Chapitre 1 : Un matin doux chez les lapins
C'était le matin de la Saint-Valentin et au creux d'un terrier tout douillet, Pompom le petit lapin sautillait déjà. Son pelage gris clair brillait doucement à la lumière qui filtrait par l'entrée du terrier. Il reniflait l'air comme s'il pouvait sentir l'odeur du bonheur.
Dans la cuisine, maman Lapin préparait des tartines à la confiture de fraise. Pompom, les moustaches pleines de malice, attrapa sa tartine et demanda :
— Maman, tu sais ce que je vais faire aujourd'hui ?
— Une cabriole ? suggéra maman Lapin en souriant.
— Non, mieux que ça ! Je vais faire une affiche pour la Saint-Valentin ! Une vraie affiche, toute belle, pour dire à tout le monde combien je les aime.
Maman Lapin tapota l'oreille de Pompom avec tendresse.
— Quelle belle idée, mon trésor. Une affiche, ça va illuminer la journée de nos voisins.
Tout excité, Pompom finit son petit-déjeuner en deux bouchées. Il pensait déjà à toutes les couleurs et aux mots gentils qu'il allait utiliser. Il attrapa son petit sac, mit quelques crayons, des feutres et deux feuilles cartonnées, puis fila dehors, le cœur léger.
Chapitre 2 : Un projet plein de couleurs
Dans la clairière, le soleil jouait avec les feuilles et dessinait des motifs sur l'herbe. Pompom s'installa sous un vieux chêne, là où la lumière était parfaite pour dessiner. Il sortit ses crayons, mais, hésitant, il se gratta la tête.
— Qu'est-ce que je vais écrire ? marmonna-t-il. Joyeuse Saint-Valentin !… Non, c'est trop simple.
Une petite voix le fit sursauter. C'était Mireille la coccinelle, toujours curieuse.
— Tu fais quoi, Pompom ?
— Je veux faire une affiche pour dire aux amis combien je les aime.
— Oh, c'est trop mignon ! Moi, j'aime bien quand on me dit que mes pois sont jolis, dit Mireille en rougissant un peu.
Pompom eut une idée.
— Je vais écrire que chacun est spécial à sa façon !
Il se mit à dessiner : un écureuil sautant d'une branche, un hérisson tout rond, et une grenouille qui fait la course avec une sauterelle. Il ajouta des petits cœurs, des fleurs, et même un soleil qui sourit.
Mireille observa le dessin.
— Tu ne pourrais pas mettre aussi une coccinelle ? demanda-t-elle timidement.
— Bien sûr ! répondit Pompom en riant. Regarde, je te fais avec des pois encore plus rouges que la confiture de fraise !
Ensemble, ils admirèrent l'affiche. Les couleurs dansaient, les personnages semblaient vivants. Mais il manquait encore quelque chose.
Chapitre 3 : Des amis, des idées et des rires
Pompom décida de montrer son affiche à ses amis pour avoir leurs avis. Il commença par Iggy le hérisson, qui venait juste de finir sa sieste.
— Coucou Iggy ! Regarde mon affiche pour la Saint-Valentin !
Iggy ajusta ses lunettes et observa.
— Oh, tu m'as dessiné avec mes piquants tout ébouriffés ! s'exclama-t-il en riant. C'est super. Mais tu pourrais dire que c'est joli aussi d'être différent, même avec des piquants.
Pompom ajouta en grosses lettres : « Chacun est unique, et c'est ça qui est beau ! »
En chemin, il croisa Lili la grenouille, qui sauta de joie en voyant qu'elle figurait sur le dessin.
— Moi, j'aime mes grandes pattes, elles me servent à bondir partout ! Tu pourrais écrire : “On s'amuse mieux quand on est différents.”
Pompom réfléchit, puis ajouta cette phrase sous un cœur géant.
Bientôt, tous les amis de la forêt vinrent voir l'affiche. Chacun proposa une idée, ou un petit dessin à ajouter : un papillon bleu, une abeille qui butine, même un ver de terre tout timide demanda à être dessiné.
— Merci Pompom, dit le ver de terre, un peu gêné. On oublie souvent que je suis là…
— Mais non ! Tu es un super creuseur de galeries ! répondit Pompom. Tu fais partie de la bande, toi aussi.
À la fin, l'affiche était couverte de dessins, de petits mots gentils, de couleurs et de sourires.
Chapitre 4 : L'affiche des cœurs joyeux
L'après-midi, Pompom et ses amis accrochèrent l'affiche à l'arbre central de la clairière. Tout le monde put la voir : les lapins, les oiseaux, les mulots, et même le vieux blaireau, qui portait ses lunettes pour mieux lire.
Sous le soleil doré, l'affiche brillait. On pouvait lire :
« Joyeuse Saint-Valentin ! Ici, chacun compte. On s'aime comme on est, avec nos différences et nos qualités. »
Une, deux, puis dix paires d'yeux s'illuminèrent. Les animaux s'approchèrent, se reconnurent sur le papier, et s'échangèrent des mots doux.
— Oh, regarde, c'est moi ! dit la mésange, toute fière.
— Et moi aussi, j'ai un cœur à côté de mon museau, s'amusa le mulot.
Chacun se sentait important, entouré, aimé. Les amis riaient, se taquinaient gentiment, se complimentaient. Jamais la clairière n'avait été aussi vivante.
Pompom, assis sous l'arbre, regardait son affiche, le cœur gonflé de joie. Il se dit que les mots doux, ce n'était pas seulement pour la Saint-Valentin. C'était tous les jours qu'on pouvait se dire qu'on s'aimait bien.
Chapitre 5 : Le retour au terrier, tout en douceur
Le soleil commençait à se coucher, et l'air devenait frais. Pompom rangea ses crayons, salua ses amis, puis s'en retourna lentement vers son terrier. Il pensa à sa journée en sautillant sur le chemin.
En arrivant, il retrouva maman Lapin.
— Alors, mon créateur d'affiche, comment s'est passée ta Saint-Valentin ? demanda-t-elle en versant du chocolat chaud dans une tasse.
— C'était la plus belle de toutes, répondit Pompom. Tous les amis se sont sentis spéciaux grâce à l'affiche. Même le ver de terre ! Et on s'est dit plein de gentillesses.
Maman Lapin le serra dans ses bras.
— Je suis très fière de toi, mon petit cœur. Tu sais, ce sont les petits gestes qui rendent la vie plus belle.
Pompom ferma les yeux, tout réchauffé par le chocolat et l'amour de sa maman. Il pensa qu'il ferait une affiche chaque année, ou même chaque fois qu'il en aurait envie. Parce qu'au fond, il n'y a pas de jour spécial pour dire aux autres qu'on les aime et qu'ils sont uniques.
Alors, blotti dans son terrier, Pompom s'endormit avec un sourire, emportant avec lui la douce lumière de la Saint-Valentin et la joie d'avoir partagé des mots gentils… tout simplement.