Chargement en cours...
Histoire de chevalier 9 à 10 ans Lecture 8 min.

La lettre scellée de l’aube, ou le courage pas à pas

Le chevalier Soran parcourt vallées et ponts pour livrer une lettre scellée destinée à sceller la paix, affrontant épreuves et tentations qui mettront son honneur à l’épreuve.

Télécharger cette histoire en PDF

Idéal pour partager ou imprimer cette histoire !

Télécharger l'e-book (.epub)

Lisez cette histoire sur votre liseuse électronique

Un chevalier d'environ 30 ans, calme et déterminé, visage pâle barbu, armure usée et cape brun-rouge, presse une matrice d'argile sur une goutte de cire rouge chaude déposée sur une lettre parchemin, mains un peu couverts de suie; un moine d'environ 60 ans, visage ridé et robe claire en lin, assis à gauche avec un petit moule en argile, sourit discrètement en se penchant vers lui; par la fenêtre ouverte, une jument nommée Plume à l'encolure grise, oreilles dressées, est attachée à un anneau de pierre et regarde à l'intérieur; scriptorium de monastère en pierre avec table de bois grossière, étagères de parchemins, chandelles sur un chandelier de fer, taches d'encre et copeaux de cire, rayons dorés de l'aube filtrant par une fenêtre à arc; moment précis du sceau: goutte de cire brillante, matrice montrant un lion en relief, éclats de lumière sur la cire, ambiance tranquille et chaleureuse, palette aquarelle d'ocres, bruns et rouges. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 : La lettre qui ne devait pas attendre

Au château de Rochebrune, quand les bannières claquaient au vent comme des ailes de géants, on appelait le chevalier Soran « le Sage ». Il parlait peu, observait beaucoup, et ses yeux gris semblaient lire les pensées comme on lit une carte au coin du feu.

Ce matin-là, le vieux chambellan lui tendit une lettre fermée d'un simple ruban.

— À porter au monastère de l'Aube. Urgent, messire.

Soran hocha la tête. Il lut le premier mot, juste assez pour comprendre : un accord de paix devait être scellé avant la tombée de la nuit, sinon deux seigneurs voisins reprendraient la guerre.

Le problème, c'est que le sceau du château avait été ébréché la veille. Sans sceau, pas d'honneur. Sans lettre scellée, pas de paix.

— Je la scellerai, dit Soran.

Il fit seller sa jument, Plume, et prit une petite boîte de cire rouge dans sa sacoche. Avant de partir, il posa la main sur la pierre froide du portail.

— Par ma parole, je n'échouerai pas.

Chapitre 2 : Le pont des Brumes

La route serpentait entre des champs dorés, puis s'enfonçait dans une vallée où la brume s'accrochait aux arbres comme une couverture mouillée. Là se trouvait le Pont des Brumes, un vieux pont de bois qui grinçait même quand personne ne marchait dessus.

Au milieu, Soran s'arrêta net. Une planche manquait, et sous le vide, on entendait l'eau rugir.

Plume souffla, comme pour dire : « On fait demi-tour ? »

Soran caressa son encolure.

— Le courage n'est pas de foncer les yeux fermés, murmura-t-il. C'est d'avancer avec prudence.

Il descendit, attacha les rênes à un pieu, puis examina les cordes. Avec sa dague, il coupa une lanière de cuir de sa sacoche, noua solidement deux poutres, et plaça une branche épaisse en travers pour remplacer la planche.

Il testa du pied. Ça tint.

— Allons, ma belle. Pas à pas.

Plume traversa, oreilles dressées, et Soran suivit. Le pont se plaignit, mais céda. De l'autre côté, le chevalier eut un petit sourire.

— Tu vois ? L'honneur aime les nœuds bien faits.

Chapitre 3 : La tentation du chevalier noir

À la sortie de la vallée, une silhouette en armure sombre apparut, plantée au milieu du chemin comme un clou dans une planche. Son heaume brillait, mais son salut ne brillait pas du tout.

— Halte ! gronda-t-il. Donne-moi cette lettre, et je te laisse passer.

Soran ne leva pas la voix.

— Cette lettre porte la paix. La prendre serait une honte.

Le chevalier noir rit, un rire qui sonnait comme des casseroles.

— La honte nourrit moins que l'or.

Soran posa la main sur sa garde, mais ne tira pas l'épée.

— Si tu veux te battre, je me défendrai. Mais je préfère gagner autrement.

— Ah oui ? Et comment ?

Soran regarda autour : la route longeait un talus couvert de cailloux. Il ramassa une pierre plate, la fit sauter dans sa paume, comme un enfant qui s'entraîne.

— Par une question, dit-il. Quel est ton nom ?

Le chevalier noir hésita, surpris.

— Pourquoi ?

— Parce qu'on ne vole pas en restant personne. On vole en se perdant soi-même.

Le silence s'étira. Sous le heaume, la respiration changea.

— On m'appelait Roderic… autrefois.

— Roderic, répéta Soran. Un nom d'homme. Pas de brigand. Si tu prends la lettre, tu gagneras peut-être une bourse. Mais tu perdras ce qui te reste d'honneur.

Roderic serra les poings. Puis, d'un geste brusque, il frappa le sol de la pointe de son épée.

— Passe, dit-il. Avant que je change d'avis.

Soran inclina la tête.

— Je n'oublierai pas que tu as choisi.

En s'éloignant, il entendit derrière lui un souffle, presque un regret… ou peut-être un début de courage.

Chapitre 4 : Le vent qui vole la cire

Le monastère de l'Aube apparut enfin, posé sur une colline comme une couronne de pierre. Les moines y gardaient des secrets, des livres… et un petit moule de sceau d'argile, capable de remplacer celui du château.

Mais au moment d'ouvrir sa sacoche, une bourrasque surgit, sournoise, et fit voler la boîte de cire rouge. Elle roula, rebondit, et disparut dans les hautes herbes.

— Par les bottes d'un géant distrait… soupira Soran.

Il se mit à chercher. L'herbe lui chatouillait les mains, et chaque brin semblait se moquer : « Pas ici ! Non, plutôt là ! »

La fatigue mordait ses épaules, comme un petit loup têtu. Un instant, il eut envie de s'asseoir et de laisser le monde courir sans lui.

Alors il pensa aux villages entre les deux seigneurs : aux enfants qui jouaient près des puits, aux marchés qui se remplissaient de rires quand la guerre se taisait.

— La résilience, dit-il à voix basse, c'est recommencer quand on en a assez.

Il observa le terrain : la pente descendait vers une petite rigole. Tout ce que le vent emporte finit par y glisser.

Soran suivit la rigole, et là, coincée contre une racine, la boîte de cire l'attendait, couverte de terre, mais bien réelle.

— Te voilà, coquine, dit-il en la frottant sur sa manche. Tu as voulu jouer au chevalier errant toi aussi.

Chapitre 5 : Le sceau et la parole

Dans la salle du scriptorium, le moine en chef posa le moule d'argile sur la table. Une chandelle tremblait, comme impatiente de voir l'histoire s'écrire.

Soran chauffa la cire, la laissa couler en une goutte épaisse sur le rabat de la lettre. Le rouge brilla, pareil à un petit soleil.

— Appuie maintenant, dit le moine.

Soran pressa le moule. Quand il le retira, le sceau apparut net : un lion dressé, fier, la patte sur une étoile. Un signe d'honneur et de promesse.

Le moine hocha la tête, satisfait.

— La paix a une chance, grâce à toi.

Soran prit la lettre scellée entre ses doigts, comme on tient quelque chose de fragile et de précieux. Il pensa au pont, au chevalier noir, au vent. Tout avait essayé de ralentir cette mission. Rien n'y était parvenu.

Dehors, l'aube commençait à colorer le ciel, et les cloches sonnèrent, claires comme de l'eau.

Soran enfila son gant, glissa la lettre dans sa sacoche, et se redressa, droit comme une lance.

À ceux qui l'attendaient, au château, dans les villages, sur les routes, il promit sans grands mots, avec la force tranquille des serments tenus :

je suis là

Sans publicité 3 € par mois

Envie d’une lecture sans interruption ? Soutenez Mes Histoires du Soir, retirez toutes les publicités et profitez d’autres avantages inclus dès 3 € par mois.

Voir les forfaits & tarifs
Partager

signaler un problème avec cette histoire

Qu'avez-vous pensé de cette histoire ?

Donnez votre avis en attribuant une note à cette histoire en fonction de ce que vous et/ou votre enfant en avez pensé. Merci par avance !

Merci ! Votre note a été prise en compte !

Le quizz : as-tu bien compris l'histoire ?

Chambellan
Personne qui aide à organiser la vie dans un château.
Scellée
Fermée avec de la cire pour montrer qu'on ne l'a pas ouverte.
Sceau
Petit signe en cire qui ferme une lettre ou montre l'autorité.
ébréché
Qui a un petit morceau cassé sur un bord.
Encolure
Partie du cheval où on met la bride, au-dessus des épaules.
Rênes
Sangles que l'on tient pour diriger un cheval.
Pieu
Bâton solide planté dans la terre pour attacher ou soutenir.
Lanière
Bande étroite de cuir ou de tissu que l'on peut nouer.
Poutres
Gros morceaux de bois qui soutiennent un pont ou une maison.
Talus
Côté de la route en pente, souvent couvert d'herbe ou de pierres.
Bourrasque
Forte rafale de vent qui arrive soudainement.
Rigole
Petit canal où l'eau coule, souvent sur le bord d'un champ.
Scriptorium
Salle où les moines écrivaient et copiaient des livres.
Moule
Objet qui donne une forme à la cire ou à une pâte.
Chandelle
Bâton de cire avec une mèche que l'on allume pour la lumière.
Résilience
Capacité à recommencer ou à tenir bon après une difficulté.
Heaume
Casque ancien qui protège la tête d'un chevalier.

Créez une histoire magique et unique pour votre enfant !

Créez en quelques minutes une aventure personnalisée où votre enfant devient le héros. Avec notre outil exclusif, c'est facile, gratuit et divertissant !

Créer une histoire

Téléchargez cette histoire :

Télécharger cette histoire en PDF Télécharger l'e-book (.epub)

À lire ensuite dans Histoires de chevaliers pour 9 à 10 ans

Recevez de nouvelles histoires chaque dimanche soir !

Recevez 7 histoires passionnantes et captivantes, adaptées à l'âge et aux goûts de votre enfant, chaque dimanche à 17h*. C'est gratuit et garanti sans spam !
*E-mail envoyé à 17h, heure de Paris.
Nous n'aimons pas non plus le spam. Ainsi, nous ne vous enverrons que des histoires. Vous pourrez vous désinscrire quand vous le souhaiterez.