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Histoire sur le mensonge 9 à 10 ans Lecture 8 min.

La pomme du banc et la leçon de vérité

Thomas découvre la disparition de sa pomme à la récréation et, partagé entre peur et honnêteté, cherche avec ses amis et une surveillante à comprendre ce qui s’est passé.

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Thomas, 10 ans, visage rond et cheveux châtain clair en bataille, assis sur un petit muret en pierre, mains jointes, regard tourné vers ses amis; à sa gauche Marius, 10 ans, plus mince, cheveux noirs, mains derrière le dos, honteux mais prêt à s'excuser; à sa droite Lucie, 10 ans, cheveux blonds en tresse, bras croisés et sourire encourageant; un peu en retrait Hugo, ~11 ans, tenant une boîte-repas ouverte et reconnaissant sa pomme; cour d'école avec un banc en bois usé, muret gris, haie verte, sol de gravier et quelques feuilles, lumière douce de fin d'après-midi; moment de réconciliation calme et chaleureux, atmosphère tendre, couleurs pastel. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 — La pomme qui a disparu

Ce matin-là, Thomas avait la gorge sèche d'excitation. C'était le premier jour après les grandes vacances où il retrouvait ses copains de CM2. À la récréation, il avait croqué dans une pomme du goûter, brillante et rouge. Plus tard, en sortant son cartable, il s'aperçut que la pomme n'était plus dans sa poche. Son coeur fit un petit bond : il se souvenait d'avoir entendu Marius glousser près du banc.

"Tu as pris ma pomme ?" demanda Thomas, en essayant de garder la voix calme.

Marius haussa les épaules. "Non, pas moi", dit-il. Sa voix paraissait trop haute, comme si elle cherchait à éviter quelque chose. Thomas regarda autour : des miettes collées au banc, une trace de jus sur la manche de Lucie. Tout semblait dire que la pomme avait été mangée, mais il ne savait pas qui.

La maîtresse annonça la fin de la récréation. Thomas sentit une petite panique : il était tenté de dire que la pomme avait glissé dans son sac. Ce serait plus simple, pensa-t-il. Mais il remarqua les yeux surpris de Lucie et la moue embarrassée de Marius. Il opta pour le silence.

"On en parlera après le repas", murmurèrent-ils en se dirigeant vers la cantine. Thomas se promit de trouver une façon d'expliquer, sans blesser personne.

Chapitre 2 — Le coin de la cour après le repas

Après le repas, pendant que la plupart des enfants jouaient au foot, Thomas alla s'asseoir sur le petit muret près de la haie. Le soleil de midi rendait l'air doux, et les odeurs de la cantine flottaient encore. Il regarda ses mains, les doigts un peu collants, et repensa à la pomme disparue.

"Tu as l'air sérieux", dit une voix derrière lui. C'était Madame Petit, la surveillante. Elle s'assit à côté, sans se presser. "Quelque chose te tracasse ?"

Thomas hésita. Il voulait expliquer sans se faire mal. Il se souvenait d'une fois où, l'an dernier, il avait menti pour éviter une punition et s'était senti seul pendant une semaine. Cette fois, il ne voulait pas que ça recommence. Alors il choisit la vérité, mais doucement.

"Ma pomme a disparu," commença-t-il. "Je crois que quelqu'un l'a prise, mais je... je n'aime pas accuser. J'ai peur de me tromper et de blesser."

Madame Petit sourit. "Tu sais, mentir par peur, ça arrive. Mais ne pas parler, ça pèse aussi. Tu peux expliquer ce que tu as vu, sans prétendre tout savoir. Et tu peux poser des questions. La confiance se reconstruit petit à petit."

"Comment faire si je n'aime pas ce que dira l'autre ?" demanda Thomas.

"En écoutant," répondit-elle simplement. "Et en disant ce que tu ressens, pas seulement ce que tu crois." Elle lui tapota l'épaule. "Va leur parler dans la cour. Pas pour accuser, mais pour comprendre."

Chapitre 3 — Les petites vérités

Thomas rejoignit le groupe qui jouait aux billes. Marius était pâle, comme s'il avait regardé trop vite le soleil. Lucie rangeait soigneusement ses affaires. Thomas respira profondément.

"Marius, Lucie, on peut parler ?" demanda-t-il.

"Quoi encore ?" répliqua Marius, sur la défensive.

"Ce matin, ma pomme n'est plus dans ma poche. Je sais que vous étiez près du banc. Est-ce que vous avez vu quelque chose ?" Thomas choisit d'employer un ton doux, sans gestes brusques.

Lucie croisa les mains. "J'ai vu quelqu'un qui passait vite. Il n'était pas de notre classe. Peut-être... un grand garçon."

Marius baissa les yeux. "Je l'ai un peu poussée sans faire exprès," avoua-t-il d'un coup, comme si cela soulevait un poids. "Il tenait la pomme et il a trébuché. Elle est tombée. Après, je... j'ai ramassé. Je ne voulais pas qu'on me fiche pour ça. Alors je l'ai mangée."

Thomas sentit une pointe de colère, puis quelque chose d'autre : de la compassion. Marius avait eu peur d'être jugé. Thomas se rappela sa propre hésitation. Il prit un temps pour répondre.

"Tu aurais pu me le dire," dit-il simplement. "Ça m'aurait moins embêté. Mais je comprends que tu avais peur."

Marius se mit à rougir. "Je suis désolé, Tom. Je ne voulais pas mentir. C'était plus facile."

"Merci de le dire maintenant," répondit Thomas. "On va trouver comment faire mieux la prochaine fois."

Chapitre 4 — Réparer sans drame

Ils décidèrent de trouver le grand garçon pour lui parler. Dans la cour, près des arbres, ils aperçurent Hugo, qui grignotait une salade. Thomas hésita, puis alla vers lui.

"Salut Hugo," dit-il. "Ce matin, peut-être que ta pomme a été perdue près du banc. Marius a dit qu'il l'avait ramassée par erreur. Est-ce que c'était ta pomme ?"

Hugo leva la tête, surpris. "Oh non ! Ma pomme ! J'ai cru l'avoir perdue. Je suis content qu'on l'ait retrouvée... enfin, qu'on sache ce qui s'est passé." Il sourit. "Merci de m'en parler."

Personne n'éclata en reproches. Marius dit "désolé" d'une voix faible, et Hugo expliqua qu'il partait souvent vite vers la cantine, pressé par son petit frère. Ils parlèrent calmement. Thomas sentit la tension fondre, comme une gelée qui se liquéfie au soleil.

Madame Petit observa de loin. Elle vint leur dire : "Parfois, dire la vérité est un petit pas, mais c'est un pas qui ouvre la porte à la confiance." Les enfants acquiescèrent. Ils avaient appris qu'avouer n'était pas humiliant, que demander pardon et écouter faisaient grandir.

Chapitre 5 — Le dernier regard sur la journée

Le soleil baissa doucement, les ombres s'allongèrent. Avant de rentrer, les enfants se rassemblèrent près du banc. Thomas regarda tour à tour Marius, Lucie et Hugo. Son coeur se sentait plus léger que le matin.

"Marius," dit-il, "tu as eu peur. C'est normal. La prochaine fois, tu peux me le dire tout de suite. On trouvera une solution ensemble."

"Promis," répondit Marius en souriant à peine. Lucie prit la main de Marius, comme pour l'encourager.

En rentrant, Thomas repensa à ce que Madame Petit avait dit : parler de ce qu'on ressent, sans accuser, aide à réparer. Il se rendit compte qu'il avait aussi été tenté de cacher la vérité pour éviter un conflit. Il comprit que la confiance n'est pas automatique : elle se gagne petit à petit, avec des gestes simples.

Ce soir-là, chez lui, à table, il raconta la journée à ses parents. Ils l'écoutèrent sans l'interrompre, puis lui dirent : "C'est bien d'avoir choisi la vérité, Thomas. Parler fait grandir."

Avant de se coucher, il regarda la fenêtre où le dernier rayon de soleil filtrait. Il se sentit un peu plus grand, comme si la journée avait ajouté une marche à son échelle intérieure. Il sourit, satisfait d'avoir trouvé une façon d'expliquer sans se blesser, et d'avoir aidé ses amis à faire de même.

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Le quizz : as-tu bien compris l'histoire ?

Récréation
Le moment de jeu et de pause à l'école entre deux cours.
Cartable
Le sac qu'on porte pour transporter ses livres et cahiers.
Poche
Petit espace cousu dans un vêtement pour mettre des objets.
Glousser
Rire doucement et un peu étouffé, comme un petit rire joyeux.
Miettes
Petits morceaux qui restent après avoir mangé un pain ou un biscuit.
Manche
Partie du vêtement qui couvre le bras.
Maîtresse
La femme qui enseigne la classe à l'école primaire.
Surveillante
Adulte qui veille sur les enfants dans la cour ou la cantine.
Panique
Peur très forte et soudaine qui empêche de réfléchir bien.
Hésita
Action de ne pas savoir tout de suite quoi dire ou faire.
Avoua-t-il
Façon de dire qu'une personne a déclaré quelque chose en parlant.
Acquiescèrent
Ils ont montré leur accord en hochant la tête ou en disant oui.

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