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Histoire du Ramadan 5 à 6 ans Lecture 10 min.

Le mot du marché

Quatre amies découvrent au marché un mot nouveau, apprennent la patience et le partage en préparant un goûter et un repas simple, puis expérimentent la chaleur des gestes et des remerciements en aidant leurs voisins.

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Quatre filles de six ans — Amira (deux couettes, robe jaune moutarde, au centre, tend une petite boîte en carton "merci"), Éléna (cheveux bouclés châtains, gilet vert clair, à gauche, tient une lampe à huile en verre bleu), Lila (cheveux lisses bruns, robe rouge à pois blancs, à droite, porte un sac en tissu rempli de dattes) et Noor (cheveux tressés, pantalon bleu marine et chemise crème, derrière Amira, pose une assiette couverte) — offrent des repas emballés à des voisins devant une petite maison en pierre au soir, porte en bois brun et trottoir pavé, lampions en papier et petites bougies éclairant une lune ronde dans un ciel bleu foncé ; ambiance de partage nocturne, couleurs chaudes, ombres douces et style flat design. signaler un problème avec cette image

Un mot au marché

Amira tenait la main d'Éléna. Elles étaient avec Lila et Noor. Toutes avaient six ans. Le soleil faisait des taches dorées sur le pavé du marché. Des paniers de fruits, des épices qui sentaient la cannelle et l'orange, des étoffes qui dansaient au vent. Amira aimait dire merci. Elle disait merci pour une pomme, pour une paille en plus, pour un coup de main. Merci sortait de sa bouche comme un petit oiseau joyeux.

Ce jour-là, un homme souriant, derrière un stand de dattes, dit un mot que les filles n'avaient pas entendu souvent : "Ramadan." La voix était douce comme du miel. Amira fronça les sourcils et chuchota : "C'est quoi, Ramadan ?" Lila dit qu'elle avait entendu sa maman en parler. Noor pensa que c'était un gâteau. Éléna rit et dit qu'on devrait demander. Elles allèrent vers l'homme aux dattes.

L'homme sourit encore. Ses mains étaient petites et rapides. "Ramadan," dit-il, "c'est un mois où beaucoup de gens se rapprochent les uns des autres. Ils partagent, ils disent merci de différentes façons, ils apprennent à attendre avec patience." Amira écouta. Patienter. Partager. Dire merci. Les mots semblaient poser de petites étoiles dans son cœur. Elle attrapa une datte et dit son mot favori : "Merci." L'homme rit doucement et donna une datte en plus.

Sur le chemin, les filles décidèrent d'observer. Elles avaient des yeux grands comme des soucoupes. Elles regardèrent les voisins préparer la maison, accrocher de petites guirlandes, déposer des bols. Elles virent une vieille dame déposer du pain dans un sac et le laisser sur le pas d'une maison. Noor chuchota : "C'est pour qui ?" La vieille dame répondit qu'un repas simple faisait sourire les gens qui n'avaient pas beaucoup. Lila demanda si elles pouvaient aider. Amira leva la main : "Merci de nous laisser aider." Dire merci la rassurait. Dire merci faisait du bien.

Le jeu de la patience

La maîtresse de l'école annonça une après-midi spéciale. "Nous allons préparer un goûter à partager," dit-elle. Les filles sautillèrent. Elles imaginaient des gâteaux qui volaient et des ruisseaux de chocolat. Mais la maîtresse avait un sourire secret. "Ce sera un goûter simple. Nous apprendrons la patience aussi." Les filles se regardèrent. Amira pensa au mot du marché. Patienter. Elle aimait les histoires qui prenaient leur temps. Elle aimait attendre le coucher du soleil pour faire des surprises.

Elles préparaient des petites tartines. Une fille tartina du fromage, une autre étala des tomates, une troisième ajouta des herbes. Amira mis une touche de miel sur une tranche de pain. Chaque geste était lent, comme un chat qui s'étire. La maîtresse invita les élèves à poser les tartines sur une grande nappe. "Attendre," dit-elle, "c'est aussi se préparer à mieux partager." Les fillettes formèrent un cercle. Elles se tinrent la main et firent un souffle long. On aurait dit qu'elles soufflaient sur une bougie invisible. Patience. Elles souriaient.

Puis la maîtresse fit un petit jeu. Elle raconta l'histoire d'une bougie qui voulait briller toute seule, mais qui n'y arrivait pas. Elle avait besoin des autres bougies pour tenir la lumière. Les filles imaginèrent alors que leurs tartines étaient des petites bougies. Elles comprirent qu'un repas simple, partagé, pouvait briller plus fort que mille gâteaux pris seul. Elles murmurèrent "merci" avant de goûter. Le mot roulait sur leurs langues et rendait les tartines plus savoureuses.

Le dîner sous les étoiles

Le soir venu, les quatre amies furent invitées chez la famille d'Amira pour le repas. La table était modeste : du pain frais, des légumes rôtis, un bol de lentilles parfumées, quelques dattes du marché. Il y avait aussi un grand plat de soupe chaude et une théière qui chantait doucement. La maison sentait le cumin et la tendresse.

Amira observait. Les adultes allumaient une lampe, mais pas beaucoup. Ils parlaient bas, comme si leurs mots étaient des plumes. On offrit un bol de soupe à chacune. Elles n'avaient pas très faim, mais elles avaient grandi toute la journée en regardant la patience comme un trésor. Elles apprirent à attendre le signal pour manger. Elles posèrent leurs mains sur leurs genoux. Noor fit une petite grimace puis sourit. Lila dit un merci timide. Éléna inventa un petit chant. Amira, elle, pensa au mot du marché et dit merci comme on ouvre une porte.

Le premier repas fut simple. La soupe était douce, le pain croustillant, les lentilles réconfortantes. Les filles regardèrent les adultes, qui partageaient des histoires d'enfance, de jeux dehors, de petites bêtises. Un grand-père expliqua comment, quand il était petit, il échangeait un sourire contre une bouchée de tarte. Les filles rirent. Elles prirent une bouchée de pain, puis se passèrent les dattes comme un trésor. Partager rendait chaque morceau plus précieux.

À un moment, une petite bougie vacilla. La grand-mère se leva doucement et la raviva. "Parfois il faut attendre le bon moment pour rallumer la lumière," dit-elle. Amira sentit la patience comme une couverture chaude sur ses épaules. Elle ferma les yeux un instant. Le bruit des cuillères, le parfum du repas, la voix rassurante de la grand-mère se mêlaient. Elle pensa à toutes les fois où attendre avait rendu quelque chose encore plus beau : attendre que le pain sorte du four, attendre que la pluie cesse pour sauter dans les flaques, attendre que ses amies arrivent pour jouer.

Après le repas, les adultes proposèrent de donner quelques assiettes à des voisins. Les enfants aidèrent à emballer. Amira mit un mot simple sur chaque paquet : merci. Les filles coururent jusqu'à la porte suivante. Elles frappèrent doucement et déposèrent le sac. Les voisins ouvrirent, surpris et heureux. Un petit garçon ouvrit la porte d'un coup et rit en voyant les dattes. Une dame âgée essuya une larme discrète. Les quatre amies se sentirent comme de petites étoiles qui passaient de maison en maison. Elles apprirent que donner un peu, c'était donner beaucoup.

Un sourire à l'intérieur

La nuit tomba. Les guirlandes scintillaient. Les filles rentrèrent chez elles avec des poches pleines de souvenirs. Amira regarda la lune. Elle murmura le mot qu'elle aimait dire. "Merci." Le mot réchauffa son cœur. Il y avait un calme doux, comme un chat qui ronronne. Dans son lit, elle pensa à la journée : le marché, l'homme aux dattes, la maîtresse et son cercle de patience, le repas partagé, la façon dont la grand-mère avait rallumé la bougie.

Elle se souvint du mot Ramadan entendu au marché. Maintenant, il ne lui semblait plus seulement un mot. C'était une suite de petits gestes : attendre ensemble, partager une soupe, dire merci. Elle imagina ces gestes comme des petites pierres posées dans un jardin. Chaque pierre brillait un peu plus quand on la touchait. Amira sentit une chaleur intérieure. Ce n'était pas la chaleur d'une lampe, ni celle d'une soupe, mais une chaleur douce, comme une couverture donnée par des mains aimantes.

Avant de s'endormir, elle écrivit (ou plutôt dessina) un petit cœur sur une feuille et le glissa sous son oreiller. Lila, Noor et Éléna firent la même chose dans leurs lits, chacune à sa façon. Elles avaient appris que la patience permettait aux choses simples de devenir merveilleuses. Elles avaient appris que dire merci changeait l'air. Elles avaient appris que partager rendait les mains plus légères et les rires plus forts.

Amira se tourna, ferma les yeux et sourit. Le sourire n'était pas seulement sur son visage. Il était à l'intérieur, tout chaud, comme une lumière qui ne s'éteint pas facilement. Elle pensa au marché, au mot dit avec douceur, à la datte offerte, au bol partagé. Elle sentit qu'elle avait grandi, juste un peu, d'une manière qui ne se voyait pas mais qui se sentait. Patience, partage, merci — trois petites graines plantées dans son cœur.

La nuit passa. Au matin, le monde avait l'air pareil et pourtant différent. Les filles se retrouvèrent pour jouer. Elles se racontèrent des morceaux de la veille comme on échange des trésors. Elles riaient, elles se donnaient la main, elles mangeaient une pomme et disaient merci pour chaque croc. Le mot avait trouvé sa place, comme un petit oiseau revenu au nid.

Et quand Amira pensa encore une fois au mot mystérieux du marché, elle sut qu'il n'était pas si mystérieux. C'était une porte ouverte sur des moments doux. Elle sourit au fond d'elle, ce sourire chaud et tranquille qui reste même après la fête, comme un souvenir qui glisse sous la langue et fait sentir le monde un peu plus gentil.

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Le quizz : as-tu bien compris l'histoire ?

Pavé
Une grosse pierre plate qui sert à faire le sol d'une rue.
épices
Poudres ou petits morceaux qui donnent du goût aux plats.
Cannelle
Une épice douce et parfumée, couleur brune, pour les desserts.
étoffes
Tissus ou morceaux de tissu utilisés pour faire des vêtements.
Ramadan
Un mois religieux où beaucoup de personnes jeûnent et se rassemblent en famille.
Partager
Donner une partie de ce que l'on a à d'autres personnes.
Patience
Savoir attendre calmement sans se fâcher ni s'impatienter.
Modeste
Simple, sans grand luxe, qui ne montre pas qu'il veut tout.
Lentilles
Petites graines comestibles, on les cuisine en soupe ou en plat.
Théière
Récipient pour faire et servir le thé chaud.
Raviva
Redonner de la force ou rallumer quelque chose qui faiblissait.
Guirlandes
Décorations en chaîne, souvent accrochées pour faire joli.
Vacilla
Bouger en tremblant, comme une petite flamme qui manque de stabilité.

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