Chapitre 1 : Lundi, le lapin courageux
Dans un village paisible, entre champs de carottes et bouquets de marguerites, vivait un petit lapin nommé Lundi. Lundi n'était pas un lapin comme les autres : il portait toujours un foulard bleu autour du cou, et il avait un rire qui faisait sursauter les papillons. Mais surtout, Lundi était asthmatique. Chaque fois qu'il courait un peu trop vite ou qu'il éternuait sur une fleur trop parfumée, une crise de respiration venait lui chatouiller la poitrine.
Un matin ensoleillé, alors que Lundi grignotait sa tartine de feuilles de pissenlit, il déclara à sa famille :
— Aujourd'hui, je pars à la recherche du Grand Remède !
Maman Lapin, qui préparait la soupe, hocha la tête avec tendresse.
— D'accord Lundi, mais prends ton inhalateur et ton foulard. Et n'oublie pas : le courage, c'est d'avancer même quand on a un peu peur.
Lundi attrapa alors son sac à dos, y mit une gourde, une carotte, et son doudou hérisson (qui avait une drôle de voix grave quand on lui appuyait sur le ventre). Puis il sortit, tout guilleret, en saluant la voisine Tortue.
— Où vas-tu, Lundi ?
— Je veux trouver un remède pour mieux respirer. Comme ça, je pourrai courir plus vite que la lumière, et même plus vite que Georges la grenouille !
La tortue ricana doucement :
— Ah, mais personne ne va plus vite que Georges, sauf peut-être une pluie de feuilles !
Chapitre 2 : Le club des amis solidaires
En chemin, Lundi rencontra ses amis : Marguerite la souris, Polo le hérisson (le vrai, pas le doudou), et Georges la grenouille justement, qui sautait dans une flaque d'eau en faisant de gros ploufs.
— Est-ce que ça sent la grande aventure ? s'écria Georges en essorant ses pattes.
— Oui ! répondit Lundi. Je cherche un remède pour mon asthme, et je veux apprendre comment aider ceux qui sont comme moi.
Marguerite applaudit avec ses petites pattes :
— Et si on t'aide ? On peut créer un club : Le club des amis solidaires !
Polo sauta de joie, ce qui fit tomber deux pommes de pin sur sa tête.
— Avec des gâteaux à la carotte à chaque réunion, proposa-t-il, en se frottant la tête.
— Et un déguisement rigolo pour l'entrée, ajouta Georges, qui avait déjà mis une feuille sur son œil pour ressembler à un pirate.
Les amis commencèrent alors leur périple. Ils allèrent à la pharmacie du village, où madame Hibou, la pharmacienne, expliqua à Lundi comment utiliser son inhalateur et pourquoi il était important de se reposer après une crise.
— Savoir demander de l'aide, c'est très courageux, dit-elle, et partager tes expériences aidera d'autres lapins comme toi.
Lundi, tout fier, nota les conseils dans son carnet magique (qui, en réalité, était une vieille feuille de chêne écrite au crayon).
Chapitre 3 : L'aventure du grand pique-nique
Un samedi, le maire Canard organisa un grand pique-nique pour sensibiliser tout le village aux problèmes de santé des petits animaux. Le club des amis solidaires préparait des affiches colorées et des gâteaux. Lundi expliquait à tout le monde :
— Moi, parfois, je respire moins bien. Mais avec mon inhalateur, je peux continuer à jouer ! Si vous voyez quelqu'un qui a du mal à respirer, il faut l'aider à s'asseoir, lui parler doucement et prévenir un adulte.
Lors du pique-nique, Lundi raconta son histoire devant tous les animaux. Même le vieux blaireau, qu'on disait aussi patient qu'un caillou, avait les yeux mouillés d'émotion. Marguerite, Polo et Georges distribuèrent des badges en forme de cœur, avec écrit : « Ensemble, on est plus forts ! »
Le maire Canard lança alors :
— Grâce à Lundi et à ses amis, chacun de nous sait maintenant comment aider et soutenir ceux qui vivent avec une maladie.
Georges rajouta en faisant la roue (malgré ses pattes de grenouille) :
— Et si on mange tous une carotte pour fêter ça ?
Tout le monde éclata de rire, même Maman Lapin, qui versa une petite larme en voyant son Lundi si débrouillard.
Chapitre 4 : La force du sourire
Quelques jours plus tard, Lundi eut à nouveau une crise en cueillant des marguerites. Il s'arrêta, respira calmement, utilisa son inhalateur et pensa à ses amis. Marguerite lui apporta un verre d'eau, Polo fit tourner son doudou entre ses pattes pour le faire rire, et Georges tenta de jongler avec des glands… en ratant, bien sûr, mais en faisant beaucoup de bruit.
Lundi comprit alors quelque chose d'important :
— La maladie, ça ne veut pas dire être tout seul. Ça veut dire grandir avec l'aide des autres, et partager ses forces et ses sourires.
En rentrant à la maison, Lundi raconta sa journée à sa famille. Il se sentit fier, pas parce qu'il avait trouvé un remède magique, mais parce qu'il avait appris à être patient et à écouter son corps. Il était entouré d'amis, et ça, c'était le plus beau des remèdes.
Dans le village, tout le monde connaissait désormais le lapin au foulard bleu, celui qui avait transformé sa maladie en aventure, et qui, chaque matin, lançait en riant :
— Aujourd'hui, je vais respirer la vie à pleins poumons… et manger plein de carottes, bien sûr !