Chapitre 1 : Un colis pas comme les autres
Lundi matin, Zoé, onze ans, se leva d'un bond, prête à affronter une nouvelle semaine d'école. Elle attrapa son bol de céréales, grignota en vitesse et s'apprêta à filer dehors quand la sonnette retentit. Sa mère, déjà les bras chargés de linge, cria depuis le couloir :
— Zoé, tu pourrais ouvrir ? Je suis coincée avec la montagne de pyjamas de ton frère !
Zoé trottina jusqu'à la porte. Un facteur moustachu lui tendit un gros paquet enveloppé dans du papier rose fluo avec des licornes qui dansaient la Macarena.
— Pour Zoé Laplume ? demanda-t-il en souriant.
— C'est moi, répondit-elle, intriguée.
Elle traîna le colis jusqu'à sa chambre, le cœur battant. Une étiquette était collée dessus : « Super-Héros en herbe : Costume spécial offert ! » Zoé fronça les sourcils. Depuis le jour où elle avait découvert ses pouvoirs, elle rêvait d'avoir un costume digne de ce nom. Jusqu'ici, son costume de super-héroïne se résumait à une vieille cape de bain et des lunettes de piscine.
Elle ouvrit la boîte d'un geste énergique. Et là… elle resta bouche bée.
Un costume bleu et jaune avec des pois verts, une cape à paillettes arc-en-ciel et, clou du spectacle, un masque en forme de banane ! Zoé éclata de rire.
— Mais c'est quoi ce truc ? Je vais ressembler à une super-bouffonne, marmonna-t-elle.
Pourtant, en enfilant l'ensemble, elle sentit une énergie étrange parcourir ses bras. Elle se regarda dans le miroir. C'était si ridicule qu'elle en pleura de rire.
Son chat, Biscotte, se roula par terre, hilare (enfin, autant qu'un chat puisse l'être) en la voyant.
— T'inquiète, Biscotte. Un super-héros, c'est pas le costume qui fait la différence. C'est les pouvoirs, non ? Enfin, j'espère…
Chapitre 2 : Les premiers ennuis
En sortant dans la rue, Zoé sentit tous les regards braqués sur elle. Les enfants de son école, d'habitude indifférents, chuchotaient.
— Tu as vu, c'est Zoé, la nouvelle super-héroïne… ou la mascotte du cirque ?
Zoé haussa les épaules. Elle se rappela ses pouvoirs : elle pouvait sauter très haut et faire rire n'importe qui en prononçant des blagues imbattables. Pratique pour faire diversion pendant un cambriolage… ou pour semer la pagaille à la cantine.
Dans la cour de récré, son amie Nora s'approcha, les yeux écarquillés.
— C'est quoi ce look, Zoé ? On dirait un pot de confiture qui a explosé sur toi !
— C'est mon nouveau costume… offert par les super-héros internationaux. Tu sais comme ils sont parfois bizarres.
Nora éclata de rire.
— Tu comptes sauver le monde ou animer un goûter d'anniversaire ?
Zoé haussa un sourcil malicieux.
— Pourquoi pas les deux ?
Soudain, une alarme retentit à la boulangerie d'en face. Une bande de pigeons s'était introduite par la fenêtre, s'attaquant aux croissants. Zoé bondit sur ses pieds.
— L'heure des super-héroïnes a sonné ! Tiens-moi mon sac, Nora.
Elle courut, sa cape flottant derrière elle comme une traînée d'étoiles, et entra bravement dans la boulangerie. Les pigeons, surpris, s'arrêtèrent net.
— Eh, bande de voleurs à plumes ! Laissez les croissants et sortez d'ici, sinon je vous raconte la blague du mille-feuille farceur !
Les pigeons, intrigués, firent un pas en arrière.
— Pourquoi le mille-feuille n'a-t-il jamais d'amis ? Parce qu'il est trop feuilleté !
Un silence gênant suivit. Puis, tous les oiseaux éclatèrent de rire, se tordant sur les sacs de farine. Zoé saisit l'occasion pour ouvrir la porte. Les pigeons, encore secoués de fous rires, s'envolèrent. Le boulanger, hébété et couvert de plumes, lui tendit un pain au chocolat en remerciement.
— Merci, euh… Super-Banane ?
Zoé rougit. Bon, il fallait assumer le costume jusqu'au bout.
Chapitre 3 : Un mercredi complètement loufoque
Le mercredi, Zoé devait jongler entre ses cours de flûte, son devoir de maths et… ses missions de super-héroïne. Mais avec un costume pareil, la discrétion n'était pas au rendez-vous.
Ce matin-là, alors qu'elle aidait sa mère à faire des crêpes, la radio annonça un événement étrange : une invasion de chatons dans la bibliothèque municipale. Les employés n'arrivaient plus à remettre la main sur les livres, car les chatons s'étaient installés entre les pages pour faire la sieste.
Zoé sauta dans son costume (en manquant de s'étouffer avec la cape) et fila à la bibliothèque. À l'intérieur, c'était la pagaille : des miaulements dans tous les coins, des chatons qui grimpaient sur les rayonnages, et la bibliothécaire qui essayait de les amadouer avec des marque-pages.
— Besoin d'une super-héroïne ? proposa Zoé.
La bibliothécaire, un peu dépassée, hocha la tête.
Zoé réfléchit. Pour attirer les chatons, il fallait une idée brillante… ou complètement farfelue. Elle utilisa son super-pouvoir : la blague irrésistible.
— Savez-vous pourquoi le chat lit toujours le même livre ? Parce qu'il adore les histoires à dormir debout !
Tous les chatons se réveillèrent, intrigués. Ils sautèrent sur ses genoux, miaulant de bonheur. Zoé les guida jusqu'à la sortie, en les faisant rigoler avec des blagues inventées rien que pour eux. La bibliothécaire, soulagée, glissa un marque-page en forme de banane dans la poche de Zoé.
— Pour la meilleure super-héroïne de la ville !
Zoé sourit, fière d'avoir sauvé la journée… et les livres.
Chapitre 4 : Les devoirs du soir et les super-pouvoirs
De retour chez elle, Zoé se retrouva face à un autre défi : ses devoirs de maths. Elle s'installa à son bureau, toujours habillée de son costume bariolé. Son frère, Léo, entra en pouffant.
— T'as fait exprès de t'habiller comme ça ou c'est pour me faire honte devant mes copains ?
Zoé fit la grimace.
— C'est ma tenue officielle de super-héroïne, figure-toi ! Mais je dois avouer que ce n'est pas très pratique pour faire des divisions.
Léo s'approcha, curieux.
— Et tes pouvoirs, ils servent à quoi ici ? T'as une blague pour faire disparaître les fractions ?
Zoé sourit, malicieuse.
— Attends voir… Pourquoi la fraction est toujours triste ? Parce qu'elle se sent divisée !
Léo éclata de rire, et la maman de Zoé passa la tête dans l'entrebâillement de la porte.
— J'entends des rires… Vous travaillez ou vous préparez un spectacle ?
Zoé leva les bras, théâtrale.
— Les deux, maman ! Avec moi, c'est maths et humour garanti !
En terminant ses devoirs, Zoé repensa à sa vie de super-héroïne. Jongler entre les missions bizarres et la routine, ce n'était pas toujours facile. Mais au fond, elle adorait apporter un peu de rire partout où elle allait, même si son costume la faisait ressembler à une banane géante.
Chapitre 5 : Le grand défi du vendredi
Le vendredi, toute la ville se préparait pour le concours annuel des talents. Zoé voulait y participer, mais elle hésitait. Et si tout le monde se moquait de son costume ? Et si ses blagues tombaient à plat ?
Mais elle se rappela les pigeons de la boulangerie, les chatons de la bibliothèque et son frère qui riait malgré les maths.
— Je vais le faire, décida-t-elle.
Sur la scène, Zoé se présenta sous le nom de « Super-Banane ». Le public éclata de rire dès qu'elle apparut, sa cape flottant derrière elle comme une traînée de confettis.
— Bonsoir à tous ! Je suis Super-Banane, la seule super-héroïne capable de sauver le monde… et de faire rire votre grand-mère !
Elle raconta ses aventures, imita les pigeons voleurs de croissants, les chatons lecteurs, et fit même participer le maire à une blague sur les chaussettes à pois.
Le public riait aux éclats. Zoé se sentit pousser des ailes (enfin, presque : sa cape s'était coincée dans une chaise).
À la fin, tout le monde se leva pour applaudir. Zoé fit une révérence, fière d'avoir transformé ses mésaventures en spectacle.
Chapitre 6 : La double vie de Super-Banane
Le samedi matin, Zoé se réveilla avec un sourire. Sa photo en costume trônait à la Une du journal local : « La super-héroïne qui fait rire la ville ! »
À la boulangerie, le boulanger lui offrit deux pains au chocolat.
— Pour Super-Banane, la sauveuse des croissants !
À la bibliothèque, la bibliothécaire lui montra une affiche : « Interdiction aux chatons… sauf s'ils viennent écouter les blagues de Zoé ! »
Même son frère Léo était fier.
— Finalement, ta cape à paillettes, c'est la classe, admit-il. Tu m'apprends une blague ?
Zoé lui souffla à l'oreille :
— Pourquoi les super-héros ne portent jamais de chaussettes trouées ? Parce qu'ils ont peur de révéler leur point faible !
Léo éclata de rire, et Zoé se sentit pousser des ailes. Elle comprit que ce n'était pas le costume qui comptait, mais la façon dont on l'utilisait.
Depuis ce jour, Zoé continua de jongler entre ses missions délirantes et sa vie de tous les jours, prête à affronter les défis les plus farfelus avec humour et créativité. Car après tout, être une super-héroïne, ce n'était pas seulement sauver le monde… c'était aussi le faire sourire, un éclat de rire après l'autre.