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Histoire sur le changement climatique 11 à 12 ans Lecture 13 min. (1)

La mission des petits gestes de Malo, le renard

Malo, un jeune renard inquiet du changement climatique, découvre grâce à des échanges et de petits gestes quotidiens qu’il peut agir avec sa famille et ses amis pour mieux prendre soin de la Terre.

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Malo, jeune renard anthropomorphe à la fourrure rousse, yeux curieux et expression déterminée, tient un filet avec des légumes et compare une brique de jus à une petite bouteille en plastique ; sa mère Lila, renarde adulte souriante, pose la main sur son épaule en tenant une carafe d'eau citronnée et un sac réutilisable ; une tortue employée, ronde et sage, range des salades en vrac en souriant et indique un rayon « vrac » en arrière‑plan ; le rayon de supermarché est lumineux et coloré, avec panneaux « vrac » et « local », étagères ordonnées, concombres emballés en plastique contrastant avec cagettes de légumes nus, poubelle de tri et étiquettes lisibles ; la scène montre Malo hésitant entre emballages superflus et options moins plastiques, gestes concrets de comparaison, composition centrée sur les personnages et les emballages contrastés. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 — La chaleur qui s'invite

Dans le quartier des Tilleuls, les arbres faisaient encore de l'ombre, mais l'air avait une drôle de manière de coller aux moustaches. Malo, un jeune renard à la queue rousse bien brossée, rentrait de l'école en traînant un peu les pattes.

Sur le trottoir, la vieille fontaine gargouillait moins fort que d'habitude. Une pie voisine s'éventa avec une feuille.

— On dirait que l'été ne veut plus partir, soupira Malo.

Sa maman, Renarde Lila, l'attendait devant la porte avec une carafe d'eau citronnée.

— Tu as vu le panneau à l'école ? demanda-t-elle.

— Celui sur “le climat qui change” ? Oui… Ça disait que la Terre se réchauffe. Ça m'a fait un nœud dans le ventre.

Lila s'assit sur le banc, tout près de lui.

— C'est normal de se poser des questions. Le climat change vraiment, et ça peut rendre certains étés plus longs, certaines pluies plus violentes, ou certaines rivières plus basses. Mais tu sais quoi ? Il y a aussi des solutions. Des choses simples, à notre échelle.

Malo souffla, comme si on venait d'ouvrir une fenêtre.

— Des solutions… Ça veut dire qu'on n'est pas juste… spectateurs ?

— Exactement, répondit Lila. On peut observer, comprendre, et agir. Calmement.

Malo regarda le jardin. Les tomates avaient soif, mais elles tenaient bon. Il se dit que lui aussi, il pouvait tenir bon, surtout si on lui expliquait comment.

Chapitre 2 — Une voix venue de loin

Le lendemain, la classe de Malo accueillit une invitée en visioconférence. La maîtresse, Madame Hibou, ajusta ses lunettes rondes.

— Les enfants, voici Amina, une mangouste qui vit au bord de la mer, dans un pays très ensoleillé. Elle va nous raconter ce qu'elle observe chez elle.

L'écran s'alluma. Amina apparut, un foulard léger sur la tête, derrière elle une fenêtre lumineuse. Sa voix était douce, posée.

— Bonjour, dit-elle. Chez moi, la mer est très belle, mais elle monte un peu chaque année. On le voit sur la plage : certaines dunes reculent, et l'eau s'approche des cabanes de pêche.

Malo se pencha, captivé.

— Est-ce que ça fait peur ? demanda une petite loutre au premier rang.

Amina hocha la tête lentement.

— Parfois, oui. Surtout quand il y a des tempêtes. Mais nous avons appris à nous organiser. On plante des arbres et des buissons près des dunes pour tenir le sable. On construit certaines maisons un peu plus loin. Et on économise l'énergie, parce que moins on brûle de pétrole et de gaz, moins on réchauffe l'air.

Madame Hibou intervint :

— Amina, est-ce qu'il y a quelque chose qui t'aide à garder espoir ?

Amina sourit.

— Le dialogue. Quand les voisins se parlent, quand les enfants posent des questions, quand les adultes écoutent. Une fois, un vieux pêcheur a dit : “La mer change, alors changeons avec elle, mais ensemble.” Ça m'est resté.

Malo sentit son nœud dans le ventre se desserrer. Ce n'était pas une histoire pour effrayer. C'était un témoignage pour comprendre.

— Merci, Amina, dit-il spontanément.

Amina posa une patte sur son cœur.

— Merci à toi d'écouter. L'écoute, c'est déjà un geste.

Chapitre 3 — Mission supermarché

Le vendredi soir, Lila annonça :

— Demain, on va au supermarché. Tu m'aideras à choisir.

Malo leva un sourcil.

— Choisir quoi ? Les biscuits ? Parce que moi, je sais très bien choisir les biscuits.

— Justement, dit Lila en riant. On va regarder surtout… les emballages.

Le lendemain, le supermarché bourdonnait comme une ruche. Les chariots grinçaient, les annonces parlaient trop vite, et Malo se frayait un chemin entre un grand ours et une chèvre pressée.

Devant le rayon des jus, Lila s'arrêta.

— Regarde, Malo. Deux jus d'orange. Celui-ci est dans une brique en carton, et l'autre dans une petite bouteille en plastique, entourée d'un film plastique… plus un bouchon, plus une étiquette.

Malo plissa les yeux.

— Ça fait beaucoup de couches pour un seul jus. Comme si le jus avait peur d'attraper froid.

— Exactement. Plus d'emballage, ça veut dire plus de matière à fabriquer, à transporter, puis à trier ou à jeter. Et tout ça demande de l'énergie.

Malo attrapa la brique.

— Donc on prend celle qui a moins de plastique ?

— Souvent, oui. Et on peut aussi choisir des formats familiaux quand c'est possible : moins d'emballages au total.

Au rayon des légumes, Malo remarqua des concombres emballés chacun dans du plastique.

— Pourquoi ils sont sous… couverture ? demanda-t-il, sincèrement perplexe.

Une tortue employée du magasin, qui rangeait des salades, entendit et sourit.

— Ça aide parfois à les garder plus longtemps, expliqua-t-elle. Mais si le légume est déjà solide, on peut souvent s'en passer. Le mieux, c'est de choisir ceux en vrac quand il y en a, et de les mettre dans un sac réutilisable.

Lila sortit de son sac deux filets en tissu.

— On les garde dans notre sac à dos. Comme ça, pas besoin de nouveaux sacs à chaque fois.

Malo hocha la tête, fier comme un explorateur.

Plus loin, près des yaourts, il vit un pack entouré d'un carton, puis d'un plastique, puis encore d'un carton.

— Celui-là, c'est une pyramide d'emballages… On dirait un château fort.

Lila leva un doigt.

— On peut aussi regarder les labels, choisir des produits locaux quand c'est possible. Moins de distance, moins de transport.

Malo observa les étiquettes comme un détective. Il n'avait pas l'impression de “sauver le monde” d'un coup. Mais il comprenait qu'il pouvait éviter des gestes inutiles, petit à petit. Et ça, c'était rassurant.

Chapitre 4 — Discuter sans se fâcher

Le dimanche, Malo retrouva ses amis au parc : Inès la hérissonne, Sami le lapin et Jo le jeune blaireau. Ils s'installèrent près de la mare, où des libellules dessinaient des virgules dans l'air.

— Hier, j'ai fait une mission emballages, annonça Malo.

— Une mission ? ricana Jo. Moi, ma mission, c'est de finir mes céréales avant mon frère.

Malo raconta les concombres “sous couverture” et les yaourts “en château fort”. Les autres rirent, puis Inès demanda :

— Et ça sert vraiment ? C'est pas juste… une goutte d'eau ?

Malo prit le temps de réfléchir. Il se souvenait d'Amina et de sa phrase : l'écoute, c'est déjà un geste.

— Une goutte d'eau toute seule, non. Mais plein de gouttes, ça fait une mare. Et si on en parle, on peut faire plus que seul.

Sami, qui mâchonnait une brin d'herbe, ajouta :

— Mon père dit que ça ne change rien, parce que “les grands” polluent plus.

Inès fronça le museau.

— Et alors ? On fait quoi, on ne fait rien ?

Jo haussa les épaules, prêt à discuter fort. Malo leva une patte.

— Attendez. On peut ne pas être d'accord, mais on peut se parler calmement. Les grands polluent plus, c'est vrai. Mais si les familles changent un peu, les magasins changent aussi. Ils proposent plus de vrac, moins d'emballages. Et on peut aussi écrire au conseil du quartier, demander des pistes cyclables, des arbres, des poubelles de tri.

Inès piqua, mais sans agressivité :

— Tu te prends pour un maire, maintenant ?

— Non, répondit Malo en souriant. Je me prends pour… quelqu'un qui pose des questions.

Jo se gratta le menton.

— OK. Mais moi, j'oublie tout le temps ma gourde. Et après je rachète une bouteille.

— On peut s'aider, proposa Sami. On fait un “rappel gourde” avant de sortir. Et on peut mettre un mot sur la porte : “Clés, gourde, sourire”.

Inès gloussa.

“Sourire”, c'est le plus dur.

Ils discutèrent encore, chacun avec ses idées, sans se couper la parole. Malo remarqua que quand on écoute vraiment, les solutions viennent plus facilement, comme des graines qui trouvent enfin la lumière.

Chapitre 5 — Petits gestes, vrai plan

Le lundi, Malo colla un papier sur le frigo, bien droit, avec un feutre vert :

“Notre plan :

1) Gourde et sacs réutilisables

2) Trier et composter

3) Moins de gaspillage

4) Parler et proposer”

Lila lut la liste, émue.

— C'est clair, et c'est faisable.

Ensemble, ils installèrent un petit bac à compost dans le coin du jardin. Malo y déposa des épluchures, et il fut surpris.

— Ça ne disparaît pas tout de suite.

— Non, dit Lila. Ça se transforme. Comme nous : on ne devient pas parfaits en une nuit, on s'améliore.

Le soir, ils cuisinèrent une soupe avec des légumes un peu “moches” achetés en promotion.

— Ils sont tordus, constata Malo en coupant une carotte qui ressemblait à un éclair.

— Et délicieux, répondit Lila. Moins on jette, moins on gaspille l'eau, l'énergie et les efforts pour produire.

Malo repensa au témoignage d'Amina. Il demanda :

— Tu crois qu'elle verrait nos gestes, là-bas ?

Lila remua la soupe.

— Peut-être pas directement. Mais si beaucoup de familles font pareil, ça compte. Et surtout, ça te donne une place dans l'histoire : tu n'es pas un renard qui subit, tu es un renard qui comprend.

Avant de dormir, Malo écrivit un message à Madame Hibou pour la remercier de la rencontre. Il ajouta une question : “Est-ce qu'on pourrait organiser une journée ‘moins d'emballages' à l'école ?”

Il appuya sur “envoyer” avec la sensation douce de faire partie d'un grand dialogue.

Chapitre 6 — La Terre, belle et solide

Quelques jours plus tard, la classe lança sa journée spéciale. Les élèves apportèrent des goûters sans emballages inutiles : des fruits, du pain, des biscuits maison dans des boîtes. Ils affichèrent des dessins d'arbres, de rivières, de vélos, et aussi des phrases simples : “Je peux choisir”, “Je peux écouter”, “Je peux proposer”.

À la fin de la journée, Malo rentra à pied. Le soleil était moins brûlant. Une brise passait entre les branches, et les feuilles faisaient un bruit de chuchotement.

Il s'arrêta sur la petite colline derrière les maisons. De là, il voyait les toits, le parc, la mare qui reflétait le ciel, et au loin la ligne sombre de la forêt. Tout semblait à sa place, fragile et robuste à la fois.

Lila le rejoignit.

— Tu penses à quoi ? demanda-t-elle.

Malo chercha ses mots, calmement.

— Je pense que la Terre est belle. Et que même si le climat change, on peut apprendre, s'entraider, et faire des choix. Pas pour être des héros… mais pour être attentifs.

Lila posa sa patte sur son épaule.

— C'est une excellente façon de le dire.

Ils restèrent un moment en silence. Un merle lança une note claire. Le ciel s'éclaircit, comme si quelqu'un avait doucement lavé une vitre.

Malo se sentit serein. Il savait que tout n'était pas simple, ni rapide. Mais il savait aussi qu'il y avait des solutions, des gestes concrets, et surtout des conversations qui rapprochent.

Et pendant que la nuit descendait tranquillement, il se promit de garder les yeux ouverts sur la beauté du monde — cette beauté qu'on protège mieux quand on apprend à se parler.

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Visioconférence
Réunion ou rencontre faite en parlant et en se voyant par écran et internet.
Dunes
Tas de sable formés par le vent près de la mer ou du désert.
Composter
Transformer les restes de nourriture en terre riche pour les plantes.
Vrac
Produits vendus sans emballage individuel, pris en quantité libre.
Gaspillage
Jeter ou perdre de la nourriture, de l'eau ou des objets utiles.
épluchures
Peaux ou parties enlevées des légumes et des fruits quand on les prépare.
Bac à compost
Récipient où l'on met les déchets organiques pour qu'ils deviennent de la terre.
Labels
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Trier
Séparer des objets ou des déchets selon leur type pour mieux les recycler.

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