Chapitre 1 – Le mystère du terrain de sport
Léna, Zoé et Malika sortent de la cantine en courant.
C'est la récréation.
Elles adorent aller au grand terrain de sport, derrière l'école.
Le soleil brille.
L'herbe sent bon.
On entend les cris des enfants qui jouent au ballon.
— Vite, on va installer le parcours ! dit Léna.
Elles aiment inventer des jeux avec les plots orange et les cerceaux.
Mais quand elles arrivent près du cabanon en bois, elles s'arrêtent net.
La porte du cabanon est grande ouverte.
À l'intérieur, c'est… le bazar.
Les cordes à sauter sont par terre.
Les cerceaux sont renversés.
Les ballons sont empilés de travers.
Et surtout…
— Où sont les plots ? demande Malika.
Sur l'étagère du bas, la grande caisse de plots orange a disparu.
— Oh oh… murmure Zoé.
Elle plisse les yeux.
Elle adore observer les détails, comme une détective.
— Il y a un mystère, dit Léna doucement.
— Une enquête ! ajoute Malika avec un petit sourire.
Elles se regardent toutes les trois.
— Notre bande s'appelle comment, déjà ? demande Zoé.
— Les Enquêtrices du Terrain, répondent Léna et Malika en chœur.
Léna se tient bien droite.
Elle déteste le désordre.
Elle ramasse déjà une corde à sauter pour la ranger.
— Pour bien enquêter, tout doit être net, dit-elle.
Elle remet les choses à leur place pendant que les deux autres regardent autour du cabanon.
Et toi, tu as vu quelque chose d'étrange ?
Imagine le cabanon : une petite maison en bois, une porte un peu tordue, de la terre au sol.
Est-ce que tu vois un indice dans ta tête ?
Zoé repère une petite trace marron sur la porte.
— On dirait de la boue, dit-elle.
Malika pointe le sol.
— Et là, des traces de chaussures ! On les suit ?
— Oui, mais calmement, dit Léna. On écoute aussi ce que disent les autres.
Les trois filles s'avancent, très sérieuses.
L'enquête commence.
Chapitre 2 – Les indices secrets
Les traces de boue vont du cabanon jusqu'au terrain de foot.
Des enfants jouent déjà avec un ballon.
— Excusez-moi, dit Léna poliment à un grand garçon.
— Oui ? répond-il.
— Tu as vu quelqu'un près du cabanon, tout à l'heure ?
Le garçon réfléchit.
— Euh… j'ai vu une petite avec des couettes, et un sac à dos rouge. Elle courait avec quelque chose d'orange dans les bras.
— Merci, dit Léna.
Malika chuchote :
— Une petite avec un sac rouge… Ce n'est pas dans notre classe.
— On continue, propose Zoé.
Elles suivent encore les traces.
Elles s'arrêtent près du panier de basket.
Là, les marques de boue disparaissent.
— Mince, fait Malika. On a perdu la piste.
— On n'a pas tout perdu, dit Zoé. Regarde !
Sous le banc, il y a un papier plié.
Zoé le prend délicatement.
— C'est peut-être un indice, dit-elle.
Léna ouvre le papier.
Dedans, il y a un dessin très simple :
Un ballon.
Une pomme.
Un nid.
Un dé.
Une étoile.
Rien d'autre.
Les trois filles se regardent.
— C'est un code, chuchote Zoé, les yeux brillants.
— Un code ? répète Malika.
— Oui. Il faut sûrement trouver un mot caché.
Et toi, tu as une idée ?
Regarde bien ces mots dans ta tête :
Ballon, Pomme, Nid, Dé, Étoile.
— Peut-être que… commence Léna.
Elle parle lentement, pour bien réfléchir.
— Peut-être qu'il faut prendre la première lettre de chaque mot.
Elle montre du doigt sur le papier.
— B comme Ballon.
— A comme Pomme… ah non… Pomme, ça commence par P, dit Malika.
— Attends, dit Zoé. On va dire les mots dans l'ordre, très fort.
Les trois filles disent ensemble :
— Ballon ! Pomme ! Nid ! Dé ! Étoile !
Puis elles ne disent que la première lettre de chaque mot.
— B… P… N… D… É…
Elles froncent les sourcils.
Et toi, est-ce que ça te fait penser à un mot ?
Est-ce que tu veux essayer une autre idée ?
Zoé tape doucement son front.
— J'ai peut-être compris, dit-elle. Et si, dans la tête de la personne, “pomme” commençait par A, comme dans “apomme”… Elle ne sait pas encore écrire parfaitement.
Léna prend son doigt et écrit en l'air :
Ballon → B
Pomme (comme A-pomme) → A
Nid → N
Dé → D
Étoile → E
— B A N D E… lit Malika.
— BANDE ! s'écrie Zoé.
— Notre bande ! souffle Léna. C'est pour nous !
— Donc, quelqu'un a écrit “BANDE” pour nous parler, dit Malika.
— Une petite avec un sac rouge, qui ne sait pas encore bien écrire, pense Zoé à voix haute.
— On doit l'écouter, si elle veut nous dire quelque chose, ajoute Léna.
Elles regardent autour d'elles.
Sur le banc d'à côté, une petite fille aux couettes, avec un sac rouge, joue seule avec un petit sifflet en plastique.
Chapitre 3 – Le secret des plots disparus
Les trois enquêtrices s'approchent doucement.
— Bonjour, dit Léna avec un sourire.
— Bonjour, répond la petite, un peu timide.
— Moi c'est Léna, et voici Zoé et Malika. On est… une bande d'enquêtrices.
— Moi, je m'appelle Inès, murmure la petite.
Zoé sort le papier.
— Est-ce que c'est toi qui as laissé ce dessin ?
Inès rougit.
— Oui… Je voulais vous parler… mais j'avais peur. Alors j'ai fait un code.
— Il est super, ton code, dit Malika. On l'a trouvé !
— Vraiment ? demande Inès, les yeux écarquillés.
— Oui, répond Zoé. On a compris “BANDE”. Comme une bande d'amies.
Inès sourit un peu.
— En fait, j'ai pris les plots pour faire un terrain de foot spécial pour ma… pour ma peluche, là-bas, dit-elle en montrant un coin du terrain. Mais après… j'avais un peu honte. J'ai tout laissé là-bas.
— Tu voulais jouer, explique doucement Léna. Tu aurais pu nous le dire. On t'aurait aidée.
— J'avais peur que vous criez, murmure Inès.
Léna secoue la tête.
— Dans notre bande, on écoute. On ne crie pas. On discute, on explique.
— Et on range, ajoute Malika en riant.
Elles vont toutes les quatre vers le coin du terrain.
Les plots sont là, en cercle, comme un mini-stade.
La peluche d'Inès, un petit lapin, est au milieu.
— C'est joli, dit Zoé. Tu as de bonnes idées.
— On peut t'aider à tout remettre en ordre, propose Léna. Après, on pourra jouer toutes ensemble.
Inès lève les yeux.
— Vraiment ?
— Bien sûr ! répondent les trois filles.
Elles se partagent la tâche.
Léna remet les plots dans la caisse, bien alignés.
Zoé vérifie qu'il ne reste rien dans l'herbe.
Malika porte la caisse jusqu'au cabanon avec Inès.
— Tu sais, dit Malika, si tu veux, tu peux venir jouer avec nous sur le terrain.
— Même quand vous faites vos enquêtes ? demande Inès.
— Surtout quand on fait nos enquêtes, répond Zoé. Tu es très forte en codes.
La cloche de fin de récréation ne sonne pas encore.
Les filles décident d'un petit pique-nique rapide à côté du terrain.
Elles s'assoient en rond sur l'herbe.
Chacune sort quelque chose de son sac.
Léna a une pomme coupée en morceaux.
Zoé a un petit sandwich au fromage.
Malika a des bâtonnets de carotte.
Inès a deux petits biscuits.
— On partage ? propose Léna.
— Oui ! répondent les trois autres.
Elles échangent tout, en riant.
Leur repas est simple, mais il a le goût de la victoire.
— Alors, résume Zoé, notre enquête nous a appris trois choses :
Elle lève un doigt.
— Un : il faut regarder les indices.
Deux doigts.
— Deux : il faut réfléchir aux codes.
Trois doigts.
— Trois : il faut écouter les autres.
— Et ranger ! ajoute Léna en rigolant.
Inès serre son petit lapin contre elle.
— Merci de m'avoir écoutée, dit-elle.
— C'est normal, répond Malika. Dans notre bande, on s'écoute toujours.
Le soleil commence à baisser doucement.
Les filles terminent leurs bouchées de pomme, de sandwich, de carotte et de biscuit.
L'enquête des plots disparus est finie.
Le terrain de sport est redevenu tout propre.
Et maintenant, les Enquêtrices du Terrain ont une nouvelle amie dans leur bande.