Chapitre 1 : Un yéti dans la Forêt Arc-en-Ciel
Groboul, le yéti à la fourrure blanche et duveteuse, vivait au sommet d'une grande montagne couverte de bonbons givrés et de sapins en barbe à papa. Chaque matin, il ouvrait sa fenêtre en glace et saluait les oiseaux-flûte qui chantaient des chansons rigolotes. Mais, au fond de son cœur doux, Groboul rêvait d'une chose : se faire des amis parmi les humains qui vivaient plus bas, là où les arbres avaient des feuilles de toutes les couleurs et où les rivières coulaient en musique.
Un matin, Groboul se gratta le ventre (qui gargouillait comme un tambour de carnaval) et décida qu'aujourd'hui serait le grand jour. Il enfila son écharpe à pompons multicolores, se coiffa la houpette (de travers bien sûr), et descendit en ski-banane le long de la pente gelée. Woosh ! Il atterrit dans un buisson de chamallows qui fit "plop" sous ses fesses rebondies.
« Aujourd'hui, je vais trouver des amis ! » s'exclama-t-il en se redressant, tout couvert de sucre collant. Il se mit à marcher, laissant derrière lui des traces de pattes douces comme des coussins.
En bas de la montagne, la Forêt Arc-en-Ciel scintillait de mille couleurs. Les fleurs y souriaient et les lucioles faisaient des farandoles dans l'air parfumé à la fraise tagada. Groboul marcha en s'émerveillant, croisant un hérisson à roulettes, une famille de lapins-harmonica, et même une grenouille à pois bleus qui portait un chapeau melon.
Mais chaque fois qu'il essayait de leur parler, les animaux filaient en riant ou se cachaient derrière une feuille géante.
« Je dois vraiment avoir une tête de marshmallow mal coiffé ! » grogna Groboul, un peu triste.
Soudain, il entendit un bruit étrange : « Aïe ouille ouille ! » suivi d'un grand splouf dans la mare aux malabars fondus.
Groboul se précipita : au bord de la mare gigotait une petite fille humaine, coiffée de couettes multicolores, les pieds coincés dans un nénuphar aussi grand qu'une pizza.
Chapitre 2 : Le sauvetage acrobatique
Groboul s'approcha tout doucement. Il savait que les humains pouvaient avoir peur des yétis géants à fourrure, surtout s'ils étaient couverts de chamallow fondu et de feuilles collées.
« Euh… tu as besoin d'aide, petite humaine ? » demanda-t-il avec sa grosse voix, essayant de sourire gentiment (mais il montra toutes ses dents, ce qui donna surtout l'air d'un crocodile qui a trop mangé de confiture).
La fillette le regarda, cligna des yeux, puis éclata de rire. « T'es qui, toi ? Un nounours croisé avec un esquimau ? »
Groboul rosit sous sa fourrure. « Je suis Groboul, le yéti des montagnes sucrées. »
« Moi c'est Zozo ! » répondit la fillette. Elle gigota. « Je voulais attraper une grenouille-poisson pour jouer à la balle rebondissante, mais voilà que mes pieds sont coincés comme du chewing-gum ! »
Groboul réfléchit un instant. Il n'avait jamais délivré quelqu'un d'un nénuphar géant, mais il avait déjà sauvé un flocon coincé dans sa moustache (ce qui n'est pas pareil, mais bon…).
Il attrapa une grosse branche-jouet qui traînait, tira sur le nénuphar… mais il glissa, fit un triple salto involontaire et tomba, plouf, la tête la première dans l'eau sucrée en éclaboussant tout le monde.
Zozo éclata de rire. « On dirait une fontaine à soda ! »
Groboul se releva, tout dégoulinant de malabar et un poisson-lunettes planté dans la barbe. « Oups… peut-être que j'ai besoin d'un plan B ! »
Il souffla très fort : le nénuphar gonfla, gonfla… puis explosa en mille morceaux de chewing-gum rose qui s'envolèrent comme des ballons.
Zozo libérée, bondit sur ses pieds : « Bravo monsieur le yéti ! Tu veux jouer avec moi ? »
Groboul n'en croyait pas ses oreilles poilues. Enfin, quelqu'un qui ne fuyait pas en courant !
Chapitre 3 : Les jeux déjantés de Zozo et Groboul
Zozo entraîna Groboul dans la Forêt Arc-en-Ciel. Ensemble, ils couraient, sautaient, rigolaient et inventaient des jeux que personne n'avait jamais vus.
« On joue à la chasse aux bonbons invisibles ? » proposa Zozo.
« Comment on joue ? » demanda Groboul, intrigué.
« Facile ! Il faut courir partout en criant ‘Miam Miam !' et ramasser tout ce qui n'est PAS un bonbon, mais qui pourrait FAIRE SEMBLANT d'être un bonbon ! »
Groboul trouva un caillou arc-en-ciel (qu'il essaya de croquer, aïe !), une plume de pigeon licorne (qui chatouillait le nez), et une châtaigne déguisée en fraise.
Zozo applaudit à chaque trouvaille. Ensuite, ils firent une course sur le dos des hérissons à roulettes (qui gloussaient), et un spectacle de danse avec les grenouilles à pois bleus (qui chantaient « Ribbit-ribbit boum-boum ! »).
La forêt résonnait de rires et de chansons. Petit à petit, d'autres enfants approchèrent, attirés par le bruit joyeux. Il y avait Milo l'acrobate à bretelles rouges, Léa la collectionneuse de cailloux magiques, et même Tim la pipelette qui ne s'arrêtait jamais de parler.
Au début, ils furent un peu surpris par la taille énorme et la drôle de bouille de Groboul, mais Zozo leur expliqua tout : « C'est MON copain yéti. Il a le cœur le plus mou du monde ! »
Groboul rougit (on aurait dit une barbe à papa géante toute rouge). Il improvisa un spectacle de grimaces qui fit éclater de rire tout le groupe.
Le soleil commençait à baisser, les lucioles s'allumaient une par une. Les enfants s'assirent en cercle autour de Groboul, qui raconta comment dans sa montagne, il tricotait des pulls douillets pour les pingouins frileux, et comment une fois, il avait glissé sur une plaque de caramel mou, atterri dans un arbre à cookies, et s'était retrouvé avec un biscuit collé au derrière toute une semaine.
Les enfants riaient tellement qu'ils en avaient mal au ventre. Même les animaux s'approchèrent : les lapins-harmonicas, les hérissons à roulettes, et la grenouille à pois bleus qui fit un salto arrière pour impressionner Groboul.
« Tu es le yéti le plus drôle du monde ! » s'exclama Léa.
« Et le plus gentil ! » ajouta Milo.
Chapitre 4 : Une amitié sucrée pour la vie
Le soir, quand la lune bonbon se leva dans le ciel, tout le monde était fatigué mais heureux. Zozo demanda à Groboul : « Tu reviendras demain, hein ? »
Groboul hésita. Il pensa à sa montagne sucrée, à ses sapins en barbe à papa, à ses oiseaux-flûte… Mais il regarda les enfants, les animaux, et son cœur fit « blop blop » de joie.
« Si vous voulez bien d'un yéti maladroit et plein de poils, je viendrai chaque jour. Promis-juré-sur-ma-fourrure ! »
Zozo éclata de rire : « Avec toi, il ne manque plus que de la glace qui pousse sur les arbres ! »
« Ça existe dans ma montagne ! » répondit Groboul, fier. « Un jour, je vous emmènerai en piquenique là-haut, on fera du ski-banane et on mangera des tartes à la neige sucrée. »
« Chouette ! » crièrent les enfants.
Avant de partir, Groboul fit un gros câlin à tout le groupe (tellement gros qu'il aurait pu écraser un bus en mousse). Léa s'accrocha à sa patte géante, Milo grimpa sur ses épaules, Tim raconta une blague qui fit éclater de rire jusqu'aux pierres du chemin.
Groboul retourna dans sa montagne, le cœur léger comme un chamallow grillé. Désormais, il savait qu'il avait trouvé des amis, pour rire, jouer, s'aider et inventer chaque jour de nouvelles aventures.
Et dans la Forêt Arc-en-Ciel, on raconta pendant de longues années comment un yéti maladroit, drôle et tendre était devenu le meilleur copain des enfants et des créatures magiques, rien qu'en voulant rendre service et partager son cœur moelleux.
Et chaque fois que l'on entendait, au loin, un grand « plop » dans un buisson de chamallows, tous savaient que Groboul, le yéti aux rêves d'amitié, n'était jamais bien loin.