Chapitre 1 : Le réveil tourneboulé du Professeur Gaston
Dans une petite maison pleine d'objets bizarres, le Professeur Gaston avait encore perdu ses clefs. Debout au milieu de son atelier, il se gratta la tête, un ressort coincé dans les cheveux. Il y avait des bocaux de boutons, des piles de carnets colorés, et au centre, une énorme table recouverte de plans, de crayons, de morceaux de ficelle et de… chaussettes propres.
« Ah, sapristi, où sont-elles passées, ces sacrées clefs ? » marmonna-t-il en fouillant dans sa poche de pantalon, puis dans sa chaussure gauche (on sait jamais).
Son chat, Biscotte, allongé confortablement dans une boîte à outils, ouvrit un œil et bâilla. « Tu les as peut-être laissées dans le frigo, comme la dernière fois ! » miaula-t-il d'un ton moqueur.
Gaston éclata de rire. « Tu te souviens de tout, toi, Biscotte ! Mais cette fois, j'ai vérifié : pas de clefs dans le beurre ! »
Tout à coup, une idée pétilla dans la tête du professeur. Il se tourna vers Biscotte, qui désormais se lavait la patte d'un air royal.
« Et si j'inventais une machine qui m'empêcherait d'oublier mes affaires ? Finis, les oublis de clefs, de parapluie, de tartines, de… de… » Il s'arrêta, cherchant ses mots. « Enfin, tout ce que j'oublie ! »
Biscotte sauta sur la table, renversant un pot de crayons. « Bonne chance, professeur ! Mais dépêche-toi, tu as déjà oublié d'arroser tes plantes ce matin ! »
Gaston attrapa son plus grand carnet, griffonna une esquisse rigolote : une grande boîte à moustaches, des bras mécaniques, des rappels sonores qui faisaient « Ding-dong ! Tu as tout pris ?! » Il nota en haut de la page : « Projet anti-oublis – Mission Zéro Trou de Mémoire ! »
Chapitre 2 : L'atelier des idées qui débordent
Le lendemain matin, Gaston s'installa à son établi, lunettes sur le front, un tablier jaune recouvert de taches de peinture. Biscotte, curieux, sauta sur l'épaule de Gaston et observa.
« Alors, Professeur, comment ça marche, ce truc ? »
« Simple comme bonjour, Biscotte ! » répondit Gaston, tout excité. « D'abord, il me faut un détecteur de poches vides ! Si je sors sans mes clefs, la machine me tire la moustache – enfin, façon de parler – et me rappelle d'y penser ! »
Il se mit à fouiller dans ses tiroirs : ressort rouillé, boule de laine fluo, sonnette d'alarme, ampoule qui clignote, plume de paon… Gaston attrapa tout ce qui brillait ou faisait du bruit.
« Il faudrait aussi un truc qui me dit si j'ai oublié mon goûter ! » proposa Biscotte en gonflant le ventre.
« Excellente idée ! On va ajouter une boîte à goûter automatique. Si je l'oublie, un robot courra après moi en agitant une tartine au beurre ! »
Gaston se lança dans la construction : il cloua, scia, colla, tordit, rata, recommença. Biscotte, hilare, observa le professeur tenter de visser une banane sur une sonnette.
« Gaston, la banane, c'est pour le goûter ou pour le bricolage ? »
« Euh… Bonne question ! On verra bien, parfois c'est pareil avec mes inventions ! »
À la fin de la journée, sur la table trônait… une sorte de robot chapeau à ressorts, avec des bras mécaniques de chaque côté. Un côté tenait une fausse clef géante, l'autre une tartine en plastique. Une sonnette était accrochée sur le dessus, prête à carillonner.
« Tadaaa ! Voici le Magnifique Mémorisateur de Gaston ! »
Biscotte applaudit de ses petites pattes. « Tu vas l'essayer tout de suite ? »
Gaston enfila le chapeau-robot sur sa tête. À peine avait-il fait deux pas que la sonnette tinta : « Ding-dong ! As-tu pris tes clefs ? »
Gaston vérifia dans sa poche. Rien. Il rit : « Merci, robot ! J'allais encore partir sans ! »
Chapitre 3 : Les tests rigolos du Mémorisateur
Le lendemain, Gaston voulait tout tester. Il écrivit une liste :
1. Ne pas oublier les clefs.
2. Ne pas oublier le goûter.
3. Ne pas oublier de mettre les chaussettes.
4. Ne pas oublier de fermer la porte.
Biscotte, en chef d'orchestre félin, annonça : « À vos marques, prêts… Partez ! »
Dès que Gaston tenta de sortir sans chaussettes, le robot-chapeau fit tourner une petite pancarte : « Attention, pieds nus ! »
Gaston éclata de rire. « Bravo, tu surveilles même mes orteils ! »
Ensuite, Gaston se dirigea vers la porte, prêt à partir. Oubliant son goûter ? Impossible ! Le robot actionna un mini-tambour, et un bras mécanique lança une tartine (en plastique, heureusement) sur sa tête.
« Aïe ! C'est efficace, au moins ! »
Biscotte se roula par terre de rire, la queue en panache. « Tu vas finir avec plus de tartines sur la tête que dans le ventre, Gaston ! »
Pour la clef, le robot agitait frénétiquement la fausse clef devant le nez de Gaston jusqu'à ce qu'il la range dans sa poche. Et pour la porte, une musique de cirque démarrait tant que Gaston ne la claquait pas bien.
Tout le matin, les essais s'enchaînaient : Gaston essayait d'oublier, mais le robot veillait au grain. Parfois, il se trompait et sonnait même quand Gaston n'oubliait rien. Ou alors, il lançait la tartine au mauvais moment, genre pendant que Gaston faisait la sieste.
« Peut-être faut-il régler un peu la machine… » soupira Gaston en se redressant, la marque de la tartine sur le front.
Biscotte ricana : « Au moins, tu n'oublieras pas d'en rire ! »
Chapitre 4 : Quand la créativité déraille
Après plusieurs essais, Gaston décida d'améliorer son Mémorisateur. Il ajouta un bouton « Mode rigolo » qui faisait chanter la machine en cas d'oubli, et un « Mode super sérieux » qui faisait juste un petit bip.
Mais en bricolant, il inversa les fils. Résultat : le robot se mit à raconter des blagues à chaque occasion.
Gaston, prêt à partir, entendit : « Pourquoi les clés ne vont-elles jamais à la piscine ? Parce qu'elles ont peur de la serrure ! »
Il s'arrêta, interloqué, puis éclata de rire. Biscotte, hilare, ajouta : « On n'a pas fini de rigoler avec ton invention ! »
À chaque oubli, le robot lançait une plaisanterie. Quand Gaston manqua d'emporter son goûter, le chapeau-robot chanta faux : « Une tartine qui s'ennuie, c'est une tartine qui crie ! »
Les voisins du quartier, intrigués par les bruits bizarres, passèrent la tête par la fenêtre.
« Gaston, tu fais un spectacle ? » demanda la voisine, Madame Lemoine.
« Non, c'est mon robot qui me rappelle de ne rien oublier ! »
« Tu devrais lui demander de me rappeler d'arroser mes fleurs ! » plaisanta la voisine.
Biscotte, très sérieux, proposa : « On pourrait installer un ‘mode jardinage', qui lance une blague sur les radis ! »
Et Gaston, ravi, nota l'idée sur son carnet : « Prochaine version : Mémorisateur universel ! »
Chapitre 5 : Mission Zéro Oubli… et mille sourires !
Le soir venu, Gaston s'assit sur son fauteuil, Biscotte ronronnant sur ses genoux. Il réfléchit à sa drôle de journée.
« Alors, Professeur, est-ce que tu as réussi à ne rien oublier ? » demanda Biscotte.
Gaston sourit. « J'ai tout pris… sauf une chose : j'ai oublié de m'ennuyer ! »
Biscotte éclata de rire, son poil tout hérissé. « Tant mieux ! Les inventions, c'est toujours plus drôle quand elles font des bêtises ! »
Le lendemain, Gaston montra son robot à ses amis. Tout le monde voulait l'essayer. Margot oubliait toujours ses livres de bibliothèque ; le robot chanta une chanson sur les livres perdus dans les nuages. Lucien oubliait son bonnet ; le robot fit tourner une écharpe en l'air comme un lasso.
Bientôt, tout le village demanda son propre Mémorisateur de Gaston. Mais chaque robot avait sa petite surprise : certains lançaient des blagues sur les légumes, d'autres distribuaient des bisous mécaniques, d'autres encore dansaient la valse des parapluies oubliés.
Gaston souriait à pleines dents. Son atelier était devenu un vrai carnaval d'inventions farfelues, de rires et d'amis heureux.
Et quand on lui demandait son secret pour ne rien oublier, Gaston répondait toujours en tapotant son front : « Un peu d'imagination, beaucoup d'essais, et surtout… n'oubliez jamais de vous amuser ! »
Biscotte concluait en miaulant : « Et si tu oublies, on inventera encore mieux la prochaine fois ! »
Le soleil se couchait sur la maison du professeur, mais jamais sur ses idées. Dans l'atelier, entre deux pots de colle et une boîte à tartines, la créativité ne s'arrêtait jamais… et les rires non plus.