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Histoire sur le voyage 11 à 12 ans Lecture 14 min.

Le petit loup Lino et l'escalier menteur de Bakou

Lino, un petit loup voyageur, découvre Bakou en suivant des guides et en respectant les consignes, apprenant que curiosité et prudence permettent de profiter pleinement d’une aventure.

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Un jeune loup anthropomorphe à la fourrure grise, yeux curieux, assis sur le rebord d'une terrasse en pierre couleur miel, tenant des jumelles métalliques bleues et un petit carnet à spirales sur les genoux, regarde émerveillé la ville en contrebas tandis qu'Aysel, guide humaine aux cheveux noirs relevés, veste kaki et sac en bandoulière, se tient légèrement en retrait à droite, main sur la rampe en fer forgé, et que Rustam, le chauffeur casquette et manteau sobre, appuyé sur un muret à gauche, indique la mer ; fin d'après-midi, lumière dorée, vent léger et ambiance chaleureuse. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1

Le petit loup s'appelait Lino. Il avait un sac à dos bleu, une gourde, un carnet à spirales et une patience qui tenait chaud, comme une écharpe. Il n'était pas du genre à foncer tête baissée. Non. Lino était courageux tranquille : il avançait, même quand il ne savait pas exactement ce qu'il allait trouver, mais il avançait en regardant bien.

Ce matin-là, il posa son museau contre le hublot de l'avion. Sous les nuages, une ville apparaissait, au bord d'une mer immense et grise-bleue.

— Bakou, annonça la voix dans les haut-parleurs.

Lino se redressa d'un coup. « Azerbaïdjan », il l'avait écrit en grosses lettres sur la première page de son carnet, avec un petit dessin de flamme à côté, parce qu'on lui avait raconté que ce pays aimait le feu et la lumière.

À l'aéroport, tout sentait le café et les valises neuves. Un chauffeur avec une casquette, Rustam, tenait une pancarte : « Lino ».

— Salam ! Bienvenue, dit Rustam avec un sourire. Tu es prêt pour la ville ?

— Oui… enfin, je crois, répondit Lino. Je suis surtout prêt à écouter. On m'a dit que c'était important quand on voyage.

Rustam hocha la tête.

— Très bon début. Ici, si tu écoutes bien, la ville te raconte des histoires.

La voiture glissa sur une grande route. Lino collait son nez à la vitre. Des immeubles modernes brillaient, et plus loin, des murs de pierre plus anciens se serraient les uns contre les autres comme des vieux amis.

— Regarde, dit Rustam en montrant le bord de mer. C'est le boulevard. Beaucoup de gens viennent marcher, respirer, discuter.

Lino nota : « À Bakou, on marche pour penser. » Puis il ajouta un détail : le vent faisait danser les arbres et les foulards. Un vent vif, pas méchant, juste décidé.

Quand ils arrivèrent à la maison d'hôtes, une dame au chignon impeccable les attendait sur le pas de la porte.

— Je m'appelle Leyla, dit-elle. Ici, tu es chez toi, petit loup.

Lino sentit ses épaules se détendre. Voyager, c'était aussi ça : trouver un endroit où on peut poser son sac et son inquiétude.

Chapitre 2

Après un thé brûlant au parfum de bergamote, Leyla déplia une carte de Bakou sur la table.

— Demain, tu peux visiter la vieille ville, Icherisheher. Les rues sont comme un labyrinthe, mais un labyrinthe gentil. Si tu suis les consignes et si tu gardes ton carnet, tu ne te perdras pas.

Lino hocha la tête si fort que ses oreilles frémirent.

— Je promets. Je peux aussi demander avant de toucher, avant de photographier… et rester près de mon guide.

— Parfait, dit Leyla. La curiosité, c'est une lampe. Mais une lampe, ça se tient bien dans la main.

Le lendemain, Lino retrouva leur guide, Aysel, une jeune femme avec un sac rempli de livres et un sourire qui donnait envie de poser des questions.

— Prêt pour l'aventure douce ? demanda-t-elle.

— Oui. Et si je fais n'importe quoi, vous me dites.

— Marché conclu, répondit Aysel.

Ils entrèrent dans la vieille ville par une grande porte de pierre. Tout changea d'un coup : la rue devint plus étroite, les pavés irréguliers, et les murs portaient des marques comme des rides. Lino respirait à petites goulées, comme s'il voulait tout garder dans sa mémoire.

— Ici, dit Aysel, des marchands, des familles, des artisans ont vécu depuis des siècles. Regarde les balcons en bois. Ils sont comme des mains qui se tendent au-dessus des rues.

Une boutique vendait des tapis. Une autre exposait des bols en cuivre qui captaient la lumière. Lino s'arrêta devant un vieux monsieur qui frappait doucement le métal, toc… toc… toc…, avec un petit marteau.

— Je peux regarder de plus près ? demanda Lino, sans avancer.

Le monsieur leva les yeux et sourit.

— Bien sûr, petit loup. Mais attention : c'est chaud.

Lino recula d'un pas. Aysel lui fit un clin d'œil.

— Tu as demandé et tu as écouté. C'est exactement ça, voyager.

Un peu plus loin, ils aperçurent une tour ronde qui semblait surveiller la ville.

— La tour de la Vierge, expliqua Aysel. Il y a beaucoup de légendes. Mais même sans légende, elle est impressionnante, non ?

Lino leva la tête. La pierre avait une couleur de miel. Il imagina les gens d'autrefois, les mains sur les mêmes murs, les yeux vers le même ciel.

— C'est comme si le passé disait « bonjour », murmura-t-il.

Aysel rit doucement.

— Tu as une belle façon de voir.

Chapitre 3

À midi, Aysel proposa de manger dans un petit café. Sur la table, il y eut du pain chaud, des herbes fraîches, et une soupe qui réchauffa le ventre de Lino comme un feu de cheminée.

— Ensuite, dit Aysel, on peut monter à un point de vue. Il y a des escaliers. Tu te sens en forme ?

— Oui, répondit Lino. Tant qu'on va à notre rythme.

— Toujours.

Ils traversèrent une rue en suivant le feu piéton. Lino regarda bien, même si la route semblait vide.

— On ne traverse pas « parce que ça a l'air ». On traverse parce que c'est le moment, dit Aysel.

— Je note, dit Lino en griffonnant. « Le voyage aime les règles, parce qu'elles protègent la liberté. »

Aysel le regarda, un peu surprise.

— Tu écris comme un vrai carnet de voyage.

Ils arrivèrent devant un passage entre deux murs. Une plaque indiquait le point de vue. Lino s'attendait à une petite montée, quelques marches, un souffle plus court, et voilà.

Mais l'escalier commença. Une marche. Puis une autre. Puis encore.

Les marches étaient étroites, tournantes, et le couloir de pierre donnait l'impression que ça allait finir très vite… sauf que non.

— Il est plus haut qu'il n'y paraît, souffla Lino, en levant les yeux. On dirait un escalier qui fait semblant.

— C'est souvent comme ça, répondit Aysel. La distance se cache. C'est pour ça qu'on écoute son corps et qu'on respecte les consignes.

Une pancarte était fixée au mur : « Monter doucement. Tenir la rampe. Ne pas courir. »

Lino posa sa patte sur la rampe froide.

— Je ne cours pas, promis. Je préfère arriver en entier.

Aysel approuva.

— Bonne stratégie de petit loup.

Ils montèrent. Au début, Lino plaisanta pour se donner du courage.

— Si je rencontre un escalier encore plus haut, je lui demande sa carte d'identité !

— Et s'il refuse ? demanda Aysel, amusée.

— Alors je redescends et je vais manger une deuxième soupe, répondit Lino.

Ils rirent, et ce rire rendit l'air plus léger. Pourtant, l'escalier continuait, toujours un peu plus haut, toujours un peu plus long. Lino sentit ses pattes chauffer. Son souffle devint plus bruyant.

— Pause ? proposa Aysel.

Lino voulut dire « non » par fierté, mais il se rappela la pancarte, et la règle invisible du voyage : on n'est pas obligé de faire le héros.

— Oui, dit-il. Une petite pause. Pour écouter mon cœur.

Ils s'arrêtèrent sur un palier. Lino but deux gorgées. Il ferma les yeux une seconde. Son courage tranquille, ce n'était pas de monter vite. C'était de monter bien.

— Ça va ? demanda Aysel.

— Oui. Merci de me le proposer. Je crois que j'apprends un truc : quand c'est plus haut qu'il n'y paraît, il faut… découper la montagne en petites marches.

— Exactement, dit Aysel. Et regarder où on pose les pieds.

Ils repartirent. Marche après marche. Sans se presser.

Chapitre 4

Enfin, la lumière changea. L'escalier déboucha sur l'air libre, comme si la ville avait ouvert une fenêtre juste pour eux.

Lino resta immobile. Devant lui, Bakou s'étendait : la mer Caspienne au loin, le boulevard comme un ruban, les bâtiments modernes qui brillaient, et les toits de la vieille ville serrés comme un puzzle.

— Waouh, souffla Lino. Ça valait les… combien de marches, à votre avis ?

Aysel fit semblant de compter sur ses doigts.

— Au moins « beaucoup ». Et quelques « encore un peu ».

— Mon carnet va écrire : « Beaucoup + encore un peu = une vue incroyable », déclara Lino avec sérieux.

Ils restèrent un moment, sans parler. Le vent jouait avec les poils de Lino. Il pensa au chauffeur Rustam, à Leyla, à Aysel. Chacun lui avait donné quelque chose : un trajet, un accueil, une histoire.

— Tu veux regarder avec les jumelles ? demanda Aysel en sortant un petit objet de son sac.

— Oui, mais je les tiens bien, promit Lino. Et je ne m'approche pas du bord.

— Parfait.

Lino observa la mer. Des bateaux laissaient derrière eux des traces blanches, comme des virgules. Il observa aussi les gens en bas, minuscules, mais vivants : une famille qui marchait, un enfant qui courait… puis s'arrêtait au feu.

— Il s'arrête ! s'exclama Lino. Comme vous avez dit.

Aysel sourit.

— Les bonnes habitudes voyagent aussi.

En redescendant, Lino se sentit plus léger. Pas parce que c'était facile, mais parce qu'il avait compris qu'écouter les consignes ne gâchait pas l'aventure. Au contraire : ça la rendait possible.

Dans une ruelle, ils tombèrent sur une petite librairie. Les livres étaient empilés partout, comme des tours prêtes à tomber mais qui tenaient par miracle.

— On peut entrer ? demanda Lino.

— Oui, mais doucement, répondit Aysel. Et on ne touche pas tout.

Lino entra comme on entre dans un endroit précieux. Il feuilleta un atlas illustré. Il ne comprenait pas tous les mots, mais les images parlaient : montagnes, plaines, villages, visages.

Le libraire, un homme à moustache, observa Lino.

— Tu aimes les cartes ?

— Oui, répondit Lino. Ça me rassure. Mais j'apprends aussi que parfois, on doit accepter de ne pas tout prévoir.

— Très sage, dit le libraire. Tant que tu respectes les règles, l'inconnu devient un ami.

Lino nota cette phrase, soigneusement.

Chapitre 5

Le dernier soir, Leyla servit un dîner simple et délicieux. Sur la table, il y avait des légumes grillés, du riz parfumé, et un petit dessert sucré collant juste ce qu'il faut aux dents.

— Alors, Bakou ? demanda Leyla.

Lino prit le temps de réfléchir, comme s'il rangeait ses souvenirs dans des tiroirs.

— C'est une ville qui a du vent, des pierres anciennes, et des gens qui expliquent bien. Et aussi… un escalier menteur.

Rustam, qui était passé pour reconduire Lino le lendemain, éclata de rire.

— Un escalier menteur ?

— Oui, dit Lino très sérieusement. Il avait l'air petit, mais il était immense. J'ai monté doucement. J'ai tenu la rampe. J'ai fait une pause. Et je suis arrivé.

Rustam tapa doucement dans ses mains, comme pour applaudir une idée.

— Ça, c'est du vrai courage. Pas besoin de se presser.

Aysel, venue dire au revoir, ajouta :

— Lino a écouté. C'est pour ça qu'il a profité.

Lino sentit une chaleur dans sa poitrine, plus forte que le thé. Il sortit son carnet et relut quelques lignes. Puis il leva les yeux.

— J'ai envie de vous remercier, dit-il.

Leyla pencha la tête.

— Tu peux. Les mots, c'est comme des petits cadeaux.

Lino se leva, un peu maladroit, parce qu'il voulait que ce soit juste.

— Merci, Rustam, de m'avoir conduit prudemment et d'avoir montré la ville sans me presser. Merci, Aysel, pour les histoires, les règles et les pauses au bon moment. Merci, Leyla, pour l'accueil et le thé qui donne du courage.

Un silence doux suivit, pas vide : rempli.

Rustam se racla la gorge, gêné mais content.

— Merci à toi, petit loup. Tu as voyagé comme il faut.

Aysel sourit.

— Tu as voyagé avec attention.

Leyla posa une main sur l'épaule de Lino.

— Tu reviendras quand tu voudras. Et tu raconteras.

Dans la nuit, Lino se coucha. Le vent de Bakou chantait dehors, comme un ami qui veille. Avant de fermer les yeux, il écrivit une dernière phrase : « Écouter les consignes, c'est ouvrir la porte de l'aventure sans se faire mal. »

Et il s'endormit avec l'envie simple de dire encore merci, un jour, à d'autres chauffeurs, guides ou hôtes, quelque part sur une nouvelle carte.

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Le quizz : as-tu bien compris l'histoire ?

Hublot
La petite fenêtre d'un avion ou d'un bateau par laquelle on regarde dehors.
Gourde
Une bouteille solide pour boire quand on voyage ou quand on marche.
Carnet à spirales
Un petit cahier relié par une spirale métallique pour écrire ou dessiner.
Patience
La capacité d'attendre calmement sans se fâcher ni se presser.
Labyrinthe
Un ensemble de chemins qui se croisent et qui rendent difficile de retrouver la sortie.
Artisans
Des personnes qui fabriquent des objets à la main, souvent avec un savoir particulier.
Pavés
Des pierres plates posées sur une rue pour former le sol roulant ou piéton.
Rampe
Une barre ou un support qu'on tient pour se protéger en montant ou descendant.
Palier
Un endroit plat entre deux séries de marches dans un escalier.
Jumelles
Un instrument optique qui permet de voir de loin des détails proches.
Atlas
Un livre qui contient des cartes et des images de pays ou de régions.

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