Chapitre 1 : Une drôle de fatigue
Arthur, neuf ans, adore courir dans le parc avec ses copains. Il aime surtout inventer des jeux, comme la course des super-héros ou le cache-cache éclairs. Mais, depuis quelques semaines, Arthur se sent bizarre. Il n'a plus autant d'énergie qu'avant. Dès qu'il court un peu, il a le souffle court et ses jambes sont en coton. Un jour, alors qu'il essaie de battre son record de saut à la corde, il s'assoit, essoufflé, le visage pâle.
— Ça va, Arthur ? demande Clara, son amie, inquiète.
— Je crois… Je suis juste un peu fatigué, répond-il, même s'il sent bien que ce n'est pas comme d'habitude.
Le soir, à table, Arthur n'a pas très faim. Sa maman remarque qu'il n'a pas touché à sa purée, ce qui est très étonnant.
— Mon chéri, tu es malade ? Tu ne manges rien…
— Je suis fatigué, c'est tout, murmure Arthur.
Ses parents échangent un regard. Le lendemain, ils décident de l'emmener chez le docteur. Arthur n'aime pas trop ça, mais il se dit qu'au moins, il pourra peut-être rater l'école… Sauf que, cette fois, il aurait préféré y aller.
Chapitre 2 : Le grand mystère
Chez le docteur, Arthur s'amuse à observer les poissons dans l'aquarium. Quand c'est son tour, il grimpe sur la table d'examen. Le docteur l'ausculte, prend sa température, écoute son cœur. Il pose beaucoup de questions.
— Depuis combien de temps tu te sens fatigué, Arthur ? Tu as mal quelque part ?
Arthur répond de son mieux. Le docteur lui fait faire une prise de sang. Arthur grimace, mais il s'en sort avec un autocollant de dinosaure, alors il oublie vite la piqûre.
Quelques jours plus tard, le téléphone sonne à la maison. C'est le docteur. Il demande à voir Arthur et ses parents rapidement. Dans la salle d'attente, Arthur entend son cœur battre très fort.
Le docteur les accueille avec un grand sourire rassurant.
— Arthur, tu es très courageux. Tes analyses montrent que tu as une maladie rare qui s'appelle la myopathie de Duchenne. Cela signifie que tes muscles sont plus fragiles et se fatiguent plus vite.
Arthur ne comprend pas tout, mais il comprend que quelque chose ne va pas. Sa maman serre sa main. Le docteur lui explique qu'il va devoir aller à l'hôpital parfois, faire des exercices spéciaux et qu'il faudra faire attention à son corps.
— Tu vas continuer à vivre plein de choses, Arthur. Il y a plein de moyens pour t'aider à te sentir mieux, et tu ne seras jamais seul, promet le docteur.
Arthur regarde sa maman. Elle sourit, mais il voit qu'elle a les yeux brillants.
Chapitre 3 : Les super-pouvoirs d'Arthur
Les semaines passent. Arthur va voir un kinésithérapeute qui s'appelle Maxime. Maxime lui apprend des exercices pour renforcer ses muscles, mais aussi pour se détendre. Il transforme chaque séance en jeu.
— Aujourd'hui, on va faire la grenouille sauteuse ! lance Maxime.
Arthur éclate de rire en essayant d'imiter une grenouille. Même si parfois c'est difficile, Maxime l'encourage toujours.
À l'école, Arthur explique à ses amis ce qui lui arrive. Il a peur qu'ils le trouvent bizarre, mais Clara lève la main et dit :
— Arthur, tu es notre héros ! Tu dois être super fort pour affronter tout ça.
Les autres enfants proposent des idées pour l'aider : porter son cartable, l'attendre dans les escaliers, inventer des jeux qui ne demandent pas de courir trop vite. Arthur se sent entouré, même s'il a parfois du chagrin.
À la maison, ses parents installent des rampes pour qu'il puisse monter les marches plus facilement. Sa petite sœur Zoé dessine des affiches « Zone Super-Arthur » pour décorer sa chambre. Tout le monde s'organise pour que la vie soit plus douce.
Chapitre 4 : L'aventure de la piscine magique
Un samedi, Arthur découvre une nouvelle activité à l'hôpital : la balnéothérapie. C'est un mot compliqué pour dire « exercices dans l'eau ». Arthur adore l'eau, alors il est impatient.
Dans le bassin, l'eau chaude lui fait du bien. Il flotte, il bouge plus facilement. L'animatrice, madame Sophie, propose de jouer au trésor sous-marin.
— On va ramasser des anneaux au fond de la piscine, dit-elle.
Arthur se sent léger, presque comme un poisson. Pour la première fois depuis longtemps, il oublie la maladie. Il rit, il nage, il s'amuse avec d'autres enfants qui, comme lui, ont des muscles fragiles.
Après la séance, il se sent fier. Il raconte tout à ses parents, enthousiaste.
— Dans l'eau, je suis un super-héros ! Et j'ai même gagné la course aux anneaux !
Ses parents le félicitent. Ce soir-là, Arthur s'endort avec un grand sourire. Il comprend qu'il y a des endroits où il peut se sentir fort, même si ses muscles sont parfois capricieux.
Chapitre 5 : Les petits bonheurs
Les jours passent, et Arthur apprend à écouter son corps. Il découvre que, même s'il ne peut pas toujours faire tout comme avant, il y a plein de petits bonheurs à attraper chaque jour.
Un matin, il fabrique un cerf-volant avec son papa. Même s'il ne peut pas courir très loin, il trouve un endroit où le vent souffle fort. Le cerf-volant s'envole haut dans le ciel. Arthur lève les bras, fier.
— Regarde, papa ! C'est moi qui le fais voler !
— Tu es incroyable, mon champion, répond son papa.
Arthur a aussi inventé le « journal des victoires ». Chaque soir, il écrit ou dessine une chose positive de sa journée : un sourire, une blague, un nouveau jeu, une séance de piscine réussie.
Un soir, en relisant son journal, il se rend compte qu'il y a beaucoup de moments heureux, même si certains jours sont plus durs que d'autres.
Chapitre 6 : Ensemble, on est plus forts
Un jour, la maîtresse propose à Arthur de présenter sa maladie à la classe. Il prépare un exposé, avec l'aide de sa famille. Il explique comment il se sent, ce qu'il a appris, et surtout, il parle de tout ce qu'il peut encore faire.
— Je ne suis pas seulement un garçon malade. Je suis aussi drôle, créatif, et j'ai plein d'amis, dit-il.
La classe l'écoute avec attention. À la récréation, ses copains viennent lui dire qu'ils sont fiers de lui.
— Tu es le plus courageux d'entre nous, dit Hugo.
Arthur sourit. Il sait que la maladie fait partie de sa vie, mais qu'elle ne le définit pas. Il a appris que même quand on rencontre des obstacles, on peut toujours avancer, avec de l'aide, de l'espoir, et un peu d'humour.
Ce soir-là, il ajoute une nouvelle phrase à son journal des victoires : « Aujourd'hui, j'ai montré à tout le monde que, même avec une maladie rare, on peut être heureux et fort. »
Et dans son cœur, Arthur sent une grande lumière, celle du courage qui ne s'éteindra jamais.