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Histoire de cow-boy 9 à 10 ans Lecture 17 min.

June McAllister et le coffre volé de Coyote Gulch

June McAllister, shérif de Coyote Gulch, enquête sur un vol impliquant un mystérieux joueur de cartes et une bande au canyon aux pierres rouges, et part à la poursuite pour récupérer la paie des habitants et rétablir l’ordre.

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Une cow-girl d’une trentaine d’années, cheveux bruns en queue de cheval, chapeau de travers, veste en cuir poussiéreuse et étoile de shérif, visage fatigué mais triomphant, serre contre la selle une sacoche pleine de billets sur la rue principale d’un petit village de l’Ouest à l’aube ; à gauche un jeune convoyeur d’une vingtaine d’années en chemise à carreaux lève son chapeau en signe de gratitude près de l’entrée de la banque, à droite sur un perron une femme âgée aux cheveux gris tient un panier de tartes fumantes et sourit, et quelques pas derrière la cow-girl le bandit Silas, la trentaine, cheveux noirs en désordre, ligoté et assis entouré de deux ranchers, regarde la scène avec honte ; trottoirs en bois, façades en planches, enseigne de banque, lampadaire à huile, poussière dorée dans l’air, montagnes rouges à l’horizon, habitants applaudissant doucement, chien aboyant et cloche prête à sonner ; rendu en couleurs chaudes et pastel, traits arrondis, textures de bois et poussière marquées, composition centrée sur la cow-girl pour exprimer courage et justice. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 : La rue qui grince sous les bottes

La rue principale de Coyote Gulch était une longue bande de poussière, bordée de façades en bois qui craquaient au vent. Le soleil tapait fort, et l'air sentait le cuir chaud, le foin sec et le café brûlé.

Au milieu de tout ça avançait June McAllister, une cow-girl modeste, avec un chapeau un peu de travers et une étoile de shérif qui brillait juste assez pour qu'on la remarque. Elle n'aimait pas se faire remarquer, pourtant.

Elle s'arrêta devant l'abreuvoir. Son cheval, Biscuit, souffla comme une vieille locomotive.

"Du calme, Biscuit. On va encore avoir une journée… mouvementée."

Sur le trottoir, le vieux barbier, M. Phelps, agita la main.

"June ! On dit qu'un nouveau joueur de cartes est arrivé. Un drôle d'oiseau."

June plissa les yeux. Au saloon, les battants s'ouvraient et se refermaient comme des mâchoires. Une musique de piano sautillait à l'intérieur.

"Un joueur de cartes ne m'inquiète pas," répondit June. "Ce qui m'inquiète, c'est quand quelqu'un triche."

Comme pour lui donner raison, un cri jaillit du saloon.

"On m'a volé ma paie !"

June posa une main sur la crosse de son revolver… sans le sortir. Elle préférait les mots aux coups, mais elle était prête si la rue en avait besoin.

Elle entra. L'air était plus frais, rempli de fumée et de rires. Près d'une table, un jeune convoyeur de bétail fouillait ses poches, le visage rouge.

"J'avais une bourse. Là. Et maintenant, rien !"

À côté, un homme mince au gilet violet tapotait un jeu de cartes avec un sourire trop poli.

"Quelle tragédie," dit-il. "Mais les poches ont parfois des trous, mon ami."

June s'approcha, calme.

"Bonjour. Je suis June McAllister. Et vous êtes… ?"

L'homme s'inclina.

"Silas Crowe. Voyageur. Amateur de chance."

June observa ses doigts : longs, rapides, comme des serpents. Elle remarqua aussi une petite bosse sous sa manche, au niveau du poignet.

"Silas," dit-elle doucement, "à Coyote Gulch, la chance doit être honnête. Montrez-moi vos manches."

Le sourire de Silas ne bougea pas, mais ses yeux, eux, se durcirent.

"Vous n'avez pas le droit."

June pencha la tête.

"J'ai le devoir. Et je n'aime pas qu'on dépouille les gens sur ma rue."

Le saloon devint silencieux. Même le piano s'arrêta sur une note fausse.

Chapitre 2 : Un tour de passe-passe et une promesse

Silas recula d'un pas, renversant sa chaise. Puis il rit, comme si tout était un jeu.

"D'accord, d'accord ! Regardez."

Il releva ses manches : rien. Mais June n'était pas dupe. Les vrais tricheurs étaient comme des coyotes : on ne les voyait qu'une seconde, et déjà ils avaient changé de place.

"Alors," dit June, "on va faire simple. On va parler dehors. Dans la lumière."

Dehors, le vent souleva un petit tourbillon de poussière qui fit éternuer Biscuit. Silas cligna des yeux, comme si le soleil l'ennuyait.

June pointa du menton le convoyeur.

"Combien tu avais ?"

"Vingt dollars," répondit le garçon. "Toute la semaine de boulot."

Silas soupira.

"Les accusations, ça vole plus vite que les billets."

June s'accroupit et observa le sol. Des traces de bottes, beaucoup. Mais une paire glissait un peu, comme si la semelle était lisse. Elle suivit ces traces jusqu'au côté du saloon, près d'un tonneau. Là, quelque chose brillait entre deux planches.

June glissa deux doigts et en ressortit une petite bourse en cuir.

Le convoyeur poussa un "Oh !" et la serra contre lui.

"C'est la mienne !"

Silas haussa les épaules, trop vite.

"Une coïncidence."

June se redressa.

"À Coyote Gulch, les coïncidences finissent souvent au bureau du shérif."

Autour d'eux, les habitants se rapprochèrent, comme une clôture qui se ferme. Silas calcula, regarda la foule, puis la rue, puis Biscuit.

Et d'un seul coup, il tenta sa chance : il fit volte-face et courut.

"Ah non," souffla June.

Elle s'élança. Biscuit, vexé d'avoir éternué pour rien, partit aussi, trottant derrière elle. Silas zigzaguait entre les passants, bousculant une dame qui portait des tartes.

"Mes tartes !" cria la dame.

"Je vous en paierai deux !" lança June en courant. "Quand j'aurai rattrapé ce serpent !"

Silas tourna vers les écuries. June le suivit, le cœur battant comme un tambour.

Près des stalles, Silas attrapa un cheval sellé, prêt à filer. Mais la sangle était mal attachée. June le vit tout de suite.

"Stop ! La sangle va céder !" cria-t-elle.

Silas grimpa quand même, sûr de lui. Le cheval bondit… et la selle tourna. Silas bascula dans une botte de foin, disparu comme un caillou dans un tas de plumes.

Une seconde de silence. Puis une tête pleine de paille ressortit.

"Ça… c'était prévu," marmonna Silas.

June posa les mains sur ses hanches.

"Bien sûr. Et moi, je suis la reine du rodéo."

Elle le fit se relever.

"Écoute bien, Silas. Ici, la rue doit rester juste. Tu as le choix : rendre ce que tu as pris et dire la vérité… ou passer la nuit derrière les barreaux à réfléchir à l'honnêteté."

Silas cracha un brin de paille, vexé.

"Très bien. Je… j'ai pris la bourse. Et d'autres petites choses."

June hocha la tête.

"Alors tu vas les rendre. Et tu vas t'excuser."

Chapitre 3 : La piste vers le canyon aux pierres rouges

Au bureau du shérif, Silas rendit quelques objets : une montre, deux billets froissés, un pendentif en forme d'étoile. Les gens récupérèrent leurs affaires, soulagés.

Mais June sentit que quelque chose n'allait pas. Silas avait avoué, oui, mais il gardait ce regard de quelqu'un qui sait plus qu'il ne dit.

Le soir tomba, violet et orange, sur les toits de bois. June était en train d'écrire son rapport quand le vieux M. Phelps entra, essoufflé.

"June ! On a trouvé le coffre de la banque… vide ! Et le directeur dit qu'il y avait une paie pour tout le ranch des Tanner !"

June se leva d'un bond.

"Vide ? Quand ?"

"Tout à l'heure. La serrure n'est même pas cassée."

June tourna lentement la tête vers la cellule. Silas était assis, l'air trop tranquille.

"Silas," dit-elle, "tu connais les serrures qui s'ouvrent sans se casser ?"

Il sourit, petit.

"Il y a des gens qui savent faire… des choses fines."

June s'approcha des barreaux.

"Je n'aime pas les devinettes. Où est l'argent ?"

Silas fit rouler une pièce entre ses doigts. June fronça les sourcils : cette pièce n'était pas à lui, elle portait le symbole de la banque.

"Tu l'as gardée en souvenir," dit June. "Et tu veux qu'on te supplie."

Silas haussa les épaules.

"Je peux parler. Mais j'aimerais… sortir un peu. L'air de la nuit, vous comprenez."

June posa ses deux mains à plat sur le bureau.

"Je comprends surtout que tu essaies de gagner du temps. Alors voilà le marché : tu parles, maintenant. Sinon, demain, tu parleras au juge. Et lui, il n'a pas beaucoup d'humour."

Silas hésita. Derrière sa façade, il avait peur. Pas de June. De quelqu'un d'autre.

"Ce n'est pas moi," lâcha-t-il enfin. "C'est la bande de Rook. Ils ont un repaire au canyon aux pierres rouges. Ils m'ont dit : ‘Tu fais diversion en ville, et nous on prend le coffre.'"

June inspira. La bande de Rook… des voleurs connus pour ne pas aimer les témoins.

"Pourquoi tu m'aiderais ?" demanda-t-elle.

Silas baissa les yeux.

"Parce qu'ils vont me laisser tomber. Et… parce que j'en ai marre de courir. Ça donne faim."

June eut un petit rire, malgré elle.

"Ça, c'est la phrase la plus honnête que tu aies dite."

Elle prit sa décision. Elle ne pouvait pas laisser la paie d'un ranch disparaître. Les gens avaient travaillé dur. La justice sur la rue, ce n'était pas que des étoiles et des grands mots : c'était du pain, des bottes, des familles.

June sortit, siffla Biscuit, et attrapa sa lanterne et une corde.

M. Phelps cligna des yeux.

"Tu vas y aller seule ?"

"Je vais y aller vite," répondit June. "Et je vais y aller malin."

Le ciel était plein d'étoiles, et la plaine s'ouvrait comme un océan noir. Biscuit galopait, ses sabots frappant la terre sèche. Le vent fouettait la veste de June, lui piquait les yeux, mais elle tenait bon.

Au loin, les pierres rouges du canyon se dressaient, comme des dents géantes.

Chapitre 4 : Le piège du canyon

June descendit de cheval avant l'entrée du canyon. Ici, chaque bruit pouvait rebondir sur les rochers et prévenir les voleurs. Elle caressa l'encolure de Biscuit.

"Chut. On va marcher comme des chats… des chats avec des bottes."

Biscuit souffla doucement, comme s'il riait.

June avança entre les roches. L'air était plus frais, et ça sentait la pierre chaude qui refroidit. Elle repéra une lueur, plus loin : un feu de camp.

Elle se glissa derrière un gros rocher et observa. Trois hommes étaient autour du feu. Un quatrième, plus grand, avec un manteau sombre, examinait un coffre ouvert. Rook. Même de loin, on voyait qu'il commandait : il parlait peu, mais tout le monde l'écoutait.

June remarqua une chose importante : derrière eux, une vieille carriole était prête, attelée. Ils allaient partir bientôt.

Elle réfléchit. Se jeter sur quatre hommes, c'était du courage… mais pas de l'intelligence. Elle devait les ralentir, les forcer à faire une erreur, puis récupérer l'argent.

Son regard tomba sur une pile de caisses près d'un passage étroit. Et sur une corde qui tenait une bâche au-dessus, comme un petit toit de fortune.

June eut une idée. Une idée un peu risquée, un peu folle… mais c'était souvent comme ça dans l'Ouest.

Elle attacha sa propre corde discrètement à la bâche, puis passa l'autre bout derrière le rocher, près d'elle. Ensuite, elle prit une pierre et la lança de l'autre côté du camp.

La pierre fit "CLAC !" sur la roche.

"Qu'est-ce que c'était ?" grogna un bandit.

Rook leva la main. Les autres se figèrent.

June retint son souffle. Elle entendait son cœur. Elle avait envie de reculer, de retourner en ville, de laisser quelqu'un d'autre s'en charger. Mais elle pensa au convoyeur, à la dame aux tartes, aux Tanner qui attendaient leur paie. Elle serra les dents.

Un bandit s'avança vers le bruit, fusil en main. Puis un deuxième. Puis un troisième.

Rook resta près du coffre, méfiant.

June attendit qu'ils soient juste au bon endroit. Puis elle tira d'un coup sec sur la corde.

La bâche se décrocha, emportant avec elle les caisses, qui dégringolèrent dans le passage étroit avec un vacarme énorme : BOUM ! CRAC ! BANG !

"Piège !" hurla quelqu'un.

Dans la confusion, June bondit vers le coffre. Rook la vit et sortit son revolver.

"Shérif !" cracha-t-il. "T'es loin de ta rue."

June courut, attrapa une sacoche remplie de billets et la jeta sur son épaule. Rook tira. La balle siffla près de son chapeau et fit sauter un éclat de pierre.

June plongea derrière le coffre, haletante.

"Je préfère ma rue," cria-t-elle. "Mais c'est vous qui l'avez salie !"

Rook s'approcha. June savait qu'elle ne pouvait pas gagner un duel à découvert, pas à cette distance.

Alors elle fit ce qu'on n'attendait pas : elle parla.

"Rook ! L'argent, c'est une paie. Pas un trésor de roi. Vous allez voler des familles entières."

Rook ricana.

"Les familles ne tirent pas plus vite que moi."

June ferma les yeux une fraction de seconde, puis se releva d'un coup… du côté opposé. Elle lança sa lanterne vers le feu. Les flammes montèrent, avalant une couverture grasse. Une fumée épaisse roula.

"Ça brûle !" cria un bandit, pris de panique.

Rook recula, surpris. June profita de l'instant, sauta sur la carriole et donna une claque sur la croupe du cheval attelé.

"Hue !"

Le cheval partit d'un bond. La carriole grinça, les roues sautèrent sur les cailloux.

"Attrapez-la !" rugit Rook.

June entendit des pas derrière elle, des jurons, des tirs qui claquaient contre la roche. La fumée la piquait, mais elle tenait la sacoche contre elle.

À l'entrée du canyon, Biscuit l'attendait, fidèle. June sauta de la carriole, grimpa sur Biscuit d'un seul mouvement et accrocha la sacoche à la selle.

"On rentre à la maison !" souffla-t-elle.

Biscuit partit au galop, avalant la nuit.

Chapitre 5 : La justice sur la rue et la cloche

À l'aube, Coyote Gulch se réveilla avec une brise fraîche. June entra en ville couverte de poussière, les yeux cernés, mais droite sur sa selle.

Les habitants sortirent sur les porches.

"June !"

"Elle est revenue !"

"Elle a l'air d'avoir dormi dans un sac de cailloux !"

June mit pied à terre devant la banque. M. Phelps accourut, suivi du directeur, pâle comme de la farine.

June posa la sacoche sur le comptoir.

"Comptez."

Le directeur ouvrit, les mains tremblantes. Les billets étaient là. Pas un de moins.

Un murmure de soulagement traversa la pièce, comme une vague.

Le convoyeur de la veille leva son chapeau.

"Merci, shérif."

June secoua la tête.

"Remercie surtout l'honnêteté. Ça fait parfois mal au début, mais ça remet les choses à leur place."

À ce moment-là, deux ranchers entrèrent en traînant un homme ligoté : Silas Crowe. Il avait tenté de s'enfuir pendant la nuit, mais s'était pris les pieds… dans la corde d'un puits. Il avait l'air furieux et plein de terre.

June le regarda.

"Tu voulais encore courir ?"

Silas soupira.

"Je suis mauvais en… nœuds."

June répondit, sans méchanceté :

"Alors tu vas apprendre. En prison, on a beaucoup de temps pour ça."

Elle se tourna vers tout le monde.

"Écoutez bien. On peut être pauvre, fatigué, ou avoir peur… mais on n'a pas besoin de mentir et de voler. Si on veut une rue juste, on se serre les coudes, on parle vrai, et on aide ceux qui trébuchent à se relever. Pas à tomber plus bas."

La dame aux tartes s'approcha, un panier dans les bras.

"Je ne veux pas deux tartes. Je veux que vous en preniez une. C'est… la tarte du courage."

June rougit.

"Je… je ne dis jamais non à une tarte."

Les gens rirent. Même Biscuit sembla sourire, en mâchouillant tranquillement.

June sortit sur le perron de la banque. Le soleil montait, doré, et faisait briller la rue comme si elle avait été balayée.

Alors June leva la main vers la corde de la grande cloche, celle qui servait aux annonces et aux urgences. Elle la tira.

La cloche sonna, claire et forte, roulant au-dessus des toits, traversant la poussière, filant vers les collines.

DONG… DONG… DONG…

Et dans ce son, Coyote Gulch entendit une chose simple : aujourd'hui, la justice tenait bon sur la rue.

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Le quizz : as-tu bien compris l'histoire ?

Abreuvoir
Récipient où l'on met de l'eau pour que les animaux boivent.
Cow-girl
Fille qui monte à cheval et aide au travail avec le bétail.
Crosse
Partie arrière d'une arme à feu que l'on appuie contre l'épaule.
Revolver
Petit pistolet à la tête ronde qui contient plusieurs balles.
Diversion
Action qui détourne l'attention pour cacher ce qui se passe.
Sangle
Courroie qui sert à fixer une selle ou à attacher un objet.
Bâche
Grande toile résistante utilisée pour couvrir ou protéger quelque chose.
Carriole
Petit chariot à roues tiré par un cheval ou un bœuf.
Attelée
Qui est attaché à un animal pour tirer un véhicule ou une charge.
Galop
Vitesse rapide d'un cheval, avec quatre temps de foulée.
Lanterne
Lampe portative qui protège la flamme ou la lumière.
Paie
Argent que reçoivent les travailleurs pour leur travail.

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