Ce matin, Léo se réveille. Léo a trois ans. Il aime les crayons, la pâte à modeler et le yaourt à la fraise. Dans la cuisine, Maman sourit. Papa verse du jus d'orange. Le chat, Nuage, ronronne doucement. La maison est tranquille. Léo a les yeux encore un peu collés. Il frotte ses joues. Il rit. Aujourd'hui, il veut peindre un grand soleil.
Après le petit-déjeuner, Maman installe une nappe sur la table. Elle met des feuilles blanches, de la peinture et un petit pot d'eau. Léo met son tablier bleu. Il tape des mains. « Je fais un soleil, et des fleurs, et un gros nuage doux comme Nuage ! » dit-il. Maman répond doucement : « D'accord. Prends ton temps. Je suis là. » Léo trempe son pinceau. Il fait un rond jaune. Il ajoute des rayons. Il veut plus d'eau. Sa main pousse le pot. Ploc. L'eau coule. Le sol devient tout mouillé.
Léo ouvre de grands yeux. Son ventre fait « ouf ». Il entend les pas de Maman. Son cœur bat vite. Il a envie de dire autre chose. Sa bouche dit très vite : « Ce n'est pas moi. C'est… le vent. » Maman s'arrête. Elle regarde le sol, puis le visage de Léo. Sa voix reste douce. « Je vois de l'eau, et je vois que tu es inquiet. Tu peux respirer. » Maman s'accroupit. « Si tu as besoin d'un petit temps pour réfléchir, tu peux me le dire. » Léo la regarde. Ses épaules se détendent un peu. « Je veux un petit temps pour réfléchir », chuchote-t-il.
Maman hoche la tête. « Très bien. On s'assoit. On respire. » Léo s'assoit sur le petit tabouret. Il met sa main sur son ventre. Il inspire. Il expire. Nuage vient frotter sa tête contre sa jambe. Léo ferme les yeux. Il pense à son soleil. Il pense au pot d'eau. Il sait ce qui s'est passé. Son corps devient plus calme. « Je suis prêt », dit-il. Il se redresse. « J'ai renversé l'eau. Je ne voulais pas. J'ai eu peur. » Maman sourit avec ses yeux. « Merci de me le dire. Quand on dit la vérité, on peut réparer. On nettoie ensemble ? » Léo dit : « Oui. » Ils prennent un chiffon. Ils essuient doucement. Léo tamponne les petites flaques. Il est appliqué. « C'est propre », dit-il.
Maman déplace le pot plus loin de la feuille. « On va continuer, mais avec le pot ici, d'accord ? » Léo hoche la tête. « D'accord. » Il reprend son pinceau. Il peint des fleurs rouges. Il rit. « Regarde, Maman, une fleur qui sourit ! » Maman rit aussi. « Elle est très jolie. Et toi, tu es très courageux. » Léo sent de la chaleur dans son cœur. Il aime ce mot. Courageux.
Après la sieste, ils vont au parc. Le soleil brille. Les feuilles bougent. « C'est le vent », dit Léo en riant. Il se souvient. Il court vers le toboggan. Son amie Mila arrive avec une petite voiture bleue. « Je peux la voir ? » demande Léo. Mila dit : « Oui, mais je veux jouer aussi. » Léo prend la voiture. Il la fait rouler. « Vroum ! » Mila veut la récupérer, puis elle se distrait avec le seau de sable. Quand elle revient, la voiture est sous le banc. Léo l'a cachée sans y penser, pour la garder un peu. Mila regarde autour. « Où est ma voiture ? » Léo sent son ventre serré. Il veut dire : « Je ne sais pas. » Sa bouche s'ouvre. Il se rappelle Maman. Il dit : « Mila, j'ai besoin d'un petit temps pour réfléchir. » Mila cligne des yeux. « D'accord », dit-elle.
Léo met sa main sur son ventre. Il inspire. Il expire. Il pense à la voiture bleue sous le banc. Il se tourne vers Mila. « La voiture est là. Je l'ai mise sous le banc. Je voulais encore jouer. » Mila le regarde. Son visage se détend. « Merci, Léo. Tu peux me le dire. On peut jouer ensemble. » Léo sourit. « On partage ? » Mila dit : « Oui. On fait une course. » Ils posent la voiture au milieu. Un peu pour Léo, un peu pour Mila. Ils rient. Le vent fait bouger les cheveux de Mila. Le ciel est grand et doux.
Le soir, la maison est calme. Dans le bain, l'eau fait glou-glou. Léo fait flotter un petit canard. « Coin-coin », dit-il. Papa arrive avec une serviette chaude. « Alors, ta journée ? » Léo raconte. Il parle de l'eau, du petit temps pour réfléchir, de Mila, de la voiture bleue. Papa écoute. « Tu as pris le temps de penser, et tu as dit la vérité. Je suis fier de toi. » Léo sourit. « C'était difficile. Après, c'était plus léger dans mon ventre. » Papa caresse ses cheveux. « Oui. Quand on dit la vérité, le ventre se calme. Et on apprend aussi à écouter les autres. »
Dans le lit, Maman et Papa bordent la couette. Nuage s'enroule au bout. La chambre sent le savon et la vanille. Léo baille. « Demain, je peux encore demander un petit temps pour réfléchir ? » murmure-t-il. « Bien sûr », dit Maman. « Tu peux toujours. » Papa ajoute : « Et nous t'écouterons. » Léo ferme les yeux. Il inspire. Il expire. Son cœur est tranquille. Il pense à son soleil, à Mila qui partage, et au petit temps qui aide à grandir. Tout est doux. Tout va bien.