Chapitre 1
C'était la veille de Noël. La neige tombait en petits flocons doux comme du sucre. Dans sa maison, un petit garçon de six ans préparait son manteau bleu. Il avait les joues rouges et le nez froid. Sur la patère, une écharpe à rayures attendait. La famille décorait le salon de guirlandes dorées.
Un petit bruit fit tilt. Une clochette brillante apparut sur la manche du manteau. Elle était légère et ronde. Elle tintait doucement quand on la bougeait. Le garçon ne l'avait pas mise. Un Lutin Farceur, tout petit et malicieux, s'était glissé comme un souffle de vent. Il avait accroché la clochette, amovible, avec un ruban rouge.
La clochette devint un secret. Chaque fois que le garçon marchait, elle chantait un petit air. Le Lutin Farceur observait depuis une étagère de biscuits, les yeux brillants comme deux étoiles. Il aimait voir les gens sourire et courir après les imprévus.
Chapitre 2
Dès le matin, la clochette provoqua des petites aventures. En entrant dans la cuisine, la sonnerie fit tomber une boîte de perles. Les perles roulèrent comme des gouttes de pluie sur la table. Le garçon rit. Il ramassa les perles et les versa dans une tasse. Ce n'était pas du tout un accident. Le Lutin aimait transformer le désordre en jeu.
Plus tard, la clochette tinta encore. Dans le salon, les chaussons glissèrent sur le tapis. Une chaussette trouva un ballon. Tout devint une piste de danse. Le garçon apprit à sauter par-dessus les chaussettes comme s'il franchissait des vagues. Il trouva cela drôle et fit des bonds de plus en plus hauts.
Puis vinrent de petites embêtements. Le sapin reçut un chapeau sur la tête qui n'était pas à sa taille. Le chat attrapa une guirlande et devint un ruban mignon. Un biscuit s'échappa de l'assiette et fit la course sur la table. Parfois le garçon fronçait les sourcils. Tout ce tohu-bohu semblait un peu trop.
Le Lutin Farceur souriait et tirait de nouvelles ficelles. Mais il ne voulait pas embêter pour embêter. Chaque bêtise cachait une bonne idée. Quand la guirlande se retrouva autour du chat, la famille cria de rire et se mit à inventer une histoire sur un chat qui voulait être étoile de Noël. Quand le biscuit fit la course, le garçon le rattrapa comme un trésor et apprit à partager la trouvaille avec sa petite sœur.
Un mini-rebondissement arriva. La clochette tomba du manteau et roula sous le canapé. Le garçon se lança à sa recherche. Il ramassa des cartes, un crayon, une chaussure perdue. Tout le monde se retrouva à fouiller sous le canapé comme des explorateurs. Le Lutin Farceur avait orchestré une chasse au trésor sans le dire. Le garçon trouva la clochette dernière, brillante comme une petite lune.
C'est alors qu'il eut une idée. Plutôt que de grogner quand quelque chose n'allait pas, il pourrait compter les jeux et les gestes gentils. Il prit un morceau de carton, des crayons et des autocollants étoiles. Il dessina un tableau. En haut, il écrivit « Points gentillesse ». À côté, il dessina une petite clochette pour le Lutin et un petit bonhomme pour lui.
Chapitre 3
Le système fut simple et joyeux. Quand quelqu'un aidait à ranger une guirlande, deux points. Quand on partageait un biscuit, trois points. Quand une bêtise se transformait en rire, un point pour le Lutin et un point pour le garçon. Le ruban de la clochette devint le chronomètre des petites missions. Le Lutin, étonné, accepta le jeu.
Les jours suivants, chaque farce apporta une occasion de gentillesse. La clochette tintait, le papier cadeau envolé devint un drapeau pour un bateau imaginaire. Les points montaient comme des flocons dans l'air. La petite sœur reçut une étoile d'autocollant pour avoir aidé à décorer. Le chat, habillé d'une guirlande, reçut un biscuit en récompense de sa patience.
Un autre rebondissement fit sourire. Un paquet important disparut. Oh non, tout le monde chercha. Le garçon suivit les petites traces de farine. Elles menèrent à la table où le Lutin avait construit une cabane avec des feuilles de calendrier. Le paquet était là, protégé par des petits soldats de papier. Le garçon comprit que même les bêtises pouvaient protéger des trésors. Il attribua beaucoup de points. Le Lutin rougit sous son chapeau.
La neige continua de tomber. La maison devint un théâtre de rires. Le tableau des Points gentillesse s'illumina d'étoiles. Chacun y portait son attention. La famille apprit à voir les farces comme des invitations. Au lieu de se fâcher, on cherchait la magie cachée dans le désordre.
La veille de Noël, le total fut compté. Le garçon et le Lutin avaient amassé un grand nombre d'étoiles. Ils collèrent les dernières étoiles sur le carton. Puis ils eurent une récompense douce. Une tasse de chocolat chaud, une petite part de gâteau, et une chanson sans paroles où tout le monde battait des mains.
Le Lutin Farceur prit la clochette et la posa délicatement sur la manche du manteau. Il la laissa amovible, au cas où le jeu voudrait continuer. Le garçon regarda la clochette et sentit son cœur chaud. Il comprit que les bêtises n'étaient pas méchantes. Elles étaient des chemins pour transformer le désordre en jeu et la surprise en lien.
Cette nuit-là, sous les guirlandes dorées et les flocons blancs, le garçon rêva de petites clochettes qui dansaient. Il savait maintenant qu'il pouvait compter les étoiles de gentillesse. Il savait aussi qu'un Lutin Farceur pouvait être un ami secret, qui aide à rendre la maison plus drôle et plus tendre.
Et au matin, quand les rires réveillèrent la maison, la clochette tinta une dernière fois, comme un doux au revoir et un bonjour à venir.