Chapitre 1 : La lumière s'éteint
Louis, Sami, Hugo et Mathieu sont quatre copains qui habitent dans la même rue. Ils ont tous presque six ans et aiment beaucoup jouer ensemble. Un soir, après une journée pleine de rires, ils se retrouvent chez Louis pour une soirée pyjama. Ils sont contents, ils sautent sur les coussins et rigolent fort.
Quand la nuit tombe, les couleurs changent dans la maison. Le salon devient violet, la cuisine est orange sous la petite lampe, et la chambre de Louis, elle, devient douce et bleue. Mais quand sa maman, Madame Lise, vient dire : « Il est l'heure de dormir, les garçons ! », Louis sent son cœur battre un peu plus vite.
Louis n'aime pas le noir. Il aimerait que la lumière reste allumée toute la nuit. Mais il ne dit rien, il a un peu honte. Peut-être que ses amis aussi ont peur ? Il regarde Sami, Hugo et Mathieu. Sami sourit, Hugo parle doucement à son doudou, et Mathieu, lui, vérifie que sa petite lampe veilleuse fonctionne bien. Mathieu a un fauteuil roulant, il est très gentil et aime les histoires du soir.
Madame Lise leur dit :
— Les garçons, ce soir, je vais vous raconter une histoire avant d'éteindre la lumière. Ça vous dit ?
— Oui ! s'écrient-ils en chœur.
Elle s'assoit près d'eux, prend un livre, et commence à lire. Sa voix est douce, comme un nuage qui caresse. Louis ferme les yeux un instant. Il se sent bien. Mais il pense déjà au moment où la lumière va s'éteindre.
Quand l'histoire se termine, Madame Lise embrasse chacun sur le front. Elle laisse la petite veilleuse de Mathieu près du lit.
— Bonne nuit les garçons !
La porte se referme doucement. La lumière est faible, mais le noir est là, tout autour.
Chapitre 2 : Le noir fait peur
Dans la chambre, tout est calme. Mais Louis n'arrive pas à fermer les yeux. Les ombres dansent sur le mur, les meubles semblent un peu différents. Son fauteuil ressemble à un grand animal, son pull accroché paraît bouger tout seul. Louis se cache sous la couette.
Sami chuchote :
— T'as vu, Louis, la forme bizarre sur le mur ?
— Oui, répond Louis tout bas, j'ai un peu peur…
Hugo serre son doudou contre lui.
— Moi aussi, j'aime pas trop quand il fait noir.
Mathieu, lui, touche sa veilleuse.
— Moi, je regarde la lumière de ma veilleuse. Elle brille, elle me rassure.
Les garçons restent silencieux quelques secondes. Le vent souffle doucement dehors. On entend même un hibou qui hulule au loin.
Louis demande à ses amis :
— Comment on fait pour ne plus avoir peur du noir ?
Mathieu réfléchit.
— Moi, je ferme les yeux et j'imagine des choses jolies. Des arcs-en-ciel, des bateaux, des nuages en forme de lapin. Et puis, je respire doucement.
Hugo dit :
— Ma maman me dit de compter les moutons, ou de penser à quelque chose qui me rend heureux.
Sami ajoute :
— Ma mamie m'a appris à me frotter doucement les bras, comme une caresse, et à me dire : “Tout va bien, le noir ne peut pas me faire de mal.”
Louis écoute les conseils de ses amis. Il essaie de respirer doucement, comme Mathieu. Il sent l'air entrer, puis sortir, tout lentement. Il se répète : « Tout va bien, le noir ne peut pas me faire de mal. » Il s'imagine un arc-en-ciel au-dessus de son lit.
Chapitre 3 : Des idées pour être rassuré
Sami a une idée.
— Et si on se racontait chacun une chose drôle ou gentille avant de dormir ? Comme ça, nos têtes seront remplies de pensées joyeuses !
— Oui ! Moi je commence, dit Hugo. Il serre fort son doudou lapin. Aujourd'hui, ma petite sœur m'a fait un câlin avec ses bras tout petits. J'ai rigolé parce qu'elle est toute douce !
— Moi, dit Mathieu, j'ai vu un papillon jaune se poser sur ma roue quand je suis rentré de l'école. Il est resté longtemps, c'était beau.
Sami sourit :
— J'ai vu un chat qui essayait d'attraper sa queue. Il tournait, tournait, et il est tombé ! Il a fait “plouf” sur le tapis !
Louis réfléchit, puis dit timidement :
— Moi, j'aime quand papa me prend dans ses bras le soir, il sent bon comme la lavande.
Les garçons rient doucement. Le noir autour d'eux semble moins grand, moins effrayant. La veilleuse de Mathieu brille comme une petite étoile.
Madame Lise frappe doucement à la porte.
— Vous allez bien, les garçons ?
— Oui, répondent-ils.
— Si vous voulez, je peux vous laisser la porte un peu ouverte, propose-t-elle. La lumière du couloir est douce et rassurante.
Louis se sent mieux. Il dit à sa maman :
— Oui, s'il te plaît, laisse la porte entrouverte.
Madame Lise laisse la porte entrouverte. Un fin rayon de lumière glisse sur le tapis. Les garçons se sentent entourés de douceur.
Chapitre 4 : Chacun sa technique, ensemble c'est mieux
Cette nuit-là, chaque garçon utilise sa technique pour se sentir en sécurité. Hugo serre son doudou, Sami frotte doucement ses bras, Mathieu regarde sa veilleuse, et Louis respire lentement en pensant à l'arc-en-ciel.
Louis regarde ses amis. Il comprend qu'il n'est pas seul à avoir peur du noir. Même les grands, parfois, ont un peu peur. Mais ensemble, c'est plus facile.
Il ferme les yeux. Il sent la chaleur de ses amis près de lui, il entend la respiration calme de tout le monde. Il se répète dans sa tête : « Tout va bien, je suis en sécurité, le noir ne peut pas me faire de mal. »
Un silence doux remplit la chambre. Louis pense à la belle histoire que sa maman a racontée, au papillon jaune de Mathieu, au chat de Sami, au câlin de la petite sœur de Hugo, à la lavande sur le pyjama de papa. Toutes ces images dansent dans sa tête.
Bientôt, tous les garçons dorment bien. Le noir est toujours là, mais il n'est plus si terrible. Il ressemble à une couverture douce, pleine de rêves colorés.
Au petit matin, le soleil pointe déjà. La chambre se remplit de lumière dorée. Louis se réveille en souriant.
— J'ai dormi toute la nuit !
Ses amis se réveillent aussi, heureux et fiers.
Madame Lise arrive et dit :
— Bravo les garçons ! Vous avez été très courageux.
Louis comprend maintenant que le noir n'est qu'un moment, une pause, avant la lumière. Il sait qu'il peut être fort, qu'il peut respirer doucement, penser à de belles choses, et qu'il n'est jamais seul. Les câlins, les amis, une veilleuse ou une porte entrouverte, tout cela aide à se sentir bien.
Et la prochaine fois que le noir viendra, Louis saura quoi faire. Parce qu'il a appris que la nuit, c'est aussi plein de douceur, d'amitié et de rêves merveilleux.