Chapitre 1 : Une surprise à la récré
Cloé, Lila, Sofia et Maëlys se retrouvaient chaque matin près du grand marronnier, juste avant la première sonnerie. Comme d'habitude, la cour bourdonnait de cris et de rires. Cloé, la plus bavarde, lança :
— J'ai rêvé que je volais au-dessus de l'école cette nuit !
Les trois autres rigolèrent, imaginant Cloé avec des ailes de poule. Mais ce matin, Lila paraissait moins enjouée que d'habitude. Elle souriait timidement, triturant la lanière de son sac à dos.
Sofia s'en aperçut la première.
— Ça va, Lila ? Tu n'as pas l'air en forme aujourd'hui. Tu veux qu'on fasse un concours de grimaces ?
Lila secoua la tête, puis murmura :
— Je… Je suis un peu fatiguée, c'est tout. J'ai pas trop bien dormi.
Maëlys s'approcha en douceur.
— Si tu veux nous parler, tu sais qu'on est là, hein ?
La cloche retentit, et la bande fila vers la classe, mais Cloé resta songeuse. Elle décida qu'à la pause, elle essaierait d'en savoir plus.
Chapitre 2 : Un secret partagé
À la récré du midi, alors que tout le monde jouait au ballon, Cloé entraîna discrètement Lila près du banc des vélos. Sofia et Maëlys les rejoignirent, inquiètes.
— Bon, Lila, dit Cloé en posant une main sur son épaule, on voit bien que tu n'es pas comme d'habitude. Si tu veux nous dire quelque chose, tu peux. On est tes amies.
Lila hésita, puis inspira profondément.
— Je suis allée voir le docteur avec maman hier soir. Je dois retourner à l'hôpital la semaine prochaine… Et… J'ai une maladie qui fatigue beaucoup. Je vais parfois devoir manquer l'école.
Un silence doux s'installa. Maëlys ouvrit de grands yeux, Sofia serra doucement la main de Lila. Cloé demanda, avec une voix douce :
— Tu as peur ?
Lila hocha la tête, une larme au coin de l'œil.
— Oui… Mais surtout, j'ai peur que vous m'oubliiez, si je ne suis pas là.
Elles s'enlacèrent, serrées comme des sardines.
— Jamais de la vie ! s'exclama Sofia. On trouvera plein de moyens pour rester ensemble, même si tu rates des jours.
Cloé sortit son carnet à dessins.
— Je peux t'écrire des blagues dessus et te le passer chaque fois que tu dois aller à l'hôpital ! Au moins, tu rigoleras un peu là-bas.
Lila sourit. Pour la première fois de la journée, son visage s'illumina.
Chapitre 3 : Un projet plein d'espoir
Les jours suivants, la bande improvisa un club secret : « Les Amies Unies ». Maëlys fabriqua des bracelets en laine multicolore, Sofia inventa une chanson marrante, et Cloé dessina des bandes dessinées où Lila devenait une super-héroïne qui lançait des rayons d'amitié.
Un midi, alors qu'elles pique-niquaient sur l'herbe, Maëlys déclara :
— Quand tu seras à l'hôpital, on pourra t'appeler avec le téléphone de maman ! Comme ça, tu nous raconteras les aventures des médecins et des infirmières.
Lila rit doucement.
— Si je croise un docteur déguisé en clown, je vous préviens tout de suite ! Et je noterai tout dans un journal pour ne rien oublier.
Sofia tapota sur son propre sac à dos.
— Et moi, je te prêterai mon doudou fétiche. Il ne me quitte jamais, mais pour toi, je fais une exception.
Cloé proposa une idée géniale :
— On pourrait fabriquer une boîte à souvenirs ! À chaque fois que tu reviens, tu pioches un petit mot ou un dessin qu'on a préparé. Comme ça, tu auras un bout de nous, même loin.
Ce soir-là, Lila eut moins peur de ce qui l'attendait. Elle se sentit portée par l'énergie de ses amies.
Chapitre 4 : La visite à l'hôpital
Le lundi suivant, Lila n'était pas à l'école. Les trois autres pensaient à elle toute la journée. À la maison, Cloé demanda à sa maman si elles pouvaient aller voir Lila à l'hôpital. Après quelques coups de fil, la visite fut organisée.
Quand elles arrivèrent, Lila portait un pyjama à licornes et un grand sourire.
— Vous êtes venues ! s'exclama-t-elle. Regardez, j'ai tout noté dans mon journal : l'infirmière qui fait des blagues, le docteur qui chausse des baskets vert fluo…
Maëlys déposa la boîte à souvenirs sur son lit.
— Regarde dedans, il y a quelque chose pour toi.
Lila découvrit un dessin où elles étaient toutes les quatre, volant au-dessus de la ville avec des capes colorées.
— C'est trop beau… Merci, les filles.
Elles passèrent un moment à papoter, rire, et même faire des grimaces pour la voisine de chambre qui rigolait aussi.
Avant de partir, Sofia demanda à Lila comment elle se sentait vraiment.
— J'ai eu peur, mais maintenant, je me sens bien. Je sais que je peux tout vous dire. Même les choses tristes.
Cloé souffla bruyamment, comme une locomotive.
— On sera toujours là pour t'écouter, promesse de marmotte !
Chapitre 5 : Retour en classe et nouveau départ
Une semaine plus tard, la nouvelle circulait : Lila allait revenir en classe, fatiguée mais heureuse. À la récré, tout le monde voulait savoir comment c'était, l'hôpital. Lila expliqua, sans rien cacher, mais toujours avec une pointe d'humour.
— Les lits roulent comme des voitures, et les repas, c'est un peu comme les plateaux surprises… On ne sait jamais si on va tomber sur de la purée qui colle ou un flan magique !
La classe trouva ça drôle. Certains élèves, curieux et gênés, demandèrent s'ils pouvaient aider. Lila répondit :
— Parfois, j'aurai besoin de repos ou de quelqu'un pour m'expliquer les leçons. Mais surtout, j'ai besoin de rire avec vous !
À la sortie, Cloé et les filles proposèrent un jeu de mime pour faire deviner les métiers des médecins : docteur kangourou, infirmière magicienne…
Toute la cour s'amusait, le soleil brillait sur le marronnier.
Ce soir-là, Lila écrivit dans son journal : « Je ne suis pas seule. J'ai le droit de dire que j'ai peur ou que je ne comprends pas tout. Ensemble, on est plus fortes. »
Avant de s'endormir, elle inspira lentement, sentit l'air passer doucement dans ses poumons, puis souffla doucement. Son cœur était léger et rassuré.