Ce soir-là, Lila la petite lapine rentre de l'école des animaux. Dans son sac, il y a une pomme rouge et un dessin. La forêt est calme. Le ciel devient tout doux.
Demain, la classe fait un pique-nique. Lila aime quand tout est simple. Elle pense à sa carotte, à son biscuit, et à sa gourde. Elle murmure : « J'aime quand tout le monde mange pareil. »
Le lendemain, sur la grande couverture, les amis s'assoient. Il y a Mino le hérisson, Tara la tortue, et Samir le petit renard. Samir a une boîte ronde. Elle sent bon, mais ce n'est pas l'odeur des carottes.
Lila fronce un peu le nez. Dans sa tête, elle pense : Ça doit être bizarre. Peut-être que je n'aimerai pas. Elle ne dit rien, mais elle se tient un peu loin.
La maîtresse, une chouette, sourit : « Aujourd'hui, on partage nos goûters et nos idées. On peut demander, on peut écouter. »
Samir ouvre sa boîte. Il y a des petites boules de riz collant, avec des graines dessus. Il dit doucement : « Chez moi, on appelle ça “onigiri”. Ma famille le prépare quand on veut faire plaisir. »
Lila cligne des yeux. « Onigiri… c'est un mot différent », dit-elle. Elle se sent un peu gênée. Elle réalise qu'elle a pensé trop vite. Elle chuchote : « Dans ma tête, j'ai cru que c'était mauvais parce que je ne connaissais pas. Ce n'est pas très gentil. »
Tara la tortue dit : « Moi, je mange lentement. Certains trouvent ça drôle. Mais c'est juste ma façon. »
Mino ajoute : « Moi, je pique quand on me serre trop. Alors on me demande avant. »
Lila regarde ses amis. Elle respire. « D'accord. Je peux poser une question ? » demande-t-elle à Samir.
« Oui », répond Samir. « Demande. »
« Comment on le mange ? » dit Lila.
Samir montre. « Comme ça. On prend doucement. Et on dit merci. »
Lila prend un petit morceau. Elle mâche. Ses yeux s'ouvrent. « Oh… c'est bon. C'est différent, mais c'est bon. »
Samir goûte un bout de biscuit de Lila. « C'est croustillant ! J'aime bien aussi. »
Lila sourit. « Je crois que j'avais un préjugé. Je vais essayer de le remarquer la prochaine fois. Je ne sais pas tout. Je peux apprendre. »
La chouette dit : « C'est humble et courageux. »
Après le pique-nique, ils jouent au ballon. Ils rient sans se pousser. Puis ils rangent la couverture ensemble.
Avant de rentrer, Lila dit : « Samir, tu me réapprends le mot ? Onigiri. »
Samir répète : « O-ni-gi-ri. »
Lila répète aussi, doucement. « O-ni-gi-ri. Merci. »
Le soir, dans son terrier, Lila s'allonge. Elle pense à la forêt, aux goûts, aux mots, aux façons. Elle se sent tranquille.
Et elle se promet, avec un sourire : « Demain, je dirai bonjour avec curiosité. Et samedi, on se revoit pour jouer et partager encore. »