Chapitre 1 – Marcel, le ballon pas comme les autres
Dans la grande armoire du gymnase, il y avait toutes sortes de ballons : des petits qui rebondissaient haut, des gros tout mous, et même des très rapides. Mais celui qu'on remarquait toujours, c'était Marcel, le ballon bleu à rayures blanches. Marcel n'était pas un ballon comme les autres. Il avait la dyspraxie. Cela voulait dire que ses rebonds étaient parfois imprévisibles, et qu'il avait besoin de plus de temps pour trouver le bon chemin ou la bonne place dans le jeu.
Marcel aimait regarder les autres ballons rouler, rebondir et voler dans tous les coins du gymnase. Il souriait, même quand il roulait de travers ou tombait à côté du panier. Dès que le professeur de sport ouvrait la porte, tout le monde voulait prendre Marcel.
Un matin, Marcel chuchota à son amie la corde à sauter :
« Dis, tu crois que je pourrais avoir un poste bien à moi dans les jeux ? Parfois, ça va trop vite pour moi. »
La corde à sauter fit tourner ses poignées avec douceur :
« Bien sûr, Marcel ! Chacun ici a son rythme et ses forces. Il faut juste trouver ce qui te va le mieux. »
Chapitre 2 – La grande partie de ballon prisonnier
Le gymnase brillait sous la lumière du matin. Les ballons étaient excités, car une grande partie de ballon prisonnier allait commencer. Les équipes étaient prêtes. Marcel, lui, avait un peu peur de rouler n'importe où. Il se souvenait que la dernière fois, il avait zigzagué jusqu'au banc au lieu de l'autre camp, ce qui avait bien fait rire tout le monde.
Le sifflet imaginaire retentit. Marcel se concentra très fort, comme un funambule sur un fil, et roula lentement vers le centre du terrain. Les autres ballons fusaient de tous côtés, mais Marcel avançait à sa façon, tranquillement, en observant bien le jeu.
La balle rebondissante lui lança :
« Tu viens, Marcel ? On doit vite traverser ! »
Marcel répondit, un peu gêné :
« Je préfère aller doucement. Comme ça, je vois où je vais et je me sens mieux. »
Une balle ronde s'arrêta à côté de lui et dit :
« Ce n'est pas grave d'aller lentement. Tu vois les choses qu'on ne remarque pas ! »
Et en effet, grâce à sa patience, Marcel remarqua qu'il y avait un espace libre derrière les quilles. Il roula avec adresse et se plaça là où personne ne l'attendait. Toute l'équipe le félicita.
Chapitre 3 – Un poste sur mesure
À la pause, la corde à sauter proposa une idée :
« Et si Marcel était le gardien du point secret ? Il pourrait surveiller un coin spécial du terrain et donner des conseils pour éviter les pièges. »
Les autres ballons approuvèrent en chœur. Marcel sourit et sentit une chaleur toute douce, comme un rayon de soleil sur sa surface bleue. Il comprit que c'était son talent d'observation qui faisait la différence.
« J'accepte ! » dit-il, tout fier.
Il se glissa dans son coin attribué, là où il pouvait voir toute la partie. À chaque fois qu'un ballon s'approchait du point secret, Marcel soufflait doucement :
« Attention à la ligne ! Le sol est un peu glissant ici ! »
Grâce à lui, les équipes évitèrent plusieurs chutes et le jeu devint encore plus amusant.
La balle rebondissante s'exclama :
« Marcel, tu es notre œil magique ! »
Marcel rit :
« Parfois, aller doucement, c'est voir des choses cachées. »
Chapitre 4 – La force du funambule
Le lendemain, c'était la journée de l'inclusion dans le gymnase. Chacun devait expliquer sa particularité et montrer en quoi elle l'aidait dans les jeux. Marcel raconta son histoire devant tous ses amis.
« Je prends mon temps pour rouler. Je n'aime pas quand tout va trop vite, alors je préfère observer et prévenir les autres. J'appelle ça marcher sur un fil invisible, comme les funambules du cirque. »
Les autres ballons l'écoutaient avec attention. Certains se mirent à essayer d'avancer doucement, comme Marcel. Ils découvrirent qu'on pouvait jouer autrement, en appréciant chaque rebond et chaque glissade.
La corde à sauter conclut :
« Ici, chacun a une force différente. Ensemble, on fait une équipe imbattable ! »
Chapitre 5 – Tous différents, tous précieux
La semaine suivante, le jeu préféré du gymnase n'était plus la course la plus rapide, mais « Attrape-funambule », où il fallait aller lentement et écouter les conseils du gardien du point secret. Marcel était heureux, entouré de ses amis. Il n'avait plus peur de zigzaguer un peu ou de prendre son temps. Au contraire, il savait que sa façon d'être était une force pour le groupe.
En fin de journée, Marcel roula vers ses amis et dit :
« Merci de m'avoir laissé essayer à ma façon. Je me sens bien parmi vous. »
La balle rebondissante le tapa gentiment :
« On n'imaginait même pas le jeu sans toi ! »
Dans le gymnase, une douce ambiance régnait. Tous les ballons, petits, gros, ronds ou rapides, savaient que leurs différences les rendaient tous précieux. Et chaque partie était désormais pleine de rires, de confiance et de jolis rebonds, à la vitesse de chacun.
Et ça, Marcel le funambule, n'aurait voulu le changer pour rien au monde.