pensé la même chose.

Maintenant, elle connaissait la sensation de la glace, la peur de tomber, mais aussi la joie de se relever.

Le vendredi, en arrivant à la patinoire avec sa classe, Léna se sentit à la maison.

Tout lui paraissait familier : le bruit de la glace, l'odeur, la fraîcheur dans l'air.

Dans le vestiaire, une fille au fond, Maya, tremblait en essayant de lacer ses patins.

— Ça va ? demanda Léna.

— Non, murmura Maya. Je n'ai jamais patiné. Et puis… regarde mes jambes.

Maya montra discrètement une de ses jambes, un peu plus fine que l'autre, avec une attelle légère.

— Je ne vais jamais y arriver. Je suis différente des autres.

Léna pensa à Hugo, à son casque, à ses chutes, à son rire.

Elle pensa aussi à elle, au début, collée au bord.

D'une voix douce, elle dit :

— Moi non plus, je n'y arrivais pas au début. Et pourtant, je ne suis pas exactement comme Nour, ni comme Hugo, ni comme toi. On est tous différents. Mais on peut s'aider.

Elle tendit la main à Maya.

— Si tu veux, je reste avec toi. On ira doucement. On tombera peut-être. Mais on rira aussi.

Maya la regarda, un peu surprise, puis accepta la main de Léna.

Quand elles posèrent les pieds sur la glace, Nour et Hugo, qui patinaient déjà, vinrent les rejoindre.

— On fait équipe ? proposa Nour.

— Équipe des Pas-Parfaits, ajouta Hugo.

Ils se mirent tous à avancer, lentement.

Parfois, ils glissaient.

Parfois, ils se retenaient les uns les autres, formant une drôle de chaîne, un peu tordue, mais solide.

La maîtresse, au bord, les observait avec un sourire attendri.

Ce jour-là, Léna se sentit fière.

Elle n'était plus la petite fille qui se cachait au bord.

Elle était celle qui ouvrait la porte aux autres, même sur la glace.

---

Chapitre 5 – La fête de fin d'hiver

La dernière semaine de l'hiver arriva.

La neige restait seulement dans les coins d'ombre.

Les après-midis étaient un peu plus lumineux.

À la patinoire, c'était la fête.

Des guirlandes en papier pendaient au-dessus de la glace.

Les parents des enfants étaient assis sur les gradins.

Léna, Nour, Hugo et Maya avaient préparé une petite chorégraphie très simple avec l'aide de Malik.

Juste quelques pas, un tour lent, puis ils se tenaient tous par la main pour saluer.

Dans le vestiaire, Léna sentit son cœur s'accélérer.

— J'ai peur, avoua-t-elle.

— Moi aussi, dit Maya.

— Moi, j'ai peur… mais j'ai aussi faim, plaisanta Hugo.

— On a tous un peu peur, conclut Nour. Mais on y va ensemble.

Quand ce fut leur tour, la musique commença.

Une mélodie douce, un peu joyeuse, un peu triste, comme la fin de l'hiver.

Ils glissèrent sur la glace, concentrés.

Léna sentit le froid monter sous ses patins, l'air frais sur ses joues, mais aussi la chaleur des mains de ses amis.

À un moment, Hugo trébucha.

Ils manquèrent tous de tomber, puis se rattrapèrent de justesse.

Le public retint son souffle… puis éclata de rires et d'applaudissements.

Léna aussi rit.

Ce n'était pas parfait, mais c'était eux.

Leur différence, leurs peurs, leurs petits courages, tout se mélangeait.

À la fin, ils se tinrent la main et s'inclinèrent.

Léna aperçut ses parents, debout, qui applaudissaient très fort.

La maîtresse aussi applaudissait, les yeux brillants.

En quittant la glace, Malik les félicita.

— Vous avez formé un très beau groupe. Vous savez pourquoi ?

— Parce qu'on a presque pas chuté ? demanda Hugo.

— Non, répondit Malik en souriant. Parce que vous avez accepté vos différences. Vous vous êtes accueillis les uns les autres, comme vous êtes.

Plus tard, en sortant de la patinoire, Léna leva les yeux vers le ciel.

Une petite pluie fine commençait à tomber, faisant fondre les derniers tas de neige.

L'air sentait déjà un peu le printemps.

Pourtant, dans son cœur, elle se sentait reconnaissante pour cet hiver.

C'était l'hiver où elle avait appris à aimer le froid, parce qu'il lui avait donné des amis.

L'hiver où elle avait compris qu'être différent, ce n'est pas être moins bien, juste être soi.

En rentrant chez elle, elle ouvrit son cahier préféré.

Sur la première page, elle écrivit :

“Cet hiver, j'ai eu peur, j'ai glissé, j'ai ri.

J'ai trouvé des amis sur la glace.

Prochain chapitre : le printemps.”

Elle referma doucement le cahier.

Une page venait d'être tournée.

L'hiver s'éloignait, mais tout ce qu'elle avait appris restait bien au chaud, quelque part, juste là, dans son cœur.

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Givre
Fine couche de glace qui se forme sur les surfaces froides quand l'air est humide.
Intimidée
Se sentir nerveux ou peu sûr de soi devant les autres.
Bourgeons
Petits boutons qui apparaissent sur les branches des arbres avant que les feuilles ou les fleurs ne s'ouvrent.
Attelle
Dispositif utilisé pour maintenir un membre blessé en place.
Curiosité
Désir d'apprendre ou de connaître quelque chose.
Chocolat chaud
Boisson faite de lait et de chocolat chaud, souvent servie sucrée.

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