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Histoire du Lutin Farceur de Noël 5 à 6 ans Lecture 16 min.

Le lutin farceur et les gants voyageurs

Malo découvre que la petite porte du Lutin Farceur cache des enveloppes-missions qui transforment son quotidien en aventures joyeuses et enseignent à toute la famille à regarder le monde avec des yeux d’enfant.

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Malo, 6 ans, cheveux châtain clair en bataille, souriant et émerveillé, manteau rouge et écharpe rayée, tient un gant bleu en regardant un grand sapin à droite couvert de gants colorés; sa mère (30–35 ans, chignon, pull vert) se tient à gauche près de la porte d’entrée, mains sur les hanches et sourire indulgent, et son père (30–40 ans, barbe courte, veste gris foncé) rit derrière Malo, bonnet posé en haut du sapin; entrée chaleureuse décorée pour Noël avec sol en bois clair, tapis, petite porte de lutin dans la cheminée, guirlandes dorées, quelques cadeaux et lumière douce d’hiver, ambiance joyeuse et facétieuse suggérant la magie du Lutin Farceur. signaler un problème avec cette image

1) Les gants voyageurs

En décembre, la maison de Malo sentait la cannelle et le chocolat chaud. Dehors, les vitres avaient des dessins de givre, comme des petites fougères argentées. Malo, lui, avait cinq ans et un rire qui sortait vite, surtout quand on parlait de Noël.

Sur la cheminée, il y avait une petite porte en bois rouge. Une porte minuscule, juste pour un lutin. Maman disait : « C'est la porte du Lutin Farceur. Il vient la nuit. Il adore les blagues. » Malo l'imaginait avec un bonnet trop grand et des chaussettes rayées.

Ce matin-là, Malo s'habilla en vitesse. Il allait mettre ses gants pour aller à l'école, car le vent piquait les oreilles.

Il ouvrit le tiroir de l'entrée. Pas de gants.

Malo fronça les sourcils. « Ils sont où, mes gants bleus ? »

Il chercha dans le panier des bonnets. Rien.

Il souleva le tapis. Rien.

Il regarda dans la boîte à chaussures. Et là… il trouva un gant bleu, bien plié, posé sur une petite cuillère.

« Hein ? » fit Malo.

Il courut dans la cuisine. Sur la table, il y avait l'autre gant… mais pas bleu. C'était le gant vert de Papa, avec une grosse tache en forme de lune.

Malo éclata de rire. « Mes gants ont fait un voyage ! »

Maman arriva avec sa tasse. Elle vit les gants, puis la petite porte sur la cheminée, entrouverte d'un millimètre.

« Oh oh… » dit-elle en chuchotant. « Je crois que le Lutin Farceur est passé. »

Malo approcha son nez tout près de la porte. « Lutin ? C'est toi ? »

Rien ne répondit, mais une poussière dorée brillait sur le sol, comme si quelqu'un avait traîné des étoiles.

Papa arriva et dit : « Vite, Malo, on va être en retard ! »

Malo prit le gant vert de Papa et son gant bleu. Ça faisait un drôle d'ensemble. Sur le chemin, il regardait ses mains : une main bleue, une main verte. On aurait dit un petit sapin qui marche.

Devant l'école, Malo salua en agitant ses gants dépareillés. Sa maîtresse sourit. « Ça, c'est une mode très courageuse ! »

Malo se sentit grand, comme un héros en gants rigolos. Mais dans sa tête, une question dansait : pourquoi le lutin avait-il changé les gants ?

Le soir, quand il rentra, il se précipita vers la cheminée. La petite porte était fermée, comme si rien ne s'était passé. Malo posa ses gants bien ensemble, tout bien alignés.

Il chuchota : « Lutin, si tu veux jouer… je veux bien. Mais pas trop de pagaille, d'accord ? »

À ce moment-là, un petit « plic » se fit entendre. Pas fort. Juste un bruit de papier qui tombe.

Malo regarda autour. Sur le tapis, devant la cheminée, il y avait une enveloppe rouge, toute neuve, avec son prénom écrit en lettres tordues : MALO.

Il ouvrit de grands yeux. « Une lettre pour moi ! »

2) Les enveloppes “mission du jour”

Malo appela Papa et Maman. Tous les trois s'assirent par terre, comme pour un secret important. Malo ouvrit l'enveloppe avec précaution. À l'intérieur, il y avait un petit papier blanc, qui sentait la menthe.

Malo lut, en épelant un peu :

« Mission du jour : Trouver trois choses qui brillent. Les montrer à quelqu'un. Et dire : Merci, monde ! »

Malo leva la tête. « C'est une mission ? Comme les aventuriers ? »

Papa fit une voix grave : « Capitaine Malo, à vos ordres ! »

Maman rit. « On peut faire la mission ensemble. »

Ils cherchèrent dans la maison. Malo trouva une boule de Noël dorée. Elle renvoyait son visage tout rond, un peu drôle.

Il trouva aussi une cuillère en métal. Quand il la tournait, elle faisait un petit soleil.

Et enfin… il trouva un bouton brillant sur le manteau de Maman. « Il brille comme un œil de chat ! »

Ils se mirent près de la fenêtre. Malo montra ses trouvailles et dit, très fort : « Merci, monde ! »

Dehors, un rayon de soleil d'hiver passa entre les nuages, juste une seconde, comme un clin d'œil.

Le soir, Malo glissa un biscuit près de la petite porte. « Pour toi, Lutin Farceur. »

Le lendemain matin, la maison était… silencieuse. Trop silencieuse.

Malo arriva dans l'entrée. Et il resta bouche ouverte.

Tous les gants de la famille étaient suspendus au sapin, comme des décorations ! Des gants rouges, des gants noirs, des moufles, des mitaines… Même le gant de cuisine en forme de poule.

Sur la pointe du sapin, à la place de l'étoile, il y avait… le bonnet de Papa.

Papa apparut et s'écria : « Mais… où est mon bonnet ?! »

Malo se plia en deux de rire. « Il est devenu une étoile ! »

Maman, elle, regarda autour : « Et comment on fait pour sortir, maintenant ? »

Malo sentit une petite inquiétude lui chatouiller le ventre. C'était rigolo, oui, mais il ne voulait pas que tout le monde soit fâché.

Alors il chercha près de la cheminée. Une deuxième enveloppe l'attendait, verte cette fois.

Il l'ouvrit avec Papa et Maman.

« Mission du jour : Remettre chaque gant avec sa main. Mais attention : il faut chanter une chanson de Noël pendant que vous rangez. Si vous vous trompez, vous recommencez en riant. »

Malo soupira de soulagement. « Le lutin veut qu'on joue ! Il ne veut pas qu'on se dispute. »

Ils se mirent au travail. Malo prit les gants un par un. « Celui-ci est à toi, Maman. Celui-là, à Papa. »

Papa chantait faux, exprès, pour faire rire Malo :

« Petit papa Noël… quand tu descendraaaas… »

Malo chantait aussi, très fort, même s'il ne connaissait pas tous les mots. Maman faisait des “la la la” qui dansaient dans la pièce.

Quand Malo se trompait, il faisait une grimace de clown, et tout le monde riait. Peu à peu, le sapin redevint un sapin, et l'entrée redevint une entrée.

À la fin, Malo dit : « Mission réussie ! »

Et il eut l'impression que la petite porte sur la cheminée avait frissonné de joie.

Le troisième jour, encore une enveloppe. Cette fois, elle était argentée.

« Mission du jour : Fabriquer une enveloppe surprise pour quelqu'un. Dedans : un dessin, un mot gentil, et une mini blague. La cacher dans un endroit drôle. »

Malo battit des mains. « Je sais ! Pour Mamie ! »

Il dessina un renne avec des chaussettes. Il écrivit, avec l'aide de Maman : « Mamie, tu es douce comme un plaid. » Puis il ajouta une blague : « Pourquoi le bonhomme de neige ne peut pas garder un secret ? Parce qu'il fond ! »

Ils mirent le tout dans une enveloppe. Malo la glissa dans la boîte à biscuits, juste là où Mamie regarde toujours en premier.

Quand Mamie vint goûter, elle trouva l'enveloppe et éclata de rire. Elle serra Malo dans ses bras. « Quel petit lutin tu fais, toi ! »

Malo rougit, fier comme un petit coq.

Mais la nuit suivante, le Lutin Farceur sembla vouloir monter d'un cran.

3) La grande pagaille douce

Le matin du quatrième jour, Malo se réveilla avec une drôle d'odeur. Une odeur sucrée.

Il courut à la cuisine. Et là… tout était à l'envers, mais d'une façon bizarrement jolie.

Les petites chaises étaient posées sur la table, comme si elles faisaient de l'équilibre. Les oranges étaient rangées en pyramide, comme un château. Et sur le sol, il y avait une longue route faite de sucre en poudre, comme un chemin de neige.

Au bout du chemin, près de la cheminée, une enveloppe attendait. Elle était bleue, avec un autocollant en forme d'étoile.

Malo avala sa salive. « Il a fait une route de neige dedans la maison ! »

Papa arriva, ébahi. « On dirait que la cuisine est devenue un cirque ! »

Maman dit doucement : « C'est une farce… mais personne n'est blessé. Et c'est… plutôt mignon. »

Malo prit l'enveloppe. Ses doigts tremblaient d'excitation. Il l'ouvrit.

« Mission du jour : Suivre le chemin de neige. À chaque arrêt, trouver une chose minuscule et une chose géante. Les nommer. Puis dire : Je vois avec mes yeux de rêveur. »

Malo posa un pied sur la route de sucre. « En avant ! »

Premier arrêt : une petite noisette était posée sur un livre. « Minuscule : la noisette ! Géant : le livre ! »

Il dit : « Je vois avec mes yeux de rêveur. »

Deuxième arrêt : un bouton près d'un coussin énorme. « Minuscule : le bouton ! Géant : le coussin ! »

Il répéta la phrase. Papa et Maman le suivirent en riant, comme dans une chasse au trésor.

Troisième arrêt : une petite voiture de Malo, collée au frigo avec un aimant, et le frigo, grand comme un gardien.

Malo commença à comprendre. Le lutin ne voulait pas juste “faire n'importe quoi”. Il voulait que Malo regarde autrement. Comme quand on est petit, et que tout est une aventure.

Au dernier arrêt, le chemin de sucre menait à la petite porte. Juste devant, il y avait… un gant. Un seul. Le gant bleu de Malo.

Mais sur ce gant, il y avait une minuscule couronne en papier.

Malo prit le gant et le posa sur sa main. « Je suis le roi des gants ! »

Papa demanda : « Et maintenant, on fait quoi de tout ce sucre ? »

Malo regarda la cuisine. Il imagina le lutin, la nuit, en train de saupoudrer le sol comme s'il faisait tomber de la neige de poche. Ça le fit sourire.

« On peut nettoyer… en faisant une dernière mission ! » dit Malo.

Maman pencha la tête. « Quelle mission ? »

Malo réfléchit très vite. « Mission : on range en dansant. Et après, on boit du chocolat chaud. »

Papa applaudit. « Excellente mission, capitaine ! »

Ils rangèrent les chaises, les oranges, tout. Malo faisait des petits pas de danse, et Papa tournait comme une toupie. Maman faisait semblant de glisser sur le “verglas” de sucre, mais doucement, sans tomber. Ils riaient tellement que leurs joues devenaient roses.

Quand tout fut propre, la cuisine sentait encore un peu le sucre et l'hiver.

Malo posa, près de la petite porte, une enveloppe qu'il avait fabriquée lui-même. Il avait dessiné un lutin avec un grand sourire et un bonnet qui vole.

Dans l'enveloppe, il mit un mot dicté à Maman :

« Cher Lutin Farceur, j'aime tes bêtises gentilles. Mais j'aime aussi quand on peut ranger après. Merci de nous aider à regarder comme des enfants. Signé : Malo. »

Il ajouta un petit biscuit, encore.

Le soir, Malo s'endormit en pensant à des gants qui voyagent et à des routes de sucre.

4) Les yeux d'enfant

Le cinquième matin, Malo courut, comme toujours, vers la cheminée. Il y avait une nouvelle enveloppe. Elle était blanche, avec une plume dessinée dessus.

Malo l'ouvrit. Le message était court.

« Mission du jour : Aller dehors. Écouter le silence. Trouver une magie cachée. Puis rentrer et raconter. »

Malo s'habilla. Cette fois, ses deux gants étaient bien assortis. Mais il glissa quand même le gant vert de Papa dans sa poche, juste pour rigoler.

Dehors, l'air était froid et propre. Le ciel était gris clair, comme du papier. Les branches des arbres portaient des perles de givre.

Malo s'arrêta. Il écouta.

On entendait un “toc toc” d'oiseau, un froissement de feuilles sèches, et loin, une voiture qui passait comme un chuchotement.

Malo regarda au sol. Une petite trace dans la neige : trois pointes, comme une étoile. Un oiseau avait marché là.

« Voilà ma magie cachée ! » murmura Malo. « Une étoile de pas d'oiseau. »

Il rentra en courant et raconta tout à Papa et Maman, en agitant les bras. Papa écouta très sérieusement, comme si Malo avait découvert un trésor de pirate.

Maman dit : « Tu vois ? Quand on prend le temps, on trouve des merveilles. »

Malo regarda la petite porte. Il pensa au lutin. Peut-être qu'il n'était pas seulement un farceur. Peut-être qu'il était un professeur de rire.

Ce soir-là, Malo déposa près de la porte une paire de gants bien pliés. Pas les siens. Ceux de Papa. Et il ajouta une petite étiquette : « Pour une mission de demain. »

Il chuchota : « Lutin, tu peux jouer… mais je joue avec toi. »

La nuit passa.

Le lendemain matin, Malo trouva les gants de Papa… posés dans un petit bateau en papier, qui flottait dans l'évier vide. Sur le bateau, il y avait une dernière enveloppe, dorée.

Malo l'ouvrit avec un grand sourire.

« Mission du jour : Donner un sourire à quelqu'un. Même si ce n'est pas facile. Et se rappeler : la vraie magie, c'est de voir et de partager. »

Malo resta un moment silencieux. Il pensa à un camarade de classe qui était parfois seul, Hugo, qui parlait peu.

À l'école, Malo s'assit près de Hugo et lui montra ses mains. Une bleue, une verte. Il avait mis le gant vert de Papa, juste pour la mission.

Hugo le regarda, surpris. Puis il sourit. Un petit sourire, comme une lumière timide.

Malo sentit son cœur devenir chaud, comme un chocolat.

Le soir, à la maison, Malo raconta tout. Papa lui ébouriffa les cheveux. Maman lui fit un câlin qui sentait le savon et la laine.

Malo alla vers la cheminée. La petite porte était fermée. Mais sur le tapis, il y avait une minuscule clochette, et un brin de fil rouge, comme un bout de bonnet.

Malo prit la clochette. Elle fit un “ding” tout doux.

Il chuchota : « Merci, Lutin Farceur. J'ai compris. »

Il regarda autour de lui : le sapin brillait, les gants étaient à leur place, et pourtant… le monde semblait plus grand, plus drôle, plus lumineux.

Parce que Malo avait gardé, bien au chaud, ses yeux d'enfant. Et ça, c'était la plus belle mission de toutes.

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Cheminée
Ouverture dans le mur où on met le feu pour chauffer la maison.
Cannelle
Épice brune et parfumée, souvent utilisée dans les gâteaux et le chocolat chaud.
Givre
Petits cristaux de glace qui se forment sur les vitres ou les plantes par froid.
Lutin
Petit personnage malicieux des histoires, qui aime faire des blagues.
Tiroir
Boîte qui glisse sous un meuble pour ranger des choses.
Poussière dorée
Petite poudre qui brille, comme de minuscules morceaux d'or ou d'étoiles.
Moufles
Gants épais et chauds qui couvrent toute la main sans séparer les doigts.
Mitaines
Gants sans doigts, qui gardent la paume et le pouce au chaud.
Pagaille
Grand désordre où les choses sont mélangées et pas à leur place.
Frissonné
Petit mouvement du corps quand on a froid ou quand on est très content.
Pyramide
Empilement en forme de triangle très haut, comme une tour à base large.
Chemin de sucre
Trace au sol faite de sucre qui ressemble à une petite route blanche.
Magie cachée
Quelque chose de surprenant et joli qu’on découvre quand on regarde bien.
étiquette
Petit papier posé sur un objet pour écrire un nom ou un message.

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