Chapitre 1 : La veille d'Halloween
Sur le rebord de la fenêtre, Léon observe les feuilles qui volent dans le vent. Elles tourbillonnent comme de petits fantômes dorés, et parfois, l'une d'elles vient se coller contre la vitre, comme si elle voulait lui dire bonjour. Léon sourit et se frotte les mains. Ce soir, c'est Halloween. Il adore cette fête, même s'il n'aime pas vraiment avoir peur. Ce qu'il préfère, ce sont les déguisements rigolos, les bonbons qui collent aux dents et les histoires mystérieuses qui font frissonner… juste un peu.
Mais cette année, Léon a une idée spéciale. Il ne veut pas seulement se déguiser. Il veut dessiner un fantôme, mais pas n'importe lequel : un fantôme qui sourit, un fantôme qui fait rire et qui n'effraie personne. Un fantôme gentil, pour que tout le monde passe une bonne soirée.
Sur la table du salon, Léon aligne ses crayons de couleur, ses feutres, ses feuilles blanches et une gomme ronde comme une bille. Il réfléchit à ce qu'il va dessiner. Il ferme les yeux et imagine un drap blanc qui flotte, deux yeux ronds et… un grand sourire ! Mais comment dessiner un fantôme qui a l'air vraiment heureux ? Léon n'est pas sûr. Il décide d'aller demander conseil à sa maman.
Sa maman prépare des cupcakes au potiron dans la cuisine. L'odeur sucrée flotte partout et chatouille le nez de Léon. Il s'approche doucement.
— Maman, tu crois qu'un fantôme peut sourire ?
Elle s'arrête de mélanger sa pâte et regarde Léon, étonnée.
— Bien sûr ! Je suis même sûre qu'il existe des fantômes qui adorent sourire. Peut-être qu'ils apparaissent seulement le soir d'Halloween, pour faire des farces gentilles.
Léon rit. Il aime cette idée. Un fantôme farceur qui vient rigoler avec les enfants ! Il retourne à sa table, tout excité, et commence à dessiner. Mais il s'arrête vite. Son fantôme a l'air bizarre, pas très joyeux, et un peu de travers. Léon soupire. Ce n'est pas facile de dessiner un sourire qui fait vraiment rire.
Chapitre 2 : Le mystère du grenier
Alors que Léon efface une nouvelle fois la bouche de son fantôme, il entend des bruits étranges. C'est comme un froissement, un petit « houhou » tout doux, qui vient d'en haut. Léon lève la tête. Le grenier ! Il n'aime pas beaucoup y monter, surtout le soir. Mais aujourd'hui, il sent que quelque chose de spécial l'attend là-haut.
Il attrape sa lampe de poche, met son déguisement de magicien sur les épaules (pour se donner du courage) et grimpe lentement les escaliers. Chaque marche grince sous ses pieds. Arrivé devant la porte, Léon hésite, puis pousse doucement. La porte s'ouvre en grinçant (évidemment, c'est un grenier d'Halloween !).
Dans la pénombre, il voit des cartons empilés, des déguisements anciens et une vieille valise entrouverte. De la poussière danse dans la lumière. Soudain, Léon entend de nouveau le « houhou ». Cette fois, il n'a pas peur. Il s'avance, éclaire chaque recoin avec sa lampe. C'est alors qu'il la voit : une peluche toute blanche, toute douce, avec deux yeux noirs cousus et… un grand sourire brodé.
Léon s'accroupit et prend la peluche dans ses bras. Elle est légère comme une plume. Il la serre contre lui et sent une chaleur douce. « Tu es le plus gentil des fantômes », murmure-t-il. Il remarque qu'il y a une petite étiquette autour du cou de la peluche. Léon la lit à voix haute : « Pour toi, petit magicien rêveur. » Il sourit, le cœur battant fort. C'est sûrement un cadeau que ses parents ont caché pour lui. Ou alors, c'est un vrai mystère d'Halloween !
Soudain, la lampe de poche éclaire un vieux coffre en bois peint. Léon s'approche, intrigué. Sur le couvercle, il y a un dessin de citrouille rigolote et un cadenas. Mais le cadenas est ouvert ! Léon lève le couvercle, tout doucement…
À l'intérieur, il découvre des déguisements anciens, des chapeaux pointus, des lunettes de clown, et même des oreilles de chat. Léon rit tout seul. Il a trouvé le trésor des déguisements de sa famille ! Il sort un chapeau de sorcière minuscule et l'enfile à la peluche fantôme. Elle a l'air encore plus drôle.
— Toi, tu vas m'aider à dessiner le plus joli fantôme du monde ! s'exclame Léon.
Il redescend avec sa peluche et son chapeau de sorcière sur la tête.
Chapitre 3 : Le grand dessin partagé
En bas, dans le salon, Léon s'installe à la table avec sa peluche-fantôme à côté de lui. Il la regarde bien, touche son sourire cousu, et sent l'inspiration venir. Cette fois, il prend une grande feuille, et, doucement, il commence à dessiner.
Il fait un corps tout rond, comme un nuage. Deux bras qui flottent, deux yeux ronds et brillants, et surtout, un sourire immense. Mais il sent que quelque chose manque. Il réfléchit, regarde autour de lui, puis aperçoit sa petite sœur, Zoé, qui le regarde curieusement depuis le couloir.
— Tu veux dessiner avec moi ? demande Léon.
Zoé hoche la tête, toute contente, et s'assoit à côté de lui. Ensemble, ils ajoutent des détails : Zoé dessine un chapeau pointu, Léon ajoute une citrouille sur le ventre du fantôme. Zoé lui met des petites joues roses et Léon dessine des étoiles autour. Petit à petit, le fantôme devient de plus en plus joyeux, de plus en plus drôle.
Leur maman les rejoint, un plateau de cupcakes dans les bras. Elle s'exclame :
— Quel magnifique fantôme ! Il a l'air si heureux qu'il pourrait presque danser !
Léon et Zoé éclatent de rire. Ils décident de coller le dessin sur la porte d'entrée, pour que tous les voisins puissent le voir en venant demander des bonbons. Léon propose une idée : et si chacun des enfants qui passe pouvait ajouter quelque chose au dessin du fantôme ? Une étoile, un cœur, un ballon, un chapeau…
Bientôt, la sonnette retentit. Les premiers enfants arrivent, déguisés en pirates, en princesses, en citrouilles ou en chats. Léon leur montre le dessin et leur tend des crayons. Chacun ajoute un petit détail coloré. Le fantôme souriant devient le fantôme de tout le quartier ! Il porte maintenant de drôles de lunettes, des moustaches, des ailes de chauve-souris et même un collier de bonbons.
Léon sent son cœur gonfler de fierté. Il aime partager son dessin et voir tout le monde rire. Même les adultes s'arrêtent pour regarder le fantôme et ajoutent parfois une touche rigolote.
Chapitre 4 : Une nuit d'Halloween pleine de sourires
La nuit tombe doucement. Les lanternes en forme de citrouilles brillent dans le jardin. Léon, Zoé et leur maman sortent avec leur panier, prêts à faire la tournée des bonbons. Au coin de la rue, Léon croise ses copains, qui admirent le dessin sur la porte.
— Il est trop drôle, ton fantôme ! dit Tom, déguisé en squelette.
— C'est parce que tout le monde l'a aidé à sourire, répond Léon en riant.
La chasse aux bonbons commence. Les maisons sont décorées de toiles d'araignées en papier, de fantômes accrochés aux arbres, de lumières colorées. À chaque porte, les enfants rient, chantent et partagent leurs friandises. Léon offre un cupcake à une amie qui n'a pas beaucoup de bonbons, et elle lui donne un caramel en échange.
Quand la tournée est finie, Léon rentre à la maison, les poches remplies de bonbons, la tête pleine d'images joyeuses. Il retrouve la peluche-fantôme, toujours souriante, et la serre contre lui.
Avant d'aller se coucher, Léon s'arrête devant la porte d'entrée. Le dessin du fantôme est maintenant couvert de couleurs, de dessins, de petits mots rigolos. Il sourit, heureux d'avoir partagé ce moment avec tout le monde.
Sa maman le prend dans ses bras.
— Tu as réussi, mon grand. Tu as dessiné le plus gentil des fantômes. Et tu as fait sourire tout le quartier.
Léon ferme les yeux et pense à toutes les rires, à tous les partages, et à la chaleur qui remplit la maison. Il se sent fier et rassuré. Même les fantômes aiment rire, surtout à Halloween !
Il murmure alors un petit mot, tout bas, mais assez fort pour que la peluche-fantôme l'entende :
— Merci, mon fantôme souriant, pour cette belle aventure. Merci à tous, pour tous ces sourires.
Et dans la nuit, alors que Léon s'endort, il lui semble entendre un « houhou » tout doux, comme un dernier clin d'œil joyeux.