Nino a trois ans. Il a un petit masque sur le nez et des palmes aux pieds. Papa et Maman nagent tout près. Ils sourient. « On reste ensemble, mon trésor », dit Papa. Nino hoche la tête. Il se sent grand et courageux.
Sous l'eau, tout brille. Des poissons jaunes passent comme des petits soleils. Une tortue glisse doucement. Nino ouvre de grands yeux. Il veut explorer, mais il reste près des bulles de Papa.
Soudain, Nino voit une porte de pierre, au fond, cachée derrière des algues. Sur la porte, il y a un dessin de coquillage. Nino pointe du doigt. « Regarde ! Une porte ! » Maman s'approche. « Oh, quelle trouvaille. Tu as l'œil. »
Mais la porte ne s'ouvre pas. Nino cherche avec patience. Il se dit : « Je peux réfléchir. Je peux essayer. » Il regarde en haut, en bas, à droite, à gauche. Une pieuvre curieuse arrive et fait un petit salut avec ses bras. Nino rit dans son masque. « Bonjour, pieuvre ! »
La pieuvre montre un coin de la porte, puis un autre. Comme si elle disait : « Cherche ici. » Nino s'approche, doucement, sans brusquer. Il voit une petite charnière cachée, toute verte, sous une feuille d'algue. Elle est collée par du sable.
« Je l'ai trouvée ! La charnière ! » dit Nino. Papa fait un signe de bravo. « Tu es malin, Nino. Et très calme. »
Nino prend une petite brosse douce que Papa a dans sa poche. Il frotte tout doucement. Un, deux, trois. Encore. Il ne se fâche pas. Il recommence. Un, deux, trois. Le sable part, petit à petit. La charnière brille.
« Tu prends soin, c'est bien », dit Maman. « La porte aussi a sa dignité. Et la mer aussi. » Nino se sent fier. Il ne casse rien. Il respecte. Il aide.
La porte fait un petit « clic ». Elle s'ouvre juste un peu. Derrière, il y a une grotte claire, pleine de coquillages lumineux. Des poissons minuscules dansent comme des confettis. Une anémone rose ondule, douce comme un ruban.
Nino ne va pas trop loin. Il regarde, il admire. « C'est beau », souffle-t-il. Papa prend sa main. « On regarde ensemble. Puis on rentre. »
Ils referment la porte doucement. La pieuvre refait un salut. Nino répond : « Merci ! » Puis ils nagent vers la lumière. Sur le bateau, Nino se blottit dans une serviette. « J'ai trouvé la charnière cachée », murmure-t-il. Maman lui embrasse le front. « Oui. Et tu as été courageux et gentil. » Nino ferme les yeux. La mer chante tout bas, et la nuit peut venir, tranquille.