Chapitre 1 : La peur du plongeon
Clara et Inès étaient deux amies inséparables. Elles se connaissaient depuis la maternelle et adoraient passer du temps ensemble. Clara avait les cheveux bouclés qui rebondissaient à chaque pas, et Inès portait toujours un serre-tête coloré. Elles avaient presque 7 ans, mais elles se sentaient déjà grandes, prêtes à découvrir le monde.
Un samedi matin, Clara se réveilla avec un drôle de nœud dans le ventre. Aujourd'hui, elle devait aller à la piscine avec Inès et sa classe. Clara aimait bien l'eau, mais elle avait une grande peur : le plongeon du grand bassin. Rien que d'y penser, son cœur battait plus fort. Elle imaginait l'eau qui éclabousse, le saut dans le vide, et le bruit assourdissant en touchant la surface.
Au petit-déjeuner, elle raconta sa peur à sa maman.
— Maman, j'ai peur d'aller à la piscine aujourd'hui, avoua-t-elle en triturant sa tartine de confiture.
— C'est normal d'avoir peur, répondit sa maman en lui caressant la joue. Mais tu sais, on peut apprendre à apprivoiser ses peurs, petit à petit.
Clara n'était pas convaincue. Elle enfila son maillot de bain sous ses vêtements et rejoignit Inès devant l'école. Inès, tout sourire, sautillait sur place.
— Tu es prête pour la piscine ? demanda-t-elle en agitant son sac.
— Je crois… marmonna Clara. Mais j'ai un peu peur du plongeon.
Inès réfléchit un instant puis déclara avec sérieux :
— Tu sais, moi aussi j'avais peur la première fois. Mais après, j'ai demandé à la maîtresse de rester à côté de moi. On peut y aller doucement, tu verras !
Clara sentit son cœur se réchauffer. Elles montèrent dans le car, et Inès raconta des blagues pour détendre l'atmosphère. Clara rit tellement qu'elle en oublia presque sa peur.
Chapitre 2 : Le grand saut… ou presque
La piscine était immense, remplie de rires et d'éclaboussures. L'odeur du chlore chatouillait le nez. Les élèves se changèrent rapidement et la maîtresse leur expliqua les consignes de sécurité.
— Aujourd'hui, ceux qui le souhaitent pourront s'essayer au plongeon, annonça-t-elle. Mais personne n'est obligé. Le plus important, c'est de s'amuser et de se sentir en sécurité.
Clara sentit son ventre se serrer à nouveau. Elle regarda le plongeoir : il n'était pas si haut, mais pour elle, c'était comme une montagne.
Inès lui prit la main.
— Viens, on va d'abord s'amuser dans le petit bassin. On peut faire la course ?
Clara accepta avec plaisir. Elles firent la course, plongèrent la tête sous l'eau, soufflèrent des bulles, et rirent aux éclats. Au bout d'un moment, Clara commença à se sentir plus à l'aise.
La maîtresse s'approcha.
— Qui veut essayer le plongeon ? demanda-t-elle.
Quelques enfants levèrent la main. Inès se tourna vers Clara.
— Tu veux essayer ? Je viens avec toi, si tu veux.
Clara hésita, puis fit oui de la tête. Ensemble, elles traversèrent la piscine et montèrent les quelques marches du plongeoir. Inès passa la première. Elle sauta en faisant une grimace rigolote et éclaboussa tout autour d'elle. Clara rit.
Quand vint son tour, Clara sentit son cœur battre très fort. Elle regarda l'eau. Elle voulait reculer, mais Inès l'encouragea depuis le bassin.
— Allez Clara, tu peux le faire ! Tu n'es pas obligée de sauter, tu peux juste t'asseoir et glisser, proposa la maîtresse.
Clara s'assit au bord. Elle ferma les yeux, prit une grande inspiration et… glissa doucement dans l'eau. Un léger plouf, et la voilà dans le bassin ! Elle remonta à la surface, surprise de ne pas avoir coulé.
Inès applaudit.
— Bravo ! Tu l'as fait !
Clara éclata de rire. Elle n'avait pas sauté, mais elle avait affronté sa peur, doucement, à son rythme.
Chapitre 3 : Les émotions en montagnes russes
Après la piscine, Clara et Inès s'installèrent dans le car pour rentrer. Clara était fière d'elle, mais elle sentait encore un peu de peur au fond du ventre.
— Tu sais, dit-elle à Inès, j'avais toujours peur en haut du plongeoir. Mais quand j'ai glissé, c'était moins effrayant que je croyais.
— Moi aussi, la première fois, je croyais que j'allais couler, avoua Inès. Mais maintenant, ça va mieux. Je crois que plus on essaie, moins on a peur.
Clara se mit à réfléchir. Elle pensa à toutes les fois où elle avait eu peur : la première fois qu'elle avait dormi chez sa mamie, quand elle avait pris la parole devant la classe, ou quand elle avait vu un chien inconnu dans la rue.
— Tu as raison, admit-elle. Peut-être que les peurs, ça se dresse comme un cheval sauvage. D'abord, ça gigote, ça fait peur, mais petit à petit, on apprend à les connaître.
Inès éclata de rire.
— Toi, tu es la championne des comparaisons bizarres !
Clara sourit. Ça lui faisait du bien de parler de ses émotions. Elle comprenait que ses peurs ne disparaîtraient pas du jour au lendemain, mais qu'en les affrontant doucement, elles devenaient moins impressionnantes.
Le soir, Clara raconta sa journée à ses parents, toute fière.
— J'ai glissé du plongeoir ! Ce n'était pas un grand saut, mais c'était déjà ça !
Ses parents l'applaudirent.
— Le plus important, c'est d'avoir essayé, dit son papa. Chaque petit pas compte.
Chapitre 4 : La fête des peurs apprivoisées
Le lendemain, Clara et Inès décidèrent d'organiser une fête très spéciale : la fête des peurs apprivoisées. Elles invitèrent quelques amis dans le jardin de Clara. Sur une grande feuille, elles dessinèrent des monstres rigolos représentant leurs peurs, puis elles les décorèrent avec des paillettes et des autocollants.
— Moi, je dessine le plongeoir-montagne, annonça Clara en traçant un monstre bleu avec une échelle.
— Moi, je fais le chien-licorne, dit Inès en coloriant une bête multicolore.
Chaque enfant raconta une peur : la peur du noir, des orages, de parler devant la classe, ou même d'entrer dans une pièce inconnue. Chacun avait son monstre à dompter.
Ensuite, ils accrochèrent les dessins sur la corde à linge, comme des drapeaux de victoire.
— On est courageux, déclara Clara en brandissant son dessin. Même si on a peur, on avance quand même. Et si on n'y arrive pas du premier coup, ce n'est pas grave.
Ils firent une ronde, chantèrent une chanson inventée sur les peurs, et dégustèrent un gâteau au chocolat. Clara fit une grimace en croquant un morceau trop gros, et tout le monde éclata de rire.
Le soleil brillait, les monstres de papier dansaient au vent, et dans le cœur de Clara, il y avait moins de place pour la peur et beaucoup plus pour la fierté et la joie.
Le soir venu, Inès serra Clara dans ses bras.
— Merci d'être mon amie courageuse, chuchota-t-elle.
Clara sourit, émue.
— Merci d'être là pour moi. Ensemble, on est plus fortes que toutes les peurs du monde.
Et c'est ainsi que, main dans la main, Clara et Inès découvrirent que les peurs, même les plus grandes, rétrécissent quand on les partage, qu'on les comprend et qu'on les affronte, pas à pas, avec le sourire.