Le matin au cabinet
Dans une rue calme, il y a un petit cabinet avec une porte bleue. Sur la porte, un dessin de soleil sourit. À l'intérieur, ça sent le savon doux et le papier propre.
Le jeune docteur Sami arrive avec son sac. Il a une blouse blanche, mais son sourire est encore plus blanc. Il accroche son manteau, puis il prépare son bureau comme on prépare un goûter : avec soin. Il met des pansements colorés, un thermomètre, un stéthoscope qui brille comme un petit serpent gentil, et une boîte de mouchoirs.
Dans la salle d'attente, un aquarium fait “glou-glou”. Les poissons bougent lentement, comme s'ils chuchotaient : “Tout va bien.”
La première petite patiente s'appelle Lila. Elle serre un doudou lapin contre elle. Sa maman lui tient la main.
Le docteur Sami ouvre la porte et dit doucement : « Bonjour Lila. Bonjour Madame. Vous pouvez venir. On a le temps. »
Lila regarde la blouse, puis le bureau, puis l'aquarium. Elle chuchote : « J'ai un peu mal à la gorge. »
« D'accord, » répond Sami. « On va écouter ton corps. Ton corps, c'est comme une maison. Parfois une pièce tousse un peu. »
Il s'accroupit pour être à hauteur de Lila. « Tu veux t'asseoir sur la chaise rouge ou sur la chaise verte ? »
Lila choisit la chaise rouge. Ça la fait sourire un peu, parce que choisir, ça rend courageux.
Écouter, regarder, expliquer
Le docteur Sami se lave les mains longtemps, en frottant entre les doigts. « Je fais des bulles invisibles avec le savon, » dit-il. « Les microbes n'aiment pas les bulles ! »
Il met le stéthoscope sur sa propre poitrine. « Écoute, ça fait “boum boum”. C'est mon cœur. Tu veux essayer sur ton doudou d'abord ? »
Lila pose le stéthoscope sur le lapin. « Je n'entends rien ! »
Sami rit tout bas. « Normal, ton lapin est très sage, il parle en silence. Maintenant, sur toi, si tu veux. »
Lila souffle. Sami écoute. « Boum boum, très bien. Tes poumons font comme deux ballons qui se gonflent. Tu peux faire une grande respiration, comme si tu sentais une fleur. »
Lila inspire : « Mmmm. »
« Et souffle, comme si tu faisais bouger une plume. »
« Fffff. »
Puis Sami prend une petite lumière. « Je vais regarder ta gorge. Ouvre grand, comme un lion… mais un lion de canapé. »
Lila ouvre la bouche. « Aaaah. »
« Super. Ta gorge est un peu rouge. Ça arrive quand un microbe chatouille. On va boire de l'eau, se reposer, et on va surveiller. Si ça fait plus mal, maman m'appelle. »
Sami montre le thermomètre. « Ça mesure la chaleur du corps, comme un petit thermomètre de soupe. Pas de piqûre, juste un bip. »
Lila demande : « Et les piqûres ? »
Sami répond doucement : « Parfois, on en a besoin pour aider le corps à se défendre, comme un bouclier. Mais aujourd'hui, pas de piqûre. Et quand il y en a une, je préviens, on respire, et ça dure très peu. On le fait ensemble. »
Les petits gestes qui protègent
Après Lila, c'est au tour de Noé, qui a le nez qui coule comme une petite fontaine. Il renifle : « Snif snif. »
Sami lui donne un mouchoir. « On attrape les gouttes, et on jette le mouchoir à la poubelle. Ensuite, on se lave les mains. Les mains, ce sont des voyageurs : elles touchent tout. Alors on les lave souvent. »
Il montre un dessin : deux mains sous l'eau. « Tu frottes devant, derrière, et entre les doigts. On compte jusqu'à dix deux fois. »
Noé compte très fort : « Un, deux, trois… dix ! Encore ! »
Sami dit aussi : « Quand tu tousses, tu mets ton coude devant, comme une petite cape de super-héros. Comme ça, les microbes ne volent pas dans l'air. »
Noé essaie et fait “touss touss” dans son coude. « Je suis Super-Coude ! »
« Exactement, » dit Sami en souriant.
Avant de partir, Lila reçoit un autocollant en forme d'étoile. « Parce que tu as très bien coopéré, » dit Sami. « Et parce que tu as écouté ton corps. »
Lila serre son doudou. « Merci docteur Sami. »
« Merci à toi. Tu peux revenir quand tu veux. Ici, on prend le temps. »
Le soir, le cabinet se calme. Les poissons font encore “glou-glou”. Sami range doucement. Il se lave les mains une dernière fois. Il pense aux enfants qui ont appris à respirer comme une fleur, à tousser dans leur coude, et à laver leurs mains voyageuses.
Dehors, la rue devient douce comme une couverture. Dans les maisons, les doudous se serrent. Et dans le silence du soir, on sent qu'un médecin qui prend le temps, ça fait du bien au cœur.