Chargement en cours...
Conte africain 7 à 8 ans Lecture 12 min.

Le chemin plus court vers le puits

Awa la potière cherche un chemin plus court vers le puits et, en croisant bergers, enfants et anciens, elle imagine des signes et l’entraide pour guider tout le village.

Télécharger cette histoire en PDF

Idéal pour partager ou imprimer cette histoire !

Télécharger l'e-book (.epub)

Lisez cette histoire sur votre liseuse électronique

Awa, potière souriante et concentrée, tient une petite plaque d'argile ornée d'une flèche ; visage rond, peau bronze, cheveux nattés en chignon, robe rouge à motifs jaunes, posture fière et douce. À sa droite, Koffi, garçon berger d'une dizaine d'années, bâton en main, expression malicieuse, vêtements beiges et sandales, pointe le chemin. Derrière Awa, une vieille femme courbée mais lumineuse, panier sur la tête, sourit en encourageant les enfants. À gauche, une fille et un garçon jouent en courant, mains jointes, cheveux courts et tressés, rieurs, avec de petites gourdes. Sur un sentier sableux rouge bordé d'herbes hautes, proche d'un ruisseau aux pierres lisses, on voit une termitière, un baobab tordu, le four du potier et la margelle d'un puits au loin ; les personnages posent ensemble des plaques symboliques le long du chemin dans une lumière douce de fin de journée, aux couleurs chaudes et à l'atmosphère conviviale et rassurante. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1

Écoutez, écoutez, petits et grands, approchez vos oreilles comme on approche ses mains du feu doux. Dans un village d'Afrique de l'Ouest, là où le soleil marche lentement sur la terre rouge, vivait Awa la potière. Awa avait des mains rapides et un sourire large. Quand elle touchait l'argile, on aurait dit qu'elle caressait un nuage tombé du ciel. Les pots naissaient sous ses doigts comme des poussins sous une plume.

Au bord du village, il y avait le four du potier. C'était une grande bouche de terre, ronde et chaude, qui avalait les jarres crues et les recrachait solides, brillantes, prêtes à chanter quand on les tapote. Autour, l'air sentait la fumée douce et le bois sec. Le four ronronnait comme un vieux lion très gentil.

Awa portait l'eau du puits chaque matin. Le puits était loin, un peu trop loin. Il fallait suivre le grand chemin, passer près du baobab, contourner les hautes herbes, puis revenir avec la jarre sur la tête. La jarre était stable, oui, mais la route était longue, oh oui. Et Awa, elle, était pleine d'idées, pleine d'élan, pleine de “et si…”.

Un jour, alors qu'elle surveillait la cuisson, elle se dit : si je trouvais un chemin plus court vers le puits, je gagnerais du temps. Du temps pour façonner des bols, du temps pour rire avec les enfants, du temps pour chanter. Le temps, c'est comme de l'eau dans la main : si on le garde bien, il brille.

Awa regarda le village, le four, la brousse et le ciel. Elle vit les oiseaux qui coupent tout droit. Elle vit les fourmis qui tracent des petites routes secrètes. Elle se pencha vers le four, comme si le four pouvait conseiller.

Le four crépita, et son souffle chaud semblait dire : “Va, mais va avec sagesse.”

Alors Awa prit une calebasse, y mit un peu d'eau, et partit chercher le chemin plus court. Elle était enthousiaste comme un tambour qui commence la fête. Elle marchait en murmurant un petit rythme : “Plus court, plus court, pour l'eau qui court.”

Chapitre 2

Le grand chemin était facile, mais Awa voulait essayer autre chose. À côté du sentier, il y avait une piste étroite entre des buissons. Elle avait l'air de sourire, cette piste, comme une bouche malicieuse. Awa s'y engagea. Les feuilles frottaient ses bras, les insectes bourdonnaient comme de minuscules moteurs, et la lumière se découpait en morceaux.

Au bout d'un moment, elle arriva devant un petit ruisseau. Rien de dangereux, juste une eau qui bavardait sur des pierres. Awa posa la calebasse, chercha un passage, et traversa. “Facile !” pensa-t-elle. Mais le chemin, ensuite, devenait confus. Deux pistes, puis trois. Des traces de chèvres, des traces de gens, des traces de rien du tout.

Awa ralentit. Son enthousiasme restait là, mais il s'habillait d'attention, comme on met un pagne avant de sortir. Elle ne voulait pas se perdre. Se perdre, ce n'est pas effrayant longtemps, non, mais c'est fatigant et ça donne soif. Et elle cherchait l'eau !

Elle vit alors Koffi le petit berger. Il était assis à l'ombre, les pieds dans la poussière, et ses chèvres faisaient “mééé” comme si elles répondaient au vent.

Awa lui demanda : “Koffi, tu connais un chemin plus court vers le puits ?”

Koffi plissa les yeux, sérieux comme un vieux sage, puis répondit en riant : “Plus court, oui… mais pas tout seul. Les chemins courts aiment la compagnie.”

Awa sourit. Elle comprit qu'un chemin, c'est un secret qu'on partage. Koffi se leva et montra un passage entre deux rochers. “Par là, mais attention aux épines. Et si tu vois une termitière haute, tourne à gauche.”

Ils marchèrent un moment ensemble. Koffi parlait peu, mais ses doigts montraient bien. Pourtant, devant la termitière, Awa hésita. La termitière ressemblait à une petite tour. Elle se disait : et si je passais plutôt à droite, ce serait encore plus court… Encore plus court, toujours plus court, comme si la route pouvait se plier.

Elle choisit la droite. Koffi la regarda, puis haussa les épaules, pas fâché. “D'accord, mais écoute le vent,” dit-il. “Le vent connaît les retours.”

Awa répondit seulement : “Merci.”

Au début, tout allait bien. Le sol était lisse. Mais bientôt, des herbes hautes lui chatouillèrent le visage. Elle tourna, et tourna encore. Le soleil, lui, était toujours là, mais les repères avaient disparu. Awa sentit son cœur faire un petit bond, comme une balle dans la main. Puis elle souffla doucement. “Je ne suis pas en danger,” se dit-elle. “Je suis juste… un peu perdue.”

Elle entendit alors un “toc toc” régulier. Ce n'était pas un pas, ni un tambour. C'était… un bâton sur une calebasse. Une vieille femme arrivait, portant un panier. Ses yeux brillaient comme deux graines de cola.

Awa s'approcha et dit : “Mère, je cherche le chemin le plus court vers le puits.”

La vieille femme sourit, et sa voix était un chant : “Le chemin le plus court est celui qu'on refait ensemble.”

Elle appela deux enfants qui cueillaient des feuilles : “Venez, montrez à Awa le passage.” Les enfants coururent, légers comme des oiseaux. Awa les suivit. Très vite, la brousse s'ouvrit, et le puits apparut, tranquille, avec sa margelle ronde. On aurait dit un œil de pierre qui regarde le ciel.

Awa rit de soulagement. “Ah, puits, puits ! Te voilà !”

L'eau était fraîche, gentille. Elle remplit sa calebasse, puis aida une autre femme à remonter son seau. Les mains se croisèrent, les sourires aussi. Et Awa comprit : trouver plus court, c'est bien… mais ne pas laisser quelqu'un porter seul, c'est mieux.

Chapitre 3

Sur le chemin du retour, Awa ne voulait pas seulement rentrer. Elle voulait retenir la route, la dessiner dans sa tête comme on dessine un motif sur une jarre. Les enfants lui montrèrent un arbre tordu, une pierre plate, un petit tas de sable blanc. “Ici, tu tournes. Là, tu comptes trois pas. Là, tu suis les oiseaux.”

Mais Awa avait aussi une idée. Une idée ronde comme une jarre, simple comme un sourire. Elle se dit : et si le village avait des signes, pour que tout le monde trouve ce chemin plus court ? Pas seulement moi. Pas seulement aujourd'hui.

Au village, elle alla près du four du potier. Le four soufflait doucement, content de revoir sa potière. Awa prit de l'argile et façonna de petites plaques. Sur chacune, elle grava un symbole facile : une goutte d'eau, une flèche, un petit soleil, un baobab. Des signes qui parlent sans mots, des signes pour les yeux des enfants et des grands.

Pendant que les plaques séchaient, Awa demanda de l'aide. Elle ne le demanda pas comme un ordre, non. Elle le demanda comme on invite à une danse.

Elle dit seulement : “Qui veut mettre des étoiles sur notre chemin ?”

Alors Koffi arriva avec son bâton de berger. Les deux enfants revinrent, fiers comme des coqs. Même la vieille femme passa, lente mais présente. D'autres villageois s'approchèrent : une tante avec un bébé, un oncle qui riait fort, des amis qui aimaient rendre service.

Ils placèrent les plaques le long du nouveau chemin. Près de la termitière, une flèche montrait clairement : gauche ! Près du ruisseau, une goutte d'eau rassurait : on peut traverser ici. Et à un endroit où les herbes hautes trompaient l'œil, Awa posa une plaque avec un baobab : “Regarde ce grand arbre, il te guide.”

Puis vint le moment du four. Les plaques, maintenant sèches, entrèrent dans la bouche chaude. Le four, ce vieux lion gentil, avala tout. Awa surveillait la chaleur, ajoutait du bois, attendait. L'attente, c'est comme une histoire : il faut laisser les choses cuire pour qu'elles deviennent fortes.

Quand le four fut ouvert, les plaques étaient dures et belles. Les symboles ressortaient comme des dessins sur un tambour. Awa en prit une, la tapota. “Tonk.” Un son clair, un son de réussite.

Le lendemain, plusieurs femmes partirent au puits en suivant le chemin. Elles revinrent plus vite, sans se presser, et leurs rires arrivaient avant elles. Les enfants aussi allèrent remplir de petites gourdes, fiers de lire les symboles. Même ceux qui ne savaient pas lire les lettres pouvaient lire la route. Le village avait gagné du temps, oui, mais surtout il avait gagné un trésor : un geste commun.

Awa, elle, se sentait légère. Son objectif était atteint : un chemin plus court vers le puits. Mais son cœur avait trouvé encore plus court : le chemin qui va de “moi” vers “nous”.

Chapitre 4

Le soir, quand la chaleur baisse et que le ciel devient une grande calebasse bleue, le village se rassembla près du four. On apporta des calebasses d'eau, des noix, des fruits. Quelqu'un tapa doucement sur une jarre, et le son partit comme un oiseau. Un autre répondit en frappant des mains. La musique naissait sans se presser, comme une rivière qui trouve son lit.

Awa s'avança. Elle ne fit pas un long discours. Elle leva simplement une plaque cuite, avec la flèche bien visible. Les enfants comprirent, les grands aussi. Koffi lança, avec son humour : “Maintenant, même mes chèvres sauront aller au puits !”

Tout le monde rit.

Alors la vieille femme fit un petit pas, puis un autre. Elle commença une farandole. Une main dans une main, et encore une main dans une main. Les pieds frappaient la terre rouge doucement, comme pour la remercier. La file tournait, serpent joyeux, autour du four qui crépitait encore un peu.

On chantait, et le chant répétait : “Ensemble, ensemble, le chemin est plus court.”

Awa dansait au milieu, sa robe tournant comme une fleur. Elle voyait les visages, elle voyait les mains liées, elle voyait les symboles sur les plaques qui brillaient à la lumière du feu. Le four, lui, semblait sourire, car il avait cuit non seulement de l'argile, mais aussi une idée.

Et la morale, écoutez-la bien, petits et grands, car elle est simple comme une goutte d'eau : quand on cherche un chemin plus court, on peut le trouver avec ses jambes, oui… mais on le garde avec l'entraide. Seul, on avance. Ensemble, on arrive mieux, et on arrive joyeux.

La farandole continua jusqu'à ce que les étoiles, là-haut, se mettent elles aussi à clignoter, comme si elles battaient des mains dans le ciel. Et le village, ce soir-là, avait une route plus courte vers le puits, et un cœur plus grand pour se partager l'eau.

Sans publicité 3 € par mois

Envie d’une lecture sans interruption ? Soutenez Mes Histoires du Soir, retirez toutes les publicités et profitez d’autres avantages inclus dès 3 € par mois.

Voir les forfaits & tarifs
Partager

signaler un problème avec cette histoire

Qu'avez-vous pensé de cette histoire ?

Donnez votre avis en attribuant une note à cette histoire en fonction de ce que vous et/ou votre enfant en avez pensé. Merci par avance !

Merci ! Votre note a été prise en compte !

Le quizz : as-tu bien compris l'histoire ?

Potière
Femme qui fait des objets en terre, comme des pots et des jarres.
Argile
Terre molle et humide qu'on modèle pour faire des pots.
Jarre
Grand pot en terre pour garder de l'eau ou des choses.
Calebasse
Grosse gourde végétale, souvent utilisée pour porter ou garder de l'eau.
Margelle
Bord rond et fait de pierre autour d'un puits.
Termitière
Monticule de terre fait par des termites, comme une petite tour.
Brousse
Endroit avec beaucoup d'herbes et de petits arbres, un peu sauvage.
Crépitait
Fait un petit bruit sec et répété, comme un feu qui pétille.
Farandole
Danse en cercle où les gens se tiennent par la main et tournent.
Pagne
Tissu que l'on porte autour du corps, souvent comme une jupe courte.
Entraide
Action d'aider les autres et d'être aidé en retour.

Créez une histoire magique et unique pour votre enfant !

Créez en quelques minutes une aventure personnalisée où votre enfant devient le héros. Avec notre outil exclusif, c'est facile, gratuit et divertissant !

Créer une histoire

Téléchargez cette histoire :

Télécharger cette histoire en PDF Télécharger l'e-book (.epub)

À lire ensuite dans Contes africains pour 7 à 8 ans

Recevez de nouvelles histoires chaque dimanche soir !

Recevez 7 histoires passionnantes et captivantes, adaptées à l'âge et aux goûts de votre enfant, chaque dimanche à 17h*. C'est gratuit et garanti sans spam !
*E-mail envoyé à 17h, heure de Paris.
Nous n'aimons pas non plus le spam. Ainsi, nous ne vous enverrons que des histoires. Vous pourrez vous désinscrire quand vous le souhaiterez.