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Histoire de Noël 5 à 6 ans Lecture 17 min. (1)

Le goûter de Noël et la minute du flocon

Dans une forêt enneigée, le petit renard Lino se donne pour mission de rassembler tous les animaux pour un goûter de Noël, malgré leurs hésitations et leurs peurs. Avec créativité et bienveillance, il parvient à convaincre chacun de participer à cet événement chaleureux et convivial.

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Un renard roux nommé Lino, avec une fourrure brillante et des yeux pétillants, sourit chaleureusement, assis au centre d'un cercle de neige scintillante entouré de lanternes lumineuses. À sa droite, Mina la taupe tient un bol de pop-corn neigeux, et à sa gauche, un blaireau montre une boîte de biscuits croquants. En arrière-plan, une chouette perchée sur une branche observe la scène. Tout se passe sous un grand chêne décoré, avec une clochette qui tinte doucement. La neige tombe, créant une atmosphère magique et festive. signaler un problème avec cette image

La neige qui chatouille

Dans la forêt, la neige tombait doucement, comme des plumes de sucre. Les sapins portaient des bonnets blancs, et le vent faisait « frrr-frrr » entre les branches.

Un petit renard roux courait sur le sentier. Il s'appelait Lino. Son museau brillait un peu, comme s'il avait plongé dans une étoile. Lino aimait Noël. Il aimait surtout quand tout le monde se retrouvait.

Mais cette année, il y avait un souci.

Au pied du grand chêne, les animaux avaient accroché une affiche, avec des pattes d'encre et une écriture un peu de travers :

« GRAND GOÛTER DE NOËL CE SOIR ! Apportez une chose à partager. »

Lino avait souri si fort que ses moustaches avaient tremblé. Puis il avait couru prévenir ses voisins.

Seulement… quand il était arrivé chez les blaireaux, personne n'avait ouvert.

« C'est fermé, » grogna une voix derrière la porte. « On ne veut pas être dérangés. »

Chez la famille écureuil, on l'avait vu par la fenêtre. Mais un rideau s'était vite refermé.

Et chez Madame Chouette, une plume était tombée, et une note avait glissé :

« Trop de bruit. Trop de monde. Je reste dans mon arbre. »

Lino s'était arrêté au milieu du chemin. La neige lui chatouillait les pattes. Il avait regardé le ciel, puis l'affiche.

« Un goûter de Noël… sans tout le monde, ce n'est pas un vrai goûter, » murmura-t-il.

Il inspira fort, comme pour attraper du courage dans l'air froid.

« D'accord. Je vais les rassembler. Je vais trouver une idée. Une idée… qui donne envie de sourire. »

Et il repartit, la queue haute, même si elle frissonnait un peu.

Les invitations qui font rire

Lino commença par aller voir Mina la taupe, qui creusait un tunnel en marmonnant.

« Mina ! Tu viens ce soir ? »

La taupe sortit la tête, toute poussiéreuse, avec un minuscule flocon sur le bout du nez.

« Moi ? Avec tous ces gens ? Je vais me tromper de patte et renverser la soupe. »

Lino eut un petit rire.

« Alors on fera une soupe… qui aime être renversée ! »

Mina cligna des yeux.

« Une soupe qui aime… être renversée ? »

« Oui ! Une soupe de… flocons de neige ! Ça ne mouille personne, ça fond dans la bouche. »

Mina rigola. Un vrai rire, rond et chaud.

« Bon… si la soupe ne peut pas me gronder, je peux essayer. »

Lino repartit, content. Première petite victoire.

Ensuite, il alla chez les blaireaux. Il prit une grande inspiration et frappa doucement.

Toc toc toc.

La porte ne bougea pas.

Lino posa son oreille contre le bois.

« Je sais que vous êtes là. J'ai une question très sérieuse. Est-ce que vous préférez les biscuits… croquants ou très croquants ? »

Silence.

Puis une voix, un peu surprise :

« Très croquants. Pourquoi ? »

« Parce que j'ai besoin de spécialistes, » dit Lino. « Ce soir, on fait un concours : le biscuit le plus croquant de la forêt. Et… j'ai entendu dire que vous aviez des dents de champions. »

On entendit des chuchotements. Puis la porte s'entrouvrit. Deux nez noirs apparurent.

« Un concours ? » fit Monsieur Blaireau.

« Oui, » répondit Lino. « Et vous serez les jurés. Sans vous, c'est impossible. »

Madame Blaireau leva les sourcils.

« Être jurés, ça veut dire qu'on peut s'asseoir et goûter ? »

« Exactement. Et vous avez le droit de dire “miam” très fort. »

Cette fois, la porte s'ouvrit un peu plus.

« Bon, d'accord, » dit Monsieur Blaireau. « Mais on n'aime pas les chansons. »

« Pas de souci, » promit Lino. « On chantera… très doucement. Comme des biscuits qui craquent. »

Les blaireaux sourirent, malgré eux.

Lino trottina vers le grand arbre de Madame Chouette. Il leva la tête.

« Madame Chouette ! »

Un œil doré s'ouvrit dans l'ombre.

« Je t'entends, renard. J'espère que tu ne viens pas avec un tambour. »

« Non, madame, » dit Lino très poliment. « Je viens avec une mission secrète. Une mission de silence. »

« Oh ? » fit l'œil, intrigué.

« Ce soir, on aura un moment spécial : la Minute du Flocon. Pendant une minute, tout le monde se tait et écoute la neige tomber. On a besoin de vous. Vous êtes la meilleure pour écouter. »

Madame Chouette sortit un peu la tête, ses plumes comme un manteau.

« Une minute sans bruit… ça, j'aime. »

« Et après, » ajouta Lino, « vous pourrez raconter une histoire très courte. Une histoire qui fait chaud. »

Madame Chouette cligna lentement.

« D'accord. Mais une histoire très courte. Je ne veux pas que les lapins s'endorment sur mes pattes. »

Lino rit.

« Promis. Personne ne dormira sur vos pattes. »

Il lui restait les écureuils. Ils étaient rapides, et surtout… très timides. Lino regarda leur arbre, plein de pommes de pin.

Il eut une idée.

Il ramassa une pomme de pin, puis une autre, puis une autre. Il les empila pour faire une petite tour.

Il appela :

« Famille Écureuil ! J'ai un problème énorme ! Une tour de pommes de pin… qui veut partir en voyage ! Elle cherche des guides. »

Le rideau de feuilles bougea. Deux petites têtes sortirent.

« Une tour… en voyage ? » demanda le petit écureuil, les yeux brillants.

« Oui, » dit Lino, très sérieux. « Elle veut aller au goûter de Noël. Mais elle a peur de tomber. Il lui faut des écureuils experts en équilibre. »

Le papa écureuil se gratta le menton.

« Nous, on sait faire tenir trois noisettes sur le nez. »

« Alors vous êtes parfaits ! » s'exclama Lino. « Vous porterez les pommes de pin, et tout le monde dira : “Waouh !” »

Les écureuils se regardèrent. Puis le petit écureuil fit un saut.

« On vient ! Mais… si on a peur, on se cache derrière toi. »

Lino hocha la tête.

« D'accord. Je serai votre renard-paravent. »

Le soir approchait. La forêt prenait une couleur violette, comme une confiture de mûres. Lino rentra chez lui pour préparer ce qu'il apporterait : une grande guirlande faite de feuilles sèches et de rubans de mousse, avec, au bout, une petite clochette.

Il la fit tinter.

Ding.

« Cette clochette, » dit-il à voix basse, « elle n'appelle pas seulement les oreilles. Elle appelle les cœurs. »

Le goûter qui hésite

Quand Lino arriva sous le grand chêne, il y avait une table en rondins, des lanternes, et une odeur de miel. La neige brillait au sol comme si quelqu'un avait semé des paillettes.

Mais il manquait encore du monde.

Lino posa sa guirlande. Puis il prit une grande respiration, encore une fois. Il avait l'habitude : la persévérance, c'était un peu comme se brosser la queue. Il fallait le faire même quand on n'en avait pas envie.

Mina la taupe arriva la première, avec un bol.

« Attention ! C'est la soupe de flocons ! » annonça-t-elle fièrement.

Elle leva le bol un peu trop vite. Le bol glissa.

« Oh non ! » cria Mina.

Le bol tomba… et la “soupe” s'envola en petits morceaux blancs.

C'était… du pop-corn !

Tout le monde resta bouche bée. Puis Lino éclata de rire.

« Mina ! Ta soupe est une tempête de maïs ! »

Mina rougit sous sa poussière.

« Je… je me suis trompée de tunnel. Je voulais du flocon, j'ai trouvé du pop ! »

Les animaux commencèrent à rire, eux aussi. Même ceux qui étaient venus juste pour regarder de loin.

Les blaireaux arrivèrent ensuite, portant une boîte énorme.

« Les biscuits très croquants, » dit Monsieur Blaireau. « On les entend de l'autre côté de la rivière. »

Il ouvrit la boîte. Un biscuit tomba, fit “CRAC” sur une pierre, et se coupa en deux.

« Oups, » fit Madame Blaireau. « Trop croquant. »

« Parfait ! » s'écria Lino. « On fera un puzzle de biscuits ! »

Les blaireaux se regardèrent, surpris, puis sourirent.

La famille écureuil arriva avec la tour de pommes de pin. Ils avançaient tout doucement, comme si la tour portait un secret.

Le petit écureuil chuchota :

« Lino… la tour a éternué. »

« Comment ça ? » demanda Lino.

La tour trembla. Une pomme de pin tomba et roula. Puis une autre.

Le papa écureuil paniqua.

« On va tout faire tomber ! On aurait dû rester chez nous ! »

Lino posa une patte douce sur l'épaule du papa écureuil.

« Regarde. On ne va pas cacher ça. On va en faire un jeu. »

Il leva la voix :

« Attention ! Défi de Noël ! Qui rattrape la pomme de pin qui roule sans la faire tomber dans la neige ? »

Aussitôt, des lapins et un hérisson se mirent à courir derrière les pommes de pin, en riant. Le hérisson, lui, les arrêtait avec ses piquants, comme un petit coussin à épines.

« Je suis un frein ! » cria-t-il, très fier.

Les écureuils se détendirent. Le petit écureuil fit même une pirouette.

Puis Madame Chouette arriva, en silence, comme une ombre douce. Elle se posa sur une branche juste au-dessus.

Lino leva la clochette de sa guirlande. Ding.

« Tout le monde est là ? » demanda-t-il.

Il regarda autour. Il y avait déjà pas mal d'animaux, mais certains restaient derrière les buissons. On voyait des yeux briller, des oreilles hésiter.

Lino sentit un petit pincement dans son ventre. Et si ça ne marchait pas ? Et si ceux qui se cachaient ne voulaient vraiment pas venir ?

Alors il se rappela son désir : rassembler tout le monde. Pas en forçant. En invitant. En donnant envie.

Il s'avança au centre, sous les lanternes.

« J'ai une annonce, » dit-il. « Ce goûter n'est pas un concours de courage. C'est un endroit pour être comme on est. On peut parler, ou juste écouter. On peut rire fort, ou rire dans sa tête. On peut venir près de la table, ou rester sur le bord. L'important… c'est d'être ensemble, même un tout petit peu. »

Un petit silence suivit. Puis un faon sortit du buisson, timidement.

« Moi… je peux rester près de ma maman ? »

« Bien sûr, » répondit Lino. « Et ta maman peut rester près de toi. »

Une souris avança d'un pas.

« Et… si je suis petite, je vois rien. »

Lino réfléchit. Puis il se mit à quatre pattes.

« Monte sur mon dos quand tu veux. Je suis un renard-banc. »

La souris rit, et monta. Elle était légère comme une feuille.

Peu à peu, les buissons se vidèrent. Les animaux approchèrent, comme attirés par un feu invisible. Les lanternes dansaient, la neige brillait, et l'air sentait la cannelle.

« Maintenant, » dit Madame Chouette, « c'est l'heure de la Minute du Flocon. »

Tout le monde se tut.

On entendit la neige tomber. Vraiment. Un son minuscule, doux, comme des chuchotements de coton.

Lino ferma les yeux. Son cœur faisait “boum boum” tranquillement.

Quand la minute fut finie, Madame Chouette raconta une histoire très courte :

« Il était une fois un flocon qui voulait être une étoile. Alors il tomba sur le nez d'un renard, et le renard sourit. Et, rien que ça, c'était déjà une étoile. »

Tout le monde regarda Lino. Lino rougit un peu.

« Ce renard, » murmura Mina, « il a un nez d'étoile. »

Et tout le monde se mit à rire, encore.

La chaleur du dernier sourire

Le goûter continua. On partagea le pop-corn “neigeux”, les biscuits-puzzle, les noisettes, et même une tisane aux aiguilles de pin qui sentait la forêt propre.

Il y eut un mini-rebondissement quand Monsieur Blaireau voulut prouver que ses biscuits étaient “les plus croquants” et mordit trop fort.

CRAC !

Un morceau resta collé à sa dent.

Il resta figé, les yeux grands ouverts.

Madame Blaireau éclata de rire.

« On dirait que tu as une petite porte de bois dans la bouche ! »

Monsieur Blaireau essaya de parler, mais on entendit seulement :

« Grrr-krik… »

Lino s'approcha avec douceur.

« Attends, je vais t'aider. Ne bouge pas. Pense à un nuage. »

Il prit une petite branche fine, et, très délicatement, il fit tomber le morceau de biscuit.

Monsieur Blaireau souffla.

« Merci… Je… je crois que mes dents ont gagné le concours toutes seules. »

Tout le monde applaudit, et Monsieur Blaireau, un peu gêné, finit par rire aussi.

Plus tard, les écureuils montrèrent un nouveau numéro : faire passer une noisette de patte en patte sans la laisser tomber. Mina essaya et la noisette roula dans un trou. Mina soupira.

Puis une voix sortit du trou :

« Hé ! Merci pour le cadeau ! »

C'était une petite musaraigne qu'on n'avait pas vue. Elle sortit avec la noisette dans les bras.

« Je n'osais pas venir… mais là, je suis venue. Parce que ça sent bon et que vous riez gentiment. »

Lino lui fit une place près de la table.

« Tu es la bienvenue. Ici, les rires ont des coussins. »

La nuit était tombée. Au-dessus, le ciel était plein de points lumineux. On aurait dit que les étoiles jouaient à cache-cache entre les branches.

Lino accrocha sa guirlande au grand chêne. La clochette tintait quand le vent passait.

Ding… ding…

Les animaux se rapprochèrent encore. Quelqu'un lança une idée :

« Et si on faisait un cercle de vœux ? Un vœu simple. »

Lino hocha la tête.

« Oui. Un vœu qui réchauffe. »

Chacun dit un petit vœu : du courage pour les jours froids, des câlins quand on a peur, des chemins sans disputes, des biscuits moins collants aux dents.

Quand ce fut le tour de Lino, il regarda tous ces visages, ces yeux brillants, ces pattes différentes posées ensemble dans la neige.

Il dit :

« Mon vœu… c'est qu'on se retrouve souvent. Même sans grande raison. Même juste pour dire bonjour. Et si quelqu'un est seul, qu'on lui fasse une place, comme ce soir. »

Un silence doux suivit. Un silence plein.

Madame Chouette hocha la tête, très lentement.

« C'est un vœu de renard persévérant, » dit-elle. « Et c'est un beau vœu. »

Le vent apporta une nouvelle petite pluie de flocons. L'un d'eux se posa sur le nez de Lino.

Il chatouilla.

Lino éternua.

« Atchoum ! »

Tout le monde sursauta, puis éclata de rire. Même Madame Chouette fit un petit “hou-hou” amusé.

Lino essuya son museau, un peu embarrassé, puis il regarda autour de lui. Les lanternes, les miettes de biscuits, les pommes de pin, les traces de pattes, et ces animaux qui, tout à l'heure, ne voulaient pas sortir… et qui maintenant partageaient la même chaleur.

Alors Lino fit ce qu'il aimait le plus : il sourit.

Un dernier sourire, grand et doux, comme une couverture.

Et dans la forêt de Noël, ce sourire resta suspendu un instant, scintillant, avant de se glisser dans le cœur de chacun.

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