C'était la veille de Noël. La neige brillait comme du sucre sur les maisons. Dans une petite chambre, deux filles de trois ans, Lila et Mia, regardaient la fenêtre. Elles étaient joyeuses. Elles étaient sages. Elles voulaient faire quelque chose de doux pour la nuit.
"On va poser une veilleuse d'hiver," dit Lila en souriant.
"Oui," répondit Mia. "Pour que la nuit soit douce."
La veilleuse était une petite lumière dans un bocal. Elles l'avaient décorée avec des bouts de papier doré, des flocons en coton et des dessins de sapins. Elles avaient collé un petit cœur dessus. Elles avaient mis une bougie douce, qui sentait la vanille et le pain d'épices. Tout sentait Noël.
Maman passa la tête dans la chambre. Elle sourit. "Vous voulez la poser ?"
"Oui, maman," dirent les deux fillettes.
Maman prit leur main. Papa attacha leurs petits bonnets. Tout le monde marchait doucement. Le salon était chaud. Le sapin brillait. Les petites mains tenaient le bocal comme un trésor.
Elles sortirent dans la neige. Le monde était tranquille. Les pas faisaient des petits bruits : crac, crac. La lune souriait. Les filles regardaient les étoiles. Elles chuchotaient. Elles chuchotaient des mots gentils.
"Pour qui est la veilleuse ?" demanda Mia.
"Pour tout le monde," dit Lila. "Pour la maison, pour la rue, pour les voisins, pour le chat, pour le ciel."
Elles marchèrent jusqu'à la petite porte du jardin. Là, sous le vieux sapin, il y avait une petite table. Les voisins mettaient aussi des lumières. Sur chaque porte, on voyait un petit mot : Merci. Joyeux Noël. Bonsoir.
Lila posa délicatement la veilleuse sur la table. Mia l'aida. Elles la regardèrent briller. La lumière était chaude et ronde. Elle semblait chanter sans bruit. Les flocons qui tombaient autour la faisaient scintiller comme une pluie d'étoiles.
"Merci," dit Lila, très doucement.
"Merci," répondit Mia.
La voisine, Madame Rose, sortit en pyjama et bottes. Elle avait un grand châle. Elle regarda la veilleuse et sourit. "Quelle jolie lumière," dit-elle. "Merci les petites. Vous nous faites un beau cadeau."
Les filles firent un petit salut. Elles étaient fières et contentes. Elles dirent "De rien" et ajoutèrent un grand sourire.
La nuit continua. D'autres voisins vinrent voir. Chacun disait merci. Les voix étaient comme des petites cloches. Les filles écoutaient. Elles se sentaient reconnues. Leur cœur brillait comme la veilleuse.
Quand il fut temps de rentrer, Maman prit Lila et Mia dans ses bras. Elles rentrèrent, les bottes remplies de neige, les nez rouge. Papa essuya leurs petites joues. Ils se dirent merci. Ils se dirent bonne nuit.
Dans la chambre, la veilleuse restait visible de la fenêtre. Elle continuait à briller, comme une promesse. Les filles se mirent en pyjama. Elles se serraient contre leur doudou. Elles se racontèrent encore une fois la lumière et les mots gentils.
"On a fait une belle chose," murmura Mia.
"Oui," dit Lila. "Et on a reçu des mercis."
Elles fermèrent les yeux, le cœur léger. Dehors, la neige chantait toujours. La lumière de la veilleuse veillait. Tout était doux. Tout était tranquille. Noël sentait la chaleur et la reconnaissance. Les filles souriaient dans leur sommeil, comme si elles gardaient un petit soleil dans la main.