Chapitre 1 — L'appel à Charmeville
Léa arriva tôt au matin. Le ciel était rose. Charmeville dormait encore, mais la porte de la mairie était ouverte. Le maire l'attendait. Son visage était inquiet. Sur la table du bureau, le coussin du collier était vide. Le précieux collier de la ville, celui qu'on montrait dans les fêtes, avait disparu.
Léa posa ses mains sur la table. Elle regarda. Il y avait une fenêtre entrebâillée. Un petit pan de rideau flottait. Une plume blanche reposait sur le rebord. Une goutte d'eau brillait sur le papier du maire. Un ruban vert, coupé, traînait près d'une pile de lettres. Et, sur le parquet, de petites traces de boue menaient vers la porte arrière.
Léa parlait doucement. «Que vois-tu? Que notices-tu?» Elle laissa l'enfant lecteur observer avec elle. Les indices étaient simples. Plume = oiseau. Goutte d'eau = endroit mouillé. Ruban = quelqu'un qui manipule des fleurs ou des paquets. Boue = une sortie vers le jardin.
Léa prit son carnet. Elle aimait les indices comme on aime les couleurs. Chacun disait quelque chose. Elle demanda au maire de raconter ce qui s'était passé. Le maire dit qu'il avait sorti le collier pour une photo, puis était allé nourrir les oiseaux du jardin. Il pensa l'avoir posé près de la fenêtre. Le collier avait peut-être glissé.
Chapitre 2 — Trois voisins, trois histoires
Léa visita trois personnes qui avaient vu le maire la veille.
Monsieur Roux, le boulanger, avait les mains poudreuses de farine. «Je faisais des brioches, répondit-il. J'ai vu le maire passer. Il avait l'air pressé.» Sur son tablier, une petite tache brune ressemblait à de la boue. Mais sa farine était blanche. Cela pouvait tromper.
Madame Fleur, la fleuriste, tenait un panier plein de rubans verts. Un ruban semblable à celui trouvé à la mairie pendait à son épaule. «Je prépare des bouquets pour la fête, dit-elle. J'ai coupé ce ruban ce matin.» Elle souriait, mais son sourire était vrai. Le ruban expliqué aussi un indice.
Hugo, l'assistant du maire, était jeune et timide. Ses bottes étaient pleines de terre. Sur sa veste, on voyait une petite plume blanche collée. Il parla bas. «Je suis allé au jardin pour aider à nourrir les oiseaux, dit-il. Puis j'ai arrosé les plantes.» Sa veste sentait la lavande. Hugo avait la gorge serrée. Son regard alla vers la fenêtre de la mairie. Il sembla oublier sa peur quand Léa posa la dernière question : «As-tu touché le collier?»
Hugo baissa les yeux. Il dit la vérité, mais pas toute la vérité. Il avoua qu'il avait vu quelque chose briller tomber. Puis il se tut. Léa nota cela. Les indices s'assemblaient comme les pièces d'un puzzle.
Léa demanda au lecteur : «Quel indice te semble le plus important?» La plume? La goutte d'eau? Les traces de boue? Le ruban? Elle laissa le temps de penser. Le bon détective regarde ce que dit chaque indice. La plume et l'eau montraient vers le jardin avec des oiseaux et un bassin.
Chapitre 3 — Le secret trouvé dans le jardin
Léa suivit les traces de boue qui menaient au jardin. Les fleurs couraient le long du chemin comme des petites maisons. Sur la pelouse, des gouttes brillaient encore. Près du petit bassin, une mare petite et ronde, l'eau faisait des cercles tranquilles. Une feuille flottait. Un reflet vif scintillait dessous.
Léa prit un filet et plongea doucement. Le filet remonta, et le collier brilla comme un petit soleil. Il était mouillé, mais intact. Autour du bassin, un bâton avait un ruban vert attaché. La plume blanche s'accrochait au bord du bassin. Hugo était là, les mains tremblantes. Il avait essayé d'attraper le collier avec un bâton. Le ruban venait peut-être de Madame Fleur, qu'il avait emprunté pour mieux voir dans l'eau. Il avait laissé tomber une note qu'il avait écrite pour dire où il avait mis le collier. Le vent l'avait emportée.
Hugo raconta enfin la suite. Le collier avait glissé quand le maire avait ouvert la fenêtre. Il avait atterri dans le jardin. Hugo l'avait vu tomber dans l'eau. Il avait voulu le récupérer tout de suite pour ne pas alarmer le maire. Il avait essayé avec un bâton et un filet, puis il avait attaché un ruban pour marquer l'endroit. Il avait mis le collier sur le bord du bassin et l'avait laissé sur le bâton le temps d'aller chercher de quoi le sécher. Quand il revint, le collier était encore là, mais il avait perdu courage et avait laissé un petit mot pour expliquer. Hélas, le mot avait glissé et disparu.
Léa sourit. Elle tendit le collier au maire. Tout le monde respira. Le maire remercia Hugo d'un air doux. Hugo rougit, mais il se sentit mieux. Léa dit au lecteur : «Tu as aidé. Tu as regardé les indices.» Le maire serra le collier contre sa poitrine. Le bijou brillait, comme s'il savait qu'il était aimé.
La ville célébra doucement. On fit un gâteau chez Monsieur Roux, des bouquets chez Madame Fleur, et Hugo reçut un petit mot de remerciement. Léa rangea son carnet. Elle pensa aux indices : plume, goutte, ruban, boue. Chacun avait été une piste. Ensemble, ils avaient montré le chemin. Elle sourit, prête pour la prochaine énigme. Les lecteurs, eux, se souvenaient : observer aide toujours à trouver la vérité.