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Histoire de Médecin 11 à 12 ans Lecture 15 min.

La docteure Lina et la brigade du courage

Dans un cabinet chaleureux, la docteure Lina et son équipe écoutent, rassurent et soignent enfants et adultes en transformant chaque consultation en petite enquête bienveillante.

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Docteure Lina, médecin souriante aux cheveux bruns en chignon et blouse blanche, penchée vers un garçon nommé Sami assis sur la table d’examen, lui pose un stéthoscope dans le dos avec calme et bienveillance; l’assistante Élodie, jeune, cheveux attachés et tenue pastel, prend des notes sur une tablette à droite en souriant, la mère se tient derrière Sami la main sur son épaule, visage soulagé; cabinet médical chaleureux aux murs crème avec affiches d’hygiène, lampe diffuse, plante près de la fenêtre, boîte d’autocollants « courage » et matériel médical rangé; atmosphère calme, palette pastel, silhouettes simples et formes arrondies. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1

La sonnette du cabinet vibra comme un petit moustique pressé. Dans le couloir, l'odeur du gel hydroalcoolique se mêlait à celle du bois ciré, et les affiches colorées sur les murs chuchotaient des conseils: “Lave-toi les mains”, “Bois de l'eau”, “Bouge un peu chaque jour”.

La docteure Lina Morel ajusta son stéthoscope autour du cou. Elle était jeune, avec des cheveux attachés vite fait et des yeux très attentifs, comme si elle lisait les gens en version sous-titrée.

— Prête, Élodie? demanda-t-elle.

Élodie, l'assistante médicale, leva le pouce derrière l'écran de l'ordinateur.

— Prête. J'ai vérifié les rendez-vous, les vaccins à noter, et… j'ai même retrouvé les autocollants “courage” que tu croyais perdus.

— Sauvetage de haut niveau, dit Lina avec un sourire.

Sur le bureau, une boîte de mouchoirs attendait sagement, une lampe diffusait une lumière douce, et la plante verte près de la fenêtre avait l'air d'écouter aussi.

— Premier patient, annonça Élodie.

Lina inspira. Son travail, c'était un peu comme être mécanicienne du corps… mais avec une voix douce, des questions bien posées, et beaucoup de respect.

— Bonjour, entrez!

Un garçon de l'âge de Lina quand elle avait découvert que les aiguilles existaient (et qu'elles piquaient), s'avança en traînant légèrement les pieds. Il portait un sweat trop grand et une mine froissée.

— Salut, moi c'est Sami, marmonna-t-il.

Derrière lui, sa mère salua.

— Il tousse depuis trois jours, et il dit qu'il a “une montagne” dans la gorge.

Sami renifla.

— C'est pas une montagne… c'est un dragon.

Lina se pencha un peu, pour être à sa hauteur.

— Un dragon, carrément. On va faire équipe, toi et moi. Je vais mener l'enquête, et toi tu me dis tout, d'accord?

Sami haussa les épaules, mais on voyait qu'il aimait bien l'idée d'une mission.

Chapitre 2

Lina commença par ce qu'elle appelait “la discussion de détective”. Elle posa des questions simples, sans se presser.

— La toux, elle arrive plutôt la nuit ou la journée?

— La nuit… et aussi quand je rigole, répondit Sami, vexé d'avoir ri dans cette situation.

— Tu as eu de la fièvre?

— Un peu. Maman a dit que j'étais “tiède”.

— Et tu bois suffisamment?

— Je bois… quand j'y pense.

Élodie notait, rapide comme un crayon invisible.

Lina expliqua, en montrant un schéma sur son écran:

— Dans ton corps, il y a des “routes” pour l'air. Quand elles s'énervent à cause d'un microbe ou d'une irritation, tu tousses. La toux, c'est comme un balai: ça nettoie. Parfois, c'est juste un balai un peu trop motivé.

Sami plissa les yeux.

— Donc je suis pas en train de me transformer en dragon?

— Non, mais ton dragon intérieur fait du bruit, avoua Lina. On va voir s'il a besoin de repos, d'eau, ou d'un petit coup de pouce.

Elle se lava les mains soigneusement.

— Je vais t'ausculter. Ça veut dire écouter comment ton corps joue sa musique.

Elle posa le stéthoscope sur le dos de Sami.

— Inspire… souffle… encore.

Sami obéit, impressionné malgré lui.

Lina écoutait très sérieusement, comme si elle captait une station de radio. Puis elle regarda ses oreilles avec un otoscope, cette petite lampe qui fait croire qu'on va découvrir un trésor.

— Ça chatouille, dit Sami en riant malgré sa gorge.

— Parfait, répondit Lina. Un patient qui rit, c'est un patient qui respire.

Puis elle regarda sa gorge.

— Dis “aaah”.

— Aaaaaah… version dragon, dit Sami, en exagérant.

Lina rit.

— Je vois que ta gorge est rouge, mais pas de signe inquiétant. Tes poumons sont clairs. Je pense à un virus, un invité pas très poli, mais souvent il repart tout seul.

La mère de Sami souffla, soulagée.

— Donc pas d'antibiotiques?

Lina secoua la tête.

— Les antibiotiques servent contre les bactéries, pas contre les virus. Si on les utilise pour rien, ils deviennent moins efficaces. C'est comme appeler les pompiers pour un grille-pain qui fait “ding”.

Sami applaudit doucement.

— J'aime bien les exemples.

— Alors, on va faire simple: du repos, de l'eau, du miel si tu en prends, et on surveille. Si tu as du mal à respirer, si la fièvre monte beaucoup, ou si ça dure plus d'une semaine, vous m'appelez.

Élodie imprima une fiche de conseils, avec des pictos.

— Et on évite de partager les gourdes, ajouta-t-elle. Team prévention.

Sami hocha la tête, sérieux.

— Ok. Mission “chasser le virus”.

Chapitre 3

À peine Sami sorti, la sonnette bourdonna de nouveau. Lina avala une gorgée d'eau, puis attrapa un fruit sur la petite assiette du bureau: une pomme bien rouge, brillante comme une bille.

— Tu manges enfin, remarqua Élodie.

— Oui, sinon je vais soigner les autres en ayant faim, et je risque de diagnostiquer “panne de sandwich”, plaisanta Lina.

Elle croqua. Le “crac” de la pomme résonna comme un mini feu d'artifice. Ça lui donna un peu plus d'énergie, comme si son cerveau avait remis sa casquette de détective bien droite.

La porte s'ouvrit sur une dame âgée au sourire inquiet.

— Bonjour docteure. Je m'appelle Madame Dautry. J'ai… des vertiges. Et quand je me lève, j'ai l'impression que la pièce fait la toupie.

Lina se leva.

— Installez-vous. On va comprendre ensemble.

Elle ne se contenta pas de regarder un symptôme comme on regarde un panneau. Elle cherchait aussi le chemin derrière. Elle demanda:

— Depuis quand?

— Deux jours.

— Des douleurs? Des bourdonnements d'oreille? Une chute?

— Non… juste ce tourbillon.

Lina prit sa tension, calmement, avec le brassard qui serre comme un câlin un peu trop ferme.

— Votre tension est un peu basse. Vous buvez assez?

Madame Dautry hésita.

— Je… j'oublie. Je n'ai pas toujours soif.

Lina posa un verre d'eau devant elle.

— Votre corps, c'est comme une plante. Il ne parle pas avec des mots, mais il envoie des signaux. Les vertiges peuvent être un signal de “réservoir vide”. On va aussi vérifier l'équilibre de vos oreilles.

Élodie intervint:

— Vous prenez bien votre traitement comme d'habitude?

— Oui, répondit Madame Dautry, puis elle ajouta, gênée: sauf que j'ai doublé un comprimé hier… je croyais l'avoir oublié.

Lina ne gronda pas. Sa voix resta douce.

— Ça arrive. C'est pour ça qu'on travaille en équipe: vous, moi, Élodie… et même la boîte à pilules. On va trouver une méthode simple pour éviter les doubles doses.

Elle proposa un pilulier avec les jours, et une alarme sur le téléphone. Madame Dautry sourit, rassurée.

— Vous voyez, dit Lina, la médecine ce n'est pas seulement “donner un médicament”. C'est écouter, expliquer, et organiser la vie autour pour que ce soit plus facile.

Avant de partir, Madame Dautry prit le verre d'eau comme un trophée.

— Je vais m'entraîner à boire, promit-elle. Comme un sport.

— Exactement, dit Lina. Le sport de la petite gorgée.

Chapitre 4

La journée fila comme une bande dessinée qu'on tourne trop vite: une adolescente venue pour une entorse au poignet, un père inquiet parce que son bébé “respire bizarrement” (c'était juste un petit nez bouché, et Lina montra comment laver le nez doucement), puis un garçon qui avait peur des vaccins.

Ce dernier s'appelait Hugo, et il gardait ses bras croisés comme deux barrières.

— Je veux pas. Ça fait mal.

Lina s'assit en face de lui. Elle n'avait pas l'air pressée, comme si elle avait tout le temps du monde pour une peur.

— Tu as le droit d'avoir peur. Est-ce que tu veux savoir comment ça marche, exactement?

Hugo jeta un regard à sa mère, puis acquiesça.

Lina prit un petit modèle de seringue en plastique (sans aiguille) utilisé pour expliquer.

— Un vaccin, c'est comme une séance d'entraînement pour ton système immunitaire. Ton corps a des gardiens: ils s'appellent les défenses. Quand un vrai microbe arrive, les gardiens doivent déjà savoir à quoi il ressemble. Le vaccin leur montre une “photo” du microbe, sans le danger.

— Donc… c'est un faux méchant? demanda Hugo.

— Un méchant en carton, dit Lina. Juste assez pour que tes gardiens apprennent.

Élodie ajouta, en préparant le matériel:

— Et on fait ça proprement: on se lave les mains, on désinfecte, on vérifie le nom, la date, la dose. Rien n'est laissé au hasard.

Hugo regarda les gestes précis d'Élodie.

— Vous faites ça à deux?

— Souvent, oui, répondit Lina. Parce qu'une équipe, ça repère mieux les erreurs. Et ça rassure.

Elle proposa une technique:

— Tu préfères compter jusqu'à trois ou regarder ailleurs?

— Je veux… compter, dit Hugo, courageux.

— Un, deux, trois.

Il sursauta à peine.

— Déjà? demanda-t-il, étonné.

— Déjà, confirma Élodie en collant un petit pansement.

Hugo se redressa, fier comme s'il venait de gagner une partie difficile.

— En fait, c'était surtout mon imagination qui piquait.

— L'imagination a parfois des aiguilles géantes, dit Lina. Mais toi, tu viens de la rapetisser.

Chapitre 5

En fin d'après-midi, la lumière du cabinet devint plus dorée, comme si le soleil posait une couverture sur les meubles. Lina rangea quelques dossiers, puis s'arrêta devant la fenêtre. Dans la rue, les passants avaient l'air d'aller vers leur soirée, chacun avec son sac, ses pensées, ses petites urgences.

Élodie bailla discrètement.

— Grosse journée, dit-elle.

— Oui… mais une belle journée, répondit Lina.

La sonnette retentit une dernière fois. Un garçon entra en courant, accompagné de sa grande sœur. Il tenait sa main sur son coude.

— Il est tombé au skate, dit la sœur. Ça gonfle.

Lina le fit s'asseoir.

— Comment tu t'appelles?

— Nino, dit-il, les dents serrées.

— Sur une échelle de zéro à dix, la douleur, c'est combien?

— Six… et demi. Parce que je suis courageux, précisa Nino.

Lina examina doucement, palpa autour, demanda à Nino de bouger lentement.

— Je ne pense pas que ce soit cassé, mais on va vérifier si tu peux étendre le bras sans douleur trop forte. Si ça reste très douloureux ou si ça gonfle beaucoup, on ira faire une radio.

Elle prit une poche de froid.

— Ça, c'est pour calmer le “feu” de l'inflammation. L'inflammation, c'est ton corps qui envoie des ouvriers réparer. Ça chauffe et ça gonfle. Le froid, c'est comme un chef de chantier qui dit: “Pas besoin de courir partout, on se calme.”

Nino souffla, déjà soulagé.

Élodie expliqua à la sœur comment faire un bandage léger, et nota les signes qui doivent faire consulter rapidement.

— Vous voyez, dit Lina, la prévention ce n'est pas seulement éviter de tomber. C'est aussi savoir quoi faire juste après, et quand demander de l'aide.

Nino demanda, curieux malgré sa douleur:

— Et toi, docteure, tu sais tout?

— Non, répondit Lina. Je sais chercher, écouter, et travailler avec les autres. Et quand je ne sais pas, je demande: à un spécialiste, à un collègue, ou parfois… au patient, parce que c'est lui qui connaît le mieux son corps.

Nino la regarda comme si elle venait de dire un secret important.

— Donc on est tous un peu dans l'équipe.

— Exactement.

Chapitre 6

Enfin, le silence revint. Un silence pas vide: un silence rempli de choses faites avec soin. Lina ferma le dossier du jour, éteignit l'écran, et rangea le stéthoscope dans son tiroir comme on couche un petit animal fatigué.

Élodie passa un dernier coup de chiffon sur la table d'examen.

— Demain, on refait le même ballet, dit-elle.

— Oui. Avec d'autres musiques à écouter, répondit Lina.

Elles vérifièrent ensemble: les stocks de pansements, les vaccins au frigo médical, les dates, les ordonnances prêtes. Lina aimait ce moment-là: c'était moins visible que les consultations, mais tout aussi important. Un cabinet, c'est un peu comme une cuisine: si tout est bien rangé, on cuisine mieux quand ça chauffe.

Élodie baissa la lumière de la salle d'attente. Les chaises alignées semblaient soupirer de soulagement. Les affiches aux murs, maintenant dans la pénombre, avaient l'air de bâiller aussi.

Lina passa dans chaque pièce, ferma doucement les portes, comme on borde des chambres. Puis elle resta un instant dans l'entrée, à écouter le bâtiment. On entendait au loin une voiture, un chien, puis plus rien.

— Bonne nuit, cabinet, murmura-t-elle.

La lampe de bureau s'éteignit. Le cabinet s'endormit à son tour, tranquille, prêt à rêver de mains propres, de cœurs qui battent au bon rythme, et d'équipes qui se tiennent, même quand la nuit est douce et silencieuse.

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Le quizz : as-tu bien compris l'histoire ?

Stéthoscope
Instrument que le médecin pose sur la poitrine pour écouter le cœur et les poumons.
Gel hydroalcoolique
Produit liquide utilisé pour nettoyer les mains sans eau, il tue des microbes.
Ausculter
Écouter l’intérieur du corps avec un stéthoscope pour vérifier la santé.
Otoscope
Petit appareil avec une lumière pour regarder l’intérieur de l’oreille.
Antibiotiques
Médicaments qui tuent ou stoppent les bactéries, pas efficaces contre les virus.
Virus
Très petit microbe qui peut rendre malade et que les antibiotiques ne tuent pas.
Inflammation
Réaction du corps qui chauffe et gonfle quand il répare une blessure.
Pilulier
Boîte avec des compartiments pour organiser les médicaments par jour ou heure.
Prévention
Actions faites pour éviter que quelque chose de mauvais n’arrive.
Palpa
Terme pour dire qu’on a touché doucement avec la main pour sentir une douleur.
Pictos
Petits dessins ou icônes qui expliquent quelque chose sans beaucoup de mots.

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