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Conte d'animal 5 Ă  6 ans Lecture 13 min. Disponible en histoire audio (13)

Le flocon qui manque : Ă  la recherche de Pim, le petit lapin gris

Nilo, un jeune renne inquiet, part à la recherche de son ami Pim disparu dans la Forêt aux Mille Lueurs, aidé d'un cerf nommé Orin, et apprend en chemin à écouter la forêt et à surmonter ses peurs.

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Un jeune renne brun clair tacheté crème, Nilo, aux grands yeux et bois courts enlace joyeusement un petit lapin gris, Pim, aux longues oreilles et écharpe bleue humide; un cerf ambré élancé, Orin, les observe avec bienveillance au bord d’une rivière claire aux roseaux et pierres lisses, sur une neige texturée par des empreintes, encadrés de sapins sombres, sous une douce lumière de fin de journée rose-orangée. signaler un problème avec cette image

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Durée de l'histoire audio : 12:40

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Le flocon qui manque

Dans la Forêt aux Mille Lueurs, la neige brillait comme du sucre au soleil. Les sapins portaient des chapeaux blancs, et le vent faisait tinter les petites étoiles accrochées aux branches, comme des clochettes invisibles.

Là vivait un renne nommé Nilo. Il avait des bois larges, comme deux belles branches de lune, et un cœur qui sautillait vite quand il était content… ou inquiet. Nilo aimait courir sur la neige, parce que ses sabots faisaient “tap tap” et que cela lui donnait l'impression d'écrire une chanson sur le sol.

Son meilleur ami était un petit lapin gris, Pim, rapide comme une pensée. Ensemble, ils jouaient à cache-cache, et Pim gagnait souvent en se glissant derrière les racines.

Un matin, Nilo se réveilla et ne trouva pas Pim.

Il chercha près du ruisseau qui chantait, près du vieux tronc creux, et même sous le grand sapin où ils partageaient des baies gelées. Rien. Juste des empreintes, comme des points de suspension sur la neige.

Nilo sentit une boule dans sa gorge, une boule froide comme un glaçon.

« Pim ? » appela-t-il. Sa voix se perdit entre les arbres, comme une plume emportée.

Au pied d'une fougère endormie, il vit une petite écharpe bleue. C'était celle de Pim, celle qui sentait la menthe et le jeu.

« Oh non… » murmura Nilo. « Mon ami est perdu. Je vais le retrouver. Même si je dois traverser la forêt entière. »

À ce moment, une silhouette fine apparut entre les troncs. Un cerf, haut et élégant, s'avança. Son pelage était brun, avec des reflets d'ambre, comme s'il avait attrapé un peu de soleil dans sa fourrure.

« Bonjour, petit renne, dit le cerf. Je m'appelle Orin. Pourquoi ton regard fait-il la pluie ? »

Nilo renifla. « Pim a disparu. Il était là hier. Et aujourd'hui… il n'est plus là. »

Orin pencha la tête, attentif. « Nous pouvons chercher ensemble. Deux paires d'yeux voient plus loin qu'une seule. Et deux cœurs courageux se tiennent chaud. »

Nilo se redressa. La peur resta, mais elle devint plus petite.

« D'accord, Orin. Nous ferons équipe. »

Ils suivirent les empreintes. La neige gardait les secrets comme un livre ouvert. Parfois, les pas du lapin étaient nets, parfois ils s'effaçaient, avalés par le vent.

Orin dit doucement : « Pour retrouver, il faut écouter la forêt. Elle parle, mais pas avec des mots. Elle parle avec des signes. »

Nilo hocha la tête. Il se sentait déterminé, comme une petite flamme qui refuse de s'éteindre.

La clairière des murmures

Ils marchèrent longtemps. Ils croisèrent une famille d'écureuils qui transportaient des noisettes comme de petits trésors.

« Avez-vous vu un lapin gris avec une écharpe bleue ? » demanda Nilo.

Un écureuil répondit en faisant rouler sa queue : « On a vu un éclair gris filer vers la clairière des murmures. Mais attention, là-bas, les feuilles racontent des histoires qui font tourner la tête ! »

Nilo avala sa salive. Orin sourit, rassurant.

« Les histoires ne mordent pas, dit-il. Elles veulent seulement être comprises. »

Ils arrivèrent à la clairière. Elle était ronde comme une assiette, et au milieu poussait un arbre ancien. Son tronc était tordu, comme un vieux sourire. Autour, les feuilles sèches bougeaient toutes seules, même sans vent.

Quand Nilo posa un sabot dans la clairière, les feuilles se mirent à chuchoter :

« Reviens… reviens… ou tu te perdras… »

Nilo frissonna. « Elles veulent me faire peur. »

Orin s'approcha, calme. « Elles testent ton courage. Écoute autrement. »

Nilo ferma les yeux. Il respira. Il pensa à Pim qui riait, à Pim qui sautait dans la neige, à Pim qui disait : “Je suis caché, mais pas loin !”

Alors Nilo entendit un autre murmure, plus doux, comme un secret dans une coquille :

« Cherche… cherche… là où le gel brille… »

Nilo rouvrit les yeux. « Orin ! Elles ne disent pas seulement “reviens”. Elles disent aussi “cherche”. »

Orin hocha la tête. « Voilà la sagesse : un même bruit peut être un piège ou un guide. C'est toi qui choisis ce que tu entends. »

Ils tournèrent autour du grand arbre. Nilo remarqua quelque chose : un petit morceau d'écharpe bleue accroché à une branche basse.

« Pim est passé ici ! » s'écria-t-il.

Son cœur fit un bond. C'était comme voir une petite lumière dans la nuit.

Tout Ă  coup, un corbeau noir se posa sur une pierre. Ses yeux brillaient comme deux perles.

« Croa ! Croa ! Vous cherchez le lapin ? » dit-il d'une voix malicieuse.

Nilo recula un peu. Orin parla poliment : « Oui. As-tu vu Pim ? »

Le corbeau pencha la tête, amusé. « Peut-être. Peut-être pas. Répondez à mon devinette, et je vous dirai. »

Nilo souffla. « Une devinette ? »

« Oui ! » fit le corbeau. « Qu'est-ce qui est plus fort que la peur, plus léger qu'un flocon, et plus grand qu'un arbre, quand on le partage ? »

Nilo réfléchit. Il imagina un flocon, il imagina un arbre, il imagina sa peur. Puis il pensa à Orin, qui marchait avec lui, sans se moquer, sans pousser.

« L'amitié ! » dit Nilo.

Le corbeau claqua du bec. « Croa ! Bonne réponse. Le lapin a couru vers la Rivière des Miroirs. Mais prenez garde : l'eau y répète vos doutes. »

Orin s'inclina. « Merci, corbeau. »

Nilo dit, fier : « Merci ! Et je vais garder mon amitié bien au chaud. »

Ils partirent vite, comme deux flèches de gentillesse.

La Rivière des Miroirs

La rivière apparaissait entre des pierres lisses. L'eau était si claire qu'elle faisait peur, comme un grand œil ouvert. Sur sa surface, on voyait le ciel… et on pouvait aussi se voir soi-même.

Nilo s'approcha. Il vit son reflet. Mais son reflet ne souriait pas. Il avait l'air inquiet.

Et l'eau sembla parler, en faisant des ronds :

« Tu es trop petit… tu vas échouer… ton ami ne veut plus de toi… »

Nilo recula, le cœur serré. « C'est faux ! » protesta-t-il, mais sa voix tremblait.

Orin posa doucement un sabot près du sien. « La rivière répète ce que tu crains. Pas ce qui est vrai. »

Nilo regarda Orin. « Mais si je me trompe ? Si je ne le retrouve pas ? »

Orin répondit : « Alors tu auras appris à chercher. Et tu auras appris à demander de l'aide. Ce n'est pas une défaite, c'est une leçon. »

Ces mots étaient comme une couverture chaude.

Nilo inspira, puis parla à la rivière, d'une voix plus ferme : « Je suis peut-être petit, mais je suis courageux. Et je ne suis pas seul. »

L'eau se calma. Les ronds devinrent plus doux.

Ils suivirent la rive, et Nilo remarqua des traces légères, comme des virgules dans la neige. Des empreintes de lapin.

« Par ici ! » dit-il.

Ils arrivèrent près d'un amas de roseaux. Quelque chose bougeait. Un petit “snif” sortit de là, comme une bulle.

« Pim ? » chuchota Nilo.

Une tête grise apparut, avec deux oreilles tremblantes. Et une écharpe bleue, un peu mouillée.

« Nilo ! » s'écria Pim en sautant hors des roseaux. « Je suis là ! »

Nilo courut, et ils se serrèrent l'un contre l'autre. La peur de Nilo fondit, comme la neige au printemps.

Pim reniflait. « Je voulais te trouver une surprise. J'ai suivi une luciole d'hiver, elle brillait comme un petit diamant. Elle m'a guidé… et puis j'ai glissé sur une pierre, plouf ! Je me suis retrouvé de l'autre côté, et je ne savais plus où aller. La rivière me faisait peur. Elle disait des choses méchantes. »

Orin s'approcha, bienveillant. « La rivière n'est pas méchante. Elle est un miroir. Elle montre nos pensées, même celles qui piquent. »

Pim baissa les oreilles. « Alors… j'ai eu peur de ma propre peur. »

Nilo sourit. « Moi aussi. Mais j'ai appris à l'écouter sans la croire. Et j'ai appris que demander de l'aide, ce n'est pas être faible. »

Pim regarda Orin. « Merci, monsieur le cerf. »

Orin répondit en riant doucement : « Merci à vous deux. En cherchant ton ami, Nilo m'a appris quelque chose aussi. »

Nilo cligna des yeux. « Moi ? T'apprendre ? »

Orin hocha la tête. « Oui. J'ai l'habitude de marcher seul, comme un grand arbre qui pense qu'il n'a besoin de personne. Mais toi, petit renne, tu m'as rappelé que même un grand arbre aime la compagnie des oiseaux. »

Pim tapa des pattes, joyeux. « Alors, on rentre ? »

Nilo leva le museau. Le ciel devenait rose, comme une joue contente.

« Oui. Mais doucement. Et ensemble. »

La mélodie du retour

Ils reprirent le chemin. La forêt semblait moins grande, comme si elle s'était rapprochée pour les protéger. Sur la neige, les pas des trois amis formaient une seule piste, comme une tresse.

Sur le chemin, Orin montra à Pim comment repérer la mousse sur les arbres pour savoir où se trouve le nord. Pim, lui, montra à Orin comment écouter les petits bruits : une branche qui craque peut dire “attention”, et un merle qui chante peut dire “ici, c'est sûr”.

Nilo, lui, apprit des deux. Il se sentait comme une lanterne : il brillait parce qu'on l'avait allumé avec de la confiance.

Quand ils arrivèrent près du vieux sapin, la nuit tombait doucement, sans faire peur. Les étoiles semblaient accrocher leurs manteaux au ciel.

Pim sortit de sa poche une petite chose brillante. « Ma surprise… je l'ai quand même. »

C'était une minuscule plume de luciole d'hiver, un fil de lumière qui ne s'éteignait pas.

« Pour toi, Nilo. Pour que tu n'aies jamais trop peur dans le noir. »

Nilo prit la plume avec soin, comme on tient un secret précieux. « Merci, Pim. Et merci d'être revenu. »

Orin s'assit près d'eux. « Et maintenant, une dernière chose. Chez moi, quand on retrouve un ami, on scelle la joie avec une mélodie. »

Nilo pencha la tête. « Une mélodie ? »

Orin souffla doucement dans une feuille longue et lisse. Un son tendre s'éleva, comme un ruban dans l'air. Pim tapa doucement des pattes : toc, toc, toc, comme une petite batterie gentille. Nilo ajouta le “tap tap” de ses sabots sur la neige.

La musique devint un murmure sucré. Elle roulait entre les troncs, elle montait dans les branches, elle faisait sourire les étoiles. Même la rivière, au loin, sembla cligner de l'eau, apaisée.

Pim chuchota : « On dirait que la forêt nous écoute. »

Nilo répondit : « Oui. Et elle apprend avec nous. »

Orin conclut, très doucement : « Voilà la morale de notre aventure : quand on se perd, on peut se retrouver grâce à l'amitié. Et quand on cherche ensemble, on s'apprend des choses, comme des cadeaux qu'on se passe de main en main. »

Alors, sous le grand sapin, les trois amis se serrèrent. La plume de luciole brillait entre eux comme un petit soleil de poche. Et la mélodie, légère comme un flocon, les accompagna jusqu'au sommeil, doux et sûr, comme une promesse.

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Silhouette
La forme sombre d'une personne ou d'un animal qu'on voit de loin.
Clairière
Un endroit ouvert dans la forĂŞt oĂą il n'y a pas d'arbres.
Murmures
Petits bruits ou paroles très doux que l'on entend à peine.
écharpe
Un tissu que l'on porte autour du cou pour avoir chaud.
Devinette
Une question amusante à résoudre comme un petit mystère.
Rivière
Un long cours d'eau qui coule et va vers la mer ou un lac.
Reflet
L'image d'une chose que l'on voit dans l'eau ou un miroir.
Roseaux
Plantes fines et hautes qui poussent près de l'eau.
Mélodie
Une suite de sons agréables que l'on peut chanter ou jouer.
Sagesse
Capacité à bien penser et à faire de bons choix.
Empreintes
Marques laissées par des pattes ou des pieds dans la neige.
Mousse
Petit coussin vert sur les troncs des arbres, doux comme un tapis.

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