Chapitre 1 : Le rendez-vous chez le médecin
Zoé était une petite fille de 7 ans, vive comme un écureuil et toujours pleine d'idées. Mais ce matin-là, elle n'avait pas du tout envie de courir ou de rire. Elle restait assise sur son lit, les genoux serrés contre sa poitrine, en fixant ses chaussettes rayées. Sa maman entra dans la chambre avec un grand sourire.
— Zoé, c'est l'heure de se préparer. On va chez le médecin, tu te souviens ?
Zoé fit une grimace. Elle se souvenait très bien. Trop bien, même. Elle savait que ce rendez-vous était important. La maîtresse avait expliqué en classe qu'il fallait se faire vacciner pour rester en bonne santé. Mais rien à faire, Zoé avait peur. Peur des piqûres, peur de l'odeur de la salle d'attente, peur de l'inconnu.
— Je peux emmener mon doudou ? demanda-t-elle, espérant que sa maman dirait non.
— Bien sûr, répondit sa maman. Je parie qu'il sera très courageux, lui aussi.
Zoé attrapa son doudou lapin et le serra fort contre elle. Elle enfila son manteau, mit ses chaussures à scratch et suivit sa maman dans la rue. Le trajet jusqu'au cabinet médical lui parut plus long que d'habitude. Elle comptait les fissures sur le trottoir, essayant d'oublier ce qui l'attendait.
Quand elles arrivèrent, Zoé sentit son cœur battre très fort. Dans la salle d'attente, il y avait une affiche avec un grand sourire et le dessin d'une seringue. Zoé fit la moue.
— Je veux rentrer à la maison, murmura-t-elle.
— Je sais que tu as peur, Zoé, dit doucement sa maman en lui caressant les cheveux. C'est normal d'avoir peur parfois. Mais tu verras, tout se passera bien. Et je suis là avec toi.
Zoé hocha la tête, mais elle n'était pas convaincue. Doudou Lapin non plus, d'ailleurs, il avait l'air tout chiffonné.
Chapitre 2 : La rencontre avec le docteur
La porte du cabinet s'ouvrit, et une voix joyeuse appela :
— Zoé, c'est à ton tour !
Zoé se leva à petits pas, doudou collé contre elle. Le médecin portait une blouse blanche avec des motifs de petits animaux. Il avait des lunettes rondes et un sourire aussi large qu'une crêpe.
— Bonjour, Zoé ! Bonjour, Doudou Lapin ! Je m'appelle Docteur Martin. Vous êtes venus me rendre visite aujourd'hui ?
Zoé ne répondit pas tout de suite. Elle observait chaque objet dans la pièce : le stéthoscope, les posters colorés, la boîte de pansements rigolos.
— Tu sais, Zoé, tout le monde a peur de quelque chose, dit le docteur en s'accroupissant pour être à sa hauteur. Moi, quand j'étais petit, j'avais peur… des grenouilles ! Je croyais qu'elles allaient sauter sur ma tête.
Zoé ouvrit de grands yeux. Imaginer le docteur poursuivi par des grenouilles la fit sourire, un tout petit peu.
— Mais tu sais, ajouta le docteur, parfois, quand on comprend ce qui nous fait peur, ça fait moins peur. Est-ce que tu veux que je t'explique ce qui va se passer ?
Zoé hocha la tête.
— D'abord, je vais regarder comment tu grandis. Puis, je vais te faire une petite piqûre pour te protéger contre les maladies. Ça va piquer un peu, mais ça ne dure qu'une seconde, promis. Tu préfères regarder ton doudou, ou tu veux que je te raconte une blague pendant la piqûre ?
Zoé réfléchit. Elle aimait bien les blagues. Elle serra fort son doudou et répondit d'une petite voix :
— Une blague, s'il vous plaît.
Chapitre 3 : Le courage de Zoé
Le docteur sortit une seringue minuscule, presque invisible. Il raconta :
— Pourquoi les poissons vivent-ils dans l'eau ? Parce que l'eau courante !
Zoé éclata de rire. Au même moment, elle sentit une toute petite piqûre, comme une piqûre d'ortie. Mais c'était déjà fini.
— Voilà ! Tu as été très courageuse, Zoé. Même plus courageuse que Doudou Lapin, je crois, dit le docteur.
Zoé n'en revenait pas. Elle n'avait presque rien senti. Elle regarda son bras, il n'y avait qu'un petit point rouge, à peine visible. Le docteur lui colla un pansement avec un dinosaure rigolo. Zoé sourit, fière d'elle.
— Je n'ai même pas pleuré, dit-elle en se redressant.
— Tu sais, ce n'est pas grave de pleurer, répondit le docteur. Mais aujourd'hui, tu as montré que tu pouvais être courageuse, même quand tu avais peur.
Zoé sentit son cœur devenir léger, comme un ballon qui flotte dans le ciel.
Sur le chemin du retour, sa maman lui donna la main.
— Je suis très fière de toi, Zoé. Tu as affronté ta peur, et tu as réussi.
Zoé leva la tête, le soleil brillait entre les feuilles des arbres.
— Tu crois que Doudou Lapin aura moins peur la prochaine fois ? demanda-t-elle en riant.
— J'en suis sûre, répondit sa maman.
Zoé se promit de raconter à ses copines de classe qu'aller chez le médecin, ce n'était pas si terrible. Parfois, les choses qui nous font peur ne sont pas aussi effrayantes qu'on le pense.
Et puis, une blague peut toujours aider à rendre les piqûres plus rigolotes.
Chapitre 4 : Une nouvelle confiance
Le soir, en se couchant, Zoé repensa à sa journée. Elle caressa doucement Doudou Lapin.
— Tu sais, Doudou, j'ai eu peur, mais j'ai réussi. Peut-être que demain, j'aurai un peu moins peur des choses qui me font peur. Et si j'ai encore peur, je demanderai de l'aide, ou une blague.
Sa maman entra pour lui souhaiter bonne nuit.
— Bonne nuit, ma courageuse Zoé.
Zoé ferma les yeux, un sourire aux lèvres. Elle se sentait forte et fière. Elle avait appris qu'oser affronter ses peurs, c'était déjà être un peu héroïne.
Et dans ses rêves, elle et Doudou Lapin faisaient la course avec des grenouilles… mais cette fois, elles sautaient de rire.