Chapitre 1 : La nuit et ses mystères
Camille a sept ans et elle aime beaucoup rigoler, surtout avec son doudou Lapinou. Elle a les cheveux bruns, des yeux pétillants et de l'imagination à revendre. Mais Camille a aussi un secret : elle a un peu peur du noir. La nuit, quand elle est dans sa chambre, tout lui semble différent. Les ombres sur les murs ressemblent à des crocodiles ou à des sorcières, alors qu'en plein jour, ce ne sont que ses peluches et son étagère à livres.
Un soir, alors que sa maman la bordait, Camille lui demanda d'allumer la veilleuse en forme de lune. Sa maman lui sourit doucement et lui fit un bisou sur le front.
— Tu sais, Camille, le noir, c'est juste la lumière qui dort, lui dit-elle en chuchotant. Il n'y a rien de méchant dans ta chambre, tout est pareil que le jour !
Camille serra Lapinou contre elle, mais elle n'était pas convaincue. Une fois la porte refermée, elle regarda la petite veilleuse bleue qui projetait des étoiles au plafond. Elle ferma les yeux très fort, mais un drôle de bruit dans le couloir la fit sursauter.
— C'est sûrement le monstre du placard… pensa-t-elle.
Mais quand elle ouvrit les yeux, elle vit que c'était juste Minou, le chat de la maison, qui jouait avec sa balle.
Camille soupira, mais elle avait encore du mal à s'endormir.
Chapitre 2 : L'atelier des petits courageux
Le lendemain, à l'école, la maîtresse annonça une activité spéciale : un atelier pour apprivoiser la peur du noir. Camille sentit son cœur battre un peu plus vite. Elle regarda autour d'elle. Elle n'était pas la seule à être un peu inquiète. Son copain Jules chuchota :
— Moi aussi, j'ai peur des ombres sous mon lit…
La maîtresse les invita à s'asseoir en cercle sur un tapis coloré. Elle sortit une grande boîte mystérieuse.
— Aujourd'hui, les amis, nous allons parler de la nuit et du noir. Est-ce que quelqu'un veut partager ce qu'il ressent quand il fait noir ?
Camille leva timidement la main.
— Parfois, j'ai peur qu'il y ait des monstres sous mon lit ou des fantômes dans le placard…
La maîtresse sourit.
— C'est normal d'avoir peur du noir. Mais il existe des astuces pour se sentir mieux. Regardez ce que j'ai apporté !
Elle ouvrit la boîte : il y avait des lampes de poche, des peluches, des livres lumineux, et même des boules à neige qui s'illuminent.
— On va fabriquer chacun un objet magique pour la nuit ! Un objet qui vous rassurera quand la lumière s'éteindra.
Camille choisit une lampe de poche rose et des autocollants en forme d'étoiles. Elle colla les étoiles sur sa lampe et lui donna un nom : « Super-Lampe Courageuse ».
Ensuite, la maîtresse raconta une histoire rigolote où la nuit était une grande couverture douce qui protège les rêves. Tout le monde écoutait avec attention et riait quand la maîtresse imitait la voix du hibou endormi.
Chapitre 3 : La nuit, c'est pas sorcier !
Le soir, Camille rentra à la maison avec sa Super-Lampe Courageuse. Elle raconta tout à sa maman, qui l'écouta en souriant.
— Tu sais, Camille, moi aussi, quand j'étais petite, j'avais peur du noir, avoua sa maman. Mais j'avais un doudou magique et je me racontais des histoires pour m'endormir.
Camille décida d'essayer les nouveaux trucs appris à l'atelier. Avant de se coucher, elle fit une ronde de bisous à ses peluches, installa Lapinou tout près d'elle, et plaça sa Super-Lampe Courageuse sous son oreiller.
Sa maman lui lut une histoire drôle où un ours cherchait ses chaussettes dans le noir et trouvait des tartines à la place. Camille éclata de rire.
— Maman, tu crois que les ours ont peur du noir, eux aussi ?
— Peut-être bien, répondit sa maman en riant. Mais ils doivent avoir des lampes de poche très poilues !
Camille se sentit plus légère. Cette nuit-là, quand la lumière s'éteignit, elle alluma doucement sa Super-Lampe Courageuse et dessina des étoiles avec la lumière sur le mur. Puis elle ferma les yeux, en pensant à l'ours maladroit et à sa maman qui avait eu, elle aussi, peur du noir.
Chapitre 4 : La victoire de Camille
Les jours passèrent. Chaque soir, Camille inventait un petit rituel : elle racontait à Lapinou l'aventure du jour, elle faisait le tour de sa chambre pour vérifier que tout allait bien, puis elle activait sa Super-Lampe Courageuse pour éclairer un coin sombre.
Un soir, il y eut un orage. Le tonnerre gronda si fort que toute la maison trembla. Camille sentit la peur revenir. Mais elle pensa à ce que la maîtresse avait dit : « Le noir, c'est la lumière qui dort ». Elle attrapa Lapinou, alluma sa lampe, et se mit à fredonner une chanson rigolote.
Sa maman entra dans la chambre.
— Tu vas bien, ma chérie ?
— Oui, maman, j'ai un peu peur, mais j'utilise mes astuces de grande courageuse !
Sa maman la serra très fort dans ses bras.
— Je suis fière de toi. Tu es vraiment très courageuse.
Cette nuit-là, Camille s'endormit paisiblement, même si le vent soufflait fort dehors. Elle avait compris une chose importante : la peur du noir, on peut l'apprivoiser, petit à petit, avec des objets rassurants, des histoires rigolotes, et surtout beaucoup d'amour. Et à chaque nuit, Camille devenait un peu plus forte et un peu plus courageuse.