Ce matin, un jeune homme se prépare doucement. Il prend son sac. Il prend ses crayons. Il prend son carnet. Il met ses gants. Les gants sont doux. Ils sentent la laine. Ils réchauffent ses doigts. Ils lui donnent confiance.
Il sourit. "Allons croquer le parc", dit-il à voix basse. Sa voix est calme. Le soleil est tendre. Le ciel est clair. Les couleurs attendent.
Au parc, l'herbe est verte comme du velours. Les feuilles font un petit bruit, rustle, rustle. Les oiseaux chantent piou-piou. Il s'assoit sur un banc peint en bleu. Il sort ses outils. Un crayon noir. Une gomme. Un petit pot d'eau. Des couleurs en miettes, prêtes à danser sur le papier.
Un artiste observe d'abord. Il regarde. Il regarde les formes. Il regarde la lumière. La lumière caresse les branches. Elle peint des taches d'or sur les feuilles. Le jeune homme ferme un peu les yeux. Il sent la brise sur ses gants. Il sent le parfum de l'herbe.
Il commence à dessiner. Son crayon fait "scritch scritch" sur la page. Des lignes timides, puis plus sûres. Il croque un arbre. Il croque un vélo qui passe. Il croque un chien qui renifle une fleur. Croquer, c'est regarder et garder. Croquer, c'est dessiner vite pour ne pas perdre la vie qui bouge.
Parfois il hésite. Parfois il efface. "C'est normal", se dit-il. Les erreurs deviennent des chemins. Les traits deviennent des histoires. Il apprend à mélanger les couleurs. Il trempe son pinceau. Il mélange le bleu et le jaune. Ils deviennent vert tendre, comme l'herbe du parc. Il mélange le rouge et le blanc. Ils deviennent rose comme une joue qui rit.
Un petit garçon s'approche. "Bonjour", dit-il. Le jeune homme sourit. "Tu veux voir ?" Le petit regarde la feuille. Ses yeux sont grands. Il touche du doigt la couleur. "C'est doux", dit-il. Le jeune homme explique simplement. "Je regarde la lumière. Je choisis mes couleurs. Je prends mon temps."
Autour, la ville respire. Un chat passe. Un ballon flotte. Les sons sont comme une musique douce. Le jeune homme croque encore. Il pose son visage près du papier. Il sent la texture du papier sous ses gants. Chaque feuille accueille un petit monde.
Quand le soleil descend un peu, les couleurs deviennent chaudes. Les ombres s'allongent comme des bras tranquilles. Le jeune homme termine son dessin. Il sourit. Il plie délicatement sa feuille. Il range ses gants. Il rend la gomme à sa poche. Il garde la page contre son cœur.
Une amie arrive avec un appareil. "On prend une photo souvenir ?" demande-t-elle. Oui, dit-il. Ils se tiennent côte à côte. La photo capture le banc bleu, le carnet, les gants un peu colorés. Elle capture aussi le rire du petit garçon. La photo garde la chaleur du jour.
Sur le chemin du retour, il pense aux couleurs, aux sons, aux mains qui tiennent un crayon. Il sait que demain il reviendra. Créer, dit-il, c'est regarder, jouer et partager. C'est doux. C'est simple.
Le soir, chez lui, il pose la photo sur la table. Il la regarde un instant. Il ferme les yeux. Il sent encore le vent. Il sourit et s'endort avec l'image du parc dans le cœur.