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Histoire de Noël 11 à 12 ans Lecture 18 min.

Le parcours du traîneau imagé de Loupiot

Loupiot, un petit loup, invente un parcours imagé pour guider le traîneau de Noël et, avec sa famille et ses voisins, transforme la ville en une constellation de signes lumineux et chaleureux.

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Loupiot, petit loup gris aux yeux brillants, bonnet rouge et écharpe rayée, pose la main sur une fenêtre givrée en regardant le ciel, émerveillé ; Maman Louve beige tient une tasse de chocolat près du sapin, Papa Loup brun a la main sur l’épaule de Loupiot, Grand‑Papa Loup, moustaches blanches, assis près de la fenêtre, et Lulotte dort sur le canapé avec un livre ouvert ; le salon chaleureux, sapin décoré et cheminée, donne sur une rue enneigée où un traîneau lumineux traverse le ciel en laissant une traînée scintillante que la famille contemple, capturant l’instant magique. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 : Neige sur les moustaches

Dans la petite ville de Lisière-sur-Flocon, la neige tombait avec l'air très sérieux de quelqu'un qui fait un travail important. Elle s'accrochait aux rebords des fenêtres, aux branches des sapins, et même aux moustaches de Loupiot, un petit loup gris au museau pointu et aux yeux malicieux.

Loupiot n'était pas du genre à se laisser impressionner par un froid qui pince. Endurant comme une paire de bottes neuves, il traversait la cour en trottinant, le souffle en nuages, les oreilles bien dressées.

Dans la cuisine, ça sentait la cannelle et la brioche chaude. Maman Louve chantonnait en remuant un chocolat mousseux. Grand-Papa Loup, lui, bricolait près du radiateur une guirlande lumineuse qui clignotait comme si elle hésitait entre “joie” et “super joie”.

— Loupiot, appela Maman, viens goûter. Mais attention, c'est plus chaud qu'un pull tricoté par une grand-tante.

Loupiot approcha la tasse, souffla comme un petit vent du nord, puis prit une mini-gorgée héroïque.

— Mmm. Ça réchauffe jusqu'aux pattes de derrière.

Grand-Papa releva la tête, l'air mystérieux.

— Et si on parlait du traîneau ?

Loupiot s'immobilisa. Ses yeux brillèrent comme deux décorations de sapin.

— Le traîneau du Père Noël ?

— Celui-là, oui… et aussi le tien, répondit Grand-Papa en tapotant une feuille blanche. Tu m'as dit que tu voulais inventer le parcours du traîneau… imagé.

Loupiot gonfla un peu le torse. Inventer un parcours, ce n'était pas “juste dessiner des flèches”. C'était imaginer une route de rêve au-dessus des toits, avec des virages qui sentent le sucre d'orge et des ponts de lumière.

— Je veux qu'il passe par tous les endroits qui comptent, déclara Loupiot. Pas seulement les grands monuments… aussi les petits coins de la vraie vie.

Maman sourit en essuyant ses mains sur son tablier.

— Alors commence par ici, mon loup. Par notre maison. C'est souvent là que la magie se cache.

Loupiot prit sa feuille, un crayon, et une décision solide comme un glaçon : il allait inventer le plus beau parcours du traîneau imagé… et il allait le faire avant la veille de Noël.

Chapitre 2 : La carte qui chatouille le ciel

Dans sa chambre, Loupiot étala la feuille sur le tapis. Il posa à côté une règle, trois crayons de couleur, une gomme en forme de petit renne (qui avait l'air de rire de tout), et une boussole offerte par sa tante — la boussole indiquait le nord, mais aussi, selon la boîte, “les bonnes idées”. Loupiot n'était pas sûr que ce soit scientifique, mais à Noël, même les boîtes ont le droit d'être poétiques.

Il traça d'abord sa maison : un carré, un toit, une cheminée, et une petite fumée en spirale. Puis il dessina la rue, le lampadaire qui grésille, l'épicerie où l'on offre parfois un bonbon “si tu as dit bonjour correctement”.

— Il faut que le traîneau démarre doucement, murmura-t-il. Comme quand on glisse au début d'une luge… pas comme quand on dévale sans frein et qu'on finit dans un buisson en criant “je vais bien !”.

Il ajouta un premier arrêt : la place du marché. Il la dessina ronde, avec des étals en rectangles et des petites silhouettes en manteaux. Il colora un stand de marrons chauds, parce que l'odeur, même sur une carte, devait exister.

Sauf que… plus il avançait, plus sa feuille semblait rapetisser. Le monde était trop grand, et son crayon trop petit.

Loupiot fronça les sourcils.

— Comment je fais pour tout mettre ? Les toits, l'école, la rivière, la forêt… et la maison de Mamie, et le banc où Papa raconte ses blagues…

Il prit une seconde feuille, puis une troisième. Il les scotcha ensemble. La carte grandit, s'étira, envahit le tapis, puis la moitié de la chambre. On aurait dit une couverture de papier.

Au moment où il ajoutait “le coin des chats qui font semblant de ne pas aimer Noël mais qui aiment les rubans”, on frappa à la porte.

— Je peux entrer ? demanda sa petite sœur, Lulotte, une louvelette vive comme un flocon dans le vent.

Sans attendre, elle entra et s'assit au milieu de la carte.

— Oups, dit-elle, j'ai posé mes fesses sur la ville.

— Attention ! protesta Loupiot. Tu viens de t'asseoir sur l'épicerie !

Lulotte gloussa.

— Ça va, je n'ai pas acheté de fromage. C'est quoi, ce grand truc ?

— Mon parcours du traîneau imagé. Il faut que le traîneau passe par les endroits qui rendent les gens heureux.

Lulotte pencha la tête.

— Alors il doit passer par la buanderie, parce que quand les chaussettes disparaissent, tout le monde se réunit pour les retrouver. C'est une aventure familiale.

Loupiot la regarda, interdit… puis éclata de rire.

— D'accord. La buanderie sera un “site légendaire”.

Il dessina un petit panier à linge, avec un drapeau. Puis il reprit, plus déterminé. Sa carte ne devait pas seulement être grande. Elle devait chatouiller le ciel.

Chapitre 3 : L'épreuve du vent et du trottoir verglacé

Le lendemain, Loupiot décida qu'une carte ne se fabrique pas seulement avec des crayons. Il fallait aller voir le monde, sentir l'air, compter les pas, écouter les bruits. Alors il enfila son bonnet rouge (qui lui donnait l'air d'un loup qui joue à être un lutin), son écharpe rayée, et sortit avec un carnet.

Dehors, l'hiver avait posé une fine couche de verglas sur le trottoir, comme une blague glissante.

— Pfff, dit Loupiot. Tu crois me faire tomber ? J'ai déjà glissé sur une peau de banane en été. Ça, c'était humiliant. Toi, tu es juste… saisonnier.

Il avança prudemment, en prenant des petits pas de danseur. Une dame le regarda, amusée.

— Tu t'entraînes pour un ballet ?

— Non madame, je négocie avec le sol.

Il passa devant l'école. Les fenêtres étaient décorées de flocons en papier. Il dessina l'école sur son carnet, puis ajouta une note : “Le traîneau doit faire un clin d'œil à la classe de Madame Brindille. Elle croit que les loups ne savent pas faire des phrases longues. Challenge accepté.”

Plus loin, il arriva près de la rivière gelée. Une bande de canards glissait dessus, l'air très fier, comme s'ils avaient inventé les patins.

— Coin, fit l'un d'eux, ce qui signifiait probablement : “Regarde, je suis l'athlète de Noël.”

Loupiot rit et nota : “Virage au-dessus de la rivière : attention aux canards en mode champion.”

Un souffle plus fort se leva. Le vent s'engouffra entre les maisons, siffla dans les gouttières, et tenta de lui arracher son carnet.

— Hé ! protesta Loupiot en serrant la couverture. Ce n'est pas un papillon, c'est mon chef-d'œuvre !

Le vent insista, comme un camarade qui veut te faire courir. Loupiot courut. Ses pattes frappaient la neige, son cœur battait un rythme joyeux, et son bonnet ballotait comme un drapeau.

Il finit par s'abriter derrière la boulangerie. Là, l'odeur de pain chaud le réconcilia avec le monde entier.

Le boulanger, Monsieur Croûton, sortit avec une plaque de sablés en forme d'étoiles.

— Tu as l'air d'avoir lutté contre un dragon invisible, Loupiot.

— C'était le vent. Il est très dramatique.

— Tiens, pour te récompenser : une étoile. Mange-la avant qu'elle ne s'envole, elle aussi.

Loupiot croqua le sablé. Il fondit et craqua en même temps, comme si Noël avait une texture.

— Merci. Je fais le parcours du traîneau imagé. Je veux qu'il soit vrai, même s'il est magique.

Monsieur Croûton hocha la tête.

— Alors n'oublie pas de passer par les endroits où les gens se parlent. Une boulangerie, ça distribue du pain… mais aussi des sourires.

Loupiot nota. Puis, en repartant, il sentit que son projet grandissait dans sa poitrine, comme une petite lampe qu'on allume.

Chapitre 4 : Le conseil de famille autour du chocolat

Le soir, la maison brillait de guirlandes. Les vitres étaient dessinées de givre, et on aurait juré que le froid faisait des arabesques exprès pour faire joli.

Dans le salon, la carte de Loupiot était étalée sur la table, sur deux chaises, et un peu sur le canapé. Grand-Papa avait décrété que “c'est une œuvre, donc elle a besoin d'espace”.

Papa Loup, qui avait des épaules larges et des yeux doux, se pencha dessus.

— Alors… ici, c'est la place. Là, la rivière. Et là… c'est quoi, ce truc avec une tête de renne et un panier ?

Lulotte leva la main, très sérieuse.

— La buanderie légendaire.

Papa éclata de rire.

— Ça se tient. C'est là que les chaussettes disparaissent. Mystère plus grand que la cheminée du Père Noël.

Maman apporta un plateau avec des tasses de chocolat. La vapeur montait, et la pièce avait l'air enveloppée dans un nuage de douceur.

Grand-Papa posa un doigt sur un coin vide de la carte.

— Tu as prévu un parcours au-dessus de la ville. Mais… comment le traîneau sait où aller, exactement ?

Loupiot se redressa.

— Justement. Je veux inventer le “chemin imagé”. Pas seulement des rues. Des images que le traîneau peut suivre. Comme… une étoile au-dessus de la boulangerie, un ruban de lumière au-dessus du pont, un rire au-dessus de l'école.

Papa plissa les yeux, impressionné.

— Un rire ?

— Oui, dit Loupiot. Quand on rit, ça fait comme une petite étincelle. Je suis sûr que ça se voit de très haut.

Maman posa sa main sur l'épaule de Loupiot.

— Ton parcours est beau, mais il doit aussi être faisable. Même pour un traîneau magique, il faut des repères.

Grand-Papa eut un sourire de malicieux professionnel.

— Et si on fabriquait des repères, alors ? Des petites choses dans la ville. Discrètes, mais visibles. Des lanternes, des rubans… des dessins de flocons sur les fenêtres. Une sorte de constellation de quartier.

Lulotte tapa dans ses mains.

— On pourrait mettre une chaussette propre à chaque fenêtre ! Comme ça, les chaussettes ne se perdent pas. Enfin… peut-être.

Tout le monde rit. Même la guirlande sembla clignoter plus vite, comme si elle trouvait l'idée excellente.

Loupiot sentit quelque chose de chaud et solide : ce n'était pas que son projet. C'était le projet de la famille. Et ça, ça donnait du courage, même quand la feuille est trop petite ou le vent trop théâtral.

— D'accord, dit-il. Demain, on fabrique la constellation du traîneau.

Chapitre 5 : La constellation du quartier

Le lendemain, la famille sortit, emmitouflée. Ils avaient un sac plein de petites lanternes en papier, des rubans argentés, des autocollants d'étoiles, et un lot de craies pour dessiner sur les vitrines (spécial “ça part à l'eau”, avait précisé Maman).

Loupiot menait la troupe comme un chef d'orchestre.

— Ici, la boulangerie : une étoile dorée, dit-il.

Monsieur Croûton accepta avec fierté, comme si on venait de lui remettre une médaille. Il colla l'étoile sur la vitre.

— Voilà. Si le traîneau passe, je lui fais un coucou avec une baguette.

— Pas besoin de lancer la baguette, plaisanta Papa. On ne veut pas d'accident de pain volant.

Ils avancèrent jusqu'au pont. Grand-Papa accrocha un ruban argenté à la rambarde, juste assez haut pour ne pas gêner les passants. Le ruban scintilla dès qu'un rayon pâle de soleil le toucha.

— On dirait une rivière de lune, murmura Loupiot, enchanté.

À l'école, Madame Brindille sortit, intriguée par l'attroupement.

— Que fabriquez-vous donc ?

Loupiot inspira. Il avait prévu un discours… mais les mots sortirent autrement, simples et brillants.

— On invente le parcours du traîneau imagé. Pour que le traîneau puisse suivre des signes de notre ville. Des signes de Noël… et de famille.

Madame Brindille resta un instant silencieuse, puis elle sourit.

— C'est une très belle idée. La classe peut participer ?

Derrière la fenêtre, des élèves collèrent aussitôt des flocons en papier. Certains étaient parfaitement découpés, d'autres ressemblaient à des étoiles qui avaient un peu trop mangé. C'était parfait.

Lulotte dessina un petit renne sur la vitre de la salle de sport. Il avait trois pattes, mais une expression très volontaire.

— Il court vite, assura-t-elle.

Plus tard, en passant devant une maison, une vieille voisine, Madame Pivoine, leur fit signe.

— Vous mettez des lumières pour guider le Père Noël ?

— Pour guider le traîneau, répondit Loupiot. Un parcours imagé.

Madame Pivoine sortit un vieux lanternon et le posa sur le rebord de sa fenêtre.

— Celui-ci a guidé mon papa quand il rentrait tard. Il peut bien guider un traîneau aussi.

Loupiot sentit sa gorge se serrer, mais d'une manière douce, comme quand on avale un chocolat trop fondant.

Dans la soirée, en rentrant, il leva les yeux vers le quartier. De petites lueurs s'étaient allumées un peu partout, comme si la ville avait semé des étoiles à hauteur d'humain. Son parcours prenait vie, non seulement sur papier, mais dans le quotidien.

— Ça y est, souffla Loupiot. On a dessiné une route dans l'air.

Chapitre 6 : La nuit où le ciel écoute

La veille de Noël arriva avec un silence spécial, un silence qui semble garder un secret sous la langue. La neige avait arrêté de tomber, et le ciel était clair, comme une vitre propre.

Loupiot, en pyjama, descendit doucement. Dans le salon, le sapin brillait. Les cadeaux attendaient, bien alignés, comme s'ils jouaient à “ne pas bouger”.

Grand-Papa somnolait dans le fauteuil, un plaid sur les genoux. Maman et Papa rangeaient les dernières assiettes, à pas feutrés. Lulotte dormait sur le canapé, un livre ouvert sur le ventre.

Loupiot s'approcha de la fenêtre. Dehors, les lanternes et rubans qu'ils avaient posés scintillaient encore. On aurait dit des points lumineux reliés par un fil invisible.

Il posa sa main contre la vitre froide.

— Traîneau imagé… murmura-t-il. Si tu passes, tu peux suivre nos signes. Ils sont faits avec du papier, oui… mais surtout avec des gens.

Comme pour lui répondre, un léger tintement se fit entendre, très loin, comme une clochette timide. Loupiot retint son souffle. Le bruit se rapprocha un peu, puis se perdit, comme un secret qui file entre les toits.

Il n'osa pas ouvrir la fenêtre. Il n'osa même pas cligner des yeux trop fort, de peur de rater quelque chose. Alors il regarda seulement le ciel, très attentif, et il imagina le traîneau glisser au-dessus de la ville, suivant l'étoile de la boulangerie, la rivière de lune du pont, les flocons farfelus de l'école, le lanternon de Madame Pivoine.

Dans son imagination, le traîneau faisait un petit détour au-dessus de leur maison, comme un “bonjour”. Et, pendant une seconde, Loupiot eut l'impression qu'une ombre douce passait dans le ciel, rapide et légère.

— Loupiot ? chuchota Papa derrière lui. Tu n'arrives pas à dormir ?

Loupiot se retourna, les yeux brillants.

— Je crois que… le ciel a écouté.

Papa s'approcha, regarda dehors, puis posa une main sur la tête de Loupiot.

— Même si tu n'as rien vu clairement, tu as fait quelque chose d'important. Tu as rassemblé des gens. Tu as mis de la lumière dans le quartier.

Maman arriva, un peu fatiguée et très tendre.

— Et tu as rappelé que Noël, ce n'est pas seulement recevoir. C'est aussi préparer, inventer, partager.

Grand-Papa ouvrit un œil, grogna gentiment.

— Et c'est aussi dormir, sinon demain on confond les cadeaux et les coussins.

Tout le monde rit à voix basse.

Loupiot sentit une chaleur monter en lui, plus forte que n'importe quel chocolat : la sensation d'être à sa place, entouré, utile.

Maman ouvrit les bras. Papa fit pareil. Grand-Papa se leva en grommelant, mais il avait déjà un sourire. Même Lulotte se réveilla à moitié et se traîna jusqu'à eux, les cheveux en bataille.

Ils se rassemblèrent, serrés comme une guirlande de cœurs, et Loupiot se laissa envelopper par leur étreinte.

C'était une accolade douce, simple, et pourtant pleine de tout ce qui fait briller l'hiver.

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Spirale
Forme enroulée qui tourne autour d'un centre, comme un escargot.
Scotcha
Action d'attacher avec du ruban adhésif, coller des feuilles entre elles.
Verglas
Fine couche de glace sur le sol qui rend le sol très glissant.
Boussole
Petit instrument qui indique le nord pour s'orienter.
Constellation
Regroupement d'objets ou de signes qui forment un motif lumineux.
Emmitouflée
Très bien couverte avec des vêtements chauds contre le froid.
Lanternon
Ancienne petite lanterne solide, souvent en métal, pour éclairer.
Théâtral
Qui paraît exagéré, comme si on jouait une scène au théâtre.
étincelle
Petite lueur ou signe de lumière très rapide et brillante.

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