Chapitre 1 — L'éclair de la ville
Dans la grande ville de Luminelle, les toits brillaient comme des feuilles d'argent. Au matin, une femme fit une entrée éclatante. Elle s'appelait Astra Vif-Éclat. Grande, cheveux bleus comme l'aube, cape couleur d'arc-en-ciel. Ses yeux pétillaient d'une énergie douce. Tous disaient qu'elle avait le sourire qui rassure.
Astra courait sur les murs, légère comme le vent. Les gens l'applaudissaient. Les enfants la regardaient avec des yeux ronds. Elle aimait protéger la ville. Elle aimait aussi raconter des blagues pour faire rire les passants.
Ce matin-là, un grondement sourd fit trembler la place centrale. Un petit portail rouge s'ouvrit dans le ciel. De l'autre côté, on voyait des étoiles qui tournaient. Des petites créatures brillantes sautillaient et voletaient. Elles étaient curieuses, pas méchantes, mais elles faisaient tomber des lampadaires et embrouillaient les feux de circulation.
Astra se posa au milieu de la rue piétonne. Les pavés étaient propres et chauffés par le soleil. Des stands de marché étaient fermés ce jour-là. Elle prit une grande inspiration.
« Bonjour, mes petites étoiles ! dit-elle d'une voix claire. Viendrez-vous jouer ailleurs ? »
Une créature fit un petit bruit qui sonna comme un carillon. Elles étaient très nombreuses. Astra sourit. Elle savait parler avec douceur. Elle connaissait le courage qui vient avec la gentillesse.
Chapitre 2 — La zone piétonne et le plan
La zone piétonne était pleine de bancs colorés et de plantes en pot. Les enfants pouvaient courir sans voiture. Astra aimait cet endroit. Elle y avait souvent lu des histoires aux petits. Aujourd'hui, elle devait agir vite.
« On va fermer le portail, annonça-t-elle. Mais il faut les aider à rentrer chez elles. »
Un petit garçon la regardait, bras croisés. « Tu peux faire ça ? » demanda-t-il.
Astra se mit à rire doucement. « Je vais essayer. Mais j'ai besoin de votre aide. Qui veut tenir une lanterne ? Qui veut chanter une chanson ? »
Des gens sortirent de leurs maisons. Une dame apporta une grande couverture, un monsieur sortit un sac de biscuits, une écolière prit une lanterne faite d'une vieille boîte. La solidarité se forma comme un rayon de soleil. Tous souriaient. Tous voulaient aider.
Astra expliqua son plan en gestes simples. Elle plaça trois petits miroirs pour réfléchir la lumière. Elle demanda aux enfants de former une ronde. Elle chantait une chanson douce. Les créatures se calmèrent. Elles semblaient aimer la musique humaine.
Soudain, un petit nuage noir glissa du portail. Il toussait. « Hé ! » fit une voix basse. « On dirait un gardien. » Astra se tourna. Un robot-plante sortit du nuage. Il avait des racines en guise de bras et un chapeau de feuille. Il ressemblait à un gardien fatigué.
« Je protège le portail, gronda-t-il. Il ne faut pas le fermer sans la clé. » Sa voix faisait des échos.
Astra fit un pas en avant. Elle posa sa main contre sa poitrine, là où brillait son médaillon. « Je ne veux pas te tromper, dit-elle. Mais ce portail laisse arriver des choses qui font peur. Nous devons le fermer. Je promets d'envoyer tes amis chez eux. »
Le robot-plante plissa ses branches. Il regarda les gens. Il remarqua les biscuits, la lanterne, la chanson. Ses racines tremblèrent. « Hum... si vous me montrez que vous prenez soin de la ville, je vous donnerai la clé. »
Astra sourit, pleine d'espoir. « Marché conclu ! »
Chapitre 3 — Le courage et la clé
Le robot-plante demanda à voir la ville. Les enfants le guidèrent. Ils lui montrèrent le parc, la bibliothèque, la grande fontaine où les pigeons avaient appris à danser. Il toucha les bancs. Il toucha les fleurs. Les racines devinrent moins tendues.
Astra resta près du portail. Elle sentait l'air vibrer. Des étoiles cherchaient une sortie. Elle prit une grande respiration. Son médaillon brilla fort. C'était un médaillon de courage et de gentillesse. Il avait été offert par les habitants de Luminelle.
Le robot-plante revint. Il avait les feuilles humides d'un sourire. « Vous avez montré du cœur, dit-il. Voici la clé. »
La clé était petite et ronde, faite de lumière. Astra la prit avec soin. Elle posa la clé près du portail. Les enfants chantèrent plus fort. Les miroirs brillèrent. La lanterne fit un petit tourbillon de lumière. Les créatures sautillèrent comme pour remercier.
Astra murmura une formule simple. Elle ferma les yeux et sentit toute la ville se serrer autour d'elle. Le portail ralentit. Les étoiles se glissèrent doucement à travers. L'une d'elles s'arrêta, fit un petit signe et fit un clin d'œil. Astra sourit.
Puis, elle plaça la clé dans la serrure du portail. Un doux chuchotement résonna. Le portail se replia comme une grande fleur qui referme ses pétales. La lumière diminua. La porte se referma. Un dernier carillon clair annonça la fin. La ville poussa un grand soupir de joie.
« Bravo ! » cria le petit garçon. On applaudissait. Les biscuits furent partagés. Le robot-plante sourit. Il se pencha vers Astra et dit : « Vous avez montré du courage et vous avez rassemblé le cœur des gens. Vous êtes une vraie gardienne. »
Astra rougit un peu. « Nous l'avons fait ensemble, répondit-elle. C'est la ville qui a aidé. »
Chapitre 4 — Un panneau et des promesses
Le soleil descendit, peignant le ciel de couleurs chaudes. Astra marcha dans la zone piétonne. Les enfants lui coururent après pour lui offrir une carte dessinée. Elle la prit, la serra contre son cœur.
Sur un banc, quelqu'un avait accroché un petit panneau en bois. Il disait : « Merci, Astra. À bientôt ! » Les lettres étaient écrites avec des couleurs vives. Astra posa sa main dessus. Elle sentit la gratitude comme une douce chaleur.
Avant de partir, elle fit une dernière plaisanterie. « Attention, dit-elle en souriant, je reviens pour la lecture du mercredi. Préparez vos meilleures histoires ! »
Les enfants la poussèrent à monter sur un poteau. Elle fit un salut héroïque, pas trop sérieux, juste assez pour faire rire. Ensuite, elle s'envola doucement, sa cape flottant comme un drapeau joyeux.
La ville de Luminelle reprit son calme. Les gens se prirent par la main et rirent ensemble. Ils avaient aidé un jour important. Ils avaient appris que quand on est solidaire, on peut fermer les portes qui effraient et ouvrir celles qui accueillent.
Sur le dernier mur de la zone piétonne, un grand panneau peint montra un petit dessin d'Astra et son médaillon, et trois mots écrits en lettres rondes : « à bientôt ».