Chapitre 1 : Une lumière étrange au salon
Ce soir-là, Léonie, détective de dix ans à la curiosité sans limites, rentrait de l'école en sautillant. Elle habitait un petit immeuble lumineux, où elle connaissait presque tout le monde. Mais ce soir, en passant devant la porte du salon collectif, elle remarqua un détail étrange : la veilleuse, d'habitude éteinte à cette heure, brillait faiblement derrière la vitre dépoli.
Léonie s'arrêta aussitôt. Elle était attentive à tout ce qui touchait aux lumières, depuis qu'elle avait aidé Madame Dupuis à retrouver sa lampe de chevet. Elle observa longuement la porte, fronçant les sourcils. Quelqu'un avait oublié d'éteindre la veilleuse, ou bien quelqu'un était encore là ?
Elle entra sans bruit. Le salon sentait la tarte aux pommes chaude, un parfum familier et réconfortant. Mais il n'y avait personne. Sur la table, quelqu'un avait laissé un carnet ouvert et une assiette vide. Léonie s'approcha du carnet, mais, comme tout bon détective, elle n'osa pas toucher. Au mur, l'horloge indiquait dix-huit heures pile.
Elle sortit son carnet de notes et griffonna : « 18h – Veilleuse allumée, carnet sur la table, odeur de tarte. Quelqu'un est passé récemment. Oubli ? »
Chapitre 2 : Des indices qui brillent
Le lendemain matin, Léonie retourna dans le salon. La veilleuse était éteinte, le carnet avait disparu, mais, sur la table, il restait une petite tache brillante. Elle s'approcha : c'était une goutte de confiture.
Soudain, la porte grinça. Léonie sursauta. C'était Arthur, le gardien moustachu, qui portait une pile de torchons propres.
— Bonjour, Léonie ! Tu es déjà en train d'enquêter ?
— Euh… peut-être. Dis, qui a préparé la tarte hier ?
Arthur sourit.
— C'est la nouvelle voisine du deuxième, Mme Briand. Elle a dit qu'elle voulait partager sa recette.
Léonie nota : « Mme Briand a fait la tarte. »
Elle observa le salon. Sur le rebord de la fenêtre, un bouton de manchette doré brillait au soleil. Léonie le ramassa délicatement. Qui pouvait bien l'avoir perdu ?
Juste à ce moment-là, elle aperçut, par la fenêtre, un inconnu bien habillé qui discutait devant la porte d'entrée. Il portait une veste sombre et une cravate à rayures. Léonie le fixa, intriguée. Était-ce lui le propriétaire du bouton ?
Chapitre 3 : Un oubli qui fait tilt
Décidée à en savoir plus, Léonie suivit discrètement l'inconnu jusqu'à la cour. Il parlait avec Mme Briand, qui tenait un plat vide dans les mains.
— Excusez-moi, commença Léonie poliment. Vous avez perdu ceci ?
Elle tendit le bouton de manchette. L'homme la fixa, puis sourit d'un air gêné.
— Ah, merci, jeune demoiselle. Je m'appelle Monsieur Darbon. J'étais venu féliciter Mme Briand pour sa tarte, mais j'ai dû partir précipitamment.
Léonie fronça les sourcils. Il y avait quelque chose d'étrange. Elle regarda Mme Briand, qui semblait soucieuse.
— Je croyais que vous deviez me donner la recette, dit-elle à Monsieur Darbon.
Il rougit.
— J'ai… j'ai eu un appel urgent, j'ai oublié. Je suis désolé.
Léonie nota : « M. Darbon est pressé. Il oublie la recette. Bouton trouvé dans le salon. »
Elle se demanda si l'oubli de la recette était aussi innocent qu'il en avait l'air. Et pourquoi était-il venu si bien habillé, juste pour une tarte ?
Chapitre 4 : Le signal manqué
Le soir même, Léonie retourna dans le salon pour réfléchir. Elle s'assit sur le canapé, face à la veilleuse. Elle se rappela soudain que, d'habitude, Madame Dupuis passait toujours allumer la veilleuse à dix-huit heures, puis l'éteignait à dix-neuf heures quand tout le monde partait. Mais hier, la veilleuse était déjà allumée à dix-huit heures, et personne n'était là.
Elle comprit alors qu'il y avait eu un signal manqué : Madame Dupuis, qui n'était pas venue à son habitude, avait laissé la veilleuse allumée. Cela voulait dire qu'elle n'avait pas fait son tour habituel. Pourquoi ?
Léonie courut frapper à la porte de Madame Dupuis. La vieille dame ouvrit, l'air fatigué.
— Excusez-moi, Madame Dupuis, mais… hier, la veilleuse du salon était déjà allumée à six heures. Vous n'êtes pas venue ?
Madame Dupuis secoua la tête.
— Non, j'ai eu un malaise léger. Je suis restée couchée.
Léonie nota : « Mme Dupuis absente, veilleuse allumée plus tôt que d'habitude. »
Elle comprit alors que quelqu'un avait volontairement allumé la veilleuse plus tôt. Mais pourquoi ?
Chapitre 5 : La lumière sur le mystère
Le lendemain, Léonie décida de tout mettre au clair. Elle réunit tout le monde dans le salon : Mme Briand, M. Darbon, Arthur le gardien, et même Madame Dupuis, qui se sentait mieux.
— Je crois avoir compris ce qui s'est passé, annonça-t-elle.
Tout le monde la regarda avec curiosité.
— Hier soir, la veilleuse a été allumée plus tôt que d'habitude, car Madame Dupuis n'a pas pu venir. Mais quelqu'un a profité de cette situation pour faire quelque chose discrètement.
Elle montra le bouton de manchette.
— M. Darbon, vous avez perdu ce bouton en quittant le salon précipitamment. Mais pourquoi étiez-vous si pressé ?
M. Darbon rougit.
— Je… je voulais aider Mme Briand à porter sa tarte, mais j'ai entendu mon téléphone sonner et j'ai paniqué. En fait, j'ai oublié mon téléphone sur la table. Quand je suis revenu le chercher, j'ai renversé un peu de confiture et… j'ai vu que la veilleuse était déjà allumée. J'ai pris peur en croyant avoir dérangé quelqu'un, alors je suis parti vite.
Mme Briand éclata de rire.
— Tout ça pour un téléphone oublié ?
Léonie sourit.
— Et la veilleuse allumée a failli vous faire croire que vous étiez surveillé. Mais en fait, personne n'était là. C'est juste un concours d'oublis et de signaux manqués !
Arthur, qui avait écouté tout le récit, hocha la tête.
— On dirait que tout le monde avait la tête ailleurs hier soir. Heureusement que notre détective veille au grain !
Chapitre 6 : Partager la tarte
Léonie se sentit fière d'avoir démêlé le fil de cette drôle d'histoire. Pour fêter ça, Mme Briand proposa de refaire une tarte. Tout le monde accepta avec joie.
Le soir même, ils se retrouvèrent dans le salon, autour d'une grande table. La tarte aux pommes sortait du four, dorée et parfumée. Léonie coupa la première part et la tendit à Madame Dupuis, en souriant.
— Cette fois, tout le monde est là, et personne n'a rien oublié.
M. Darbon, toujours bien habillé mais un peu moins stressé, leva son verre de jus de pomme.
— À notre détective, et à la lumière qui éclaire nos petits mystères !
Chacun goûta la tarte, riant des quiproquos de la veille. Léonie se dit que parfois, il suffisait d'observer les lumières et les oublis pour éclairer les mystères… et partager un bon moment avec ses voisins.