Chapitre 1 : La grande idée de Plumie
Dans la clairière ensoleillée du Bois de la Lune, Plumie sautillait sur ses pattes rebondies, le sourire aux lèvres et les moustaches frétillantes. Aujourd'hui, c'était un jour spécial : Plumie avait exactement sept ans et demi (et un quart, mais qui compte ?). Pourtant, cette année, Plumie avait décidé de tout organiser tout seul. Après tout, qui mieux que lui savait ce qu'il aimait ?
Plumie tira un grand carnet rayé de sa poche. Il y avait écrit, en lettres colorées : « Liste super secrète pour la fête géniale de Plumie ». Il lut à voix haute, en se dandinant :
— Des ballons qui volent (mais pas trop haut, sinon ils s'envolent pour de vrai).
— Des gâteaux à la fraise, à la myrtille… et à la carotte (pour la surprise).
— Des jeux rigolos, surtout la course en sac et le cache-cache-chapeau.
— Des copains et de la famille, et même la cousine Flapi qui chante fort.
Plumie gonfla ses joues et souffla, tout fier. Il était prêt ! Mais il fallait tout préparer, et vite, car les invités allaient bientôt arriver.
Il commença par accrocher des guirlandes entre les branches du grand chêne. Les guirlandes étaient faites de feuilles colorées, de fleurs et de bouts de laine arc-en-ciel. Il grimpa, il sauta, il s'emmêla un peu les pattes, mais à la fin, tout le jardin ressemblait à une fête magique.
Soudain, Plumie entendit un bruit derrière le buisson.
— Coucou, Plumie !
C'était son meilleur ami, Filou, le petit écureuil malicieux.
— Tu fais quoi, tout seul ?
— Je prépare ma fête d'anniversaire ! Viens m'aider, on va rigoler !
Filou sauta de branche en branche, et ensemble, ils installèrent les tables en rondins, les coussins moelleux, et les assiettes à pois.
Plumie était content, mais il restait tant à faire !
— Et les gâteaux, Filou ?
— On va les chercher chez Mamie Noisette ! répondit Filou, tout excité.
Ils partirent en courant, laissant derrière eux un jardin prêt à accueillir la plus belle fête du Bois de la Lune.
Chapitre 2 : Des gâteaux et des surprises
Mamie Noisette habitait dans une souche creusée, juste à côté du grand ruisseau. Elle avait déjà préparé des gâteaux qui sentaient bon dans toute la forêt. Il y en avait des ronds, des carrés, des tout petits et même un en forme de feuille géante.
— Oh, vous voilà, mes petits ! s'exclama Mamie Noisette en agitant une cuillère en bois.
Plumie s'approcha, les yeux brillants.
— Tu as fait le gâteau à la carotte ?
— Bien sûr, et j'ai même ajouté un peu de confiture de groseille, pour surprendre tes invités !
Plumie et Filou empilèrent les gâteaux dans une grande boîte à pois. Mais au moment de repartir, une pluie fine commença à tomber.
— Oh non ! s'écria Plumie. La fête va être toute mouillée !
— Ne t'inquiète pas, répondit Mamie Noisette en souriant. J'ai une idée !
Elle leur tendit un grand parapluie magique, orné de paillettes et de grelots.
— Ce parapluie repousse la pluie, mais il attire les chansons ! Faites attention, vous risquez d'entendre Flapi chanter encore plus fort !
Plumie éclata de rire et remercia Mamie Noisette. Avec le parapluie au-dessus d'eux, ils rentrèrent en sautillant, sans se soucier des gouttes qui dansaient autour.
De retour au jardin, la pluie s'arrêta aussi vite qu'elle était venue. Les premiers invités arrivaient déjà. Il y avait Lila la coccinelle, Gaston le hérisson, et même Pépé Plume, le plus vieux hibou du bois.
Plumie accueillit chacun avec un grand câlin (ou une poignée de pattes, selon les préférences). Il posa les gâteaux sur la table, rangea le parapluie magique, et invita tout le monde à s'installer.
Soudain, un cri joyeux retentit :
— JOYEUX ANNIVERSAIRE, PLUMIE !
C'était Flapi, la cousine qui chantait si fort qu'on aurait dit une fanfare. Tout le monde applaudit, même les papillons qui passaient par là.
Chapitre 3 : Les jeux qui dérapent
Après les chansons (et un mini-concert de Flapi), Plumie annonça le début des jeux.
— Qui veut faire la course en sac ?
Tout le monde leva la main, même Pépé Plume qui n'avait pas couru depuis cent ans.
Les sacs étaient grands, colorés et rebondissants. Plumie donna le signal :
— Prêts, partez !
Et c'était parti pour une course folle ! Lila la coccinelle roulait plus qu'elle ne sautait. Filou zigzaguait, essayant de doubler tout le monde. Plumie bondissait tellement haut qu'il atterrit dans un buisson de framboises.
— Oups ! fit-il en riant, la tête couverte de feuilles.
Tout le monde éclata de rire, et la course se transforma en bataille de coussins improvisée. Les plumes volaient, les rires résonnaient, et même Pépé Plume se retrouva avec un coussin sur la tête.
Ensuite, ce fut le tour du cache-cache-chapeau. Quelqu'un devait cacher le grand chapeau magique de Plumie, et les autres devaient le retrouver. Mais le chapeau, malicieux, avait décidé de jouer tout seul ! À chaque fois que quelqu'un s'approchait, il sautait et filait se cacher ailleurs.
— Ce chapeau est plus malin qu'un lapin, s'exclama Gaston, en fouillant derrière un arbre.
Finalement, c'est Flapi qui le trouva, perché au sommet du grand chêne.
— Hourra ! cria-t-elle, et le chapeau descendit en voletant pour se poser sur la tête de Plumie.
— Bravo, Flapi ! s'écria Plumie, tu gagnes un morceau de gâteau à la carotte-groseille !
L'après-midi passa vite, entre les jeux, les histoires et les chatouilles. Mais un petit imprévu attendait encore Plumie…
Chapitre 4 : La magie des petits bonheurs
Alors que tout le monde s'installait autour de la table pour souffler les bougies, Plumie s'aperçut qu'il avait oublié… les bougies ! Catastrophe ! Comment allait-il faire un vœu sans bougies ?
Il sentit son museau picoter, les larmes n'étaient pas loin. Mais ses amis ne le laissèrent pas longtemps triste.
— On va t'aider, Plumie ! dit Filou.
— On peut fabriquer des bougies avec des fleurs et des petits bâtons, proposa Lila.
— Ou alors, on fait semblant, et on souffle tous ensemble très fort ! rigola Gaston.
Soudain, Pépé Plume s'envola et revint avec une poignée de lucioles.
— Voilà des bougies magiques, lança-t-il.
Les lucioles se posèrent autour du gâteau, illuminant la table d'une lumière dorée. Tout le monde se mit à chanter, même les grenouilles du ruisseau.
Plumie ferma les yeux, fit un vœu très secret (il espérait que la fête dure toute la nuit), et souffla de toutes ses forces. Les lucioles s'envolèrent en dessinant des étoiles dans le ciel.
Après le gâteau, il y eut des cadeaux rigolos : un sifflet en noisette, une écharpe à pois, un livre d'histoires magiques. Mais le plus beau cadeau, c'était tous ces sourires réunis dans le jardin.
Le soleil se coucha tout doucement, et les invités commencèrent à partir, un à un, en promettant de revenir l'année prochaine.
Plumie resta un moment, assis sous le grand chêne, le cœur rempli de bonheur. Il pensa à tous les petits imprévus de la journée : la pluie, le chapeau farceur, les bougies oubliées… et il se dit que, finalement, c'était ce qui avait rendu sa fête encore plus magique.
Filou s'approcha, un morceau de gâteau à la main.
— Tu sais, Plumie, c'était la meilleure fête du Bois de la Lune !
— Oui, répondit Plumie en souriant, surtout parce que je l'ai partagée avec vous.
Et, dans la lumière des lucioles, Plumie se promit de ne jamais oublier que les plus belles surprises sont celles qu'on partage avec ceux qu'on aime.