Début
Ce soir-là, la neige danse doucement dehors. Dans la maison, tout brille. Les guirlandes font des petites lumières. Le sapin sent bon et chatouille un peu le nez.
Léo a trois ans. Il porte un pull rouge avec un renne. Il regarde la cheminée. Elle est grande, mais elle est gentille. Devant, il y a des chaussettes de Noël. Elles attendent, bien sages.
« Papa, on peut allumer la cheminée ? » demande Léo.
« Oui, mon petit flocon, on va le faire ensemble », dit Papa.
Maman arrive avec un bol de mandarines. « Et après, on chante une chanson de Noël », dit-elle en souriant.
Léo ouvre grand les yeux. Pour lui, allumer la cheminée, c'est comme allumer un petit soleil dans le salon.
Milieu
Papa pose trois bûches. Une grande, une moyenne, une petite. Léo compte avec ses doigts. « Un… deux… trois ! »
« Bravo », dit Papa. « On met aussi du petit bois, pour aider le feu. »
Léo tient une branche toute fine. Elle est légère comme une plume. Il la donne à Papa. Papa la place doucement. Maman ajoute un peu de papier. Tout est prêt, tout est calme.
Mais voilà : l'allumette ne marche pas. Papa frotte. Rien.
Léo fronce les sourcils. « Elle boude ? »
Papa rit doucement. « Peut-être. Elle est fatiguée. »
Léo regarde la boîte. Il y a des allumettes de plusieurs couleurs. Une jaune, une verte, une bleue. Léo aime toutes les couleurs. Il dit : « On peut prendre la bleue ? Elle est jolie. »
Maman s'accroupit. « Bien sûr. Tu sais, à Noël, on aime tout le monde. Les grandes personnes, les petites personnes, et même les couleurs. Elles ont toutes leur place. »
Léo hoche la tête. « Comme au sapin ! Il y a des boules de toutes les couleurs. »
« Oui », dit Papa. « Et c'est encore plus beau. »
Papa essaie l'allumette bleue. Cette fois, une petite étincelle apparaît. Elle fait « pssst ». Léo recule un tout petit peu, juste pour être sage. Papa souffle tout doux. La flamme grandit, petite, puis un peu plus grande. Elle ressemble à une danseuse orange.
Léo chuchote : « Bonjour, feu. »
Le feu crépite : « crac, crac », comme une réponse.
La cheminée commence à chauffer. L'air devient doux. Léo sent ses joues se réchauffer. Il pose ses mains près du feu, sans toucher. Papa dit : « On garde nos mains à distance. Comme ça, tout va bien. »
« D'accord », dit Léo.
Soudain, on entend « toc toc » à la fenêtre. Ce n'est pas fort. Juste un petit bruit.
Léo regarde. Un oiseau est là, tout rond, avec des plumes grises. Il tremble un peu.
« Il a froid », dit Léo.
Maman ouvre un tout petit peu la fenêtre. Elle met une miette de gâteau sur le rebord. « Tiens, petit ami. »
L'oiseau picore. Puis il regarde Léo, comme pour dire merci.
Léo sourit. « Il peut venir à Noël aussi ? »
« Dans son jardin, oui », répond Papa. « Noël, c'est pour partager. Même avec les voisins, même avec les oiseaux. »
Fin
Le feu chante maintenant. Les bûches brillent comme des étoiles. Dans le salon, tout semble plus doux. Léo s'assoit sur un coussin. Maman lui donne une mandarine. Elle sent bon, comme un petit soleil.
« La cheminée est allumée ! » dit Léo, fier comme un grand.
Papa l'embrasse sur la tête. « Grâce à toi. Tu as aidé, tu as compté, tu as choisi. »
Ils chantent une chanson de Noël, tout doucement. La lumière du sapin clignote. Les chaussettes attendent, tranquilles.
Dehors, la neige continue de danser. Dedans, la chaleur fait un cocon.
Léo baille. « Le Père Noël va aimer la cheminée chaude… »
Maman chuchote : « Oui. Et toi aussi, tu vas bien dormir. »
Léo ferme les yeux. Il écoute le « crac, crac » du feu. Il pense aux couleurs, au sapin, à l'oiseau, et aux câlins.
Dans la maison, Noël brille, tout simplement. Et le cœur de Léo est bien au chaud.