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Histoire d'Halloween 9 à 10 ans Lecture 13 min. (2)

Les graines de lumière

Trois amies, Léa, Maëlle et Inès, partent à la recherche du maître des lanternes pour exprimer leur gratitude, mais elles découvrent que la nuit recèle des mystères et des défis inattendus qui mettront leur courage à l'épreuve. Au fil de leur aventure, elles apprennent l'importance de créer et de dire merci de manière authentique.

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Trois personnages sont présents : Léa, une fille de 10 ans aux longs cheveux bruns, portant une écharpe orange et un manteau bleu, émerveillée par les lanternes ; Maëlle, également âgée de 10 ans, avec des cheveux courts et bouclés, portant un chapeau de sorcière noir et tenant une lampe en papier, souriant en dessinant des étoiles ; et Inès, avec des cheveux blonds en queue de cheval, vêtue d'un pull vert et tenant un sac de bonbons, prête à partager. L'action se déroule dans un parc mystérieux sous un ciel étoilé, où des lanternes en papier flottent, illuminant les visages des enfants, entourés d'arbres aux feuilles dorées et d'une petite table en bois avec une boîte à musique. Les filles se tiennent par la main, émerveillées par les lanternes scintillantes, sous le regard bienveillant d'une silhouette mystérieuse, le maître des lanternes. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 — La nuit des lanternes

La rue sentait la fumée douce des bonfires et la compote de pommes. Des citrouilles souriaient sur les perrons. Trois filles se faufilaient entre les ombres. Elles avaient presque dix ans. Léa, la rêveuse, tirait sur son écharpe orange. Maëlle, qui aimait dessiner des cartes, tenait une petite lampe en papier. Inès, qui savait grimper aux arbres, tenait un sac de bonbons qui grinçait comme un petit coffre.

Elles se dirigeaient vers le coin étoiles. C'était un recoin du parc où, chaque Halloween, des dizaines de petites lanternes en forme d'étoiles semblaient flotter. On disait que ce coin gardait les remerciements oubliés. Léa avait décidé de venir pour une raison précise. Elle voulait dire merci. Pas un merci vite fait. Un vrai merci, sorti du ventre. À qui ? À la personne qui, l'été dernier, lui avait appris à faire des lanternes et qui l'avait aidée à trouver son rêve couleur de ciel.

La nuit était douce mais pleine d'un mystère chatouillant. Les filles avançaient en file indienne. Elles chuchotaient des rimes inventées. Elles écoutaient le bruit de leurs pas sur les feuilles. La lune n'était pas entière. Elle avait une morsure argentée. Des étoiles, plus brillantes que d'habitude, semblaient se pencher pour écouter.

Le parc sentait la terre humide. Les branches frottaient le ciel avec un petit bruit de crayon. Les lanternes en papier faisaient des ombres qui dessinaient des histoires au sol. Léa avait dans la poche un petit mot. Un mot jaune. « Merci. » Elle l'avait écrit la veille, avec un crayon tremblant et un cœur en guise de point. Elle voulait remettre ce mot. Elle voulait que le maître des lanternes le lise.

Elles ne savaient pas encore que la nuit allait leur demander du courage. Elles ne savaient pas encore que le coin étoiles cachait un maître qui ne parlait pas comme les autres. Elles ne savaient pas non plus que le bruit d'un seul pas pouvait changer tout un chemin.

Chapitre 2 — Le maître des lampes

Le coin étoiles était plus petit que dans les histoires. Il était comme une poche cousue entre deux vieux tilleuls. Les lanternes y pendaient à la façon d'un mobile géant. Certaines vibraient doucement. D'autres soufflaient des poussières d'or quand on passait la main. À l'intérieur, une petite table en bois tenait une boîte à musique qui jouait un air qui n'existait que là.

Le maître des lampes était là. Il n'était pas vieux comme un chêne. Il avait des cheveux qui semblaient faits de fil d'argent. Son manteau brillait d'une lueur qui ressemblait à du papier de bonbon. Il souriait avec des yeux qui avaient l'air d'avoir vu mille nuits. Les filles l'aperçurent en même temps. Elles arrêtèrent de respirer pendant une seconde. Puis Maëlle fit un pas en avant.

« Bonsoir, mes petites étoiles, » dit le maître d'une voix comme un chat qui feuillette un livre. « Qui vient demander pardon, qui vient dire merci, qui vient prendre une bougie ? »

Léa sentit son cœur battre comme un tambour. Son mot jaune brûlait doucement dans sa poche. Elle avait appris, cet été, à plier les papiers, à choisir les fils, à souffler sur la flamme sans la toucher. Le maître avait été son professeur. Il avait montré comment écouter la flamme. Comment lui demander de rester. Comment transformer un morceau de papier en lumière.

Le maître tendit la main. Dans sa paume, trois graines brillantes comme des étoiles. Il expliqua d'un air mystérieux : « Ces graines poussent seulement si on les plante avec un vrai merci. Chacune demande une histoire. Trois histoires. Trois gestes. Si vous en prenez une, vous devrez offrir une lumière qui vient du cœur. »

Les filles se regardèrent. Elles acceptèrent. Elles prirent les graines. Elles sentaient une chaleur minuscule. Elles posèrent la boîte dans leur sac comme une poudre d'aventure. Le maître posa une main sur l'épaule de Léa. Son regard s'attarda un peu plus sur la rêveuse. Il lui dit : « La gratitude se nourrit d'imagination. Sois créative, Léa. Tu sauras comment dire merci. »

Les filles commencèrent à tresser des idées. Elles dessinèrent des cartes de constellation avec des bouts de papier. Elles voulurent chanter. Elles voulurent faire voler des bougies. Le maître sourit et rentra dans l'ombre pour allumer d'autres lanternes. Tout paraissait simple. Tout paraissait prêt pour que les graines prennent racine.

Alors que les filles s'apprêtaient à partir, un bruit retentit. Un bruit étrange. Un pas, puis un autre. Un claquement de bottes sur le sol humide. Le geste de la nuit changea. Le papier sur la table frissonna. Les lanternes se balancèrent plus fort. Les filles se figèrent.

Chapitre 3 — Le bruit des pas

Le bruit des pas s'amplifia. Il semblait venir de derrière le tilleul. Il avançait en cadence, comme si quelqu'un frappait un tambour personnel. Les filles collèrent leurs dos au bois d'un banc. Leurs respirations devenaient des petits souffles. La lueur des lanternes faisait danser des peintures sur leurs visages. Tout était à la fois joli et un peu effrayant.

« C'est peut-être un renard, » murmura Inès, mais sa voix tremblait. « Ou une vieille sorcière, » ajouta Maëlle, qui aimait inventer des personnages. Léa sentit ses mains devenir moites. Son mot jaune battait contre sa paume. Elle pensa à toutes les fois où elle avait rêvé de dire merci et puis s'était perdue dans ses peurs.

Le pas se rapprocha encore. Alors le maître sortit de l'ombre. Mais il ne vint pas seul. Derrière lui, une silhouette grande et voilée se découpait. C'était un chuchoteur de feuilles. On aurait dit un manteau fait de nuit. Il marchait sans bruit et puis ses pas résonnèrent comme des tambours. Les filles eurent l'idée que c'était peut-être un garde obscure venu voler les lanternes.

Le maître leva les mains. Sa voix devint plus grave. « Ne bougez pas. Écoutez. »

Le pas s'arrêta juste devant elles. Un léger grésillement. Une main posa une petite boîte sur la table. Puis une voix, profonde et chaude, dit : « J'apporte des pas pour garder les chemins. J'apporte des pas pour compter les mémoires. » La voix ne faisait pas peur. Elle sonnait comme du bois sec qui explose en rigolant.

Léa sentit une force nouvelle. Elle pensa à son mot jaune, à la douceur de la main du maître, à l'été où elle avait appris à plier une étoile qui avait tenu deux nuits sous la pluie. Elle décida. Elle se leva. Ses jambes étaient comme des tuyaux en caramel, mais elles obéirent. Elle sortit le mot de sa poche. Sa voix était petite, mais claire. « Merci, » dit-elle. « Merci d'avoir montré les lanternes. Merci d'avoir donné des idées. Merci d'avoir partagé la nuit. »

Le pas se fit silencieux. La silhouette ôta son voile. C'était une femme aux cheveux argentés, mais pas vieux-old. Elle avait des yeux qui brillaient comme deux petits phares. Les filles la regardèrent. Elle tenait une pile de feuilles en forme de petites bottes. « On appelle cela le Compteur de Pas, » expliqua le maître doucement. « Il garde l'histoire des cheminements. Il aime écouter quand on dit merci. »

La femme sourit. « Un merci ressemble à un pas qui s'arrête. Il fait une pause. Il respire. Et ensuite, il repart plus léger. » Elle prit le mot jaune. Elle le lut lentement. Puis elle posa une graine de lumière sur le papier. La graine devint une étincelle. Les lanternes autour d'elles jetèrent un halo plus chaud.

Léa ne comprenait pas tout. Mais elle sentait une chaleur dans la poitrine. Elle sut que son mot avait voyagé. Que son merci avait pris forme. Les filles souriaient. Les peurs fondaient comme sucre dans une tasse de thé chaud.

Chapitre 4 — La lumière du courage

Les graines plantées s'éveillèrent. Elles n'étaient pas des plantes comme on en trouve dans un jardin. Elles grandirent en petites constellations de papier. Des étoiles miniatures éclorent et virent autour du cou des filles comme des médailles. Elles chantaient en secret, un petit bourdonnement qui disait « merci » en plusieurs langues.

Le maître expliqua : « Vous avez offert un vrai merci. Il a besoin d'un geste. Vous avez été créatives. Vous avez utilisé vos mains, vos idées, vos histoires. Vous avez été courageuses aussi. » Il se tourna vers Léa. « Toi, Léa la rêveuse, tu as fait le pas. Ton courage a été remarqué. »

Les filles regardèrent autour. Des silhouettes du village sortaient du noir. Des voisins, des enfants, même des chiens qui aboyaient en rythme. Ils avaient entendu. Ils applaudirent doucement, comme on frappe du doigt sur une table. Personne n'était venu pour se moquer. Tout le monde regardait avec admiration. Maëlle frotta ses yeux. Inès caressa sa nouvelle étoile. Léa sentit ses joues rougir.

« On devrait planter d'autres graines, » dit Inès. « Et dire merci à d'autres. » Maëlle hocha la tête. Elles prirent des bouts de papier, des fils, des rubans. Elles firent des étoiles plus petites, des étoiles avec des dessins, des étoiles avec des mots. Elles offrirent leurs créations à ceux qui passaient. Elles inventèrent des histoires pour chaque lanterne.

La nuit devint une ronde de murmures et de petits rires. Les lanternes brillaient comme une pluie d'étincelles. Les enfants écoutaient les histoires inventées par Maëlle. Les adultes souriaient aux idées débordantes d'Inès. Et tout le monde se souvenait de la manière dont Léa avait marché malgré la peur.

Le maître déposa un doigt sur un livre ancien posé sur sa table. « Le vrai cadeau d'Halloween, » dit-il, « n'est pas la peur sans fin. C'est d'oser créer malgré elle. C'est de dire merci quand le cœur est plein. Et de laisser le monde un peu plus lumineux. »

Avant de partir, les filles prirent un moment. Elles regardèrent la lune entamée. Elles mirent leurs étoiles autour de leur cou. Elles firent un dernier nœud, un dernier souffle. Léa glissa sa main dans la sienne. Elle sentit la petite étoile battre comme un papillon. Elle se pencha vers le maître et dit une fois encore, plus fort : « Merci. »

Le maître inclina la tête et, pour la première fois de la soirée, rit. C'était un rire chaud, qui ressemblait à une couverture déposée sur son épaule. Alors, comme une cloche qui sonne en même temps, les habitants du village levèrent la tête et applaudirent. Le geste ne fut pas grand, mais il fit trembler le silence. Ils avaient vu. Ils avaient remarqué.

Les filles repartirent vers la rue qui sentait la compote. Elles avaient des étoiles aux cous, des graines dans le sac, et un courage qui ne se voyait pas mais qui se sentait. Elles parlaient de la prochaine nuit. Elles parlaient de nouvelles idées. Elles savaient maintenant que la création pouvait être une façon de dire merci.

Sur le chemin, un bruit léger de pas résonna. Ce n'était pas un bruit menaçant. C'était comme une réponse : des pas qui applaudissaient la route. Les filles sourirent. Elles avaient osé. Leur courage avait été remarqué. Et la nuit, qui n'était plus tout à fait la même, leur fit un clin d'œil étoilé.

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Mémoires
Souvenirs ou histoires que l'on garde en tête.
éclorent
Verbe qui signifie naître ou apparaître, souvent utilisé pour parler de la naissance des plantes.
Constellation
Groupe d'étoiles qui forme une figure dans le ciel.
Chuchoteur
Personne qui parle doucement, comme un murmure.
Tambour
Instrument de musique fait de peau tendue sur un cadre qui produit des sons en étant frappé.

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