Chapitre 1 : Le début de l'été
Mathis ouvrit grand la fenêtre de sa chambre et respira l'air du matin. Les montagnes, juste en face de la maison de ses grands-parents, semblaient plus proches que jamais. Il aimait les regarder, surtout quand le soleil commençait à les éclairer doucement.
Chaque été, Mathis venait passer deux semaines ici, dans ce petit village de montagne. Cette année, il avait dix ans et se sentait un peu plus grand, un peu plus courageux aussi, même si parfois, il avait encore peur d'essayer de nouvelles choses.
Le premier matin, il enfila rapidement son short, son t-shirt préféré et ses baskets. Il attrapa ses écouteurs et lança sa playlist spéciale “été”, pleine de chansons joyeuses. La musique faisait tout paraître plus simple, plus léger, même quand il avait le trac, comme aujourd'hui.
« Mathis, tu es prêt ? » appela Mamie depuis la cuisine.
« J'arrive ! » répondit-il avant de descendre.
À table, il y avait du pain grillé, des fruits et du lait frais. Papy lisait le journal, Mamie préparait un pique-nique. Mathis mangea tout en écoutant, d'une oreille, le chant des oiseaux mélangé à la musique de ses écouteurs.
« Tu sais, aujourd'hui, on va à la piscine municipale. Elle a rouvert et il y a plein d'animations, » annonça Mamie.
Mathis sentit son cœur battre un peu plus fort. Il aimait bien nager, mais la piscine couverte, c'était impressionnant : beaucoup de monde, des bruits forts, et surtout… le grand bassin.
« Je peux emmener ma musique ? » demanda-t-il.
Mamie sourit. « Bien sûr, mais pas dans l'eau, hein ! »
Mathis hocha la tête. La musique l'aiderait sûrement à se détendre avant d'y aller.
Chapitre 2 : La piscine couverte
Devant la piscine, Mathis sentit une odeur de chlore et d'herbe coupée. Il y avait du soleil, mais la piscine était à l'intérieur, protégée des rayons trop chauds. Il entendait des rires et des éclaboussures à travers les portes vitrées.
En entrant, il sentit l'humidité sur sa peau. Les murs étaient couverts de grandes fenêtres qui laissaient passer la lumière. Mathis observa les nageurs, les petits qui barbotaient dans le bassin ludique, les ados qui plongeaient et les adultes qui faisaient des longueurs.
Il se changea dans un vestiaire où tout échoit, puis retrouva Mamie sur un banc. Elle lui tendit un bonnet de bain bleu. Mathis grimaça. Ce bonnet était toujours trop serré, mais il savait que c'était obligatoire.
Il alla sous la douche, l'eau tiède lui coula sur le dos. Puis il s'approcha du petit bassin. L'eau était claire, des reflets dansaient sur les carreaux au fond.
« Viens, on fait quelques brasses ensemble, » proposa Mamie.
Au début, Mathis resta près du bord. Il observait les autres et s'appliquait à bien respirer. Il pensa à la montagne, aux arbres, à la fraîcheur du matin. Il sentit ses muscles se détendre.
Mamie l'encouragea doucement : « Tu es très bien, Mathis. Prends ton temps. »
Après quelques longueurs, il se sentit plus à l'aise. Il se rappela que nager, c'était aussi prendre soin de son corps, écouter ses sensations. Quand il se fatigua, il sortit de l'eau, s'assit, remit ses écouteurs et ferma les yeux. La chanson préférée de sa playlist commença. Il sourit.
Chapitre 3 : Les petites peurs
Après la piscine, Mathis se sentit fier. Il n'avait pas osé aller dans le grand bassin, mais il avait bien nagé, et surtout, il n'était pas resté paralysé par la peur.
De retour à la maison, il raconta à Papy comment il avait nagé, comment l'eau était bonne et comment la musique l'avait aidé à se sentir tranquille.
Le lendemain, il retrouva ses cousins. Ensemble, ils décidèrent d'aller explorer un sentier qui partait derrière la maison.
« On va jusqu'à la prairie ? » proposa Léo, son cousin.
Mathis hésita. Il se souvenait que le sentier longeait la forêt, et parfois, on entendait des bruits étranges. Il sentit son ventre se serrer, mais il ne voulait pas rester en arrière.
« J'y vais avec vous, » dit-il, essayant de cacher son inquiétude.
Sur le chemin, les garçons riaient, lançaient des cailloux dans le ruisseau. Mathis écoutait le vent dans les branches, la musique qu'il avait gardée dans une oreille. Il se concentra sur les paroles, cela calmait son cœur.
Au milieu du sentier, ils croisèrent un vieux monsieur qui cueillait des fleurs sauvages. Il leur sourit et leur expliqua comment reconnaître certaines plantes.
« Ce sont des pensées sauvages. Elles sentent bon et ne piquent pas, » dit-il en leur tendant un petit bouquet.
Mathis sentit leur odeur douce. Les montagnes semblaient veiller sur eux. Finalement, la promenade était pleine de surprises, pas si effrayante que ça.
Chapitre 4 : L'après-midi à la montagne
Un après-midi, Mathis partit marcher avec Papy. Il faisait chaud, mais un vent frais descendait des sommets. Ils prenaient leur temps. Papy lui montra comment marcher sur les cailloux sans glisser, comment regarder où poser les pieds.
« Regarde, là, c'est une marmotte ! » s'écria Papy.
Mathis observa la petite boule de poils qui se dressait sur un rocher. Il se sentit tout léger, comme si la montagne lui chuchotait des secrets.
Ils firent une pause sur une petite colline avec une vue magnifique. Papy sortit des biscuits du sac. Mathis but de l'eau, il sentit la fraîcheur descendre dans son ventre.
« Tu sais, Mathis, l'important, c'est d'écouter ton corps. Quand tu es fatigué, tu t'arrêtes. Quand tu as peur, tu respires et tu continues doucement. »
Mathis hocha la tête. Il repensa à la piscine, à la promenade, à ses petits défis. Il comprenait maintenant que prendre soin de soi, c'était aussi respecter ce qu'on ressentait.
Sur le chemin du retour, ils croisèrent des vaches avec de grandes cloches. Mathis riait, imitant leur “meuh” et Papy faisait semblant de répondre. Les montagnes résonnaient de leurs éclats de rire.
Chapitre 5 : Le festival de musique
Quelques jours plus tard, le village organisait un petit festival de musique en plein air. Des groupes jouaient sur une scène installée devant la mairie. Les habitants s'étaient rassemblés, riant, dansant, partageant des parts de tarte et des verres de sirop.
Mathis s'arrêta sur l'herbe avec ses cousins. Il sortit ses écouteurs pour mieux profiter de la musique. Les sons de la guitare et de l'accordéon se mêlaient aux cris des enfants et aux applaudissements.
« On va danser ? » demanda Léo.
Mathis hésita, regardant les autres enfants courir et sauter en rythme. Il se sentit un peu timide, mais la musique était entraînante. Il ferma les yeux un instant, laissa les notes le traverser, puis se leva.
« D'accord, on y va ! »
Ils se mirent à tourner, à sauter, à inventer des mouvements. Mathis se sentit libre, léger, presque comme s'il volait. Il riait en oubliant sa timidité. Il découvrit qu'il aimait danser, même si ce n'était pas parfait. Il aimait sentir la musique dans son corps, sentir son cœur battre au rythme des chansons de l'été.
Quand la soirée se termina, Mathis était fatigué, mais heureux. Il avait dansé, il avait ri, il avait partagé ce moment avec les autres.
Chapitre 6 : Un été pour grandir
Le dernier jour des vacances arriva trop vite. Mathis rangea ses affaires, écouta une dernière fois sa playlist, assis près de la fenêtre. Il repensa à tout ce qu'il avait fait : la piscine, la promenade en montagne, le festival, les moments partagés avec ses grands-parents et ses cousins.
Il se sentait différent. Moins inquiet, plus confiant. Il savait qu'il avait encore des peurs, mais elles étaient moins grandes. Il avait appris à les apprivoiser, à les écouter sans les laisser le bloquer.
Mamie entra dans la chambre et s'assit à côté de lui.
« Tu as passé de belles vacances, Mathis ? » demanda-t-elle doucement.
« Oui, vraiment. J'ai fait plein de choses que je n'avais jamais osé faire avant. »
Mamie le serra dans ses bras. « Je suis fière de toi. Tu sais, prendre soin de soi, ce n'est pas seulement manger, dormir et se reposer. C'est aussi écouter ses émotions, respecter son corps, et avancer à son rythme. »
Mathis sourit. Il savait qu'il garderait tous ces souvenirs précieusement, comme un trésor d'été. Quand il serait de retour à la maison, il écouterait encore sa musique, il se rappellerait les montagnes, la piscine, les rires, et il se sentirait un peu plus fort, prêt à affronter la rentrée.
L'été lui avait appris qu'il grandissait, doucement, à chaque petit défi relevé. Les montagnes étaient toujours là, majestueuses. Mathis se promit de revenir, l'année prochaine, encore plus courageux.