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Histoire de chevalier 7 à 8 ans Lecture 21 min.

Le carnet des serments perdus

Le chevalier Léo et le page Colin partent à la recherche du Grand Scribe Marceau disparu, suivant des indices dans le château pour protéger un carnet de serments et découvrir qui menace ses secrets.

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Chevalier Léo (16–18 ans) au visage serein et déterminé, armure polie et bouclier orné d’un lion doré souriant, tient contre sa poitrine un petit carnet de cuir brun fermé, la main droite posée sur une petite clé en fer ; à ses côtés Page Colin (~12 ans), timide mais fier, yeux curieux, vêtement beige et bleu, bâillant légèrement et regardant le carnet, une petite lanterne près de ses pieds ; en arrière-plan, le Grand Scribe Marceau (~60 ans) assis à une table, barbe grisonnante, tache d’encre sur le nez, plume et pot d’encre renversé ; décor : salle des chroniques en bois sombre avec étagères de parchemins et livres, pupitre en chêne, tapis usé, vitrail projetant bandes de lumière rouge et bleue et torches murales diffusant une lumière chaude ; ambiance nocturne calme de confiance et de secret, composition centrée sur Léo et le carnet, contraste doux entre la lumière chaude des torches et la lueur froide de la lune ; style : peinture acrylique aux coups de pinceau visibles, couleurs riches, traits simples et expressions lisibles pour enfants. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 : La salle du Grand Scribe

Dans le château de Rochebrave, les drapeaux claquaient au vent comme des ailes de géants. Les pierres grises brillaient sous le soleil, et, dans la grande cour, on entendait les rires des pages et le cliquetis des épées d'entraînement.

Le chevalier Léo de Clairval traversa le pont-levis d'un pas sûr. Il n'était pas le plus grand des chevaliers, ni le plus bruyant, mais il avait un regard vif et un cœur solide. Son armure était bien astiquée, et sur son bouclier on voyait un lion doré qui semblait sourire, comme s'il savait déjà que tout irait bien.

À peine avait-il posé le pied dans la salle du conseil qu'un chambellan arriva en courant, les joues rouges comme des pommes.

« Chevalier Léo ! Par grâce, venez vite ! »

« Doucement, ami, » répondit Léo. « Raconte avec tes mots, pas avec tes pieds. »

Le chambellan souffla fort. « Le scribe… le Grand Scribe Marceau… il a disparu de la salle des chroniques ! »

La salle des chroniques était un endroit très important. On y gardait les histoires du royaume : les traités de paix, les cartes secrètes, et même les recettes de tartes du cuisinier royal (qui, disait-on, valaient un trésor).

Léo suivit le chambellan dans un couloir long comme un jour sans dessert. Devant la porte de la salle des chroniques, deux gardes se tenaient droits comme des piquets.

« Personne n'est entré ni sorti, » dit l'un.

« Enfin… personne d'important, » ajouta l'autre en toussant, ce qui n'aidait pas du tout.

À l'intérieur, tout était rangé : des rouleaux, des plumes, des pots d'encre. Mais le pupitre du Grand Scribe était vide. Seule une plume d'oie reposait sur un parchemin à moitié écrit, comme si la main s'était arrêtée en plein vol.

Léo s'avança doucement.

« Marceau n'aurait jamais laissé une phrase sans point final, » murmura-t-il.

La dame intendante, Dame Agathe, se tordait les doigts.

« Chevalier Léo, c'est une catastrophe ! Sans Marceau, qui écrira le récit du tournoi de demain ? Qui notera les promesses du roi ? Et qui me rappellera où je range mes clefs ? »

Léo lui fit un salut respectueux.

« Dame Agathe, je vous donne ma parole de chevalier : je retrouverai Marceau. Un scribe est un trésor vivant. Et un trésor vivant ne se perd pas si facilement. »

Dans un coin, un petit page nommé Colin leva la main comme à l'école.

« Euh… je peux dire un truc ? »

« Bien sûr, » dit Léo.

Colin s'approcha et chuchota : « J'ai vu le Grand Scribe ce matin. Il avait l'air pressé. Il tenait un petit sac et il disait : “Je dois vérifier une chose… pour le royaume.” Puis… il a tourné vers l'escalier de la tour des archives. »

Dame Agathe pâlit. « La tour des archives ! C'est plein de marches et de poussière. Et… et d'araignées très confiantes ! »

Colin ajouta, avec sérieux : « Elles se croient chez elles. »

Léo eut un petit sourire.

« Alors, en avant. Colin, veux-tu m'accompagner ? Les bons yeux et les bonnes idées sont utiles, même dans une armure. »

Le page gonfla la poitrine.

« Oui, Chevalier ! Je suis… enfin… presque courageux. »

« Presque, c'est déjà un excellent début, » répondit Léo.

Et tous deux partirent vers la tour, là où les histoires dormaient et où une nouvelle aventure commençait.

Chapitre 2 : Les marches et les indices

La tour des archives se dressait comme un grand doigt de pierre pointé vers le ciel. L'escalier tournait, tournait, tournait, comme une spirale de gâteau… mais sans le gâteau.

Colin comptait les marches à voix haute.

« Quarante-sept… quarante-huit… cinquante… »

Léo souffla.

« Continue. Ça fera un beau souvenir. »

« Cinquante-et-un… cinquante-deux… et… j'espère qu'il n'y a pas mille, » grogna Colin.

Léo répondit : « S'il y en a mille, on les vaincra une par une. La patience est une armure invisible. »

En haut, une porte grinça comme si elle se réveillait d'une sieste. La pièce sentait le vieux papier et l'encre sèche. Des étagères immenses montaient jusqu'au plafond. Des livres étaient empilés en tours fragiles, comme des châteaux pour souris savantes.

Sur une table, Léo repéra une trace sombre.

« De l'encre, » dit-il.

Colin se pencha si près que son nez faillit toucher la table.

« On dirait une éclaboussure… et là, une petite goutte qui va vers la fenêtre ! »

La fenêtre était entrouverte. Dehors, une passerelle de pierre menait vers la galerie des vitraux, un couloir lumineux qui reliait plusieurs tours.

Léo posa une main sur l'épaule de Colin.

« Tu vois bien, et tu réfléchis vite. C'est précieux. »

Colin rougit. « Merci… J'essaie. Parfois, mon cerveau court plus vite que mes jambes. »

« C'est souvent l'inverse chez les chevaliers, » répondit Léo. « Toi, tu es un page rare. »

Ils suivirent les gouttes d'encre, qui faisaient comme une piste de petits points. Dans la galerie, les vitraux peignaient le sol de couleurs : rouge, bleu, or. On aurait dit un tapis magique.

Tout à coup, un bruit léger : crac.

Colin sursauta. « C'était… c'était mon estomac ? »

Léo s'immobilisa, puis désigna le sol. Une dalle avait une fine fissure. Juste à côté, une petite clé en fer reposait, comme oubliée.

Léo la ramassa.

« Une clé ne tombe pas du ciel sans raison. »

Colin se gratta la tête. « Peut-être qu'elle tombe de la poche d'un ciel très distrait ? »

Léo rit doucement. « Peut-être. Mais je crois plutôt que Marceau l'a laissée exprès. Les scribes aussi savent faire des quêtes. »

Au bout de la galerie, ils trouvèrent une porte basse, presque cachée derrière une tenture. Sur le bois, un symbole était gravé : une plume entourée d'un cercle.

Colin chuchota : « C'est le signe des… des copistes secrets ? »

Léo haussa les sourcils. « Des copistes secrets ? »

« Je l'ai inventé, » avoua Colin. « Mais ça sonne bien, non ? »

Léo essaya la poignée : fermé. Il glissa la petite clé dans la serrure. Clic. La porte s'ouvrit sur un couloir étroit, éclairé par des lanternes.

Ils avancèrent, et la piste d'encre reprit, plus fine. Sur le mur, une feuille était accrochée avec un clou. Le papier tremblait un peu, comme s'il avait peur… mais ce n'était que le courant d'air.

Léo lut à haute voix, car lire était aussi une forme de bravoure quand on n'aime pas trop les énigmes.

« “À celui qui sert avec loyauté : suis la lumière qui ne brûle pas.” »

Colin leva le doigt. « La lumière qui ne brûle pas… c'est… un vitrail ! Ça éclaire, mais ça ne chauffe pas comme une torche ! »

Léo hocha la tête. « Bien pensé. Alors il faut chercher un vitrail particulier. »

Ils rebroussèrent chemin jusqu'à la galerie. Colin regarda chaque panneau de verre coloré. L'un montrait un chevalier tenant un étendard. Un autre, un dragon très poli (il semblait demander pardon). Et plus loin, un vitrail représentait un scribe avec une grande plume… dont la pointe était faite d'un petit morceau de verre blanc, presque transparent.

Colin tapota ce morceau du bout du doigt.

« Celui-là est plus clair que les autres. »

Léo observa. Sur le cadre de pierre, une minuscule encoche dessinait un cercle… exactement comme le symbole sur la porte.

Léo posa la paume sur la pierre et appuya doucement. Un mécanisme bougea. La pierre glissa en silence, dévoilant une petite niche. À l'intérieur : un rouleau de parchemin et un ruban bleu.

Colin s'illumina. « Un message ! »

Léo déroula le parchemin. Une phrase y était écrite d'une main fine :

« “Le scribe n'est pas perdu. Il protège ce qui doit rester entier. Cherche la salle des écus, là où les serments résonnent.” »

Léo serra le ruban bleu dans sa main.

« Marceau nous guide. Il veut qu'on le suive… mais il veut aussi vérifier si nous sommes dignes de le retrouver. »

Colin avala sa salive.

« On est dignes ? »

Léo répondit, calme et solide : « On va le devenir, marche après marche, idée après idée. En avant, compagnon. »

Chapitre 3 : La salle des écus et l'épreuve des serments

La salle des écus se trouvait dans l'aile ouest du château. Sur les murs, des centaines de boucliers étaient accrochés : des loups, des fleurs, des étoiles, des poissons (un chevalier marin, sans doute). Au centre, une grande table ronde portait des marques de coups… souvenirs d'anciens entraînements et de repas un peu trop animés.

Quand Léo entra, l'écho de ses pas fit comme un tambour discret. Colin regarda autour de lui.

« On dirait que les boucliers nous regardent. »

Léo répondit : « Ils se souviennent. Les écus gardent les histoires des familles, et les serments des chevaliers. »

Au fond, une armure vide se tenait sur un support. Dans ses mains de métal, elle tenait… un petit sablier. Le sable coulait lentement, doucement, sans se presser.

Colin chuchota : « Pourquoi un sablier ? »

Léo examina la base du support. Une inscription y était gravée :

« “Le loyal ne se cache pas. Il se montre, même quand c'est difficile.” »

Colin plissa les yeux. « Ça ressemble à une devinette qui veut nous faire parler. »

À côté de l'armure, trois boucliers étaient posés sur des chevalets. Chacun portait un mot : COURAGE, RUSE, LOYAUTÉ.

Léo posa sa main sur le bouclier LOYAUTÉ. Il sentit une légère vibration, comme un ronronnement de pierre.

Colin dit : « Peut-être qu'il faut choisir… mais si on se trompe, il se passe quoi ? »

Léo sourit. « On se corrige. Dans ce château, on apprend. Et puis, Marceau n'est pas du genre à piéger pour faire peur. Il aime les leçons, pas les soucis. »

Dame Agathe arrivait souvent ici pour compter les boucliers, mais aujourd'hui la salle était vide, comme si elle attendait quelque chose. Léo parla d'une voix claire, comme lors d'un serment :

« Je suis Léo de Clairval. Je cherche le Grand Scribe Marceau. Je promets de le retrouver sans faire de mal, avec respect et loyauté. »

Colin, un peu hésitant, ajouta :

« Et moi, je suis Colin… page en entraînement. Je promets de… de ne pas paniquer trop longtemps. Et de dire la vérité, même si j'ai envie de faire semblant d'être très grand. »

À ce moment-là, le sable du sablier sembla accélérer un tout petit peu, puis une dalle glissa derrière l'armure. Un passage s'ouvrit, juste assez large pour deux personnes.

Colin fit de grands yeux. « Ça a marché ! »

Léo hocha la tête. « Les serments ouvrent des portes. C'est pour ça qu'on les respecte. »

Le passage menait à une petite salle ronde, éclairée par une lanterne suspendue. Sur une table, il y avait des feuilles, des plumes… et un pot d'encre renversé. La piste finissait ici.

« Marceau ? » appela Léo.

Une voix répondit derrière un rideau.

« Doucement, chevalier. Je suis là. Et je vois que tu n'es pas venu seul. »

Le rideau bougea, et le Grand Scribe Marceau apparut. Il avait une barbe courte, des yeux malicieux, et une tache d'encre sur le bout du nez, comme un petit drapeau noir.

Colin souffla, soulagé. « Vous êtes vivant ! »

Marceau sourit. « Très vivant. Et un peu poussiéreux. »

Léo s'inclina.

« Grand Scribe, tout le château vous cherche. Pourquoi cette disparition ? »

Marceau s'assit et invita d'un geste à faire de même.

« Parce que j'ai entendu une rumeur. On dit qu'un ancien carnet, un carnet de serments et de secrets, pourrait être volé ou copié. Ce carnet ne doit pas tomber dans de mauvaises mains… pas parce qu'il est dangereux, mais parce qu'il contient des promesses intimes, des mots confiés au royaume. Les promesses, c'est fragile. »

Colin demanda : « Mais qui voudrait voler un carnet ? »

Marceau haussa les épaules. « Par curiosité, parfois. La curiosité est une bonne chose… mais elle doit être polie, comme un invité qui essuie ses pieds. »

Léo croisa les bras.

« Vous auriez pu prévenir le roi. »

Marceau hocha la tête, un peu gêné.

« J'ai voulu vérifier seul d'abord. J'ai manqué de loyauté envers mes amis. Je croyais protéger le royaume, mais j'ai oublié que la protection se fait ensemble. »

Léo répondit, sans le gronder :

« La loyauté, ce n'est pas seulement garder un secret. C'est aussi faire confiance à ceux qui jurent de vous aider. »

Marceau sourit, touché.

« Voilà pourquoi je voulais voir qui viendrait me chercher. Pas le plus rapide, pas le plus fort… mais celui qui garderait son calme, qui suivrait les indices avec intelligence, et qui parlerait avec un cœur droit. »

Colin se redressa.

« Alors… on a réussi l'épreuve ? »

Marceau rit. « Oui. Même ta promesse de ne pas paniquer trop longtemps m'a beaucoup plu. Très honnête ! »

Léo demanda :

« Et le carnet ? Où est-il ? »

Marceau sortit de sous la table un petit coffre en bois.

« Ici. Il n'est pas volé. Il n'a jamais quitté le château. Mais je voulais le déplacer dans un endroit plus sûr… et tester le passage secret. Je l'avoue : j'aime un peu les mystères. Pas trop, juste assez. »

Colin souffla : « Ouf. Je préfère les mystères avec des solutions. »

« Moi aussi, » dit Léo.

Marceau se leva.

« Allons rassurer tout le monde. Et ensuite… je te confierai une dernière tâche, Chevalier Léo. Une tâche digne d'un cœur loyal. »

Chapitre 4 : Le retour et le carnet fermé

Le chemin du retour sembla plus court, comme si le château lui-même se réjouissait. Quand ils revinrent dans la salle des chroniques, Dame Agathe les attendait, les bras croisés, le regard inquiet… puis soudain très fâché, puis enfin très soulagé. Elle fit les trois expressions en même temps, ce qui était un vrai talent.

« Marceau ! » s'écria-t-elle. « Où étiez-vous passé ? J'ai failli écrire moi-même la liste des dépenses du mois ! Et je vous préviens, j'aurais mis “beaucoup” partout. »

Marceau s'inclina.

« Dame Agathe, je demande pardon. J'ai voulu agir seul. J'ai compris ma faute. »

Dame Agathe cligna des yeux, surprise, puis soupira.

« Bon. Tant que vous êtes là… et que personne n'a touché à mes clefs… je vous pardonne. Mais plus de disparitions sans prévenir. Le château n'est pas un jeu de cache-cache. »

Colin murmura à Léo : « Pourtant, on est très forts au cache-cache, maintenant. »

Léo répondit : « Chut. La loyauté, c'est aussi savoir quand se taire. »

Les gardes, les pages, même le cuisinier passèrent la tête par la porte.

« Il est revenu ! »

« Le scribe est là ! »

« Est-ce qu'il a vu ma louche ? » demanda le cuisinier.

Marceau cligna des yeux. « Non, mais j'ai vu un rat qui la regardait avec intérêt. »

Le cuisinier hocha la tête. « Je m'en doutais. Les rats ont du goût. »

Quand le calme revint, Marceau posa le petit coffre sur le pupitre. Il en sortit un carnet, petit et épais, recouvert de cuir brun. Sur la couverture, un simple symbole : une plume et un lion.

Léo reconnut son propre blason, et s'étonna.

« Pourquoi mon lion ? »

Marceau répondit :

« Parce que c'est toi que je choisis comme gardien de ce carnet… pour ce soir, du moins. Pas pour l'ouvrir. Pour le protéger. Par loyauté. Par respect. Un chevalier ne garde pas seulement des portes, il garde aussi des mots. »

Colin ouvrit la bouche.

« Mais… si on ne l'ouvre pas, comment on sait ce qu'il y a dedans ? »

Marceau sourit gentiment.

« Justement. On n'a pas besoin de tout savoir pour être fidèle. La loyauté, c'est parfois dire : “Je n'ai pas besoin de regarder.” »

Léo prit le carnet avec précaution, comme on porte un oisillon. Il sentit son poids, pas très lourd, mais important.

« Je promets de le garder en sécurité et de le remettre au roi demain, sans l'ouvrir. »

Marceau acquiesça.

« Voilà un serment digne des grandes légendes. »

Le soir tomba. Dans la cour, les torches s'allumèrent, et les étoiles commencèrent à écrire leur propre histoire dans le ciel. Léo, Colin et Marceau marchèrent ensemble jusqu'à une petite chambre calme près de la salle des chroniques. Marceau devait se reposer, car un scribe fatigué fait parfois des lettres qui dansent.

Avant de partir, Colin demanda :

« Grand Scribe… vous allez encore disparaître ? »

Marceau rit doucement.

« Non, petit page. Demain, je disparaîtrai seulement… derrière une montagne de parchemins. Mais je serai là. »

Colin sourit, rassuré.

Quand Marceau fut couché, Léo s'assit près d'une fenêtre. Il posa le carnet sur la table. La lune éclairait le cuir brun, et le symbole de la plume semblait briller.

Colin bâilla.

« Chevalier Léo… c'était une vraie quête, hein ? »

« Oui, » murmura Léo. « Une quête de pas, d'indices… et de confiance. »

Colin se frotta les yeux.

« Et le plus dur, c'est de ne pas ouvrir le carnet. »

Léo posa une main sur la couverture.

« Le courage, ce n'est pas seulement avancer. C'est aussi s'arrêter quand il le faut. Et la loyauté, c'est garder ce qui nous est confié, même quand notre curiosité tape du pied. »

Colin rit faiblement.

« Ma curiosité tape du pied très fort. »

« La mienne aussi, » admit Léo. « Alors on va l'endormir. »

Il prit une petite clé et ferma le carnet dans son étui, puis il le glissa dans le coffre. Clic. Le son fut net, simple, rassurant.

Dans le silence paisible du château, Léo se redressa, fier et tranquille. Il n'y avait pas de monstre vaincu, ni de trésor d'or, mais il y avait mieux : un ami retrouvé, une promesse tenue, et un royaume dont les mots restaient protégés.

Et sur la table, dans le coffre, reposait le carnet fermé.

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Chambellan
Personne qui aide le roi ou les chefs et qui organise les choses du palais.
Pupitre
Petite table inclinée où on pose un livre ou un papier pour écrire.
Parchemin
Feuille faite d'une peau préparée, utilisée autrefois pour écrire.
Intendante
Femme qui s'occupe de l'ordre et des affaires dans un grand lieu.
Scribe
Personne qui écrit et garde les documents importants du royaume.
Plume d’oie
Plume grosse utilisée autrefois comme stylo pour écrire avec de l'encre.
Copistes
Personnes qui recopient des textes à la main pour les garder.
Vitraux
Fenêtres faites de morceaux de verre coloré qui forment des images.
Encoche
Petit creux ou entaille qui sert souvent à bloquer quelque chose.
écus
Anciens boucliers, souvent décorés, qui montrent les familles ou groupes.
Chevalets
Supports sur lesquels on pose un bouclier, un tableau ou un livre.
Serments
Promesses très sérieuses que l'on fait devant d'autres personnes.

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