Chapitre 1 : Le cochon qui voulait sauter haut
Dans le village joyeux de la Ferme Rigolote, un cochon rose, dodu et rigolard se réveilla un matin avec une idée bizarre dans la tête. Il s'appelait Gustave. Gustave n'était pas un cochon ordinaire. Non, non ! Gustave aimait les farces, les grimaces et surtout… il adorait sauter ! Mais, il avait un souci : ses petites pattes n'étaient pas faites pour bondir très haut. Pourtant, ce matin-là, il déclara :
— Aujourd'hui, je saute plus haut que la barrière du poulailler !
Les poules caquetaient en riant :
— Quelle idée, Gustave ! Tu vas t'envoler comme une plume ?
Gustave gonfla ses joues roses.
— Vous allez voir ! Les cochons, ça peut sauter… ou presque !
Il prit son élan. Il courut, courut, trottina sur la paille et…
Boum ! Il se retrouva le nez dans une brouette pleine de carottes.
Le mouton Marcel passa par là en bêlant :
— Ohé, Gustave ! Tu fais la soupe ou la gymnastique ?
Gustave éclata de rire.
— La gymnastique, Marcel ! Tu veux sauter avec moi ?
— Bêêê ! Moi, je préfère brouter, répondit Marcel, en mâchonnant une touffe d'herbe.
Gustave se secoua les oreilles et décida de réessayer. Mais soudain, une idée lumineuse lui traversa la tête.
— Et si on organisait le Grand Concours de Sauts Rigolos ?
Les canards, les chèvres, même la vache Léonine, se mirent à glousser et à bêler.
— Oh oui ! Un concours ! s'écrièrent-ils tous.
Chapitre 2 : Les défis farfelus commencent
Le soleil brillait fort sur la ferme. Tous les animaux se rassemblèrent autour de Gustave. Chacun voulait montrer son saut spécial.
Gustave annonça fièrement :
— Premier défi : sauter par-dessus la botte de foin sans la faire tomber !
La poule Paulette s'avança, toute guillerette.
— Attention, j'arrive ! Cot-cot-cot !
Paulette sauta. Flap ! Elle atterrit… tout droit sur la botte de foin. Paille partout ! Les poussins riaient, Gustave riait, même la chèvre Georgette rigolait.
Le canard Boris se dandina à son tour :
— Canard Boris va voler haut ! Coin-coin !
Boris sauta. Plouf ! Il glissa dans la mare voisine. Les grenouilles lui lancèrent des « coâ coâ » moqueurs.
Puis ce fut le tour de Marcel le mouton. Il fit un grand bond, ses pattes toutes raides, et atterrit… la tête la première dans un panier de pommes. Les pommes roulèrent partout !
— Bêêê ! Je suis une pomme de laine, fit-il, tout rigolard.
Gustave trépignait d'impatience.
— À moi ! Regardez bien !
Il prit de l'élan, ferma les yeux, colla ses oreilles en arrière et sauta…
Plouf ! Gustave tomba dans une flaque de boue. Il était couvert de boue, des oreilles au bout du groin.
Tout le monde éclata de rire.
— Tu es le cochon boueux le plus rigolo du village ! s'écria la vache Léonine.
Chapitre 3 : L'invention de la super-catapulte
Après tous ces sauts ratés et ces atterrissages farfelus, Gustave réfléchit très fort. Il avait une idée géniale.
— Il nous faut une super-catapulte à cochons ! annonça-t-il.
— Une catapulte ? Tu veux t'envoler chez les oiseaux ? demanda le coq Auguste.
— Non, non ! Juste sauter très haut, expliqua Gustave.
Tous se mirent à bricoler, à attacher des branches, des ficelles, des pneus récupérés derrière la grange. Paulette trouva une vieille planche. Marcel apporta un gros coussin de laine. Boris le canard gonfla un ballon.
Ensemble, ils fabriquèrent la catapulte la plus bizarre du monde. Elle était pleine de couleurs, de ressorts et de ballons accrochés partout.
— Qui veut essayer en premier ? demanda Gustave.
— Moi, moi ! firent tous les poussins.
Les poussins s'assirent à tour de rôle. Hop ! Un petit rebond, et hop, riant, ils atterrissaient dans un panier de fleurs.
Puis ce fut au tour de Marcel. Hop ! Il bondit, fit une pirouette et retomba sur son coussin en laine.
Boris le canard s'envola, fit un tour sur lui-même et atterrit… pile dans la mare en éclaboussant tout le monde.
— Coin-coin ! Catapulte à canard, c'est extra !
Gustave, tout ému, décida de tenter sa chance. Il grimpa sur la planche, ferma les yeux et cria :
— Prêts ? Un, deux, trois… sautez !
BOING ! Gustave vola dans les airs, les oreilles au vent, la queue en tire-bouchon, et atterrit… dans la brouette de carottes, encore une fois !
Tous les animaux riaient et tapaient des sabots et des pattes.
— Gustave, tu es le roi de la catapulte à cochons !
Chapitre 4 : La fête des champions rigolos
Le soir venu, la ferme était pleine de rires et de chansons. Tous les animaux étaient contents. On mangeait des pommes, des carottes, du trèfle, des graines. Gustave était le plus heureux des cochons.
— On recommence demain ? demanda-t-il en éclaboussant un peu de boue avec son groin.
— Oui, oui ! demain, on inventera de nouveaux défis ! cria Paulette.
La vache Léonine proposa une course de brouettes, Boris voulut organiser un concours de glissades dans la mare, et Marcel inventa la danse du mouton.
Gustave, tout boueux et tout souriant, regarda ses amis. Il aimait sa ferme pleine de bêtises. Les jeux, les rires, les amis, tout était parfait.
— Bonne nuit, la ferme rigolote ! chanta Gustave en s'étirant. Bonne nuit, mes amis d'aventure !
Chacun rentra dans sa maison, dans son poulailler, dans sa niche ou dans sa grange. La ferme rigolote s'endormit doucement, prête à rêver de nouveaux jeux, de défis farfelus et de sauts rigolos, encore et encore.
Et Gustave, bien au chaud dans sa paille, pensa :
— Demain, je sauterai encore plus haut… ou je tomberai encore plus loin !
Mais ça, c'est une histoire pour demain.