Dans une petite maison claire, un jeune homme sourit. Il s'appelle Simon. Simon est inventeur. Il aime les idées. Il aime fabriquer des choses qui aident. Dans son atelier, il y a des boîtes, des boutons, des roues, des ficelles et des crayons de toutes les couleurs. Tout est rangé. Tout est doux et simple. Simon met parfois ses lunettes de protection. Il dit doucement: “Je cherche des idées.”
Simon observe. Simon réfléchit. Simon invente.
Ce matin, on frappe à la porte.
— Bonjour, Simon ! dit Lila en entrant.
Grisou, le chat gris, suit Lila en miaulant tout bas. Il a la queue en l'air. Il est curieux.
— Mes cubes tombent partout, dit Lila. Je joue. Je ris. Et puis… oh non ! Les cubes roulent sous le canapé. Je n'arrive pas à les ramasser.
Simon écoute. Il hoche la tête.
— D'accord, dit-il. Un inventeur écoute. Un inventeur aide. On va chercher une idée.
Simon regarde les cubes. Il regarde le canapé. Il regarde Lila. Il caresse Grisou, qui ronronne.
— À quoi ça sert ? demande Simon.
— Ramasser vite, répond Lila.
— Comment ça marche ? demande Simon encore.
— Peut-être avec des roues ? dit Lila.
Simon prend un crayon bleu. Il prend un grand papier. Il dessine un plan. Il appelle le plan “dessin d'idée”.
— Voilà, dit Simon. Une boîte douce. Quatre petites roues. Une grande bouche devant, comme une pelle. Une poignée pour pousser.
Lila sourit. Elle répète:
— Une boîte douce. Quatre petites roues. Une grande bouche. Une poignée pour pousser.
Simon sourit aussi. Il aime quand on répète. Ça aide à bien penser.
Maintenant, Simon fabrique. Il choisit un carton léger. Il colle doucement. Il scotche. Il coupe avec des ciseaux, toujours bien du côté. Il fixe les roues. Il met une poignée.
— J'essaie, dit Simon.
Lila dit aussi:
— On essaie !
Ils poussent la boîte à roulettes. La grande bouche glisse sous le canapé. Les cubes montent dans la boîte. Un cube tombe. Deux cubes montent. Trois cubes montent. Lila rit.
— Ça marche presque ! dit-elle.
Grisou regarde. Il touche un cube avec sa patte. Le cube roule encore.
— Oh, il faut encore changer un peu, dit Simon. Un inventeur essaie. Un inventeur corrige.
Il ajoute une bande de feutrine pour que ça accroche les cubes. Il fait une poignée plus longue. Il colle un petit filet à l'intérieur de la boîte.
— On essaie encore, dit Simon.
Ils poussent. Les cubes glissent dans la boîte. Pas de cube qui s'échappe. Lila tape dans ses mains.
— Ça y est ! Ça marche !
Grisou ronronne plus fort. Il se frotte à la boîte. La boîte à cubes se promène doucement. Les cubes sont contents. Lila est contente. Simon est content.
— Tu vois, dit Simon, un inventeur observe, réfléchit, invente. Et il essaie. Parfois, il se trompe. Ce n'est pas grave. On essaie encore.
Lila regarde autour d'elle. Elle voit un bol posé sur la table.
— Parfois ma soupe est trop chaude, dit-elle. J'attends, j'attends. Je veux manger, mais je souffle, je souffle, et je me fatigue.
— Hum, dit Simon. Peut-on aider ?
Il prend un crayon rouge. Il dessine encore un dessin d'idée.
— Une cuillère-éventail, propose-t-il. Une petite cuillère avec un mini éventail qui fait du vent doux.
— Oh ! dit Lila. Une cuillère qui souffle !
Simon cherche une petite cuillère en plastique. Il ajoute un petit moulin en papier au bout du manche. Le moulin tourne quand on souffle doucement ou quand on remue la cuillère.
— On essaie, dit Simon.
Lila fait semblant avec de l'eau tiède. Elle remue. Le moulin tourne lentement. L'air fait “frou-frou”. Lila rit.
— Ça aide à attendre, dit-elle. Ça fait du vent doux. C'est rigolo !
— Oui, dit Simon. Une invention peut aider. Une invention peut faire sourire aussi.
Simon prend un petit carnet. Il écrit avec de grandes lettres simples.
— Boîte à cubes, note-t-il. Cuillère-éventail.
Il colle une étiquette sur chaque objet. Il dessine un petit cœur à côté. Lila regarde. Elle répète doucement:
— Boîte à cubes. Cuillère-éventail.
— Un inventeur écrit ses idées, explique Simon. Il garde la trace. Comme ça, on se souvient. On peut améliorer plus tard.
Il montre ses mains propres.
— Et un inventeur range. Un inventeur nettoie. Comme ça, tout est prêt pour la prochaine idée.
Grisou baille. Il s'étire. Il s'installe sur un tapis au soleil. Le soleil entre par la fenêtre. La lumière est chaude et douce. Lila s'assoit près de Simon. Elle regarde les dessins d'idées. Les couleurs sont belles.
— Moi aussi, je veux être inventrice, murmure Lila.
— Bien sûr, dit Simon. Tu peux. Tu observes. Tu poses des questions. Tu dessines. Tu essaies. Tu essaies encore. Et tu aides.
— J'aide, répète Lila.
Ils disent ensemble, très doucement, comme une petite chanson:
— Observer. Réfléchir. Inventer. Essayer. Corriger. Partager.
Simon pose la boîte à cubes près du sac de Lila.
— Tu l'emportes à la maison, propose-t-il.
— Oui ! remercie Lila. Maman va dire “bravo”.
— Et tu me diras si on peut faire mieux, dit Simon.
— Oui, répond Lila. Je te dirai.
La journée avance. Le ciel devient doré. Dans l'atelier, tout est calme. On entend le petit “tic… tac…” d'une horloge. On entend le ronron de Grisou. Simon boit un peu d'eau. Il ferme doucement son carnet. Il sourit encore.
— Demain, une nouvelle idée, chuchote-t-il.
Lila met sa veste. Elle fait au revoir avec la main.
— À demain, Simon l'inventeur !
— À demain, Lila l'inventrice !
La porte se referme sans bruit. Le soleil dit bonsoir. L'air est doux.
Simon regarde ses étagères rangées. Il pense aux enfants qui rient. Il pense aux choses qui aident. Son cœur est calme. Il sait ce qu'il fait.
Un inventeur imagine. Un inventeur fabrique. Un inventeur essaie, corrige et partage.
Et maintenant, tout le monde se repose.
Grisou dort.
Lila dort.
Simon ferme les yeux, heureux et tranquille. Demain, il invente encore.