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Histoire sur une émotion 11 à 12 ans Lecture 20 min.

Le bouton pause de Noé : l’enthousiasme qui devient une plage

Noé et ses deux amis installent un stand créatif pour aider les passants à exprimer leurs émotions, et Noé apprend à canaliser son enthousiasme en respectant le rythme des autres grâce à l'écoute et au « bouton pause ».

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Trois garçons d’environ 12 ans : Noé, cheveux bruns en bataille, t-shirt jaune vif, au centre devant un petit stand en carton, carnet et feutre en main, souriant timidement et penché vers les passants ; Amir, peau olive, cheveux courts coiffés, chemise à carreaux bleus, à gauche, la main rassurante sur l’épaule de Noé ; Léo, cheveux blonds, sweat vert, à droite, tenant un panier de galets peints et riant doucement. Le stand accroché à la ficelle affiche une grande pancarte manuscrite "BAROMÈTRE D’ÉNERGIE", cartes colorées étalées et galets marqués de mots ; lieu : plage urbaine au bord d’un canal avec sable beige, parasols et food-trucks pastel en arrière-plan, graffiti vifs sur une palissade, lumière dorée du crépuscule créant ombres longues ; ambiance chaleureuse, tactile et lumineuse, textures papier superposées et ombres marquant le relief. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 : Le carnet qui déborde

Noé avait toujours un carnet sur lui. Pas un petit, non : un carnet épais, avec des pages un peu gondolées à force d'avoir été glissées dans un sac, ressorties, re-glissées. Dedans, il dessinait tout ce qui lui passait par la tête : des logos pour des équipes imaginaires, des affiches de concerts qui n'existaient pas encore, des plans de cabanes, et même des “menus” pour un restaurant de plage qu'il inventait les jours de pluie.

Ce vendredi-là, en sortant du collège, il marchait avec ses deux meilleurs amis : Amir, qui observait tout comme s'il avait une loupe dans les yeux, et Léo, qui blaguait souvent pour éviter de montrer quand il était gêné.

— J'ai une idée, annonça Noé, en brandissant son carnet comme une preuve. Une idée qui va faire… boum, dans nos têtes.

— Si c'est encore un “plan pour devenir riches en vendant des bracelets en pâtes”, je te préviens, dit Léo. Ma mère a retrouvé des coquillettes dans mon sac pendant trois semaines.

Amir sourit.

— Laisse-le parler. Quand Noé commence comme ça, c'est soit génial, soit… collant.

Noé s'arrêta net, juste devant le kiosque à journaux. Ses yeux brillaient, comme s'il avait avalé une guirlande.

— Dimanche, c'est la plage urbaine au bord du canal. Il y aura du sable, des transats, de la musique, et des gens qui passent. On pourrait faire une animation. Un truc créatif. Un stand.

— Un stand de quoi ? demanda Amir, déjà curieux.

Noé tourna une page et montra un dessin : une grande pancarte où il était écrit “BAROMÈTRE D'ÉNERGIE”. En dessous, des petites cartes colorées, et des flèches.

— Un baromètre… d'énergie ? répéta Léo. Genre météo, mais pour les gens ?

— Exactement ! On demande aux passants comment ils se sentent, et on leur propose une petite action pour le dire ou pour l'apaiser. Et nous, on partage notre enthousiasme, sans… sans leur sauter dessus comme des kangourous.

Amir hocha la tête lentement.

— Ça peut être cool. Mais il faut que ce soit respectueux. Les gens n'aiment pas qu'on leur pose des questions perso.

Noé le savait. C'était même pour ça qu'il avait cette sensation dans le ventre, une chaleur pétillante, comme une boisson gazeuse. L'enthousiasme / excitation, c'était sa force… et parfois, son problème. Ça lui faisait parler trop vite, trop fort, trop près.

— Justement, dit-il. Je veux apprendre à le gérer. Et vous aussi, vous m'aidez.

Léo leva les mains.

— Moi, je signe, à condition qu'on ait un bouton “pause” sur toi.

Noé éclata de rire.

— Deal. On fabrique un bouton “pause”.

Ils continuèrent à marcher. Le soleil de fin d'après-midi faisait briller les vitres des immeubles, et Noé se dit que son idée était comme ce reflet : belle, mais aveuglante si on la regardait en face trop longtemps. Il fallait trouver le bon angle.

Chapitre 2 : Le test du “bouton pause”

Le samedi matin, ils se retrouvèrent chez Amir. Sa chambre était rangée comme un bureau de scientifique : crayons alignés, livres empilés, une petite plante qui avait l'air de recevoir des consignes pour pousser droit.

Sur le tapis, Noé étala son matériel : feutres, carton, ciseaux, pince à linge, ficelle, et une vieille lampe de poche.

— Pourquoi la lampe ? demanda Léo, en s'asseyant.

— Pour l'ambiance, répondit Noé, mystérieux. Et parce que ça me fait penser à… je sais pas… à une lumière qu'on peut baisser.

Amir sortit des Post-it.

— Il nous faut des questions simples. Pas intrusives. On peut demander : “Tu te sens plutôt calme, content, stressé, fatigué ?” Et après, proposer une mini-action.

— Comme quoi ? fit Léo.

Noé se mit à dessiner une série de petites cartes :

— Carte bleue : “Respire trois fois en regardant le ciel.” Carte jaune : “Raconte un truc qui t'a fait rire.” Carte verte : “Choisis un compliment à te faire.” Carte rouge : “Serre un coussin imaginaire très fort pendant cinq secondes.”

Léo plissa le nez.

— Serre un coussin imaginaire… Les gens vont nous prendre pour des extra-terrestres.

Amir répondit calmement :

— Pas si on le présente bien. Et puis, c'est discret. On peut dire : “On a tous des émotions, c'est normal. On a un mini-jeu pour s'écouter.”

Noé griffonna la pancarte du stand. Il ajouta un gros bouton dessiné au milieu : “PAUSE”.

— Quand je m'emballe, vous me dites “Pause”, et je fais une action. Comme… poser ma main sur mon ventre et souffler.

— On va tester, dit Léo, déjà amusé. Vas-y, emballe-toi.

Noé prit une grande inspiration, comme s'il allait annoncer un concert devant un stade.

— MESDAMES ET MESSIEURS, BIENVENUE AU—

— Pause, coupa Amir, sans lever la voix.

Noé s'arrêta, un peu surpris, mais il posa sa main sur son ventre. Il souffla une fois, puis deux. Il sentit son cœur ralentir, comme un vélo qui freine doucement au lieu de foncer dans un mur.

— C'est… bizarre, admit-il. Mais ça marche.

Léo tapa dans ses mains.

— Voilà ! Tu vois ? Tu peux être enthousiaste sans être une sirène d'alarme.

Noé sourit, mais au fond, il savait que le vrai test, ce serait devant des inconnus, sur la plage urbaine, avec du bruit, des odeurs de crème solaire et de frites, et ce sable qui colle aux chevilles.

Avant de partir, Amir leur fit répéter une phrase, comme une formule magique :

“On propose, et on respecte le non.”

Noé la répéta en hochant la tête, comme si les mots devaient s'accrocher à lui.

Chapitre 3 : La plage urbaine et le premier “non”

Dimanche, la plage urbaine était plus vivante que dans les dessins de Noé. Le sable formait un grand rectangle posé là, entre le canal et une rangée de food-trucks. Des parasols multicolores tremblaient dans le vent. Une enceinte diffusait une musique douce, et des enfants construisaient des châteaux qui s'écroulaient déjà.

Ils installèrent leur stand près d'une palissade décorée de graffitis. Noé avait accroché la pancarte avec de la ficelle. Amir avait aligné les cartes de couleurs. Léo tenait un petit panier avec des galets lisses : chacun avait un mot écrit dessus au feutre (“calme”, “joie”, “colère”, “honte”, “fierté”).

— Les galets, c'est ton idée ? demanda Noé.

— Ouais, dit Léo. Comme ça, les gens peuvent choisir un mot sans parler. Discret. Et puis c'est cool à toucher.

Noé approuva. Les galets avaient une texture froide et rassurante, comme si la pierre savait garder des secrets sans juger.

La première personne à passer fut une dame avec un sac de sport. Noé s'avança, sourire prêt, voix un peu trop énergique.

— Bonjour ! On fait un baromètre d'énergie, vous voulez—

— Non merci, dit la dame, sans méchanceté, en continuant sa route.

Noé resta planté là, comme si son cerveau avait glissé sur une peau de banane invisible. Son enthousiasme retomba d'un coup. Il sentit une petite piqûre dans la poitrine.

Léo s'approcha.

— Hé. C'était pas contre toi.

Amir ajouta :

— Tu l'as respectée. C'est déjà réussi.

Noé avala sa salive.

— Ouais… mais ça fait comme si mon idée était… nulle.

Amir secoua la tête.

— Non. Ça veut juste dire : pas maintenant, pas elle. Les “non”, c'est comme des portes fermées. Ça ne veut pas dire que le bâtiment est vide.

Noé sourit à moitié. Il posa la main sur son ventre, sans qu'on lui dise “Pause”. Il souffla, une fois. Le bruit du canal, un peu plus loin, lui donna un rythme. Ploc. Ploc. Ploc.

Un garçon de leur âge s'arrêta, attiré par les galets.

— C'est quoi ?

Léo répondit :

— Un mini-jeu. Tu choisis un galet, et on te propose une action simple.

Le garçon prit un galet “stress”.

— Je suis… un peu stressé. J'ai un match cet après-midi.

Noé sentit son énergie remonter, mais cette fois, il la tint comme un ballon : pas trop serré, pas trop lâché.

— Ok. Tu veux essayer la carte bleue ? “Respire trois fois en regardant un point fixe.” Tu choisis un truc : un nuage, un parasol, ce que tu veux.

Le garçon le fit. Il eut un petit sourire.

— Ça aide. Merci.

Quand il repartit, Noé eut envie de sauter sur place. Il regarda ses amis.

— Vous avez vu ? Ça a marché !

— Oui, dit Amir, mais doucement, en riant. Pas besoin de lancer des feux d'artifice.

Noé eut un rire étouffé, comme s'il rangeait ses feux d'artifice dans une boîte, pour plus tard.

Chapitre 4 : Quand l'énergie monte trop haut

Au fil de l'après-midi, ils eurent plusieurs visiteurs. Une adolescente choisit “fatigue” et prit la carte verte : elle murmura un compliment à elle-même, puis s'éloigna en haussant les épaules, comme si ça lui faisait bizarre d'être gentille avec elle-même. Un papa prit “colère”, serra son “coussin imaginaire”, et souffla, gêné mais soulagé. Une petite fille choisit “joie” et raconta une blague nulle sur une banane. Léo rit quand même très fort, par solidarité.

Noé, lui, était au maximum de son énergie. Son ventre faisait des bulles de fierté. Il avait envie de dire à tout le monde : “Regardez, on peut s'écouter, c'est important !”

Et puis, il vit une classe de primaire arriver, avec deux adultes. Une ribambelle de sacs, de casquettes, de cris joyeux. Noé sentit l'occasion parfaite. Trop parfaite.

Il s'élança.

— HÉ ! COUCOU ! VOUS VOULEZ—

Les enfants se tournèrent. Certains rirent. D'autres eurent l'air surpris. Un adulte fronça les sourcils, comme si Noé venait de faire du bruit dans une bibliothèque.

Amir posa une main sur l'épaule de Noé.

— Pause.

Mais Noé, emporté, continua :

— C'EST UN STAND SUR LES ÉMOTIONS ! C'EST SUPER—

Léo intervint, rapide, avec son humour de bouclier :

— Il est en mode haut-parleur, désolé. Il a pas encore trouvé le bouton “volume”.

Quelques enfants rigolèrent. L'adulte, lui, s'approcha.

— Les garçons, vous avez une autorisation pour ça ?

Noé sentit son visage chauffer. Son enthousiasme se transforma en panique, comme si la boisson gazeuse devenait trop pleine et débordait.

Amir répondit, poli :

— On ne vend rien. On propose juste un petit jeu, mais si ça dérange, on arrête.

L'adulte soupira.

— Faites ça calmement, et pas en interpellant des groupes. D'accord ?

— D'accord, murmura Noé, la gorge serrée.

Quand le groupe s'éloigna, le sable sembla soudain lourd sous leurs baskets. Noé baissa la tête.

— J'ai tout gâché.

Léo secoua la main devant son visage, comme pour chasser une mouche imaginaire.

— Non. Tu as juste mis le volume à fond. Ça arrive.

Amir parla doucement :

— Ton enthousiasme est une belle énergie. Mais quand il déborde, il peut faire peur ou fatiguer les autres. Et toi aussi, tu te fatigues.

Noé serra son carnet contre lui.

— Comment je fais pour… le tenir ? J'ai l'impression que ça part tout seul.

Amir réfléchit.

— On peut lui donner un chemin, comme un canal. Par exemple, au lieu de parler plus fort, tu peux… écrire. Ou dessiner. Ou demander avant de proposer.

Léo pointa les galets.

— Ou laisser les gens venir à toi. Comme une vitrine. Pas comme un vendeur de mégaphone.

Noé eut un petit rire. Ses yeux piquaient un peu, mais ce n'était pas de la tristesse pure. Plutôt un mélange : déception, gêne, et l'envie de faire mieux.

Il inspira l'air salé et chaud de la plage urbaine.

— Ok. On change. Je vais faire une affiche “Tu peux venir quand tu veux”. Et je parle moins.

Il prit un feutre, s'accroupit, et écrivit en lettres rondes : “Ici, on écoute ce qu'on ressent. Si tu veux.”

En écrivant, il sentit son énergie se poser, comme un oiseau qui replie ses ailes.

Chapitre 5 : Dire vrai, sans jouer un rôle

Le soleil commençait à baisser. La lumière dorée rendait le sable presque orange, et les immeubles autour semblaient plus doux, comme s'ils mettaient un pull.

Une fille de leur âge s'arrêta devant l'affiche. Elle avait un bracelet de tissu au poignet et des écouteurs autour du cou.

— C'est vous qui avez fait ça ?

Noé hésita. D'habitude, il aurait répondu avec un grand sourire et trois phrases à la seconde. Là, il tenta autre chose. Il répondit simplement :

— Oui. On propose un petit truc pour choisir une émotion et une action.

Elle regarda les galets.

— Je peux… prendre “honte” ?

Noé sentit un frisson. C'était un mot lourd, “honte”. Un mot qui fait baisser les épaules. Amir s'avança, calme.

— Bien sûr. Tu veux en parler, ou juste choisir une carte ?

La fille tourna le galet dans ses doigts.

— J'ai… crié sur ma petite sœur ce matin. Après, elle a pleuré. Et… je me suis détestée.

Léo arrêta de sourire, mais son regard resta gentil.

— Ça arrive. T'es pas un monstre.

Noé sentit une chose étrange : au lieu de vouloir “réparer” vite, il eut envie d'écouter vraiment. Il se souvint de la phrase d'Amir : “On propose, et on respecte.”

Amir posa une carte sur la table : la verte.

— Tu peux essayer ça : “Choisis un compliment à te faire.” Pas pour excuser ce que tu as fait, mais pour te rappeler que tu es plus que ton erreur.

La fille fronça les sourcils.

— Un compliment ? Là, maintenant ?

Noé prit un galet “fierté” et le posa à côté, doucement.

— Tu peux aussi te dire : “J'ai remarqué que j'avais fait mal.” Rien que ça, c'est déjà une forme de courage. Beaucoup de gens font mal et font comme si de rien n'était.

La fille regarda Noé, surprise.

— C'est vrai… J'ai remarqué, au moins.

Elle souffla, puis murmura :

— Je peux lui dire pardon ce soir. Et… je peux me dire que je suis capable d'apprendre.

Amir lui sourit.

— Ça ressemble à un compliment très solide.

Quand elle partit, Noé resta silencieux quelques secondes. Léo le fixa.

— T'as vu ? T'as pas crié. Et c'était mieux que si t'avais fait un show.

Noé hocha la tête.

— Parce que… je disais vrai. Je jouais pas le rôle du “gars super motivé”. J'étais juste… moi.

Amir rangea une carte.

— L'authenticité, c'est ça. Ne pas faire semblant d'être parfait, mais rester honnête sur ce qu'on ressent et sur ce qu'on peut donner.

Noé sentit son enthousiasme revenir, mais différent : moins explosif, plus chaud. Comme une couverture au lieu d'un feu de cheminée trop vif.

Un dernier passant s'approcha, un monsieur avec une canne et un chapeau. Il prit un galet “calme”.

— Je crois que j'ai déjà votre carte, dit-il en montrant le ciel. Regarder et respirer.

Noé rit doucement.

— C'est une excellente carte.

Le monsieur cligna de l'œil.

— Gardez votre énergie, les garçons. Mais apprenez à la poser. C'est comme du sable : si vous le jetez, ça pique. Si vous le laissez couler, ça fait une plage.

Noé trouva l'image parfaite. Il la nota dans son carnet, très vite, mais sans s'agiter.

Chapitre 6 : Une lumière qu'on peut baisser

Quand ils démontèrent le stand, le sable était plus froid. Les bruits de la plage urbaine s'éloignaient : moins de rires, plus de pas traînants, et le clapotis du canal qui semblait bâiller.

Sur le chemin du retour, Noé marcha au milieu de ses amis. Il avait les doigts encore tachés de feutre et un peu de sable dans ses chaussettes, comme un souvenir qui gratte gentiment.

— Alors ? demanda Léo. On recommence un jour ?

Noé réfléchit.

— Oui. Mais avec une règle : mon enthousiasme, je le partage comme un goûter. Je demande si l'autre en veut, et je n'oblige pas.

Amir approuva.

— Et si tu sens que ça déborde ?

Noé posa la main sur son ventre, comme il l'avait appris.

— Je fais “Pause”. Je respire. Je choisis un chemin pour mon énergie : dessiner, écrire, attendre, écouter.

Léo hocha la tête.

— Franchement, t'as progressé en une journée. C'est suspect.

Noé rit.

— C'est parce que vous étiez là. Et parce que… j'ai compris un truc. Quand je suis trop excité, j'ai peur qu'on m'oublie. Alors je fais du bruit. Mais si je suis moi, calmement, on peut quand même me voir.

Amir répondit :

— On te voit très bien. Surtout quand tu es vrai.

Arrivé chez lui, Noé monta dans sa chambre. Il posa son carnet sur le bureau, ouvrit à une page blanche et dessina un baromètre. Tout en haut, il écrivit : “Énergie haute”. En bas : “Énergie basse”. Au milieu, il dessina un petit bouton “Pause” et une flèche vers “Choisir”.

Puis il sortit la vieille lampe de poche qu'il avait prise pour “l'ambiance”. Il l'alluma. Le cercle de lumière glissa sur les murs, sur les livres, sur le carnet. C'était une petite lune obéissante.

Noé s'assit sur son lit. Il pensa à la dame qui avait dit non, au garçon stressé, à la fille honteuse, au monsieur et sa phrase sur le sable. Il sentit encore l'enthousiasme au fond de lui, mais maintenant, il avait une forme. Il n'était plus un cheval sauvage. Il devenait un vélo : rapide, oui, mais avec des freins.

Il chuchota, pour lui-même :

— Je peux être excitée… enfin, non, excité, et rester respectueux. Je peux partager sans envahir.

Il éteignit la lampe de poche. La chambre devint calme, avec juste le bruit lointain de la ville, comme une mer discrète. Dans l'obscurité, Noé sourit. Sa petite lampe éteinte gardait la fin de la journée, bien rangée, et son cœur, lui, avait trouvé un rythme doux.

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Kiosque
Petit stand ou petit bâtiment où l'on vend journaux ou objets.
Gondolées
Qui a des ondulations ou des vagues, comme des pages qui se courbent.
BAROMÈTRE D’ÉNERGIE
Titre du stand du dessin, idée pour mesurer l'humeur des gens.
Baromètre d’énergie
Outil imaginaire pour savoir comment les gens se sentent.
Intrusives
Qui s'immisce dans la vie des autres sans respecter leur place.
Palissade
Clôture faite de planches, souvent décorée ou posée pour protéger.
Galets
Petites pierres lisses que l'on trouve souvent sur la plage.
Ribambelle
Groupe nombreux et joyeux de personnes ou d'objets.
Authenticité
Qualité d'être vrai, naturel, sans faire semblant.
Interpellant
Appelant l'attention des autres en parlant ou en criant.

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