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Histoire sur le printemps 9 à 10 ans Lecture 13 min. (1)

Le carnet du printemps de Milo et Léna

Léna écoute l'histoire de son père sur Milo, un garçon qui observe le printemps avec attention et prend des notes sur les transformations de la nature. À travers ses découvertes, il apprend à apprécier les petites merveilles de la saison qui renaît.

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Une fille de 10 ans, avec de longs cheveux bruns et des yeux curieux, se tient à une station de tram. Elle porte un t-shirt jaune et une jupe en denim, tenant un carnet ouvert, souriante. À côté, une dame âgée d'environ 70 ans, avec des cheveux gris en chignon et un foulard vert, observe les arbres avec bienveillance, assise sur un banc en bois. La station est bordée d'arbres en fleurs et le sol est pavé de dalles grises, avec quelques flaques d'eau. La fille admire les bourgeons sur les branches, tandis que la dame lui parle de la magie du printemps, créant une atmosphère joyeuse. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 – Le carnet du printemps

Léna aligna soigneusement ses crayons de couleur sur son bureau. Du vert clair au vert foncé, du jaune pâle au jaune doré. Tout devait être rangé par ordre. Elle aimait quand tout était à sa place, comme les jours de la semaine dans son agenda.

Ce soir-là, son père entra dans sa chambre avec un sourire un peu mystérieux.

— Tu as deux minutes avant de te brosser les dents ? demanda-t-il.

— J'en ai exactement six, répondit Léna en regardant l'horloge. Après, je dois préparer mon sac pour demain.

Son père rit doucement.

— Parfait, six minutes pour commencer une histoire. Une histoire de printemps… que ta tante m'a racontée quand j'avais ton âge.

Léna leva les yeux. Elle adorait les histoires, surtout quand elles parlaient de choses vraies.

— C'est une histoire qui s'est vraiment passée ? demanda-t-elle.

— Oui, répondit son père. Et elle commence… dans une station de tram bordée d'arbres.

Léna s'assit bien droite, ses mains croisées sur ses genoux. Elle prit son carnet, celui où elle notait tout.

— Attends, dit-elle. Je vais l'appeler “Carnet du printemps”. Comme ça, si l'histoire est intéressante, je pourrai écrire ce que j'ai appris.

Son père s'assit au bord du lit, ajusta le coussin derrière son dos, puis reprit d'une voix douce :

— Écoute bien. C'est l'histoire d'un garçon qui s'appelait Milo, et d'un printemps qu'il n'oubliera jamais.

Léna fixa son père, déjà plongée dans les images qui naissaient dans sa tête.

Chapitre 2 – Milo sous les arbres du tram

Dans sa tête, Léna voyait maintenant Milo comme si elle y était. Un garçon de dix ans, avec un sac à dos bleu et des lacets soigneusement noués, qui attendait le tram devant l'école.

Autour de lui, la ville sortait doucement de l'hiver. Les arbres le long de la station ressemblaient encore à des silhouettes fines, mais, si on regardait bien, de petits bourgeons pointaient déjà au bout des branches. Le trottoir était encore un peu humide, comme s'il gardait un souvenir de la dernière pluie.

Milo regarda sa montre. Le tram avait en général deux minutes de retard. Il le savait, car il notait toujours les horaires dans un petit carnet. Il aimait quand les choses étaient prévisibles.

Ce matin-là pourtant, quelque chose changea.

Une brise légère passa entre les arbres et apporta une odeur différente. Ni vraiment de la terre, ni vraiment de la pluie. Une odeur… de neuf. Comme si quelqu'un avait ouvert une fenêtre dans le ciel.

Milo renifla, surpris. Une dame âgée, avec un foulard vert autour du cou, se tenait un peu plus loin. Elle souriait en regardant les branches.

— Vous sentez ? demanda-t-elle soudain à Milo.

Il hésita, un peu timide.

— Euh… oui. On dirait… de la terre propre.

La dame rit.

— C'est le printemps qui arrive. On le sent avant de vraiment le voir.

Milo observa autour de lui. Le métal de l'abri du tram était encore froid sous ses doigts. Mais la lumière avait changé. Elle était plus dorée, moins pâle. Sur le sol, une petite fourmi traçait déjà son chemin entre deux cailloux.

— Pourtant, les arbres sont encore tout nus, dit Milo.

— Ils se préparent, répondit la dame. Comme toi quand tu fais ton cartable la veille. Le printemps, c'est pareil. Il se met en ordre avant de se montrer.

Milo aima cette idée. Il se sentit soudain plus attentif. Il nota dans son carnet : “Le printemps commence d'abord par une odeur et une lumière différente.”

Le tram arriva en grinçant doucement. En montant, Milo jeta un dernier coup d'œil aux branches. Il avait l'impression qu'elles allaient lui répondre, mais le tram démarra déjà, dans un bruit métallique doux comme un ronronnement.

Chapitre 3 – Les petites preuves

Dans sa chambre, Léna écoutait, immobile. Elle imaginait la station de tram, le métal froid contre les mains de Milo, la lumière dorée. Elle écrivit dans son propre carnet : “Le printemps se prépare comme un cartable.”

— Et après ? demanda-t-elle.

Son père continua.

Les jours suivants, Milo continua à prendre le tram à la même heure. Il regardait toujours sa montre, notait les petits retards, les avances. Rien ne semblait vraiment différent, sauf qu'il y avait de plus en plus de lumière quand il sortait de chez lui.

Un matin, alors qu'il arrivait à la station, il s'arrêta net.

Sur une branche au-dessus du panneau “TRAM A”, une petite tache vert tendre venait de se montrer. Pas une feuille entière, non. Juste un bout. Comme un minuscule drapeau qui disait : “J'arrive.”

Milo sentit son cœur battre un peu plus vite. Il regarda autour de lui. Personne n'avait l'air de remarquer.

Il sortit son carnet, hésita, puis écrivit : “Première feuille vue à 8 h 07, station de tram. Couleur : vert très clair, presque jaune.”

La dame au foulard vert était encore là, ce matin-là. Elle s'approcha, curiosité dans les yeux.

— Tu prends des notes ? demanda-t-elle.

— Oui, répondit Milo. J'aime bien savoir exactement quand les choses commencent.

— Alors tu vas adorer le printemps, dit-elle. Il commence partout, tout le temps. Il suffit de regarder.

Elle lui montra du doigt le bas d'un tronc d'arbre. Entre deux racines, un tapis de petites herbes nouvelles poussait, d'un vert brillant. Un moineau sautillait, fouillant le sol. Au loin, un vélo passait, ses pneus éclaboussant une flaque fine où le ciel se reflétait.

Milo nota encore. Ses phrases devenaient de plus en plus longues. Il décrivit le chant des oiseaux, plus joyeux le matin, et l'air un peu plus doux sur sa peau. Il remarqua que ses gants restaient plus souvent au fond de sa poche.

Un soir, en rentrant, il entendit la pluie commencer, douce, régulière. Il ouvrit la fenêtre de sa chambre et tendit la main. Les gouttes tombaient tièdes, comme si le ciel s'était un peu réchauffé.

— Tu vas attraper froid, Milo ! appela sa mère.

— Mais non, répondit-il en riant. C'est une pluie de printemps !

Elle haussa les épaules, puis s'approcha à son tour. Ensemble, ils regardèrent la cour. Les flaques se formaient sur les dalles grises, et dans l'une d'elles, une petite feuille tombée flottait comme un bateau.

— Elle aide les plantes, cette pluie, dit Milo. Demain, les feuilles seront plus grandes.

Il avait raison. Le lendemain matin, en attendant son tram, il vit que les bourgeons avaient beaucoup grossi. Certains s'étaient déjà ouverts en petites feuilles toute froissées, comme des draps qu'on vient de déplier.

Il écrivit : “Preuve que le printemps est vraiment là : les feuilles se déplient, la pluie sent bon, les oiseaux chantent plus fort.”

Chapitre 4 – Les cadeaux du soleil et de la pluie

Dans son lit, Léna sentait ses paupières devenir lourdes. Derrière la fenêtre, la nuit du vrai monde était calme. Elle entendait, très loin, le bruit d'une voiture, puis plus rien. Son père parlait plus doucement, comme si les mots eux-mêmes se couchaient.

— Un matin, continua-t-il, Milo arriva à la station de tram, et il eut l'impression que quelqu'un avait repeint tout le paysage pendant la nuit.

Léna imagina aussitôt la scène.

Les arbres le long des rails étaient maintenant couverts de feuilles fines. Certaines brillaient encore de petites gouttes de la dernière pluie. Quand le soleil les touchait, ça faisait comme des milliers de petites lumières. L'air sentait un mélange de terre mouillée, de bois et d'une odeur fleurie, très légère.

En s'asseyant sur le banc de la station, Milo sentit le bois tiède sous ses cuisses. Le soleil, déjà assez haut, lui chauffait doucement la nuque. Il ferma les yeux. Il n'entendait plus seulement le grondement lointain de la ville, mais aussi le bourdonnement discret d'une abeille qui passait, le froissement d'une aile d'oiseau, les rires de deux enfants qui attendaient le tram avec leurs cartables ouverts.

La dame au foulard vert n'était pas là ce jour-là. Mais Milo pensa à elle, et à ce qu'elle avait dit : “Le printemps commence partout, tout le temps.”

Il sortit son carnet. Il n'y avait presque plus de place, les pages étaient pleines de dates, de détails, de petits dessins de feuilles, de gouttes de pluie, de nuages un peu dodus.

Au lieu d'une liste, il écrivit cette fois une phrase entière, longue, sans s'arrêter :

“Merci au soleil qui réchauffe les bancs, fait briller les gouttes sur les feuilles et donne aux oiseaux envie de chanter plus fort, et merci à la pluie qui nettoie l'air, réveille la terre, remplit les flaques où se reflète le ciel, et fait pousser l'herbe sous les arbres de la station de tram.”

En terminant, il se sentit soudain très calme, très heureux, sans savoir exactement pourquoi. Peut-être parce qu'il avait l'impression de comprendre quelque chose d'important : le printemps n'était pas seulement une saison sur un calendrier. C'était une façon pour le monde de dire : “Je recommence.”

Le tram arriva. Milo monta, serra son carnet contre lui. Par la fenêtre, il regarda les arbres défiler, leurs troncs bruns, leurs feuilles toutes neuves. Un rayon de soleil traversa la vitre et tomba droit sur ses mains. Il les laissa se réchauffer, sans bouger, comme pour garder ce moment encore un peu.

Dans sa chambre, Léna soupira de contentement.

— J'aime bien Milo, murmura-t-elle. Il fait un peu comme moi.

— Comment ça ? demanda son père.

— Il note tout. Il fait attention aux détails. Et en plus, il remercie la pluie. Moi, d'habitude, je râle quand il pleut.

Elle resta silencieuse un instant, puis ajouta :

— Finalement, c'est vrai que sans pluie, il n'y aurait pas de feuilles brillantes.

Son père sourit et lui caressa les cheveux.

— Tu sais, dit-il, demain matin, on pourrait faire comme Milo.

— Aller à la station de tram et regarder les arbres ? proposa-t-elle.

— Exactement. Et tu pourras remplir ton carnet du printemps.

Léna hocha la tête, déjà décidée.

— D'accord. Je mettrai l'heure exacte, la couleur des feuilles, et peut-être l'odeur de l'air… si j'arrive à la décrire.

Elle se glissa sous la couette, la serra jusqu'au menton et ferma les yeux. Dans sa tête, elle voyait la station de tram de sa propre ville, les branches encore un peu nues mais prêtes, les rails qui brillaient, les flaques qui attendaient le prochain rayon de soleil.

Elle pensa au soleil qui réchauffe, à la pluie qui nourrit, à toutes ces choses qui recommencent chaque année sans se lasser. Ses derniers mots, à peine murmurés, se perdirent dans l'oreiller :

— Merci pour le soleil… et pour la pluie aussi.

Et, avec ce sentiment doux de gratitude qui brillait en elle comme une petite lampe, elle s'endormit, prête à accueillir, le lendemain, tous les petits miracles du printemps.

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Petits renflements sur les branches qui donneront des feuilles ou des fleurs.
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Rides ou plis sur une surface, en particulier sur du papier ou du tissu.

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