Il était une fois un homme qui marchait lentement sous les arbres argentés. Ses pas faisaient chanter les feuilles. Le soleil jouait à cache-cache entre les branches. L'homme portait un manteau bleu comme la nuit douce. Dans son cœur brillait une petite lampe. Il aimait marcher seul, mais son cœur aimait plus encore aider.
Un matin, au bord d'un sentier, il trouva une graine qui brillait. Elle était petite comme un pois et claire comme une larme de lune. L'homme la prit dans sa main. La graine chauffait comme une bouillotte. Elle disait, sans parler, qu'elle savait faire de la lumière.
Il planta la graine dans un pot d'argile. Chaque soir, la graine allumait une petite lampe. La lampe éclairait la maison. Elle faisait une couleur douce, comme du miel. L'homme se couvait de cette lumière. Il la mit sur sa table. Il la tenait près de son cœur. Il aimait la lumière. Il aimait sa lampe.
Un soir de pluie, une petite fille passa devant sa fenêtre. Elle regarda la lampe et sourit. L'homme ouvrit la porte. "Bonjour", dit la fille. "Bonjour", dit l'homme. "Ta lampe est belle", dit la fille. "Elle me réchauffe les mains." L'homme sentit son cœur comme une pomme prête à tomber. Il hésita. Il avait peur de perdre sa lumière. Mais il vit la pluie sur les cheveux de la petite fille. Elle tremblait un peu.
L'homme prit la lampe. Il la posa sur la table entre eux. "Tiens", dit-il doucement. La lampe brilla plus fort. Un petit oiseau entra par la fenêtre. Il sauta sur la table. "Chante", dit l'oiseau. L'oiseau chanta. Sa chanson fit danser la lumière. La lumière devint une ronde. Elle fit des ombres comme des marionnettes. La fille rit. L'homme rit. Le rire fit pleuvoir des étoiles dans la pièce.
Chaque fois que quelqu'un approchait sa lampe, elle grandissait. Elle grandissait comme une fleur qui ouvre ses pétales quand on souffle dessus. Elle devenait une lanterne, puis une petite forêt de lampes. Les voisins vinrent. Les enfants vinrent. Les chats vinrent aussi et frottèrent leur tête contre les jambes des gens. "Partage", disait la lampe sans voix. "Partage, partage", répondaient les pas.
Un soir, la lampe devint si grande qu'elle ne tenait plus dans la maison. L'homme sortit avec sa lanterne comme un petit soleil dans ses mains. Il marcha dans le village. Il posa la lumière sur la place. Les maisons s'allumèrent comme des fleurs au matin. Les fenêtres devinrent des yeux souriants. Les gens se tinrent par la main. Ils se racontèrent des histoires, des petites histoires douces, des histoires qui tiennent au creux de la main.
"Tu vois", dit la fille au manteau rouge. "Ta lampe est belle, parce que tu la donnes." L'homme sentit alors que son cœur n'était plus seulement une maison pour sa lampe. Son cœur était un jardin. Chaque fois qu'il partageait, quelque chose poussait à l'intérieur. Une petite graine de joie. Une grande tige d'amitié. Une fleur lumineuse.
La nuit prit la place du ciel comme une couverture douce. La lumière continua de danser. Les gens chantèrent doucement. L'homme posa sa main sur la graine dans son pot. Elle brillait, tranquille, comme un secret heureux. Il sourit. Il savait maintenant le vrai pouvoir : partager fait grandir la lumière. Partager rend le monde chaud et brillant.
Et ils rentrèrent au chaud, les cœurs pleins de lumière. La graine resta dans sa maison, et chaque soir, elle donna un peu de lumière à tous. Et le village dormit, enveloppé d'une lueur tendre, comme un rêve qui ne finit jamais.